Tout ce qu’il faut savoir avant d’acheter une voiture électrique

Acheter une voiture électrique

L’achat d’une voiture fait toujours l’objet de questionnements et de comparaisons entre les modèles. En ce qui concerne la voiture électrique, c’est la même chose, avec toutefois un peu plus d’inconnu pour les acquéreurs. En effet, même si elle fait beaucoup parler d’elle, la voiture électrique reste encore mystérieuse pour beaucoup de conducteurs. Faisons la lumière sur les points essentiels à étudier avant d’acheter une voiture électrique.

 

Quel format de voiture électrique ?

Lorsque l’on achète une voiture, la première évidence est de définir si l’on souhaite acquérir une citadine, une berline, une familiale… En somme, à déterminer son usage.

Jusqu’à récemment, pour la voiture électrique, la question ne se posait pas. La recherche (et le manque aussi !) d’autonomie poussait les constructeurs à se concentrer sur des véhicules de petits formats destinés à devenir le deuxième véhicule de la famille. Une voiture électrique qui puisse assurer les trajets jusqu’au travail, à l’école, pour les courses, mais certainement pas pour partir en vacances.

Aujourd’hui, la donne a un peu changé. Certes, l’offre la plus large en matière de voiture électrique se situe sur les segments des citadines et des polyvalentes, cependant des familiales et des SUV sont désormais disponibles avec des capacités d’autonomie très intéressantes.

Ces solutions sont encore la chasse gardée des constructeurs premiums à l’image de Tesla ou d’Audi. Pour faire simple : une voiture familiale électrique coûte cher.

 

taille voiture électrique

 

"Une vraie familiale en électrique, c’est possible mais premium."

 

Si vous recherchez une voiture électrique pour véhiculer toute votre famille sur de longs trajets, vous devrez compter un budget d’achat minimum de 50 000 €. En dessous de ce montant, vous aurez accès au mieux à un SUV compact, qui voudrait se faire passer pour une familiale en proposant un coffre de moins de 400 l. A noter tout de même la proposition de la Tesla Model 3 qui affiche, outre des performances impressionnantes pour une voiture électrique, une autonomie de 440 km et un coffre de 425 l pour un ticket d’entrée à 36 800 €. De plus, Tesla fait profiter ses clients d’un réseau de Supercharger assez bien développé qui permet de prévoir de longs trajets et de maîtriser sa dépense électrique.

Plus familial, l’Audi e-Tron affiche clairement des tarifs premiums qui ne correspondent pas à tous les budgets. Plus modeste en habitabilité, la Volkswagen ID.4 tire tout de même son épingle du jeu en proposant des volumes sympathiques pour des tarifs oscillant de 32 370 à 44 660 € selon la puissance du moteur et l’autonomie de la batterie.

 

familiale électrique

 

L’autonomie

L’autonomie est bien sûr un critère de choix essentiel pour une voiture électrique. Là encore, les voitures électriques affichant les plus hauts niveaux d’autonomie sont proposées à tarif supérieur. Il n’est pas rare qu’un modèle se décline avec différentes versions de batteries proposant plus ou moins d’autonomie.

Il est donc important de définir ses propres besoins en autonomie quotidienne, et les solutions de recharge dont l’on dispose, pour réaliser l’achat le mieux adapté.

Heureusement, depuis le 1er mars 2020, les constructeurs doivent homologuer l’autonomie de leur véhicule électrique selon le cycle WLTP et non plus NEDC comme auparavant. Beaucoup plus réaliste, ce cycle WLTP base ses tests sur une distance plus longue (23,25 km), à des vitesses supérieures (46,6 et 131 km/h) et à une température ambiante plus fraîche (14 à 23° C). Mais surtout, le protocole WLTP prend également en compte le poids embarqué et l’usage : sur un même modèle, le poids des équipements (GPS, caméra de recul…) et leur utilisation (notamment la climatisation, le chauffage et les phares) influent sur l’autonomie retenue en WLTP.

 

autonomie voiture électrique

 

"Le nouveau cycle WLTP est beaucoup plus réaliste."

