Acheter des produits français, consommer des légumes de saison, trier ses déchets… avec la prise de conscience écologique des ménages Français, les banques aussi doivent se réinventer. Entre adaptation des acteurs traditionnels et changement complet de modèle pour de nouvelles enseignes, les moyens de rendre son compte courant plus éthique ne manquent plus. Voici les pistes à suivre pour une finance durable et responsable.

Les grands groupes bancaires, mauvais élèves de l’écologie ?

En France, 6 grands groupes bancaires occupent 80 % du paysage : la BNP Paribas, le Crédit Agricole (incluant LCL), le Crédit Mutuel (avec le CIC), la Banque Postale, la BPCE (Banque Populaire et Caisse d’Epargne) et la Société Générale. Avec de telles parts de marché, la moindre action en faveur de la transition écologique de la part de ces entreprises peut avoir de grandes conséquences.

Le portefeuille d’investissement des banques traditionnelles

L’argent qu’elles gagnent et qu’elles collectent, les banques le réemploient en investissant dans plusieurs marchés. Au travers de leur politique de RSE, la Responsabilité sociétale des entreprises, toutes les entreprises s’engagent à intégrer le développement durable dans leur fonctionnement. Les grandes banques communiquent beaucoup à ce sujet, voulant prouver leurs efforts, notamment via des investissements plus responsables et plus écologiques.

Mais les résultats sont encore loin d’être satisfaisants selon l’Oxfam. L’organisation dénonce l’impact négatif des 6 principaux groupes bancaires français, encore responsables de 8 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que le reste de la France en 2020. La raison de ce très mauvais bilan ? Des investissements portés en grande partie sur les énergies fossiles et les industries polluantes :

  • pétrole ;
  • charbon ;
  • gaz ;
  • métallurgie ;
  • transport ;
  • etc.

L’investissement responsable des épargnants

Si les banques elles-mêmes polluent, leurs clients peuvent faire des choix différents. Aux côtés des produits d’investissement traditionnels, des fonds responsables sont apparus. On les retrouve notamment dans les contrats d’assurance-vie sous l’acronyme ISR. ISR signifie Investissement socialement responsable, et correspond à un placement qui associe performance financière et développement durable sous toutes ses dimensions. Les critères pris en compte sont à la fois :

  • environnementaux ;
  • sociaux ;
  • de gouvernance.

Ces fonds sont également accessibles chez les assureurs. Ils prennent la forme d’unités de compte, ce qui signifie qu’ils ne sont pas garantis en capital, au même titre que les OPCVM, les titres vifs, les obligations ou les fonds diversifiés.

Ces banques qui portent des valeurs d’éthique de longue date

Aux côtés des mastodontes du marché bancaire, de plus petits acteurs se font discrets, mais ont pourtant de belles valeurs à partager. C’est le cas du Crédit Coopératif et de la Nef, qui sont respectivement en activité depuis 1893 et 1988.

Le Crédit Coopératif

Le Crédit Coopératif est issu d’une longue histoire dont le début remonte à 1893. Ce n’est toutefois qu’en 2003 qu’il prend son nom définitif. Notons que le Crédit Coopératif est rattaché à un grand groupe bancaire français, le BPCE, ce qui ne l’empêche pas de clamer haut et fort ses valeurs et son engagement. Cet établissement est une référence en matière d’ESS, l’Économie sociale et solidaire. Parmi les engagements éthiques du Crédit Coopératif, on retrouve par exemple :

  • l’exclusion des énergies fossiles et des paradis fiscaux de la liste de ses investissements ;
  • des investissements dans des projets porteurs de sens, dans l’ESS et dans la transition écologique ;
  • développement d’une offre de micro-crédit pour les entrepreneurs et les PME.

Bon à savoir

Le Crédit Coopératif dispose d’un réseau d’agences bancaires, essentiellement localisées dans les grandes villes françaises (Paris, Lyon, Nantes, Toulouse…).

La Nef

La Nef prend également la forme d’une coopérative. Cette banque œuvre en faveur d’une économie plus verte et moins polluante. Pour cela, elle finance exclusivement des projets ayant un impact positif sur l’environnement et le climat :

  • agriculture biologique ;
  • recyclage ;
  • habitat écologique ;
  • commerce équitable ;
  • etc.

Depuis sa création en 1988, l’entreprise a convaincu 37 000 clients. Ses sociétaires peuvent se rendre dans une de ses agences, qui se trouvent essentiellement dans les principales agglomérations du territoire, comme le Crédit Coopératif.

