La limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute

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Parmi les différentes mesures proposées par la CCC pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, celle du passage de 130 à 110 km/h de la limitation de vitesse sur autoroute fait grincer des dents. Entre les « pour » et les « contre », le torchon brûle à coup d’arguments chiffrés et de projections sur l’avenir.

 

La convention citoyenne pour le climat

La CCC est une convention composée de 150 citoyens français tirés au sort et qui doivent réfléchir ensemble aux mesures à mettre en place afin de lutter contre le réchauffement climatique. Parmi les différentes propositions de ce groupe, l’abaissement de la vitesse maximale sur autoroute de 20 km/h est censé réduire les émissions de co2 de 10 à 15 % (sur les trajets autoroutiers uniquement).

 

"La CCC travaille sur les questions d’environnement depuis octobre 2019."

 

Mais une telle mesure ne laisse pas indifférent, et plusieurs associations de défense des automobilistes montent au créneau contre cette proposition (non encore votée), à l’image de l’association « 40 millions d’automobilistes » qui a lancé une pétition contre ce projet.

 

Les effets attendus

Le sens de cette proposition est assez simple : un véhicule qui roule moins vite consomme moins de carburant, et par conséquent émet moins de dioxyde de carbone. Un rapport du commissariat général au développement durable calcule que le passage à 110 km/h entraînerait une baisse de la consommation de carburant de 5,12 % par an, équivalent à 1,45 million de tonnes de CO2. Un chiffre assez faible au regard des 135 millions de tonnes de CO2 émis chaque année par le parc automobile français dans son ensemble et qui ne représente finalement une baisse que de 1 % environ.

 

"Les émissions de CO2 issues des véhicules baisseraient de 1 % seulement."

 

Les associations de défense de l’automobile affirment quant à elles que rouler à 110 km/h incitera davantage les conducteurs à rester en cinquième, sans jamais passer la sixième, et donc à créer un surrégime qui pourrait générer l’effet tout à fait inverse sur la consommation de carburant.

 

L’autoroute abandonnée ?

L’une des craintes développée par les détracteurs de la limitation à 110 km/h est la désertion des autoroutes payantes de la part de nombreux automobilistes. En effet, l’un des avantages principaux de l’autoroute est la rapidité de déplacement qu’elle permet, que ce soit pour se rendre au travail ou pour partir en vacances. Un avantage qui se paie parfois cher aux péages.

 

 "L’autoroute est statistiquement le trajet le plus sécurisant."

 

Alors avec cet abaissement de la vitesse limite, il est possible qu’un certain nombre de conducteurs préfèrent finalement opter pour des routes secondaires, même si celles-ci sont limitées à 80 ou 90 km/h. Malheureusement, ce report sur les routes nationales et départementales risquerait de faire monter le taux des accidents de la route, car c’est aujourd’hui sur autoroute que l’on déplore le moins de victimes  chaque année en France.

Cependant, les défenseurs du 110 affirment quant à eux que la baisse de la vitesse sur autoroute va aussi permettre une baisse des accidents, contrebalançant ainsi une éventuelle hausse sur les trajets secondaires. Des affirmations, de part et d’autre, qui ne trouveront de réelle réponse qu’au terme du bilan d’une année.

 

L’impact économique

L’association 40 millions d’automobilistes affirme de surcroît que cet abaissement de la limitation de vitesse aura un impact négatif non négligeable sur l’économie du pays. Elle se base sur une étude qui met en exergue les bénéfices et les coûts liés à cette mesure : perte de temps lors des trajets, mise en place de nouveaux panneaux, coût des accidents, pollution générée et carburant économisé. Après un savant calcul, il en ressort que cette mesure pourrait coûter 550 millions d’euros par an au pays.

 

"Une mesure qui impacte directement l’économie."

 

Les concessionnaires d’autoroutes, qui craignent quant à eux une baisse de la fréquentation, parlent d’une perte de 76 millions d’euros par an.

 

  
 

L'avis de Choisir.com

 

S’il est bien sûr impensable de refuser des avancées en faveur de l’environnement, le 1 % de CO2 économisé suffit il à justifier un coût économique apparemment important et un désagrément certain pour les automobilistes ? Le dossier est épineux, et nul doute qu’il va continuer à faire couler beaucoup d’encre dans les prochains mois.

 

 
Philippe Mougeot

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