Énergie nucléaire : une énergie basée sur la fission atomique

L’énergie nucléaire repose sur l’exploitation de l’uranium. L’exploitation de ce minerai nécessite de reproduire un phénomène naturel au sein de centrales électronucléaires : la fission atomique.

En quoi consiste la fission nucléaire ?

L’uranium est un métal présent dans la croûte terrestre et dans l’eau de mer, sous forme de minerai. Ce métal est radioactif. Cela signifie qu’il dégage spontanément de l’énergie au travers de rayonnements. Cette réaction est appelée énergie nucléaire. La radioactivité est donc naturellement présente dans notre environnement. Elle est d’ailleurs la principale source de chaleur de la croûte terrestre, puisqu’elle est directement responsable de la chaleur du magma.

L’enjeu ici n’est pas de procéder à un cours de sciences physiques. Il est néanmoins nécessaire d’avoir en tête quelques notions-clés pour bien comprendre sur quoi repose l’énergie nucléaire :

  • l’atome est une particule constitutive de toute la matière qui nous entoure, qu’il s’agisse d’une pierre, d’une table en bois, ou même d’un vêtement ;
  • un atome est constitué d’un noyau et d’un nuage d’électrons. Son noyau est lui-même composé de protons et de neutrons ;
  • le nombre de protons dans le noyau correspond au numéro atomique de l’atome. Plus le numéro atomique de l’atome est élevé, plus on dira que cet atome est lourd.

Si l’énergie nucléaire porte ce nom, c’est parce qu’il s’agit de l’énergie de liaison des particules constitutives du noyau d’un atome. À savoir que le mot « nucléaire » vient du terme latin nucleus, signifiant « noyau ». Dans certains cas de figure, le noyau d’un atome peut devenir instable. Il se sépare en deux noyaux dont la somme des numéros atomiques est égale à celui du noyau initial et libère alors de l’énergie nucléaire. C’est ce que l’on appelle la fission de l’atome, ou encore la fission nucléaire. On parle également de désintégration.

Bon à savoir

Certains noyaux d’atomes sont trop stables pour être fissibles. Ils ne peuvent donc pas se désintégrer et permettre de la libération d’énergie nucléaire. Les atomes actuellement utilisables par les réacteurs électronucléaires sont l’uranium 235 et le plutonium 239. Certains projets de recherche étudient actuellement la possibilité d’utiliser du thorium.

La réaction en chaîne au cœur du fonctionnement des réacteurs électronucléaires

C’est sur ce phénomène que repose l’exploitation de l’énergie nucléaire. Les réacteurs électronucléaires permettent de le reproduire à grande échelle. Les noyaux d’atomes d’uranium ou de plutonium sont cassés en deux autres plus petits noyaux.

Ce processus peut être appliqué à plusieurs reprises. On parle alors de réaction en chaîne.

En effet, lorsqu’un noyau d’uranium 235 est désintégré, il émet plus de deux neutrons. Dans certains cas de figure connus, l’un de ces neutrons peut alors entraîner la désintégration d’un autre noyau d’uranium 235, et ainsi de suite. Un noyau d’uranium 238 peut également absorber l’un des neutrons et évoluer en plutonium 239. Sous l’impact d’un autre neutron, le noyau de plutonium 239 peut également se désintégrer.

Cycle de l’uranium, le combustible nucléaire

Avant de devenir un combustible nucléaire et d’arriver jusqu’à une centrale, le minerai d’uranium doit être extrait, puis transformé et enrichi. Ces différentes étapes constituent le cycle du combustible nucléaire.

L’extraction des minerais contenant de l’uranium

L’uranium est un minerai présent :

Le minerai d’uranium est extrait par des mines. Il est inégalement réparti à la surface de la Terre. Les principales mines permettant son exploitation sont situées en Australie, au Canada, au Kazakhstan, au Niger, en Namibie, en Russie et en Afrique du sud.

