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Amende BNP-Paribas : les clients de la banque doivent-ils s’inquiéter ?

bnp paribas

La chasse aux tricheurs est lancée. Les Etats-Unis traquent les banques ayant mené des opérations en dollars avec des pays sous embargo. A ce jeu, BNP-Paribas est aujourd’hui le plus grand perdant, avec une amende de 8,97 milliards de dollars. C’est avec légitimité que les clients de la banque se demandent d’où va provenir l’argent pour la régler.

 

Une sanction exemplaire

 

Les autorités américaines ont condamné BNP-Paribas pour avoir mené entre 2000 et 2010 des transactions en dollars avec des pays sous embargo*, tel l’Iran, Cuba ou le Soudan, tous déclarés « ennemis des Etats-Unis ».  La banque française a reconnu sa responsabilité et a été condamnée par la justice américaine à payer une amende de 8,97 milliards de dollars, soit près de 6,5 milliards d’euros.

Cette somme correspond à un an de profit de la banque. Pour autant, cette pénalité ne peut être réglée rubis sur l’ongle. Alors les dépôts et l’épargne des clients particuliers vont-ils servir à payer ?

 

Des paroles pour rassurer…

 

L’inquiétude est légitime et c’est pour cela que le Directeur général de la banque, Jean-Laurent Bonnafé, a adressé un courrier à tous ses clients. Le message se veut rassurant.

Jean-Laurent Bonnafé cherche tout d’abord à dissocier ses clients des troubles que traverse actuellement son établissement : « (…) que vous soyez client particulier, commerçant, artisan, profession libérale, entrepreneur ou dirigeant d’entreprise, je m’engage à ce que ce sujet spécifique n’ait absolument aucun impact sur vous  ». Il entend distinguer, aux yeux du public, la minorité au sein de BNP-Paribas qui a causé le scandale, en passant outre la régulation américaine, du reste de la banque, celle que nous connaissons tous, celle à qui nous pouvons accorder notre confiance.

Ainsi écrit-il que « des dysfonctionnements et des pratiques contraires à l’éthique de la banque ont été constatés au sein de cette activité spécifique de financement du négoce international de pétrole et de gaz (qui représente moins de 1% de l’activité totale de la banque) ». Il insiste ensuite sur les responsabilités de quelques individus.

En substance, comprenez que BNP-Paribas s’est laissé abuser par certaines personnes, mais a fait le ménage et demeure une banque éthique et responsable. Une banque qui ne met pas en danger l’argent de ses clients : « La sécurité de vos avoirs chez BNP Paribas est une évidence. »  

Pour visualiser le courrier envoyé aux clients de la BNP Paribas, cliquez sur les images ci-dessous :
 

              
 

… mais dans les faits, qui va payer ?

 

La banque s’est engagée à ne pas toucher aux avoir de ses clients pour régler son amende. Alors d’où va provenir l’argent ?

Première hypothèse, une hausse des tarifs, pour pallier à la dépense. Là encore, le groupe s’en défend dans le courrier de son Directeur général.

Une diminution, voire une suppression, du dividende, avait été évoquée. La banque a finalement annoncé verser un dividende de 1,50 € par action au tire de 2014. Sans l’amende, il aurait été de 2 €, selon Lars Machenil, directeur financier de l’établissement. Autre scenario avancé, une déduction de la somme de l’amende des bénéfices de la société. Pas de bénéfice signifie alors pas d’impôts. Un manque à gagner estimé à 2,5 milliards d’euros pour l’Etat français.

Enfin, n’oublions pas les salariés de la banque. Si Jean-Laurent Bonnafé leur a adressé un courrier spécifique pour les rassurer, 2014 ne devrait toutefois pas être une année faste pour les primes des employés.

BNP-Paribas a affirmé posséder suffisamment de trésorerie à l’heure actuelle pour régler son amende sans se mettre pour autant en porte-à-faux avec les exigences européennes en matière de fond propres.

Au final, les clients de la banque ne devraient donc pas sentir passez cette amende colossale. En revanche, ce sont les potentiels clients, du moins emprunteurs, qui pourraient être pénalisés. Les banques ont déjà durci les conditions d’accès au crédit, gageons que BNP-Paribas se montre encore plus frileux face au risque.

 

Pour aller plus loin :

 

Jusqu’à quel point mes avoirs sont-ils protégés et disponibles ?

La question semble récurrente depuis quelques années. En effet, les clients des banques ont eu de nombreuses raisons de s’inquiéter. D’abord avec la crise économique, qui a fait planer des risques de faillite sur les banques de détail. Puis avec les politiques de sanction menées par les Etats. BNP-Paribas écope de la plus grosse sanction appliquée par les Etats-Unis, mais n’est pas la première banque à se faire épingler. Un exemple : en 2009, la banque néerlandaise ING a été condamnée par les Etats-Unis à une amende de 619 millions de dollars.
 

Alors que se passe-t-il avec votre argent si votre banque fait faillite ou ne peut faire face à une telle dépense ?

Pour qu’une banque puisse opérer en France, elle doit adhérer au  Fonds de garantie de dépôts et résolution (FGDR). Cet organisme garantit les avoirs de chaque client à hauteur de 100 000 €. En cas de faillite de votre banque, vous êtes directement remboursé par le FGDR.

Quant à retirer son argent de la banque de peur d’une faillite, cela peut être plus compliqué qu’il n’y parait. En effet, la plupart des agences bancaires n’ont plus que très peu d’espèces entre leurs murs, pour des raisons de sécurité. Vous ne pourrez donc retirer plus que dans un distributeur automatique. Il est possible d’augmenter votre plafond ou de faire une demande de retrait d’un montant plus élevé à votre banque. Il lui faudra quelques jours pour débloquer l’argent.

Sachez que si la banque trouve vos retraits de liquidités suspects, elle peut les signaler à Tracfin, l’outil de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

 

A lire également :
 

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, se veut lui aussi rassurant sur la capacité de BNP-Paribas à payer son amende.

 

* Embargo : un pays ou une organisation internationale peut sanctionner un Etat en lui imposant un embargo financier, qui interdit avec ce dernier les opérations de change, mouvements ou transferts de capitaux. 

Ingrid Labuzan

 

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