Les néobanques éthiques réinventent le monde de la finance

La jeune génération est la plus engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle le prouve avec ses multiples initiatives en matière bancaire. Avec l’essor des fintech, ces nouvelles technologies financières, de nouveaux acteurs sont apparus : les néobanques. Plusieurs ont fait de l’environnement leur cheval de bataille. Tout leur fonctionnement est centré autour de cet enjeu crucial. C’est le cas de Green-Got, d’OnlyOne et d’Helios.

Green-Got, la néobanque à impact positif

Green-Got est une entreprise française créée en janvier 2020. Cette néobanque éthique propose à ses clients la souscription d’un compte courant aux caractéristiques suivantes :

  • type de compte : individuel ;
  • carte bancaire : Mastercard en bois ou en PVC recyclé à débit immédiat ;
  • cotisation : 6 euros par mois.

Ses investissements sont tournés à 100 % vers le développement durable, pour œuvrer à un meilleur avenir, plus responsable et plus éthique.

En complément de son offre de compte courant, Green-Got propose à ses clients la souscription de sous-comptes permettant d’épargner, mais non rémunérés, et d’un contrat d’assurance-vie dont l’ensemble des supports disponibles est axé sur l’écologie. Un ovni dans le marché de la banque qui a de quoi séduire les épargnants qui souhaitent aligner leurs valeurs avec leur portefeuille.

OnlyOne, pour changer la finance durablement

OnlyOne fait partie de cette nouvelle génération de néobanques vertes. Fondée en 2018, la société a lancé son premier compte courant septembre 2020. Son fonctionnement est le suivant :

  • type de compte : individuel ;
  • carte bancaire : Visa en plastique recyclé ;
  • cotisation : 6 euros par mois.

Le compte chèque d’OnlyOne peut être accompagné de la souscription à des coffres, des comptes secondaires qui permettent de déposer de petites sommes d’argent, mais sans rémunération.

Pour un monde plus vert, OnlyOne a développé plusieurs outils spécifiques. Le premier : un éco-coach, qui permet à chaque client de mesurer son empreinte carbone et de trouver des vecteurs d’amélioration. De plus, OnlyOne est la première néobanque à s’engager auprès des Nations Unies grâce au programme Unitlife, qui soutient les agricultrices qui produisent des aliments hautement nutritifs. Un autre projet tient à cœur d’OnlyOne : EcoTree. Les commissions payées par les commerçants lors des paiements par carte sont reversées à cet organisme qui œuvre pour la biodiversité en plantant des haies et en installant des ruches.

Helios, une néobanque pour changer le monde

Helios est apparue dans le paysage des néobanques au même moment qu’OnlyOne et Green-Got : l’entreprise a vu le jour en mars 2020. Les ressemblances ne se limitent pas à cela, mais s’étendent aussi à sa formule de compte bancaire :

  • type de compte : individuel ;
  • carte bancaire : Visa en bois ;
  • cotisation : 6 euros par mois.

C’est ici une carte bancaire en bois que les clients de la néobanque pourront souscrire, un produit plus responsable et moins polluant que les cartes bleues traditionnelles en plastique.

Helios exclut de façon très stricte certains secteurs d’activité, pour ne laisser que les projets qui ne présentent pas de risques pour l’environnement. Au cœur de la stratégie de l’entreprise : la transparence. Les projets financés par Helios sont consultables sur le site internet et le blog de la néobanque. Dernier en date ? La société Hopium, qui conçoit et produit des véhicules à hydrogène en France.

L’avis de Choisir.com

Quelle est la meilleure banque éthique ?

Les grands groupes bancaires ont encore des efforts à faire pour dépolluer leurs investissements, mais, de manière générale, les choses vont dans le bon sens. Elles sont directement poussées par les changements de comportements des Français. C’est d’ailleurs pour cette raison que de nouvelles alternatives se développent. Avec un business model axé sur l’écologie, les néobanques ont de grandes chances de faire des émules, à condition qu’elles étoffent leur gamme de produits, ce qui reste leur principal point faible. Les acteurs à taille humaine tels que le Crédit Coopératif et la Nef ont eux aussi pleinement leur place dans ce palmarès des banques les plus éthiques, grâce à un engagement défendu depuis longtemps et ancré localement dans de nombreuses villes du territoire.

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