Le traitement des minerais

Une fois extrait, le minerai d’uranium est broyé et traité chimiquement. Cela permet d’obtenir de l’uranium très concentré sous forme de poudre. Cette poudre est appelée le yellow cake. Elle est ensuite raffinée, dans l’optique d’obtenir un uranium pur.

L’enrichissement de l’uranium

Le yellow cake est composé :

  • à 99,7 % d’uranium 238 ;
  • à 0,3 % d’uranium 235.

Comme nous l’avons vu plus haut, tous les atomes d’uranium ne sont pas fissibles. En d’autres termes, tous les uraniums ne peuvent pas être exploités par une centrale nucléaire pour produire de l’énergie. L’atome d’uranium 238 est stable, et ne peut donc pas se désagréger. Le yellow cake est donc enrichi, jusqu’à contenir entre 30 et 50 g d’uranium 235 pour 1000 grammes d’uranium.

La fabrication du combustible nucléaire

L’uranium enrichi est ensuite réduit en poudre noire. Cette poudre est comprimée puis cuite. Elle prend alors la forme de pastilles de quelques grammes. Ces pastilles sont par la suite enfilées dans des tubes de métal appelés crayons. Ces crayons sont eux-mêmes regroupés et forment ce que l’on appelle des assemblages combustibles. Ce sont ces assemblages qui vont faire fonctionner les réacteurs nucléaires.

La consommation de l’uranium

Les pastilles d’uranium enrichi vont être utilisées par le réacteur pendant 4 à 5 années. Elles sont ensuite remplacées. Une fois usé, le combustible est mis dans une piscine de refroidissement pendant 3 ans. L’eau permet ainsi d’éviter la propagation des rayonnements radioactifs.

Le retraitement de l’uranium

Une fois ces trois années écoulées, le combustible usé est stocké dans des contenus d’acier. Puis, il prend la direction d’une usine de retraitement, comme celle de La Hague.

Dans cette usine, le combustible subira différents traitements permettant de séparer les déchets de l’uranium prêt à être réenrichi et réutilisé par les centrales nucléaires. Selon EDF, « 96 % du combustible usé est réutilisé ». Les 4 % restants sont appelés déchets ultimes car ils ne sont pas réutilisables. Ils sont coulés dans du verre en fusion, puis stockés dans l’usine de retraitement pendant 30 à 40 ans. Comme le souligne l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioctifs (ANDRA), ces déchets sont pour le moment confinés et entreposés en surface sur leur site de production. Cette situation est néanmoins temporaire. La gestion de ces déchets ultimes est ainsi réglementée par la loi-programme sur la Gestion des matières et des déchets radioactifs de 2006. Elle acte l’utilisation du stockage en profondeur comme mode de gestion privilégié des déchets radioactifs. Elle définit également un programme de recherche portant sur le stockage réversible des déchets nucléaires en couche géologique profonde et stable. Ce programme de recherche, le projet Cigéo, permet de stocker les déchets nucléaires sous une couche géologique profonde constituée d’argile.

A quand remonte l’usage de l’énergie nucléaire en France ?

Le phénomène de fission nucléaire a été découvert dans les années 1938 à Berlin, par le prix Nobel de chimie Otto Hahn. Le tout premier réacteur nucléaire fut développé aux Etats-Unis dans les années 1940

En France, le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) a été créé en 1945. Sa vocation était alors de permettre d’accélérer la recherche et l’industrialisation autour de l’énergie nucléaire. Un réacteur nucléaire dit de première génération est mis en service en 1955. Il permet de fournir de l’électricité, mais ne bénéficie que d’un rendement très modeste. En 1957, EDF entreprend la construction de son premier réacteur nucléaire. Il appartient à la centrale de Chinon. Il repose sur les mêmes technologies que celui créé par le CEA.

