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Les Télécoms, à l’aube d’un nouveau bouleversement ?

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Rachat par Numéricâble de SFR et Virgin Mobile, disparition de B and You, Bouygues plus que jamais menacé… le monde des télécoms est-il devenu fou ? Mais jusqu’où va pouvoir aller cette spirale infernale ? L’intérêt du consommateur est-il menacé ? Plongée au sein d’un marché qui n’a pas fini de nous surprendre.

 

La consolidation tant attendue du petit monde des Télécoms n’est peut-être pas encore pour demain. Alors que tout portait à croire, il y a encore quelques mois, à une stabilisation progressive du marché, ce dernier continue inexorablement sa mue. Avec des conséquences encore difficilement mesurables pour le consommateur.

Après deux années de baisses massives, le niveau des prix semble s’être stabilisé pour 2014. Mais si ce calme soudain et nouveau annonçait le retour de la tempête ? Une tempête, au sein de laquelle les règles du jeu pourraient être transformées, devenant potentiellement bien plus favorables aux opérateurs.

L’époque du pain béni pour le consommateur toucherait-elle justement à sa fin ? Une chose est sûre, il y a dix ans, le rapport de force lui était clairement défavorable. Le célèbre cartel constitué par les mastodontes Orange, Bouygues et SFR, dictait sa loi, ses offres et ses tarifs. Avec un objectif : protéger au maximum ses bénéfices. En 2005, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir vient alors dénoncer cette entente déloyale devant les juridictions. Dès lors, le législateur se saisit du dossier et différentes mesures seront adoptées en faveur du développement de la concurrence.

 

Une baisse de 30% des factures mobiles des Français

 

Rapidement, les premiers MVNO (Mobile Virtual Network Operators) voient le jour. Quatre années plus tard, une nouvelle licence est accordée à un acteur qui a déjà fait grand bruit dans le domaine de l’ADSL : Free mobile dont les premières offres sont commercialisées dès janvier 2012. En toute logique, pour capter une partie de la clientèle des trois opérateurs historiques, il se met alors à miser sur une politique tarifaire agressive, ébranlant un peu plus un marché déjà en peine et à saturation depuis le début de la crise. En deux ans, les factures mobiles des Français auraient baissé de près de 30%, selon une étude de l’UFC-Que Choisir.

Un bonheur pour les uns, mais des bénéfices en moins pour les autres. Certains MVNO préfèrent jeter l’éponge, Bouygues se met à opérer des coupes drastiques au niveau de ses effectifs, suivi dans une moindre mesure par SFR.

L’arrivée du quatrième entrant serait-elle responsable de tous ces maux ? Sans conclusion hâtive, certaines voix estiment qu’un retour à 3 grands acteurs permettrait d’assainir ou du moins offrirait une bouffée d’oxygène à un marché en proie aux difficultés.

 

Des difficultés nouvelles, des fusions et des rachats

 

Dès lors, les rumeurs ou les confirmations de fusions, de rachats et de concentrations se succèdent. Fin 2013, Vivendi cherche à se débarrasser de sa filiale mobile devenue trop encombrante. Numéricâble et Bouygues se portent tous deux volontaires pour le rachat de l’opérateur au carré rouge, lequel préfèrera finalement les bras de Numéricâble. Au grand dam de l’ancien ministre de l’économie d’alors, Arnaud Montebourg, qui avait publiquement affiché sa préférence en faveur de l’offre du groupe de Martin Bouygues. De fait, le marché tourne toujours autour de quatre acteurs. Mais pour combien de temps encore ?

Fin octobre 2014, l’Autorité de la concurrence donne officiellement son feu vert au rachat de SFR par le câblo-opérateur. Dès lors, l’objectif affiché par Eric Denoyer, président du nouvel ensemble SFR-Numéricâble, est bien de détrôner Orange et devenir « le leader français du très haut débit fixe et mobile ».

 

SFR/Numéricâble : vers une nouvelle hausse des tarifs ?

