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L'Internet mobile prioritaire, ou comment privilégier des clients haut de gamme

Internet mobile prioritaire

Les tarifs de nos abonnements mobiles vont-ils être amenés à augmenter ? Pour certains clients, ce mois d’avril a été synonyme de l’arrivée d’une nouvelle option chez nos opérateurs : la priorisation de la data. Faut-il y voir, à terme, le risque d’une émergence d’un Internet mobile de seconde zone pour les autres ? Choisir.com fait le point.

 

Non contents d’avoir échoué sur l’instauration d’un supplément tarifaire sur la 4G, les opérateurs reviennent à la charge. Décidément en mal de recettes depuis l’avènement de Free ils viennent de dégoter une nouvelle arme pour tenter d’augmenter le fameux revenu par abonné : la priorisation du réseau.

Quelle signification cela peut-il bien avoir ? Faut-il y voir la fin de la neutralité du Web et l’instauration d’un Internet à deux vitesses ?

 

De quoi s’agit-il ?

 

Le premier opérateur à avoir annoncé l’instauration de cette option d’un nouveau genre est SFR dès le début du mois d’avril. Une option au nom suffisamment évocateur « Internet mobile prioritaire » pour enflammer la Toile.

C’est sans compter sur la présence d’Orange qui, quelques jours plus tard, lui emboîte le pas avec sa formule du « Débit confort » et même de Bouygues Télécom un peu plus récemment.

Mais de quoi peut-il s’agir précisément ? Dans ses conditions de vente, Orange précise un peu ses intentions. Concrètement, « dans les lieux de forte affluence », l’opérateur à l’agrume promet à l’utilisateur qui accepte de mettre la main à la poche « d’être prioritaire sur le réseau en disposant d’un débit plus important ».

Il va même plus loin en allant jusqu’à donner une valeur chiffrée à ce débit supplémentaire, « jusqu’à deux fois plus rapide que le débit standard ».

 

La fin de l’unité du Web ?

 

Une des critiques qui revient le plus souvent  pointe le fait d’une option tarifaire qui reviendrait à privilégier certains clients haut de gamme tout en mettant sur un deuxième piédestal ceux qui le sont moins.

 

"Si les opérateurs se cachent bien d’utiliser le terme de bridage, la logique y ressemble étrangement." 

 

Là où les abonnés des offres haut de gamme seraient amenés à profiter des meilleures performances du réseau, les autres se partageraient probablement les miettes de la bande passante

Toutefois, SFR s’en dément. Pour l’opérateur, « la mécanique est prévue pour que les clients Internet mobile prioritaires n’écrasent pas les autres ». La logique de l’option serait donc à sens unique : faire gagner de la bande passante aux abonnés qui acceptent de payer un peu plus cher sans pour autant déshériter les autres.

Comme pour rassurer les plus inquiets, l’opérateur réaffirme d’ailleurs que le service de priorisation n’est de fait réservé qu’à un petit nombre de ses forfaits.

Pour l’heure, Orange et Bouygues circonscrivent en effet sa souscription qu’à certaines de leurs formules « Pro » tandis que SFR ne l’a intégré qu’à ses offres haut de gamme dites « Premium »  facturées entre 69.99 et 129.99 euros par mois en version Sim seule.

Pourtant, rien ne garantit que la logique ne soit à terme étendue à l’ensemble des abonnés, d’autant plus si les résultats financiers de cette opération d’essai sont couronnés de succès. Avec, à la clé, cette fois, de vraies inquiétudes à avoir sur l’unité et la neutralité du Web. 

 

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Un précédent de priorisation : l’itinérance Free / Orange

 

En attendant, une autre priorisation a déjà cours pour plusieurs millions d’abonnés sans que personne ne s’en émeuve. Cette priorisation a un nom : l’itinérance de Free sur le réseau d’Orange.

Petit rappel historique. En 2011, à la surprise générale, l’opérateur signait un accord d’itinérance avec le nouvel entrant Free, permettant à ce dernier de commencer à commercialiser ses offres en attendant qu’il ne déploie son propre réseau.

Pour le groupe de Xavier Niel, c’était un gage de sérieux et de confiance vis-à-vis de ses abonnés en leur permettant dès ses débuts de profiter d’un réseau 3G d’envergure nationale et performant.