En 1973 a lieu le premier choc pétrolier, conséquence de la guerre du Kippour. Elle résulte en une multiplication par quatre du prix du baril de pétrole. Elle met également en évidence la dépendance énergétique française. La filière nucléaire bénéficie alors d’investissements sans précédents. C’est en 1977 que le premier réacteur nucléaire est connecté au réseau électrique. Il s’agit du premier réacteur de la centrale de Fessenheim.

Quels sont les usages de l’énergie nucléaire ?

Le nucléaire est aujourd’hui la principale source d’électricité en France. Il bénéficie également d’autres applications plus méconnues du grand public. Parmi elles, on trouve notamment la production de chaleur et le dessalement d’eau de mer.

L’énergie nucléaire, principale source d’électricité en France

Le principal usage de l’énergie nucléaire en France et dans le monde est aujourd’hui la production d’électricité.

Comment les centrales nucléaires produisent-elles de l’électricité ?

Comme le souligne la Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN), une centrale nucléaire est avant tout une centrale électrique thermique. En d’autres termes, cela signifie que l’électricité est générée grâce à de la chaleur.

Regardons ainsi de plus près le fonctionnement d’un réacteur nucléaire. La fission des atomes y libère une grande quantité de chaleur. Cette chaleur fait augmenter la température de l’eau présente autour du réacteur. On parle de circuit primaire.

Un générateur de vapeur permet de faire communiquer le circuit primaire avec le circuit secondaire. L’eau chaude du circuit primaire chauffe l’eau du circuit secondaire. Cette eau se transforme alors en vapeur. La pression de cette vapeur permet la mise en marche d’une turbine. Cette turbine va elle-même entraîner un alternateur qui générera alors un courant électrique alternatif. L’électricité est produite dans une salle appelée salle des machines. Elle sera injectée sur le réseau grâce aux départs de lignes électriques de la centrale. Quant à l’eau chaude, elle sera évacuée vers des tours de refroidissement, qui émettront alors de la vapeur d’eau.

Energie nucléaire, le pilier du mix électrique français

Le nucléaire joue une place prépondérante dans le mix électrique français. En 2019, il a ainsi permis la production de nette de 70,6 % de l’électricité française. L’énergie nucléaire occupe également une place considérable dans le mix énergétique français global.

Consommation d'énergie par type d'énergie primaire
Source : Edition 2020 des Chiffres clés des énergies renouvelables, Ministère de la Transition Ecologique

En 2019, l’énergie nucléaire a ainsi été responsable de 40 % de la consommation d’énergie primaire en France.

Aujourd’hui, le parc nucléaire est géré par EDF. Il comporte 58 réacteurs répartis sur 19 sites. EDF, le fournisseur historique d’électricité, en est donc le propriétaire. Pourtant, en 2007, le marché de l’électricité a été ouvert à la concurrence. Cette libéralisation a provoqué l’apparition de fournisseurs alternatifs d’électricité comme TotalEnergies ou Planète Oui.

Afin de permettre à l’ensemble des fournisseurs de bénéficier du parc nucléaire français, un dispositif réglementaire a été mis en place. Il s’agit de l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique, dit ARENH. Il permet aux fournisseurs alternatifs d’acheter de l’électricité nucléaire à un prix inférieur à celui des marchés de gros. Ce prix est fixé par la Commission de Régulation de l’Energie. Il est aujourd’hui de 42 €/mégawattheure. Il est également associé à un plafond, qui s’élève aujourd’hui à 100 térawattheures. Ce plafond correspond à la quantité maximale d’électricité nucléaire vendue par EDF à prix ARENH aux fournisseurs alternatifs.

Ce plafond a été atteint durant les trois dernières années. Cela a donné lieu à ce que l’on appelle un écrêtement du plafond de l’ARENH. Cela a également mis en évidence les limites de ce mécanisme, qui est aujourd’hui au cœur des questions entre Paris et Bruxelles. Il devrait faire l’objet de réformes comme une rehausse du plafond et la mise en place d’un corridor de prix en 2021.

