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Les particuliers peuvent-ils profiter des taux négatifs imposés aux banques ?

 taux de dépôt négatifs

Imaginez que votre banque vous ponctionne des frais pour accepter de conserver votre argent. Aberrant ? Sans doute. Mais c’est pourtant ce qui se passe à l’échelle de plusieurs Banques centrales mondiales, qui pratiquent désormais des taux de dépôt négatifs. Dans quel but ? Cela va-t-il changer quelque chose pour nous, les particuliers ?

 

Manœuvre financière considérée avec grande suspicion au départ, l’instauration de taux de dépôt négatifs par les Banques centrales n’a pourtant pas tardé à se répandre comme une traînée de poudre. Banque centrale européenne, parmi les plus emblématiques, Banque centrale danoise, suédoise, suisse et plus récemment japonaise sont donc passées à l’acte. Elles prélèvent ainsi des frais sur l’argent que les banques laissent dormir dans ses coffres.

 

La Banque Centrale Européenne
La Banque centrale européenne (BCE) est la banque centrale des dix-neuf pays de l’Union européenne qui ont adopté l’euro. Sa principale mission consiste à maintenir la stabilité des prix dans la zone euro et à préserver ainsi le pouvoir d’achat de la monnaie unique.
Crédit : ecb.europa.eu

 

Le particulier peut-il profiter de ces taux négatifs ?

 

La raison officielle de ces taux négatifs est d’encourager les banques à utiliser leur argent, plutôt que de le laisser dormir dans les coffres. Et de l’utiliser en accordant des crédits aux ménages et aux entreprises, ce qui contribuerait ainsi à relancer des économies en berne.

La réalité est un peu plus complexe qu’une simple opération de relance du crédit.

 

"L’argent mis en dépôt par les établissements bancaires auprès de la Banque centrale n’est pas celui qui sert à prêter aux ménages ou aux entreprises."

 

Il ne faut donc pas espérer de la baisse des taux qu’elle débloque d’un coup les robinets du crédit en faveur des particuliers. En fait, cet argent est de la réserve monétaire dite « de base », qui sert surtout à prêter… entre banques.

En réalité, par un mécanisme de répercussion, la baisse du taux de dépôt a tendance à pousser les banques à se prêter entre elles plutôt qu’à payer pour laisser leur argent dormir.

Cet afflux de liquidités sur le marché du crédit interbancaire fait ensuite baisser le taux auquel les banques se prêtent. Objectif : qu’il devienne plus rémunérateur pour les banques de prêter aux acteurs de l’économie réelle – vous, moi, les entreprises – qu’à leurs consœurs.

Donc, au final, les taux de dépôt négatifs peuvent mettre de l’huile dans le circuit du crédit, mais pas tout à fait directement.

 

Une raison officieuse

 

Il faut également savoir que l’objectif des Banques centrales, avec cette baisse de taux, serait ailleurs, comme l’a expliqué dans Le Monde, le mois dernier, Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet : « Le véritable but [de cette stratégie] est d’agir sur le taux de change ».

Si cela ne rapporte plus de rendement de laisser son argent en Europe, les investisseurs vont diriger leurs liquidités vers d’autres zones géographiques. Et si l’argent s’en va, le cours de la monnaie va baisser.

Un euro - ou un yen - plus faible aura comme répercussion de favoriser les exportations d’une part et, d’autre part, de rendre les produits importés plus chers. Et donc de faire grimper l’inflation.

Si, à haute dose, l’inflation fait peur, ce que craignent surtout l’Europe et le Japon actuellement, c’est la déflation, qui empêche la reprise économique.

Voilà donc pourquoi la BCE et la BoJ (Banque centrale du Japon) ont recours à des taux de dépôt négatifs. Au final, il s’agit bien de relancer l’économie réelle, mais en jouant de mécanismes économiques relativement complexes.

 

Des effets pervers pour le consommateur ?

 

Il ne faut pas oublier que lorsque les banques placent leurs fonds à la Banque centrale, si les taux sont négatifs, la banque y est de sa poche.

De là à imaginer que les banques pourraient répercuter ces frais de dépôt sur leurs clients, il n’y a qu’un pas… Mais qui pour l’instant n’a pas été franchi ! En effet, cette crainte a été vive dès 2014 en Europe, mais semble-t-il, pour le moment du moins, dénuée de fondement.

Imaginez les répercussions possibles d’un tel acte : retraits massifs d’argent, fermeture des comptes. Les banques auraient beaucoup plus à y perdre.

En revanche, il est vrai que cette décision entraîne des coûts pour les banques, alors même que ses revenus sont attaqués sur plusieurs fronts : amendes records à régler pour certaines, réglementations en faveur de la limitation des frais…

Donc les établissements bancaires pourraient bel et bien chercher à réduire leurs coûts de fonctionnement, afin de demeurer compétitifs. 

Ingrid Labuzan

 

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