 

Même si l’harmonisation complète prendra du temps, moins d’un mois après cette officialisation, les premières offres communes voient le jour. Avec quelques belles augmentations tarifaires à la clé. Le groupe entend bien en effet profiter de sa nouvelle position premium pour faire augmenter l’ARPU moyen, autrement dit le revenu moyen par abonné. A commencer par le très haut débit. Dans la mesure où la fibre et le câble permettent une multiplication par dix des débits moyens, Patrick Drahi, le président exécutif d’Altice, maison-mère de Numéricâble, affiche toute sa confiance. D’après lui, il ne fait aucun doute que pour quelques euros supplémentaires, « les gens vont se précipiter » sur ses nouvelles offres à valeur ajoutée.

De fait, les nouveaux contrats fibre d’entrée de gamme sont désormais facturés une dizaine d’euros supplémentaires par rapport à l’ADSL (et sept de plus par rapport à l’ère SFR, soit 39.99 euros*). Certains services autrefois optionnels comme l’illimité vers les mobiles sont en effet désormais intégrés de facto à l’offre. Impossible non plus de choisir une offre fibre en optant pour le modem classique, avec l’espoir secret de faire quelques économies. Choisir la fibre, c’est forcément choisir la fleur de sel des offres triple play avec le décodeur TV SFR Evolution ou, mieux encore, la Box de Numéricâble.

C’est en effet un des premiers effets de la fusion : la Box by Numéricâble devient aussi made in SFR !  Souvent considérée comme la Box la plus évoluée du marché avec des fonctions innovantes comme le picture-in-picture, une télécommande à clavier intégré, un disque dur extensible jusqu’à 1 To ainsi qu’une fonction modem tout-en-un qui permet des débits théoriques jusqu’à 400 Mb/s, c’est la crème des crèmes des équipements actuels pour les plus « geek ». Mais dans le jargon Numéricâble, l’innovation technologique a aussi un coût. Là encore, les offres les plus low-cost démarrent à 39.99€ et s’envolent jusqu’à 51.99€ si l’abonné choisit d’y joindre le système de domotique « Home by SFR » et le bouquet de chaînes optionnelles TV Power de Numéricâble*.

Un pari, cependant, risqué au vu de la politique inverse actuellement menée par le groupe Bouygues. Plutôt mal en point depuis son éviction de rachat de SFR, à en croire certaines rumeurs, l’opérateur serait lui-même à vendre. Orange et Free ont un temps été sur les rails. Il y a quelques semaines, c’était plutôt au tour de Dexter Goei, le directeur général d’Altice, de flairer le bon filon en espérant ainsi accroître à nouveau l’hégémonie de son groupe sur le secteur. Une possibilité qui a cependant peu de chances de se réaliser car elle devrait encore obtenir l’aval de l’Autorité de la concurrence, laquelle pourrait y voir un frein à un marché libre et non faussé.

 

Le vilain petit canard Bouygues

 

En attendant un éventuel rachat, Bouygues Télécom a, semble-t-il, décidé de frapper un dernier coup. Après avoir déboulé avec ses offres ADSL à 19.99€ et fibre à 26.99€, le voilà qu’il récidive dans le domaine du mobile. Dernier événement en date : la disparition de sa filiale bon marché B and You et son intégration au sein de la société mère, sans distinction de service client. Dorénavant, les forfaits B and You deviennent des forfaits Bouygues à part entière, pris sans subventionnement de mobile, à côté de ceux de la gamme « Sensation » qui intègrent les mêmes caractéristiques, à la différence qu’ils incorporent en sus la possibilité de se procurer un téléphone à prix cassé.
 

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La nouvelle gamme de forfaits de Bouygues se répartit ainsi en 7 offres distinctes dont les tarifs varient de 3.99 euros (2 heures d’appels+ SMS/MMS illimités) à 69.99 euros (appels et SMS/MMS illimités + 20 Go d’Internet). Comptez entre 5 et 20 euros supplémentaires avec un mobile (gamme Sensation). Si le groupe conserve presque tel quel les 4 forfaits de son ancienne marque B and You, il en profite aussi cependant pour augmenter en catimini plusieurs de ses tarifs. L’ancien forfait à 2.99€ subit ainsi une inflation d’un euro et le hors-forfait lié aux appels passe de 0.10 à 0.20 euro par minute. Même augmentation pour l’illimité voix qui passe de 9.99 à 10.99 euros, tandis que l’offre « 24/24 et 5 Go d’Internet » prend une hausse de 20% et passe à 29.99 euros (au lieu de 24.99 euros). Quant au forfait Internet fixe B and You à 15.99€, il est purement et simplement supprimé de la nouvelle grille tarifaire.