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Quelles sont les alternatives à l’énergie nucléaire pour produire de l’électricité ?

Il existe différentes alternatives au nucléaire pour produire de l’électricité.

La première d’entre elles est l’usage du charbon. Cette source d’énergie fossile est ainsi aujourd’hui la première source d’électricité au monde. Elle est néanmoins extrêmement polluante.

Le contenu en dioxyde de carbone d’un kilowattheure d’électricité à la production est ainsi révélateur. Un kilowattheure d’électricité produit grâce au charbon engendre en effet l’émission de 1 060 grammes de dioxyde de carbone, contre 6 grammes pour le nucléaire. L’usage du charbon est d’ailleurs responsable de 42 % des émissions de dioxyde de carbone dans le monde (En finir avec les énergies fossiles et s’engager vers la neutralité carbone, Ministère de la Transition écologique). Le charbon n’est par ailleurs pas une énergie renouvelable. D’après EDF, les réserves de charbon actuellement connues expireraient ainsi d’ici 112 ans.

L’ensemble des énergies renouvelables permettent également de produire de l’électricité. Cette électricité est dite verte. Selon l’édition 2020 des Chiffres clés des énergies renouvelables publiés par le Ministère de la Transition écologique, les énergies renouvelables ont représenté 11,7 % de la consommation d’énergie primaire en 2019. En 2019, elles ont également permis 21,5 % de la production nette d’électricité française.

Cette électricité verte peut être générée de différentes façons :

  • l’énergie hydraulique, grâce à des centrales hydroélectriques ;
  • l’énergie éolienne, grâce à des éoliennes verticales ou horizontales ;
  • l’énergie solaire, grâce à des panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques ;
  • la géothermie profonde ;
  • la biomasse.

Quels sont les objectifs climatiques français relatifs à l’énergie nucléaire ?

La loi énergie-climat de 2019 prévoit de diminuer à 50 % la part de la production nucléaire dans le mix électrique en 2035, afin de le diversifier. En parallèle, la France planifie une montée en puissance des énergies renouvelables. La loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoit ainsi l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique français à 32 % de la consommation énergétique finale en 2030 et à 40 % de la production d’électricité.

Comment expliquer l’engouement de la France pour l’énergie nucléaire ?

Nous l’avons vu plus haut, 70,6 % de la production nette de l’électricité française reposait sur l’énergie nucléaire en 2019. L’engouement de la France pour l’énergie nucléaire s’explique par différents facteurs que nous allons explorer ici.

Le nucléaire, un facteur d’indépendance énergétique

Comme mentionné précédemment, le premier choc pétrolier de 1973 a mis en évidence les limites d’une politique énergétique française axée sur les énergies fossiles. Il a également marqué l’accélération de la politique nucléaire française.

D’après la SFEN, « EDF dispose actuellement d’un stock d’uranium en France correspondant à 2 ans de production d’électricité ». Ce stock permet d’assurer la sécurité d’approvisionnement en uranium de la France à court terme. La SFEN souligne également que la sécurité d’approvisionnement à moyen terme est assurée à travers Orano (ex-AREVA), qui correspond à l’équivalent de 30 années de consommation d’uranium. Il faut également souligner que 10 % de la production d’électricité nucléaire est aujourd’hui générée à partir de combustibles recyclés ayant subi un retraitement. Ce retraitement peut ainsi permettre de produire de l’uranium qui sera ensuite ré-enrichi ou de fabriquer du plutonium auquel sera ajouté de l’uranium appauvri pour former du combustible MOX, un Mélange d’OXydes.

Cette part sera amenée à augmenter dans les prochaines années et permettra d’accroître davantage la sécurité d’approvisionnement en France.

