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Assurances aux moyens de paiement : est-ce vraiment utile ?

Assurances aux moyens de paiement : est-ce vraiment utile ?

Les assurances aux moyens de paiement proposées par les établissements bancaires ont souvent mauvaise presse auprès des associations de consommateurs. De l’autre côté, votre banquier vous en vante les louanges et surtout les risques si vous y renoncez. Que croire ? Faut-il, oui ou non, souscrire à ce type de contrat ?

 

Les Français sont-ils les champions des assurances inutiles ? A en croire les associations de consommateurs, en tout cas, nous serions sur-assurés et paierions au final beaucoup trop cher en contrat pour la protection qui nous est réellement offerte en retour. Un chiffre vient appuyer ce constat. D’après l’UFC-Que Choisir, un ménage français dépenserait chaque année en moyenne l’équivalent de 2270 euros en terme de garanties diverses et variées.

Parmi les assurances les plus pointées du doigt, se trouvent notamment les contrats pour « perte et vol des moyens de paiement » proposés par la totalité des établissements bancaires. Comprenez par-là l’ensemble des protections, voire des packages, qui vous sont vantés et vendus par votre banquier dès lors que vous lui demandez la possibilité d’utiliser un carnet de chèques ou une carte de paiement. Sans cette protection, d’après lui, vous êtes financièrement responsable de toute utilisation frauduleuse de vos moyens de paiement et vous exposeriez, par conséquent, à devoir payer intégralement le montant de ces achats réalisés sans votre consentement. Qu’en est-il réellement ? Pour 30 à 40 euros en moyenne par an, que couvrent vraiment ces contrats ? Sont-ils vraiment utiles ? Quelles conséquences y a-t-il si vous choisissez de faire l’impasse d’une telle assurance ? Tout dépend en réalité des situations auxquelles vous pouvez être confronté.

 

Vous avez perdu ou vous vous êtes fait voler votre chéquier

 

C’est une des craintes premières du détenteur d’un compte bancaire : ne plus remettre la main sur son carnet de chèque. Car, avant qu’une opposition ait été déposée sur l’ensemble des chèques concernés, le fameux inventeur de ce vrai-faux trésor a toute possibilité de multiplier les achats en votre nom, en signant à votre place. Sur ce point, la loi est formelle : vous ne pouvez être tenu pour responsable de l’encaissement d’un chèque qui n’aurait pas été signé par vous-même. En théorie, tout établissement financier a en effet le devoir de procéder à la vérification de tous les chèques avant de les traiter. Assurance ou pas, vous êtes par conséquent assuré d’être intégralement remboursé.

Là où réside toutefois l’intérêt des garanties proposées par les banques, c’est dans la réactivité de la prise en charge. Sans assurance, en effet, vous devez demander copie et vérification de tous les chèques concernés et prouver la falsification de votre signature avant d’obtenir gain de cause. Avec assurance, vous serez automatiquement et immédiatement remboursé.

 

Vous avez perdu ou vous vous êtes fait voler votre carte bancaire  

 

L’assurance de votre banque vous propose le remboursement intégral de l’ensemble des paiements et des retraits effectués et réalisés avec votre carte de paiement avant opposition, suite à sa perte ou à son vol. Pourtant, depuis 2009, la loi reconnaît des droits quasi équivalents à l’ensemble des clients. En dehors de tout contrat de garantie, le détenteur d’une carte bancaire n’est ainsi rendu responsable de l’ensemble des opérations frauduleuses réalisées avec sa carte, en cas de perte ou de vol, qu’à hauteur de 150 euros.

Concrètement, dans tous les cas, l’ensemble des paiements et/ou des retraits qui ne sont pas de votre fait doivent donc vous être remboursés au-delà de cette somme. La banque ne peut se dédouaner de cette obligation d’indemnisation, sauf à prouver un comportement fautif manifeste de votre part (inscription du code secret au dos de votre carte par exemple…). En réalité, le seul intérêt de l’assurance bancaire est ici de vous exonérer de la franchise des 150 euros ou encore de prendre en charge les frais d’opposition ainsi que de remplacement et de fabrication de la nouvelle carte.

 

Les coordonnées de votre carte bancaire ont été dérobées  

 

C’est la crainte du XXI è siècle : se faire dérober son numéro de carte bancaire, à l’occasion notamment d’un achat sur Internet. Un individu peut alors réaliser des achats avec votre carte, alors même que celle-ci est encore physiquement entre vos mains. L’article L.133-19 du Code monétaire et financier est particulièrement clair en de tels cas : « La responsabilité du titulaire d’une carte n’est pas engagée si l’opération de paiement non autorisée a été effectuée en détournant, à l’insu du payeur, l’instrument de paiement ou les données qui lui sont liées ».
 