 

A l’heure à laquelle le low-cost est plus que jamais en vogue chez le consommateur, ces hausses de tarifs sonneraient-elles le glas de la tendance baissière des tarifs des Télécoms ?

 

Orange : le statut-quo… ou presque

 

Face à ce chambardement, Orange reste en tout cas inflexible. Fin novembre, il a réaffirmé son intention de ne pas toucher à sa marque low-cost Sosh. Les forfaits de la marque à l’agrume n’ont d’ailleurs quasiment pas évolué depuis plusieurs mois. Ils ont cependant là encore subi plusieurs saignées au niveau des avantages inclus. Après le retrait de Cinéday pour les abonnés Sosh, c’est au tour des nouvelles offres d’Orange d’être amputées du célèbre service de streaming Deezer depuis octobre dernier. Des suppressions sans aucune compensation tarifaire.

A l’heure à laquelle les abonnements se conçoivent de plus en plus sans mobile associé, l’opérateur historique fait cependant un pas essentiel vers Free. Depuis quelques mois, une nouvelle solution permet au client d’acquérir un terminal indépendamment de son forfait via la solution de l’étalement mobile. Après un apport initial, l’abonné finance ici son mobile en plusieurs fois, sans frais, via des prélèvements de quelques euros répartis sur 24 mois.

La différence avec les forfaits traditionnels ? Le prix du forfait et le montant du téléphone sont clairement dissociés. L’abonné n’est plus engagé sur deux ans et possibilité lui est offerte de rembourser ses mensualités liées au mobile de manière anticipée. Une petite révolution au sein de l’opérateur historique, qui a d’ailleurs mis un terme au principe de subvention de terminal pour ses forfaits d’entrée de gamme M6 Mobile et Origami Zen. Et si notre façon de consommer le mobile, à l’image de ce qui était encore pratiqué dans les années 2000, n’était pas tout bonnement en train de mourir ?

 

Vers la renaissance d’un oligopole ?

 

Une page semble en effet se tourner dans le secteur des Télécoms. Et chaque semaine qui passe – ou presque – apporte son lot de nouvelles. Hier, Numéricâble représentait un acteur de second plan qui, via sa présence essentiellement circonscrite aux plus grandes métropoles, ne pesait pas bien lourd dans le domaine des Télécoms. Risque-t-il demain de détrôner Orange, au moins dans certains secteurs spécifiques ? Après SFR, l’appétit d’ogre de Patrick Drahi ne semble toujours pas être rassasié. Début décembre, un autre rachat, celui de Virgin Mobile, était de nouveau acté. A l’heure à laquelle les disparitions, les rachats ou les concentrations de MVNO se multiplient, certains spécialistes se posent même la question de l’avenir de ces opérateurs virtuels. Et aux associations de consommateurs de s’inquiéter de l’impact qu’aurait sur les prix un éventuel retour à trois acteurs.

 

Après deux années de baisses massives, le niveau des prix semble s’être stabilisé pour 2014. Il y a peu de chances à ce que le phénomène devienne foncièrement différent en 2015. A moins que Xavier Niel, PDG du groupe Iliad, société mère de Free, vienne là encore jouer les trouble-fêtes. C’est en tout cas ce qu’il a laissé sous-entendre, lors d’une interview sur BFM Business le 4 novembre dernier.

Sous ses airs légendaires de grand communiquant, il a confessé non sans malice s’être « un peu endormi » ces derniers mois avant de promettre, sans d’autres précisions, « un petit truc sympa » à ses abonnés pour 2015. Gageons simplement que cette surprise ne sera pas là encore synonyme de hausses tarifaires, comme ce fut le cas lors du lancement de la Freebox Révolution.

Loin d’être en panne d’imagination en matière de facturation, l’opérateur s’était alors amusé à créer des « frais de mise à disposition de la boucle locale dédiée » de 5.99 euros. Un tour de passe-passe qui lui a longtemps permis, sur son site Internet, de continuer à présenter sa nouvelle box au tarif, pourtant bien révolu, de 29.99 euros au lieu de 35.98 euros.
 

 

*Tarifs communiqués, hors période promotionnelle éventuelle.

Sébastien Jaslet

 

*Toutes les offres sur cette page sont suceptibles d'évoluer. Seules les conditions proposées par les marques sur leur site font foi.

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