Mais il est vrai que la France ne dispose plus de réelles ressources en uranium. La SFEN souligne néanmoins que « plus de 40 % des ressources actuelles en uranium se trouvent dans l’OCDE ». L’Organisation de Coopération et de Développement Economiques regroupe une trentaine de pays principalement situés en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Elle souligne également que « le taux d’indépendance énergétique de la France est l’un des plus élevés de l’Union Européenne (53,1 %) ». Les centrales nucléaires françaises permettent, par ailleurs, d’assurer, dans une certaine mesure, la sécurité d’approvisionnement en électricité de l’Union européenne.

L’énergie nucléaire, une énergie peu carbonée

Le nucléaire est présenté par certains acteurs comme la seule solution viable pour accomplir la transition énergétique vers un mix énergétique propre et sortir des énergies fossiles. Si ce point de vue est loin de faire consensus, il est néanmoins édifiant de s’interroger sur ses fondements.

Le nucléaire est une énergie dont l’exploitation génère peu d’émissions de gaz à effet de serre. Il présente donc a priori un intérêt majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Regardons de plus près le contenu en carbone à la production d’un kilowattheure d’électricité.

RessourceContenu en CO2 à la production d’un kilowattheure d’électricité
Charbon1060
Fioul730
Gaz naturel418
Photovoltaïque55
Géothermie45
Eolien7
Nucléaire6
Hydraulique6
Source : Equilibre des énergies, d’après la base carbone de l’ADEME.

On voit que la production d’un kilowattheure d’électricité grâce à l’énergie nucléaire entraîne l’émission de plus de 176 fois moins de dioxyde de carbone qu’un kilowattheure d’électricité produit grâce au charbon. La production d’un kilowattheure d’électricité grâce à l’énergie nucléaire entraine également l’émission de moins de dioxyde de carbone que la production d’un kilowattheure d’électricité grâce à toutes les énergies renouvelables, à l’exception de l’énergie hydraulique.

L’énergie nucléaire est-elle renouvelable ?

Certains consommateurs pensent que l’énergie nucléaire est une énergie renouvelable du fait de sa faible empreinte carbone. Cela est faux. L’uranium est un minerai. Sa quantité est limitée à la surface de la Terre. Les réserves actuellement connues permettraient de répondre aux besoins en énergie pendant environ un siècle. L’énergie nucléaire n’est donc pas une énergie renouvelable. Attention, il ne s’agit pas pour autant d’une énergie fossile, car elle repose sur l’utilisation d’atome d’uranium et non pas d’atomes de carbone.

Le nucléaire, une énergie a priori peu coûteuse

La question du coût du nucléaire divise également.

Au global, la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), évalue le coût de production du nucléaire à 48 € par mégawattheure. Le chiffre fourni par EDF est quelque peu différent puisqu’il s’élève à 53 € par mégawattheure.

A titre comparatif, l’Agence de transition écologique (ADEME) estimait en 2019, dans son étude des Coûts des énergies renouvelables et de récupération, qu’en 2018, en France, les coûts de production de l’éolien terrestre étaient compris entre 50 et 71 € par mégawattheure. Pour les centrales photovoltaïques, au sol, il était compris entre 50 et 66 € par mégawattheure.

Le nucléaire est donc a priori une énergie compétitive, voire même peu chère.

Ces données doivent néanmoins être mises en perspective avec le coût d’entretien des équipements nucléaires actuels, et avec les coûts de production des nouveaux équipements.

Le coût de l’EPR de Flamanville a ainsi été pointé par de nombreuses organisations internationales. En 2020, la Cour des comptes a ainsi annoncé que le budget final du réacteur en construction à Flamanville s’élèverait à environ 19 milliards d’euros. Le coût initial prévu s’élevait à 3,5 milliards d’euros, soit cinq à six fois moins que le budget final.

Ces coûts de construction ont bien sûr un impact sur le coût de production d’un mégawattheure d’électricité. Les chiffres avancés par les différentes parties prenantes du nucléaire varient considérablement. Les organisations internationales avancent un chiffre supérieur à 100 € par mégawattheure d’électricité produit. Cette affirmation est fermement contestée par EDF.

