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Les livraisons de gaz russe en baisse vers l’Europe

Gazprom, géant russe de production de gaz, est aujourd’hui le premier exportateur de gaz au monde. C’est également un fournisseur de gaz en France. Il approvisionne notamment une grosse part du gaz en Europe occidentale. Or, il annonçait début mai que « les exportations vers les pays hors CEI (à savoir l'Union Européenne et la Turquie) se sont élevées à 50,1 milliards de mètres cubes de gaz, soit 26,9 % de moins qu'à la même période de 2021 », tandis que celles vers la Chine augmentaient de 60 %. Cette baisse de 27 % des exportations vers l’Europe entre janvier et avril 2022 est due à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, mais aussi à l’expansion d’un marché asiatique toujours plus demandeur.

Gaz russe vers Europe

Un contexte géopolitique perturbé

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en mars a fortement impacté le marché du gaz français et européen. Comme la majorité des pays européens, la France n’est pas un pays producteur de gaz. Elle est donc obligée de se tourner vers des pays producteurs sur les marchés gaziers pour s’approvisionner, comme la Russie.

La guerre en Ukraine

Le contexte géopolitique de la guerre en Ukraine a fortement bouleversé l’approvisionnement en gaz en Europe. En effet, face aux attaques répétées de la Russie sur l’Ukraine, les États membres de l’UE ont décidé de stopper progressivement leurs importations de gaz naturel russe.

Pour ce faire, ils vont se procurer du gaz auprès d’autres pays producteurs et effectuer des achats communs de gaz. Thierry Breton, commissionnaire européen chargé du marché intérieur de l’énergie, a en effet assuré que Bruxelles avait anticipé et disposait de suffisamment de ressources pour tenir en cas de coupure des approvisionnements en gaz russe. Une de ces solutions repose notamment sur l’importation de GNL, le gaz naturel liquéfié. En effet, le GNL peut remplacer « un tiers des 155 milliards de mètres cubes de gaz russe importés par an », assure le commissaire.

L’Europe va se tourner vers d’autres pays producteurs pour s’approvisionner, comme le Qatar, la Norvège, mais surtout les États-Unis. En effet, ces derniers se sont engagés à livrer 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de GNL en Europe d’ici la fin de l’année. Leur GNL est obtenu à partir de gisements de gaz de schiste.

Dans le même temps, au niveau national, il a été décidé d’installer un terminal flottant de stockage au Havre. En étant directement raccordé au réseau de gazoducs d’Engie, il permettra d’augmenter les capacités d’importation de GNL en France.

Le commissaire explique qu’il faudra aussi renforcer les approvisionnements actuels, mais aussi faire en sorte de baisser la consommation des États membres.

Toutes ces solutions sont autant de sanctions contre la Russie que de moyens de se détacher de la dépendance au gaz russe. Elles interviennent dans le même temps que les sanctions américaines économiques et financières lancées par le Président américain Joe Biden à l’encontre du président russe Vladimir Poutine.

Elles sont aussi nécessaires pour pallier le manque d’énergie que va représenter l’inutilisation du projet de gazoduc Nord Stream 2. En effet, ce gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne en passant par la mer Baltique a été achevé en septembre mais ne sera pas utilisé. La société responsable de l’exploitation de ce gazoduc a déposé le bilan en mars.

L’importation de GNL

En 2021, environ 45 % des importations de gaz naturel de l’Europe provenaient de Russie, d’où le besoin de se tourner vers d’autres pays pour s’approvisionner et préparer l’hiver 2023.

Afin de remplacer le gaz russe, l’Europe a décidé d’importer du GNL. Il s’agit de gaz naturel qui est transformé à l’état liquide, afin d’être transporté par méthaniers vers les terminaux GNL des pays demandeurs. Le GNL se compose essentiellement de méthane et ne doit pas être confondu avec le GPL, le gaz de pétrole liquéfié, qui est composé de gaz propane et butane.

Une fois le gaz extrait du gisement, il est transporté via des gazoducs jusqu’à l’usine de liquéfaction sur un terminal méthanier. Une fois liquéfié, il va être transporté jusqu’aux terminaux des pays importateurs par bateaux ou camions. Ces derniers vont alors le regazéifier afin de l’injecter dans les réseaux de transport et de distribution.

Zoom sur l’approvisionnement en gaz de la France

Au niveau national, le problème est le même. Comme la France ne produit pas de gaz, elle est obligée de se tourner vers des pays producteurs sur le marché européen pour s’approvisionner.

En 2020, selon des chiffres communiqués par le ministère de la Transition écologique, la France s’approvisionnait principalement auprès de la Norvège à hauteur de 36 %, puis de la Russie à hauteur de 20 %. Même si la Russie ne représente pas la part la plus importante, elle reste très présente dans le mix énergétique français.

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L’expansion du marché asiatique

Gazprom affirme que « la reconstitution des réserves de gaz dans les installations souterraines en Europe est un défi très sérieux ». Moscou souligne ainsi les limites de la capacité de livraison journalière : « La quantité totale de gaz disponible sur le marché européen dépend fortement de la demande sur le marché asiatique en pleine croissance. » En déclarant publiquement qu’ils vont privilégier les demandes du marché asiatique, les Russes assurent leur position de force face à l’UE, qui n’a pas su s’accorder sur un embargo total sur le pétrole et le gaz russes.

La crise de l’énergie en Europe…

La crise de l’énergie sur le marché européen a débuté avec une forte hausse des prix de l’énergie, due à la reprise de l’activité après les confinements. La demande a alors été plus forte que l’offre.

En France, le prix du gaz a été bloqué par le gouvernement à l’aide d’un bouclier tarifaire. Cette mesure protectrice concerne les tarifs réglementés proposés par le fournisseur historique Engie et les entreprises locales de distribution (ELD).

Malgré cela, les prix sont restés très élevés pour les fournisseurs. D’ailleurs, les fournisseurs alternatifs qui ne proposent que des offres de marché ont eu beaucoup plus de mal à répondre à la demande de leurs clients. Parmi tous les fournisseurs de gaz, certains ont même déposé le bilan.

Ce dispositif de protection qui devait être provisoire est toujours en place, et le restera tant que l’approvisionnement ne sera pas assuré et suffisamment conséquent en Europe pour répondre aux demandes de tous les pays membres.

… aggravée par une demande asiatique très forte

Malgré une production en baisse de 2,5 % par rapport à l’année précédente, Gazprom, société détenue par le Kremlin, ne va pas souffrir de cette baisse des livraisons grâce au marché asiatique. En effet, la Russie peut compter sur le soutien de la Chine.

Cette dernière a notamment augmenté ses exportations de 60 % sur un an. Elle n’a pris aucune sanction vis-à-vis des agissements de la Russie et continue d’importer le gaz russe via le gazoduc Power of Siberia. Pékin a affirmé que l’utilisation de ce gazoduc, lancé après l’annexion de la Crimée, ne sera pas arrêtée ou diminuée.

En outre, Moscou et Pékin ont signé en mars un accord bilatéral confirmant la conception d’un pipeline. Ce dernier, appelé Soyuz Vostok, traversera la Mongolie et pourra transporter jusqu’à 50 milliards de mètres cubes de gaz par an.

En conclusion, la hausse des prix du gaz et du baril de pétrole, ainsi que le soutien du marché chinois permettent à Moscou de compenser la baisse de ses ventes de gaz vers l’Europe occidentale.

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