 

C’est donc une indication bien plus fiable pour le consommateur, mais que chacun doit tout de même accorder à son style de vie. Si vous habitez dans une région où les températures sont froides en hiver, attendez-vous à une baisse de la capacité de la batterie. Idem si vous roulez régulièrement chargé (passagers, valises…), l’autonomie va fondre à vue d’œil. A l’inverse, si vous réalisez principalement des trajets urbains, relativement courts et notamment des redémarrages fréquents, vous allez pouvoir augmenter votre autonomie. En effet, à l’inverse d’un véhicule thermique, c’est lancée à vive allure sur l’autoroute que la voiture électrique consomme le plus.

Aujourd’hui, un bon niveau d’autonomie pour une voiture électrique débute au seuil de 350 km. Là encore tout dépend de l’usage que vous réservez à votre véhicule, mais la Renault Zoé présente par exemple un excellent rapport qualité prix en proposant 365 km d’autonomie pour un tarif d’entrée de gamme à 32 500 € et un volume de coffre raisonnable à 388 l. Sa principale concurrente, la Nissan Leaf, fait un peu mieux pour des tarifs similaires mais propose une prise CHAdeMO qui n’est pas compatible avec toutes les bornes (et qui est même vouée à disparaître à termes).

 

batterie voiture électrique

 

 

Bon à savoir 
La capacité d’une batterie est exprimée en kWh. Plus cette capacité est élevée, plus l’autonomie est importante, et le temps de recharge allongé. Il est donc essentiel qu’une voiture électrique proposant un haut niveau d’autonomie dispose d’une solution de recharge rapide cohérente.

 

Charger sa voiture électrique à la maison

Votre voiture électrique est équipée d’office d’un câble standard permettant la recharge sur une prise d’électricité classique. Cette solution est viable à la condition de pouvoir recharger chaque nuit en continu votre voiture électrique. En effet, ce type de câble limite la puissance de charge à 10A (2,3 kW), ce qui impose au moins 20 heures de branchement pour recharger une batterie de 50 kWh.

Il est aussi possible d’opter pour l’installation d’une prise Green’Up qui permet d’augmenter la puissance à 14A et de réduire un temps de charge complète à 15 h.

 

chargement voiture électrique

 

"L’installation d’une Wallbox à domicile ouvre droit à un crédit d’impôt."

 

Mais la solution domestique la plus compétitive reste la Wallbox qui ne limite qu’à 16A et propose un chargement avec la prise Type 2 qui est le standard européen de la recharge normale à rapide (7 heures pour une 50 kWh). L’installation coûte entre 1 000 et 1 500 € et sécurise votre installation électrique.

Evidemment, si vous avez la possibilité de recharger votre voiture électrique toute la journée sur le parking de votre lieu de travail, cet investissement n’est peut être pas nécessaire dans votre cas.

 

Bon à savoir 
Si vous habitez en copropriété, les autres copropriétaires ne peuvent pas s’opposer à l’installation d’une prise, à vos frais, sur votre emplacement de parking privé. C’est ce que l’on appelle le « droit à la prise ».

 

Charger sa voiture électrique à une borne publique

Pour charger sa voiture à une borne publique, il faut que celle-ci soit compatible au niveau de la prise (Type 2 et Combo CSS assurant désormais le standard européen, voir ci-dessous). Mais il faut aussi posséder un abonnement pour tout ce qui concerne les bornes payantes.

Les propriétaires de Tesla ne connaissent pas ce souci, eux qui disposent d’un accès à un réseau de superchargeurs très développé en Europe. Quant à Ionity, une alliance entre de nombreux constructeurs pour déployer des stations de charge, l’infrastructure dispose actuellement de presque 300 bornes en Europe.

 

borne publique voiture électrique

 

"La grande majorité des bornes en Europe propose une prise Type 2 Combo CSS."

 

Si tout n’est pas encore parfait, il semblerait que l’on soit sur la bonne voie.

Les bornes Tesla et Ionity sont le plus souvent disponibles sur autoroute et grands axes. En ville, c’est une autre affaire. Certains réseaux étant à la traîne, on ne compte plus les bornes mal entretenues, en panne, ou proposant simplement une prise obsolète.