La prise en compte de ces coûts d’entretien et de production dans la détermination du coût de production de l’électricité grâce au nucléaire n’est alors pas aisée. Elle donne actuellement lieu à de vifs débats.

Ces mêmes débats surviennent lorsqu’il s’agit de prendre en compte le coût de production de l’électricité grâce aux énergies renouvelables, tout en prenant en compte le coût futur d’entretien et de production qu’elles requièrent.

Peut-on vraiment parler d’exception française du nucléaire ?

Il est très courant d’entendre parler « d’exception française du nucléaire ». La France est effectivement le pays dont le mix électrique comporte le plus d’énergie nucléaire. Il faut néanmoins bien garder en tête que « la France n’est pas la seule à avoir fait le choix de l’atome », comme tient à le souligner la SFEN. Une dizaine de pays européens reposent en effet à plus de 30 % sur le nucléaire pour produire de l’électricité. Parmi ces pays, on trouve notamment la Slovaquie (55 % du mix énergétique), l’Ukraine (53 %), la Hongrie (50,6 %) ou encore la Suède (40,3 %) et la Belgique (39 %).

Quelles sont les autres applications de l’énergie nucléaire ?

L’énergie nucléaire ne permet pas uniquement de produire de l’électricité. Elle peut être employée à d’autres fins, que nous allons maintenant brièvement évoquer :

  • le dessalement de l’eau de mer : la deuxième principale application du nucléaire – en dehors de la production d’électricité – est le dessalement. Ce procédé permet de fabriquer de l’eau douce ;
  • la production de chaleur : la fission d’un gramme d’uranium dégage davantage de chaleur que la combustion d’une tonnede pétrole. Cette chaleur issue de la fission nucléaire pourrait être exploitée, notamment à des fins industrielles ou pour alimenter des réseaux de chaleur urbains. Actuellement, seul un tiers de la chaleur nucléaire est récupérée et exploitée. Lorsqu’une centrale nucléaire permet de produire à la fois de l’électricité et de la chaleur, on parle de cogénération nucléaire ;
  • la propulsion navale et spatiale : l’énergie nucléaire est également utilisée dans le cadre de la propulsion navale. A moyen-terme, elle pourrait être utilisée pour la propulsion spatiale, et donc devenir clé dans l’avancée de la conquête spatiale ;
  • la médecine : la médecine nucléaire permet notamment de soigner certains cancers comme les lymphomes, ainsi que certaines pathologies comme les tumeurs de la thyroïde ou l’hyperthyroïdie. Elle est également utilisée dans le domaine de l’imagerie médicale en complément des échographies, radiographies et IRM. D’après la SFEN, « près d’une personne sur deux aura recours à la médecine nucléaire au cours de sa vie dans les pays occidentaux ».

Quelles sont les limites et inconvénients à l’utilisation de l’énergie nucléaire ?

L’énergie nucléaire est aujourd’hui au cœur de nombreuses controverses. Celles-ci portent notamment sur l’impact environnemental des déchets nucléaires et sur la sécurité des installations nucléaires.

Quel est l’impact environnemental des déchets nucléaires ?

Une fois de plus, cette question divise l’opinion publique et les différentes parties prenantes de l’énergie nucléaire en France.

Sur les ressources mises en ligne par la SFEN, on peut lire « le nucléaire est une énergie à très faible impact environnemental ».

Nous l’avons vu plus haut, l’énergie nucléaire est effectivement une énergie très peu carbonée. Son utilisation ne participe donc que dans une très faible mesure au réchauffement climatique.

Cela ne signifie par pour autant que l’énergie nucléaire n’a aucun impact environnemental, ou que l’énergie nucléaire est une énergie verte. Son usage génère ainsi différents types de rejets, dont des déchets chimiques et radioactifs.