Du moins en théorie. Quatre ans plus tard, les faits sont là : la qualité de la connexion n’est clairement pas la même entre un abonné Free en itinérance et un abonné Orange, les deux étant pourtant branchés sur les mêmes antennes.

Entre des échecs de téléchargement à répétition, voire même de chargements de pages Internet et un streaming souvent difficile, les abonnés du Trublion en savent quelque chose.

 

 

En octobre dernier, une étude de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir vient officiellement apposer des chiffres sur un ressenti quasi-générale. Alors que 93.3 % des pages Internet d’un client Orange se chargent en moins de vingt secondes, ce n’est le cas que d’une page sur deux pour un abonné Free en itinérance.

Pire, à en croire la publication, il serait même quasiment impossible à ce dernier de maintenir une connexion Internet pendant trois minutes sans anicroche sur une antenne Orange, avec un taux d’échec avoisinant les 94 %.

A qui incombe la responsabilité d’une telle disproportion ? A Free qui, pour des raisons d’économies, n’achète pas assez de bande passante ? Ou à Orange qui préfère privilégier ses propres clients plutôt que ceux de son concurrent ? 

 

4G : une tentative d’augmentation des prix avortée 

 

Les trois opérateurs historiques ont en effet la dent dure contre le nouvel entrant. Celui-là même qui a accéléré il y a quatre ans la chute des prix sur le marché et par conséquent le niveau des bénéfices de l’ex-oligopole.

 

"Il y a deux ans, une première tentative d’un Internet à deux vitesses a justement été tentée grâce à l’avènement de la 4G."

 

Chez Orange, par exemple, cette nouvelle norme de réception mobile devait prendre la forme d’une option facturée 10 euros par mois. Et à Stéphane Richard, le déjà PDG de l’opérateur, de justifier que c’était « une nouvelle technologie, (…) un nouvel ensemble de services autour » et qu’il était par conséquent « logique de le réserver aux forfaits classiques ».

Comprenez : l’exclusion des formules low-cost. Que ce soit Red de SFR, B and You ou Sosh, aucune ne devait en bénéficier. Dès lors, les vitesses maximales de navigation de l’abonné seraient devenues proportionnelles au montant de son forfait.

C’était sans compter sur l’intervention du trublion des Télécoms. Fin 2013, il annonce en effet l’intégration gratuite et sans supplément de la 4G, coupant l’herbe sous le pied des trois géants dans leur aspiration d’une nouvelle bouffée d’oxygène. Petit à petit, tous la généralisent alors à l’ensemble de leurs offres.

 

Les réticences de l’ARCEP

 

La 4G s’est donc transformée en cadeau empoisonné pour les opérateurs. Obligés d’investir dans le développement de cette quatrième génération de standards pour la téléphonie mobile, ces derniers ne peuvent pour autant en répercuter le coût sur le montant de leurs forfaits.

A la recherche de nouvelles marges, cette logique de priorisation du réseau peut s’apparenter pour eux à une solution. Ce sont aujourd’hui trois opérateurs sur quatre qui ont mis en place la nouvelle option de façon quasi simultanée.

Pour l’heure, elle ne s’applique essentiellement qu’aux professionnels. Mais l'on peut se demander pour combien de temps ? Et s’il ne s’agit en réalité que d’une étape vers une prochaine généralisation ?

Dans leur élan, Orange, Bouygues et SFR risquent toutefois d’être contrariés par Free qui n’a encore fait part d’aucune intention particulière à ce sujet.

Ils prennent aussi le risque de s’attirer les foudres de l’ARCEP, l’autorité de régulation des télécommunications. Son Président Sébastien Soriano ne manque d’ailleurs pas de prendre ses distances quant à ces nouvelles intentions de nos opérateurs, en dénonçant un affaiblissement de « cette universalité des réseaux ».

Son verdict est encore plus sévère : « il ne faut pas avoir peur de dire que nous voulons construire un Internet à une vitesse ».

Cela sera-t-il suffisant pour arrêter la machine ? On peut raisonnablement en douter. Après une période d’uniformisation des débits dans l’Internet fixe, l’heure semble désormais au retour de la différenciation. Dans leurs offres Fibre d’entrée de gamme, Orange et SFR ont tous deux choisi de brider le débit à 100 Mb/s. 

 

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Sébastien Jaslet

 

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