Sans compter les opérateurs qui exigent la souscription à un abonnement, rendant telle ou telle borne indisponible à un utilisateur d’un autre réseau.

Notez d’ailleurs que les tarifs peuvent varier de façon considérable entre deux offres : à Paris, un opérateur propose un forfait à 10 €/mois pour des recharges illimitées, alors qu’un autre facture 1 € de l’heure, puis 1 € toutes les 4 minutes. Comparez bien toutes les offres disponibles en fonction du réseau présent sur votre région.

 

"Certaines bornes sont totalement gratuites, notamment sur les parkings des centres commerciaux."

 

La solution universelle : le Chargemap Pass qui consiste en une carte d’accès à différents réseaux comme Ionity, Corri-door, Allego… De plus, l’application propose une carte des bornes disponibles en Europe, régulièrement mise à jour pour indiquer les bornes qui pourraient se trouver en réparation ou indisponibles. Cependant, même avec ce pass, vous serez facturé en fonction des tarifs pratiqués par l’opérateur de la borne.

 

La prise de la voiture électrique

Jusqu’à récemment, les constructeurs proposaient leurs prises de recharge comme bon leur semblait. Mais heureusement aujourd’hui, l’Europe à identifié les deux standards en la matière :

  • La prise Type 2 : elle représente la norme pour le chargement en courant alternatif. Elle permet un chargement à une puissance de 43 kW, même si pour l’instant la majorité des voitures électriques et des bornes sont bridées à 7 et 22 kW (avec une puissance de 22 kW, il suffit de 2 h pour charger complétement une batterie de 50 kWh).
  • La prise Combo CCS : il s’agit d’une évolution de la prise Type 2 en version recharge rapide. Son secret : elle transforme le courant alternatif en courant continu. Grâce à ses deux formats intégrés, la prise Combo permet d’utiliser une Type 2 classique (sur une Wallbox ou une borne ordinaire) comme une CCS pour les bornes proposant la recharge rapide (jusqu’à 250 kW).

 

prise voiture électrique

 

"Type 2 et Combo CCS sont majoritairement utilisées en Europe."

 

Si vous achetez une voiture neuve aujourd’hui, il y a de fortes chances qu’elle soit équipée en Type 2 ou Combo CCS. Cependant, certains modèles comme la Nissan Leaf ou le Kia Soul EV utilisent du CHAdeMO qui est pour l’instant la référence au Japon. Mais face aux nouveaux standards européens, Nissan a décidé d’équiper son nouveau SUV Ariya du Combo CSS, et il y fort à parier que le reste de la gamme suive cette tendance.

Enfin, si vous achetez une voiture électrique d’occasion qui a quelques années, il est possible que vous soyez confronté à des prises désormais obsolètes :

  • Prise Type 1 : elle offre une charge lente uniquement et ne possède aucun verrouillage pour la sécuriser. Elle est recommandée uniquement si vous pouvez brancher votre voiture électrique sur un emplacement privé et fermé chaque nuit. Cette prise passée aux oubliettes peut se retrouver sur une Peugeot Ion ou un Renault Kangoo ZE.
  • Prise Type 3 : elle a tenté de s’imposer mais a perdu le combat contre la Type 2 (en raison de sa compatibilité Combo CCS). La prise Type 3 se retrouve encore sur certaines bornes publiques, mais plus pour longtemps. Là aussi, il est préférable de pouvoir compter sur une solution de recharge chez soi.
  • Prise CHAdeMO : c’est le standard de la recharge rapide au Japon. C’est donc logique que certains modèles japonais la proposent encore. Cependant cette tendance s’estompe avec l’adoption du Combo CCS sur les derniers modèles sortis en Europe.

 

fonctionnement voiture électrique

 

Le fonctionnement de la voiture électrique

La voiture électrique est silencieuse, et automatique. Pensez-y, si vous êtes attaché à la bonne vieille boîte mécanique, sachez qu’elle est totalement incompatible avec une voiture électrique. Vous allez donc rouler vert, et laisser reposer votre pied gauche en oubliant toute sensation de reprise ou volonté de rétrograder pour soutenir le frein moteur.