Ayez les bons réflexes
Si vous êtes victime d’une utilisation frauduleuse de vos moyens de paiement, votre premier réflexe doit être de faire opposition auprès de votre banque, soit par téléphone ou directement sur place. Confirmez ensuite cette opposition et détaillez l’ensemble des prélèvements suspects grâce à l’envoi d’un courrier recommandé avec accusé de réception. Votre établissement bancaire est en théorie tenu de vous rembourser l’ensemble des opérations frauduleuses dans un délai d’un mois suivant votre réclamation. En cas de différend, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’Association Française des Usagers des Banques (AFUB).

 

Vous vous êtes fait agresser à un distributeur. Des fonds vous ont été extorqués.

 

Bien qu’ils ne représentent encore qu’un faible pourcentage des fraudes aux moyens de paiement, ces agissements sont cependant en pleine expansion. Alors que vous êtes tranquillement en train de retirer de l’argent à un distributeur, un passant vous agresse brutalement et en profite pour vous extorquer votre argent, voire le code secret de votre carte bancaire. Seuls les titulaires d’une assurance aux moyens de paiement ont dans ce cas une chance d’être indemnisés.

L’assurance Quiétis de la Société Générale couvre, par exemple, à la fois tout retrait d’espèces effectué sous la menace à un distributeur automatique ainsi que tout vol de monnaie intervenant dans les 48 heures suivant le retrait, en cas d’agression ou de malaise. Toutefois, bien que pratiques, ces garanties sont soumises à des plafonds de remboursement souvent assez bas. A la Société Générale, ils s’élèvent à seulement 1000 euros par sinistre et par an pour les espèces retirées aux distributeurs du groupe et même à 500 euros lorsque l’agression a lieu devant un autre établissement.

 

Des garanties « complémentaires » parfois utiles…

 

Pour les plus sceptiques de l’intérêt de ce type d’assurance, votre banquier a une dernière arme entre ses mains. Pour seulement quelques euros par mois, ces contrats vous couvrent contre le risque de perte de vos papiers d’identité, de vos clefs de voiture ou de maison ou encore, parfois, en cas de vol ou bris de votre téléphone portable.

Ces garanties complémentaires constituent probablement un des intérêts principaux de ce type de contrat. Même si les plafonds de remboursement sont parfois assez réduits, il est toujours appréciable en cas de besoin de pouvoir compter sur un petit pactole supplémentaire. La Société Générale couvre, par exemple, la perte de vos clés à hauteur de 500 euros par sinistre et par an ou 310 euros pour vos papiers. Votre téléphone portable, quant à lui, est couvert à hauteur de sa valeur d’achat et jusqu’à 300 euros durant les trois premières années suivant son acquisition.

Toutefois, n’hésitez pas à étudier de près l’ensemble des conditions de l’assurance proposée par votre banque. En particulier, pour les garanties relatives aux vols et pertes de papiers ou clés, certains contrats stipulent que la prise en charge ne peut avoir lieu que si le dommage est lié à celui du moyen de paiement. En d’autres termes, si votre contrat fait apparaître une telle clause, vous ne pourrez alors être remboursé de la perte de vos papiers que si vous égarez par la même occasion votre carte bancaire ! Nos amis les assureurs ne manquent décidément pas d’imagination.

 

  
 

L'avis de Choisir.com

 

Certes, la loi vous protège en cas d’utilisation frauduleuse de vos moyens de paiement. Mais ce type de contrat vous permet bien souvent d’être remboursé plus rapidement. En cas de perte ou de vol de votre carte bancaire, vous êtes exonéré du paiement de la franchise de 150 euros ainsi que, bien souvent, des frais d’opposition et de refabrication de la nouvelle carte. Certains contrats prévoient en outre une couverture contre le vol ou le bris de votre smartphone, là où ces assurances seules sont généralement vendues entre 8 et 12 euros par mois par votre opérateur. Même si les plafonds de remboursement des assurances aux moyens de paiement peuvent parfois être assez réduits, à raison d’une cotisation annuelle de 40 euros, soit un peu plus de 3 euros par mois, vous auriez tort en général de vous en priver. Toutefois, les contrats entre les établissements bancaires eux-mêmes, ne se valent pas toujours. Leur souscription peut donc dans certains cas s’avérer plus avantageuse que dans d’autres.

 

 
Sébastien Jaslet

 

*Toutes les offres sur cette page sont suceptibles d'évoluer. Seules les conditions proposées par les marques sur leur site font foi.

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