Le PEL : une voie vers l’achat immobilier ou un produit d’épargne ?

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Cela s’est passé sur les 4 premiers mois de l’année, avant même donc que le taux du Livret A ne soit abaissé à 1 % : le PEL (Plan Epargne Logement) a collecté sur la période 4,3 milliards d’euros, soit plus que le Livret A et le LDD cumulés (3,9 milliards d’euros). Gageons que le PEL n’est pas seulement envisagé comme un produit préalable à un achat immobilier. 

 

Le Plan Epargne Logement fait partie des produits réglementés dont le taux est fixe. Il dépend de celui du Livret A, donc il a lui aussi diminué le 1er août dernier. Toutefois, à 2,5  % brut, soit 2,11 % net, il reste nettement supérieur au 1 % de rémunération du Livret A. 

 

Un dispositif attrayant

 

Créé au départ comme un livret d’épargne destiné à favoriser l’achat immobilier, le PEL est devenu, au cours des deux dernières années, un produit d’épargne en tant que tel très largement plébiscité. Une tendance qui ne devrait faire que s’accroître, en témoignent les « Cahiers de l’épargne », publiés par PAIR Conseil. Selon eux, « grand vainqueur des produits de bilan, le PEL devrait collecter près de 16,5 milliards d’euros par an en moyenne sur 2014 et 2015 (contre seulement 1,6 milliards en 2012) ».

 

Alors, pourquoi un tel succès ?
 

La chute interminable du taux du Livret A y est pour beaucoup or, justement, les analystes des « Cahiers de l’épargne » estiment qu’il devrait se maintenir à ce niveau dans les mois à venir, tandis que les rendements des autres types de livrets font eux aussi grise mine : « les rendements de l’épargne vont rester déprimés (hormis les actions qui aiment les Banques Centrales agressives…) […]. Les rendements des produits bancaires (super livrets, comptes à terme) vont rester très bas. »

Des perspectives qui ne sont guère encourageantes en matière d’épargne, cependant l’aversion au risque et la crainte de la volatilité des marchés en dissuadent plus d’un de se tourner vers les actions. L’heure est plutôt à la sécurité et à la protection du capital. Ce que permet le PEL.

Certes, le PEL est plafonné, contrairement aux super livrets proposés par les banques, toutefois dans une limite sans comparaison avec le Livret A : 22 950 € pour ce dernier, contre 61 200 € pour le PEL. Le PEL se démarque également par sa fiscalité. Pas d’impôt sur le revenu sur les intérêts perçus ! Ne restent que les prélèvements sociaux à 15,5 %. Une imposition nettement plus attrayante que celle des super livrets, dont les intérêts sont bel et bien imposables.

Dernier attrait, qui en réalité était destiné à être le premier, les avantages possibles en cas d’achat immobilier. Le PEL permet en effet de bénéficier d’un taux attractif pour un crédit immobilier (en fonction de la somme épargnée), ainsi que d’une prime de l’Etat en cas de souscription d’un prêt de minimum 5 000 €.

 

Des contraintes à accepter

 

Dans une optique d’épargne garantie, le PEL se distingue donc du Livret A et des super livrets par un panel d’avantages. Toutefois, pas question de privilégier ce support sans en connaître toutes les conditions. Des conditions qui font du PEL un produit d’épargne à long terme et forcée.

En effet, pour profiter de son taux d’intérêt attractif ainsi que des possibilités offertes en cas d’investissement immobilier, le PEL doit compter un certain nombre d’années. 4 pour être précis. Qui récupère son argent avant 2 ans voit son taux abaissé à celui du CEL (Compte Epargne Logement, à 0,75 %) et perd prime et taux préférentiel en cas de crédit immobilier. Une clôture entre 2 et 4 ans entraîne uniquement la perte de ces deux derniers avantages.  Voilà pour l’aspect « long » terme de l’épargne.

Quand à celui d’épargne forcée, il s’entend par les versements obligatoires imposés, mais heureusement peu élevés : 225 € de dépôt minimum à l’ouverture, puis pour 540 € minimum de versement par an.

Finalement, envisager un PEL comme alternative à un autre produit d’épargne, type Livret A ou super livret, sans être intéressé par un quelconque achat immobilier, n’entraîne une immobilisation des fonds que pour 2 ans maximum. Le capital peut alors être retiré tout en bénéficiant du taux d’intérêt du PEL, les intérêts n’étant pas soumis à l’impôt sur le revenu. De quoi transformer le PEL en livret d’épargne pur, loin de toute considération immobilière. D’autant qu’en cas de coup dur, l’argent reste disponible à tout moment. Une opportunité dont il s’agit de profiter tant qu’il en est encore temps. PAIR Conseil précise qu’une « refonte du produit ne peut [ …] être exclue. »

 

 

Nathalie R.

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