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A qui profiterait réellement le rapprochement des opérateurs Orange et Bouygues Télécom ?

orange Bouygues télécom

Bouygues Télécom négocie son rachat par Orange. L’information de ce début d’année sonne comme un chambardement dans un marché qui vient à peine de digérer la fusion de SFR et de Numéricâble. A la clé, le rapprochement pourrait être lourd de conséquences tant en termes économiques, que vis-à-vis du consommateur. Quel pourrait être le visage du monde des Télécoms de demain ?

 

Si jusqu’alors les rumeurs de consolidation du secteur se sont souvent avérées être des chimères, cette fois d’après Stéphane Richard, PDG d’Orange, elle aurait « une chance sur deux » de se concrétiser. Et pour la première fois, ce serait Martin Bouygues lui-même qui serait à l’origine de l’initiative. Les deux concurrents ont même fini par admettre, début janvier, avoir entamé des « discussions préliminaires » à ce sujet. Martin Bouygues est-il vraiment prêt à vendre son « bébé » ? 

 

Une nouvelle ère pour Orange et pour les télécoms ?

 

Après avoir résisté à SFR, Bouygues Télécom serait maintenant prêt à se jeter dans les bras d’Orange. Cette fois, la donne est différente : le rachat ne se ferait pas simplement sous forme de liquidités mais aussi à travers un échange de titres.

Bouygues entrerait alors au capital d’Orange, pour en devenir le premier actionnaire derrière l’Etat.

L’ennemi d’hier serait désormais en passe de devenir un décideur et un investisseur de premier poids au sein de l’ex-monopole d’Etat, signant ainsi l’épilogue d’une libéralisation de plus en plus grande du secteur des Télécoms.

La part de capital possédée par l’Etat, actuellement de 23 %, se trouverait diluée un peu plus via ce rachat pour se situer probablement aux alentours de 15 à 18 %.

 

Après la guerre des prix, la consolidation du secteur

 

Selon l'aveu de Stéphane Richard, PDG d'Orange, l'opérateur serait des quatre celui qui a le moins besoin de consolidation. Avec 39.84 % de parts de marché dans le fixe et 35.57 % dans le mobile, il surpasse avec une bonne longueur d’avance l’ensemble de ses concurrents.

Mais cette prééminence s’étiole aussi petit à petit depuis 2005 et l’émergence des opérateurs secondaires (MVNO) et, plus encore, depuis 2012 avec l’arrivée de Free mobile.

Pour résister, la marque Orange a dû multiplier les efforts, en chamboulant à de multiples reprises ses offres et en se donnant un nouvel essor digital grâce à sa filiale Sosh.

 

"Depuis 2011, le prix moyen de la facture par client Orange a presque été divisé par deux."

 

Au même moment, les quatre acteurs ont dû faire face à des investissements de masse, notamment au travers du développement de la 4G. Selon les principaux intéressés, la pression concurrentielle ne peut pas continuer ainsi bien longtemps.

Vivendi a donc jeté l’éponge pour vendre SFR à Altice. En rachetant Bouygues Télécom, Orange espère desserrer l’étau qui règne sur les prix et contribuer à une nouvelle consolidation et stabilisation.

 

 

Des prix trop bas pour un service de qualité ?

 

La tranquillité est, d’après Stéphane Richard, ce qui a le plus manqué au secteur des Télécoms ces dernières années.

A cause d’une pression incessante sur les prix et les services, les marges dégagées par les opérateurs se sont considérablement réduites. Autant d’argent en moins que les professionnels, selon cette logique, ne pourront plus réinvestir dans la qualité des réseaux et dans l’innovation.

La première victime en serait par voie de conséquence le consommateur lui-même qui, au prix d’un forfait bon marché, paierait en retour la monnaie de sa pièce via une qualité de service détériorée.

Le but avoué de Stéphane Richard est clair : redresser les marges et créer les conditions d’un cercle vertueux dans lequel les intérêts des opérateurs coïncideraient avec ceux du consommateur pour « une accélération de la fibre et la résorption des zones grises ».

La gymnastique est loin d’être aussi simple. En dépit de tarifs qui comptent parmi les moins chers d’Europe, les Français auraient aussi le meilleur débit au regard de ceux enregistrés par leurs voisins directs comme la Belgique, l’Allemagne ou la Grande Bretagne.

 

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Menace sur les prix

 

L’inflation des prix et des abonnements est aussi le risque le plus redouté par les associations de consommateurs à l’occasion de cette fusion. Un risque qui serait accru en cas de nouvelle entente cordiale entre les acteurs en présence comme au début des années 2000.

Stéphane Richard a beau répéter que la baisse des tarifs du mobile est un « acquis irréversible », l’histoire européenne récente a plutôt prouvé le contraire.

 

"En Autriche, lorsque le marché s’est consolidé autour de 3 acteurs au lieu de 4 en 2013, les abonnés ont vu leur forfait s'apprécier de plus de 18 % en un an."

 

A cela, le PDG d’Orange répond avec malice qu’il y aura toujours un troisième acteur prêt à semer le trouble. Rien ne garantit que cela sera suffisant...

En 2011, après avoir généralisé le modèle de l’Internet fixe à moins de 30 euros, Free a aussi été le premier à instaurer une nouvelle offre premium, facturée près de 8 euros plus chers...

SFR/Numéricâble tente même d’opérer depuis un an un recentrage commercial autour d’un nombre d’offres plus limitées, en privilégiant les formules les plus haut-de-gamme et en remontant ses tarifs : l’offre Fibre « Starter » démarre désormais à 39.99 euros. 

De son côté, Orange a fait l’impasse sur de nombreux bonus dans ses forfaits. Quant à Free, il mettait fin en août dernier au fair-use de la data en itinérance dans les pays de son Pass Destination.

Exit, aussi du côté des offres mobiles de Bouygues Télécom en ce début d’année, la navigation en débit réduit, une fois l’enveloppe Internet consommée. En lieu et place, les clients retrouveront les joies du hors forfait...

Résultat : pour la première fois en quatre ans, le fameux ARPU (le revenu moyen par abonné) a enregistré une hausse de 40 centimes en moyenne tous opérateurs confondus. Une hausse, somme toute assez modeste, mais qui laisse craindre le pire.

 

  
 

L'avis de Choisir.com

 

A pas de velours, la consolidation est déjà bel et bien en marche. De la bouche de son Président, Sébastien Soriano, l’ARCEP (l’autorité de régulation des télécoms) attire l’attention sur le risque de « revenir en arrière dans l’ouverture à la concurrence du secteur »...

 

 

 

Découvrez en image, le débat de La quotidienne sur ce rapprochement... Alors pour ou contre ?
 

Sébastien Jaslet

 

*Toutes les offres sur cette page sont suceptibles d'évoluer. Seules les conditions proposées par les marques sur leur site font foi.

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