Remarque préliminaire : l’UFC-Que Choisir et Choisir.com sont deux entités strictement séparées et indépendantes. L’UFC-Que Choisir est une association de défense des consommateurs. Choisir.com réalise des activités de courtage en énergie en proposant un comparateur de gaz et d’électricité.

Une facture qui monte en flèche

La facture d’électricité ne fait qu’augmenter, notamment le tarif réglementé de vente (TRV) d’EDF, appelé aussi « Tarif Bleu ». D’après les données de l’ UFC-Que Choisir « Un ménage moyen chauffé à l’électricité au TRV aura vu passer sa facture d’électricité de 1.019 euros à 1.522 euros entre 2010 et 2020 ».

Cela correspond à une hausse plus importante que l’inflation. En effet, selon le calculateur de france-inflation.com, le taux d’inflation cumulée entre janvier 2010 et décembre 2020 était de 12.3%. À tarifs équivalents, une facture d’électricité moyenne annuelle de 1 019 € en 2010 aurait dû se traduire par une facture 1 144 € en 2021 du fait de l’inflation.

Électricité nucléaire : l’encadrement de la vente dans le viseur de l’UFC-Que Choisir

Aujourd’hui, d’après les données de RTE, le nucléaire constitue 67% de notre mix énergétique. Si la facture d’électricité a évolué à la hausse, c’est surtout du fait de l’Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique (ARENH). Avant d’aller plus loin, il convient de faire un bref rappel sur l’ARENH.

Le dispositif de l’ARENH a été mis en place dans le cadre de la loi NOME. Il impose à EDF de vendre une partie de sa production d’électricité nucléaire à 42 € le MWh, souvent en dessous des prix des marchés de gros. Le plafond de l’ARENH est fixé à 100 TWh répartis entre tous les fournisseurs qui le demandent. Si le seuil n’est pas dépassé, chaque fournisseur reçoit 100% de l’énergie à laquelle il peut prétendre. La quantité est établie en fonction de son portefeuille de clients.

Lorsque les fournisseurs font une demande globale supérieure au plafond, EDF n’est pas en moyen de leur fournir. Résultat ? Ils reçoivent tous le même pourcentage d’ARENH requis. En 2021, les fournisseurs ont demandé 147 TWh d’électricité nucléaire au total, soit plus que le seuil maximal. Cette situation d’écrêtement de l’ARENH a conduit à ce que chaque fournisseur reçoive 68,39 % de sa demande.

Afin de compenser, les fournisseurs alternatifs ont été obligés d’aller se fournir sur les marchés de gros, souvent bien plus chers. A titre d’exemple, le prix moyen du MWh en avril 2021 était de 63,10 € d’après Vattenfall.

Le plafonnement du dispositif fait grimper le prix de l’électricité, au détriment des ménages. En effet, pour ne pas altérer le jeu de la concurrence, la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) révise le montant du TRV pour se rapprocher des offres de marché.

En effet, sans dépassement du volume de l’ARENH, très schématiquement, la CRE calcule ainsi le tarif de l’électricité :

Prix du MWh d’ARENH + tarif d’acheminement + taxes = Tarif réglementé de vente.

En cas de dépassement de l’ARENH, le calcul change :

(Prix du MWh d’ARENH x X%) + (prix du MWh sur les marchés de gros x X%) + tarif d’acheminement + taxes = Tarif réglementé de vente

C’est bien que ce dénonce l’UFC-Que Choisir. Selon l’association, « le rationnement de la quantité d’électricité ainsi disponible a poussé les prix tant du TRV que des offres de marché à croître artificiellement, et frappé très concrètement les consommateurs ».

Faire baisser sa facture d’électricité : c’est possible ?

Oui en faisant les bons choix au niveau du contrat d’énergie. Si le prix du kWh d’électricité a eu tendance à augmenter, il est possible de contrecarrer la situation. Comment ? En passant par des offres à prix fixes. Elles vous garantissent un prix du kWh stable sur 1, 2 ou 3 ans. Pour trouver le contrat le moins cher, vous pouvez passer par un comparateur d’électricité.

D’autre part, en réalisant des travaux de rénovation énergétique, il est possible de faire baisser sa consommation d’électricité. Par exemple, en isolant les combles de sa maison, on peut faire jusqu’à 30% d’économies d’énergie.

Enfin, en installant des panneaux solaires en autoconsommation, un ménage peut produire sa propre électricité. S’il en fait le choix, le surplus qu’il ne consommera pas sera vendu automatiquement à EDF en obligation d’achat (OA solaire). Ainsi, il bénéficie d’un complément de revenu.