Les déchets radioactifs sont classés selon deux critères :

  • leur durée de vie, qui est calculée en fonction de la « période radioactive » des éléments radioactifs qu’ils contiennent. La durée de vie permet de distinguer deux catégories de déchets : les déchets radioactifs à vie courte et déchets radioactifs à vie longue ;
  • leur niveau de radioactivité. Les déchets peuvent alors être de très faible activité, de faible activité, de moyenne activité ou haute activité.

Il existe alors cinq types de déchets nucléaires :

  1. Les déchets de très faible activité (TFA) qui proviennent essentiellement du démantèlement des installations nucléaires. Il s’agit par exemple de gravats, bétons et ferrailles. Leur radioactivité décroit de manière significative en une dizaine d’années. Les déchets de très faible activité représentent 27 % du volume des déchets radioactifs produits en France. Ils occasionnent moins de 0,01 % de la radioactivité de l’ensemble des déchets ;
  2. Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) qui sont principalement issus de la maintenance des installations nucléaires, des hôpitaux et des laboratoires de recherche. Leur radioactivité décroit de manière significative en 300 ans environ. Ils représentent 63 % du volume des déchets radioactifs et comptent pour 0,02 % de leur radioactivité ;
  3. Les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) qui proviennent de minéraux utilisés par certaines industries. Ils englobent également les déchets de graphite issus du démantèlement des réacteurs nucléaires de première génération. Le volume de déchets FA-VL représente 7 % du volume des déchets radioactifs globaux. Ils sont responsables de 0,01 % de leur radioactivité ;
  4. Les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) qui découlent du traitement des combustibles usés des centrales nucléaires. Les déchets MA-VL représentent 3 % du volume des déchets radioactifs. Ils sont responsables d’environ 4 % de leur radioactivité ;
  5. Les déchets de haute activité à vie longue (HA-VL) qui proviennent également de déchets issus du traitement des combustibles nucléaires usés. Ils peuvent prendre plusieurs milliers voire millions d’années à perdre leur radioactivité. Ils ne représentent cependant que 0,2 % du volume des déchets radioactifs. Ils sont par contre responsables de 96 % de la radioactivité totale des déchets radioactifs.
Type de déchets nucléairesVolume de ces déchets par rapport au volume global de déchets radioactifs (en %)Part de ces déchets dans la radioactivité globale des déchets nucléaires (en %)
Déchets de très faible activité270,01
Déchets de faible et moyenne activité à vie courte630,02
Déchets de faible activité à vie longue70,01
Déchets de moyenne activité à vie longue34
Déchets de haute activité à vie longue0,296

Bon à savoir

Comme vous pouvez le remarquer dans le tableau ci-dessus, les déchets nucléaires de haute activité à vie longue ne représentent que 0,2 % du volume des déchets radioactifs.

Selon la SFEN, « la radiotoxicité potentielle des déchets nucléaires de haute activité devient inférieure à celle de l’uranium naturel après environ 10 000 ans. »

C’est donc la gestion des déchets de cette dernière catégorie qui est pointée du doigt par les associations environnementales. Les déchets radioactifs contiennent des particules appelées radionucléides, qui peuvent être dangereuses pour la santé et l’environnement. Ils bénéficient d’un traitement spécifique permettant de les stocker et de les confiner de façon spécifique et d’éviter la propagation de radioactivité. Selon l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs, « l’impact mesuré du premier centre de stockage de déchets radioactifs construit en France, le CSM (Centre de stockage de la Manche) sur son environnement est plus de 1000 fois inférieur à la radioactivité naturelle de la région ».

La qualité, l’efficacité et la durabilité de ce confinement font actuellement toujours débat entre les différentes parties prenantes de l’énergie nucléaire en France.

L’énergie nucléaire est-elle sûre ?

Deux accidents nucléaires ont éveillé des craintes relatives à la sécurité des installations nucléaires : celui de la centrale nucléaire de Tchernobyl en avril 1986, puis celui de la centrale de Fukushima Daiichi en mars 2011.