Un confort peu apprécié des pilotes, mais d’ici peu même les voitures thermiques neuves seront très rares à encore proposer une boîte mécanique.

L’agrément de conduite sera donc dépendant de la technologie utilisée par chaque constructeur. Mais aussi par la puissance du moteur : car comme pour les voitures essence ou diesel, le moteur de la voiture électrique est proposé en différents niveaux de puissance. Lisez les comparatifs d’achat, et procédez à un essai, pour vous faire une idée.

 

"La voiture électrique est économe en entretien."

 

entretien voiture électrique

 

En revanche, ce que vous allez apprécier à coup sûr, c’est la simplicité de l’entretien à apporter à votre voiture électrique. Finie la vidange annuelle du moteur avec ses changements de filtres coûteux (le filtre d’habitacle reste de rigueur). Adieu les casses d’embrayage et leur facture salée. Le coût de l’entretien d’une voiture électrique est 30 % moins cher que celui d’une voiture thermique.

Il vous faudra cependant toujours faire attention aux éléments d’usure comme les pneus, les disques et plaquettes de freins, la direction…

Une révision annuelle est aussi à prévoir. Les techniciens se pencheront aussi bien sur l’état général du véhicule que sur la dimension électrique du moteur aux batteries.

Et bien sûr, les voitures électriques sont elles aussi soumises au contrôle technique des véhicules particuliers à réaliser dès l’âge de 4 ans du véhicule, puis tous les 2 ans par la suite.

 

Bon à savoir 
Attention, toutes les voitures électriques ne se valent pas. Certaines présentent aussi des défauts particuliers comme une transmission manquant de fluidité ou une batterie qui perd notablement de sa capacité au fil du temps. Là encore les comparatifs auto sont une source d’information essentielle pour savoir à quoi s’attendre sur un modèle précis.

 

Les aides à l’achat

Les voitures électriques bénéficient d’un bonus gouvernemental pour inciter les acquéreurs à franchir le cap. Ce bonus a notamment été revalorisé suite au confinement national afin de relancer le secteur automobile en s’appuyant sur une augmentation du parc électrique et hybride en France (faisant baisser par voie de conséquence le parc thermique).

Le montant du bonus est souvent déduit des prix affichés par les constructeurs. Dans ce cas, une mention (en petits caractères) doit préciser « bonus déduit ».

Selon les cas, le concessionnaire demandera le bonus à votre place et vous le déduira directement du prix d’achat. Dans d’autres cas, vous devrez demander vous-même le remboursement de la somme par le biais d’un simple formulaire en ligne.

 

"La stratégie économique est clairement en faveur de la voiture électrique."

 

Le bonus pour l’achat d’une voiture électrique est actuellement de :

  • 7 000 € ou 27 % du prix d’achat pour une voiture électrique de moins de 45 000 €
  • 3 000 € pour une voiture électrique dont le prix est compris entre 45 000 et 60 000 €.
  • 3 000 € pour une voiture électrique de plus de 60 000 €, uniquement s’il s’agit d’un utilitaire léger ou d’une voiture à hydrogène.

La prime à la conversion est cumulable avec le bonus écologique, rendant très accessibles les plus récents véhicules électriques à l’image du Dacia Spring qui, bonus déduit, s’affiche à 12 403 € dans sa version de base. En ajoutant la prime à la conversion comprise entre 2 500 et 5 000 €, la petite low-cost qui affiche 305 km d’autonomie descend en dessous de la barre des 10 000 €.

 

  
 

L'avis de Choisir.com

 

La voiture électrique continue de se développer, aidée par de belles aides à l’achat, et par des solutions de recharge qui s’étoffent, même si toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. Aujourd’hui, la voiture électrique peut être une excellente seconde voiture pour un foyer, ou le véhicule d’un couple urbain. Mais pour convenir comme voiture principale d’une famille, les solutions actuelles s’affichent le plus souvent à des tarifs premiums.

 

 
Philippe Mougeot

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