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Doit-on encore craindre un rachat de l'opérateur Bouygues Télécom ?

Bouygues télécom

Vendredi 1er avril, Orange et Bouygues annonçaient l’échec du processus de négociations entamé il y a trois mois en vue du rachat du second par le premier. Cela sonne-t-il pour autant le glas de tout espoir de consolidation face à un marché en pleine crise ? A quoi va désormais bien pouvoir ressembler la nouvelle stratégie de Bouygues Télécom vis-à-vis de ses clients ?

 

Les fiancés ne se sont finalement pas mariés. Et face à un marché des télécoms en pleine crise, le cavalier Bouygues continuera donc sa route seul. Si ces négociations s’avéraient difficiles, rassemblant non pas deux mais quatre acteurs autour de la table, certains signes prêtaient encore à croire, quelques jours plus tôt, à la possibilité d’un compromis. L’hypothèse d’un retour à un marché des Télécoms à trois acteurs fait-elle désormais partie de l’Histoire ancienne ?

 

SFR : et si un troisième rapprochement avait lieu ?

 

Si une nouvelle consolidation devait avoir lieu, une chose est sûre : elle ne serait pas sans déplaire à Patrick Drahi, le nouvel homme fort de SFR.

Depuis que le milliardaire a pris les rênes de l’opérateur au carré rouge, suite à sa revente par son actionnaire historique Vivendi au printemps 2014, il a déjà tenté sa chance à deux reprises pour reprendre en main la filiale télécom du groupe de BTP.

 

"En juin 2015, Patrick Drahi est allé jusqu’à valoriser le deal à hauteur de 10 milliards d’euros."

 

C’est en fonction de cette même base de valorisation que Martin Bouygues est venu approcher Stéphane Richard, PDG d’Orange, en décembre dernier.

Mais ce qui importe d’abord à Martin Bouygues, c’est en effet de garder un pied dans l’univers des télécoms. En se faisant payer en partie sous forme d’actions, il serait devenu le premier actionnaire d’Orange derrière l’Etat ainsi qu’un administrateur de premier plan.

Partant de ce constat, Patrick Drahi, pourrait être tenté de jouer un dernier coup de poker. Mais l’homme d’affaire n’est généralement pas un adepte du paiement en actions...

 

Patrick Drahi, PDG d'Altice // Crédit photo : SIPA / Romuald Meigneux

 

Free : les deux acteurs prêts à enterrer l’âge de guerre ?

 

Ce pourrait être le rapprochement le plus naturel. En cas de fusion, Free pourrait alors hériter du réseau mobile de Bouygues et Bouygues du parc de répartiteurs ADSL / VDSL de Free.

Avec 14 millions de clients pour Bouygues et 16 millions du côté de Free, les deux sociétés se situent loin derrière les deux mastodontes que sont Orange et SFR. L’opération aurait donc toutes les chances de passer l’obstacle de l’Autorité de la concurrence.

Mais déjà, en 2014, les deux sociétés avaient buté sur une première tentative de rapprochement. Ces trois derniers mois, à l’occasion des discussions avec Orange, Xavier Niel est là aussi venu avec ses exigences.

Des exigences pas du goût de son adversaire, Martin Bouygues, qui n’hésite pas à tacler le dernier né des opérateurs mobiles en pointant, sans le désigner nommément, l’ambition d’un des protagonistes « d’avoir le maximum en payant le minimum ».

Pour autant, le PDG de Free n’est peut-être pas aussi inflexible qu’il n’en a l’air. La semaine dernière, certaines informations laissaient notamment entendre qu’il était prêt, en cas de réussite du processus de négociations, à reprendre la totalité des boutiques Bouygues.

 

Xavier Niel, PDG de Free // Crédit Photo : SIPA

 

Bien choisir son opérateur
Avec l’échec du processus de négociations entre Orange et Bouygues, le marché des Télécoms reste à quatre opérateurs principaux. A ces derniers, s’ajoutent encore une pléiade d’acteurs secondaires, dits virtuels et utilisant le réseau des premiers (les MVNO). Alors que la concurrence bat encore son plein, il est peut-être temps de négocier vos forfaits à la baisse. Grâce à nos comparateurs, réduisez de plus de 25 euros par mois le montant de votre abonnement ADSL et réalisez jusqu’à 60 % d’économies sur votre forfait mobile.

 

Orange : la fin réelle de toute concertation ?

 

Malgré l’échec du processus de consolidation, Martin Bouygues a du mal à en vouloir à Stéphane Richard et salue « le travail très important » mené en ce sens par le PDG d’Orange. Une façon, peut-être, de ne pas refermer complètement la porte des négociations.

La filiale télécom du groupe de BTP a toutes les raisons de préférer se vendre à l’opérateur historique. Dans les plans de Martin Bouygues, il y avait notamment la volonté que son groupe devienne « un actionnaire, certes minoritaire, mais significatif d’Orange ».

 

"Le ministre de l’Economie souhaite que l’Etat, qui détient encore 23 % du capital d'Orange, conserve un véritable pouvoir de blocage et de décision."

 

Il cherche en effet à réduire au maximum l’affluence de l’hommes d’affaires grâce à une valorisation de l’action Orange et surtout à une interdiction pour ce dernier de monter au capital de l’entreprise pendant sept ans. Impossible d’accepter le deal dans ces conditions.

Pourtant, pour Martin Bouygues, « cette négociation-là, au niveau politique, aurait pu aboutir ». Car, à côté d’Emmanuel Macron, certaines rumeurs laissent entendre que Manuel Valls et François Hollande auraient pu avoir une voix moins jusqu’au-boutiste.

 

Stéphane Richard, PDG d'Orange // Crédit photo : AFP / Eric Piermont

 

Quelle sera la réponse de Bouygues vis-à-vis de ses clients ?

 

Pour l’heure, le marché reste donc fixé à quatre acteurs principaux. Mais l’homme d’affaires l’assure : « cette opération n’était pas vitale pour Bouygues Télécom ». Depuis deux ans, l’opérateur s’est lancé dans une politique tarifaire agressive.

Une nouvelle stratégie qui lui a plutôt été bénéfique. Malgré un résultat opérationnel courant toujours déficitaire, les performances financières du groupe se sont ainsi largement améliorées en 2015, comparé aux années précédentes.

Avec un gain net de plus de 174 000 clients dans le fixe au premier semestre 2015, grâce à ses offres Bbox vendues à partir de 19.99 euros par mois, la dynamique est jugée encourageante par le PDG du groupe.

 

Martin Bouygues, PDG de Bouygues Telecom // Crédit photo : AFP / Eric Piermont

 

  
 

L'avis de Choisir.com

 

Face à un marché qui demeure encore ultra-concurrentiel, il y a en réalité peu de chances pour que la marque adopte une posture foncièrement différente. Et la crainte d’une hausse généralisée des prix, en cas de réduction du nombre d’opérateurs, n’est plus vraiment d’actualité. Bouygues Télécom a aujourd’hui plus que tout intérêt à continuer à capitaliser un maximum de clients, à les fidéliser, pour espérer les mettre dans la balance et valoriser un peu plus la valeur de son action lors du prochain round.

 

 
Sébastien Jaslet

 

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