En France et partout dans le monde, les avis divergent relativement à la sécurité des installations nucléaires.

Il convient de préciser ici que contrairement aux idées reçues, une centrale nucléaire ne peut pas spontanément exploser. L’explosion de la centrale de Tchernobyl est ainsi liée à une entrée en fusion du réacteur provoquée par une erreur humaine, et non pas à la défaillance d’un mécanisme de fonctionnement intrinsèque de la centrale en elle-même.

Le principal danger lié à l’usage de l’énergie nucléaire est tout autre. Il tient dans l’éventualité que des particules radioactives confinées s’échappent de leur stockage suite à un incident, et se dispersent ensuite de façon incontrôlée. L’inhalation de radionucléides peut en effet avoir des effets très néfastes sur la santé des êtres humains. Elle peut notamment provoquer l’apparition de certains cancers ou de certaines maladies thyroïdiennes.

Dans une tribune publiée dans Le Monde intitulé Le nucléaire, une énergie sûre, Francis Sorin, le directeur de la SFEN, affirme que « en France […] les centrales sont équipées de réacteurs dits « à eau sous pression- REP » de technologie très différente des installations russe ou japonaise ». Il rappelle également que le plus grand incident ayant impliqué ce type de réacteurs « n’a entrainé aucun dommage sur les personnes ou sur l’environnement » et avance que « de tous les grands moyens électrogènes, charbon, pétrole, gaz et hydraulique, c’est de très loin le nucléaire qui entraîne le moins de dommages aux personnes. »

La fumée des centrales nucléaires, toxique pour l’environnement et la santé ?

Pour beaucoup de consommateurs, l’image des centrales nucléaires est associée à de grandes cheminées d’où s’échappe une grande quantité de fumée blanche. Ces fumées ne sont toxiques ni pour l’environnement ni pour la santé. Il s’agit de vapeur d’eau issue des tours de refroidissement de la centrale, et non pas de dioxyde de carbone. Cela n’a donc pas d’impact néfaste sur l’environnement ou sur la santé des riverains habitant aux alentours de la centrale.

Dans certaines centrales dites à circuit ouvert, l’eau chaude utilisée pour générer de l’électricité est directement rejetée dans le milieu aquatique situé à côté de la centrale, comme un fleuve ou une rivière. Cette eau n’est pas radioactive. Sa température peut néanmoins perturber les écosystèmes locaux.

Comment accélérer la sortie de l’énergie nucléaire à l’échelle individuelle ?

Adulée par certains et sévèrement décriée par d’autres, on ne peut aujourd’hui imaginer énergie plus clivante que l’énergie nucléaire. Nous l’avons vu, cette énergie repose sur l’exploitation d’un minerai, l’uranium. Elle occupe aujourd’hui une place prépondérante dans le mix énergétique français, puisqu’elle permet la production de plus de 70 % de l’électricité française.

L’énergie nucléaire présente l’avantage indéniable d’être une énergie peu carbonée. Son impact sur le réchauffement climatique est donc très limité. Les questions de la gestion des déchets issus de son exploitation, ainsi que de son impact environnemental global, sont aujourd’hui néanmoins soumises à de vifs débats et controverses. Il en va de même pour son coût, et pour la sécurité des installations nucléaires.

Pour certains consommateurs, il est essentiel d’œuvrer à la sortie du nucléaire français. Ces consommateurs peuvent opter pour une offre d‘électricité verte, proposée par certains fournisseurs comme Planète Oui. Dans le cadre de ce type de contrat, les fournisseurs d’électricité s’engagent ainsi à réinjecter l’équivalent de la consommation du foyer souscripteur sous forme d’électricité produite grâce à des énergies renouvelables.

Pour vous aider dans votre d’offre d’électricité verte, vous pouvez vous appuyer sur notre comparateur des fournisseurs d’électricité ou prendre contact avec nos experts (appel gratuit).

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