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Renationalisation d’EDF : causes, prix et conséquences

Dans son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, le 6 juillet 2022, Élisabeth Borne, la Première Ministre, a annoncé la renationalisation d’EDF. L’entreprise dont le capital avait été ouvert à l’actionnariat extérieur en 2005 devrait repasser à 100 % sous le giron de l’État. Pourquoi une telle décision ? Choisir.com fait le point.

Nationalisation EDF

Comment se structure le capital d’EDF ?

Pour bien comprendre la renationalisation d’EDF, il faut d’abord faire un point sur la manière dont se structure le capital de l’énergéticien. Il est réparti de la manière suivante :

  • l’État détient 83,76 % ;
  • les actionnaires externes se partagent 15,12 % ;
  • l’actionnariat salarié dispose de 1,08 % ;
  • le groupe détient en propre 0,04 %.

L’État reste actionnaire majoritaire. Pour renationaliser EDF, il devra racheter les parts appartenant aux actionnaires externes et aux salariés.

Pourquoi engager la nationalisation d’EDF ?

Le contexte économique et géopolitique pousse l’État à racheter le capital d’EDF. Tout d’abord la dette importante du groupe, qui pourrait atteindre 60 milliards d’euros de déficit selon le CSEC (Comité social et économique central) d’EDF.

Les besoins de liquidité pour EDF sont importants. D’autant plus que du fait la guerre en Ukraine, la question de l’indépendance énergétique de la France se pose de plus en plus.

C’est ce qu’a expliqué le 7 juillet Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique : « Pourquoi nous le faisons ? Tout simplement parce que l’indépendance énergétique n’a pas de prix et que la guerre en Ukraine nous a tous montré que dépendre du gaz et du pétrole russe est la pire des idées que l’on puisse avoir. »

Afin de favoriser l’indépendance en énergie de l’Hexagone, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’un nouveau programme de nucléaire civil. Ce plan passe par l’édification de 14 centrales nucléaires à horizon 2050. Pour cette opération, le budget est estimé à 50 milliards d’euros.

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Combien coûtera la renationalisation du fournisseur ?

Le rachat devrait coûter entre 6 et 7 milliards d’euros à l’État. Pour y procéder, il devrait lancer une offre publique d’achat (OPA) et accorder une prime aux actionnaires pour les pousser à vendre leur part du capital. Cela évite aux autorités publiques de passer par une loi de nationalisation, procédé qui pourrait s’avérer long et compliqué au vu de la composition de l’Assemblée nationale, ou la République en Marche ne dispose que d’une majorité relative.

« Ce n’est pas une nationalisation, mais une montée au capital, où l’État passe de 84 % à 100 %. » a souligné Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique.

Quelles conséquences pour les consommateurs ?

À court terme, cela ne change pas l’organisation du marché français. L’État en tant qu’actionnaire majoritaire conduisait déjà les prises de décision de l’électricien. Les fournisseurs alternatifs pourront continuer leur activité et continueront à bénéficier du dispositif de l’ARENH (Accès régulé à l’énergie nucléaire historique).

Ce dispositif permet aux fournisseurs d’électricité de s’approvisionner à un prix porté à 42 €/MWh en énergie nucléaire. Chaque année, le fournisseur historique est en effet obligé de vendre à ses concurrents jusqu’à 100 TWh d’électricité nucléaire à ce prix. À titre de comparaison, selon RTE, sur les marchés de gros, le prix du MWh était de 417,64 € le 8 juillet à midi.

Sur le long terme, il est difficile de savoir quels changements cela occasionnera. Les syndicats craignent que la nationalisation serve à segmenter les activités d’EDF comme le prévoyait le plan Hercule. Projet de restructuration avorté, le plan Hercule prévoyait :

  • la création d’un EDF Bleu, 100 % nationalisé, comprenant les activités nucléaires ;
  • la création d’un EDF Vert, au capital ouvert, centré sur les activités de production d’énergies renouvelables.

Reste à savoir ce que fera l’État. Selon Maud Mathieu, syndicaliste de la CGT : « Soit cette recapitalisation est un premier pas vers le retour à un service public. Soit, elle vise à mieux nous dépecer. »

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