Les prix de l’électricité en Europe

Depuis 2008, le prix de l’électricité en France a bondi de plus de 90 % et avec lui, la facture d’électricité des Français. Cette hausse continue donne parfois le vertige, alors que la France avait la réputation de bénéficier d’une électricité peu chère grâce à son parc nucléaire. En 2023, la hausse a été limitée à 15 % grâce au bouclier tarifaire par rapport à 2022 d’après le ministère de la Transition écologique. Cette hausse est-elle la même partout en Europe ? Et d’ailleurs, quels sont les prix de l’électricité sur le vieux continent ?

Prix de l'électricité en Europe

Les prix de l’électricité en Europe : comparaison et classement

Tous les ans depuis 2016, une enquête sur la transparence des prix du gaz et de l’électricité en Europe est commandée par Eurostat, l’organisme public chargé des statistiques dans l’Union européenne. Cette enquête permet ensuite de publier des statistiques sur le prix de l’électricité dans les pays membres de l’Union Européenne et de faire des comparaisons.

Dans quels pays d’Europe l’électricité est la moins chère ?

Lorsque l’on fait une comparaison des prix de l’électricité, il faut s’intéresser au profil des consommateurs. En effet, le prix de l’électricité n’est pas le même pour un ménage que pour un client professionnel. Quelles sont les différences des tarifs de l’électricité dans l’Union européenne pour ces types de consommateurs ?

Tarif de l’électricité en Europe sur le segment des particuliers

En ce qui concerne le prix de l’électricité pour les ménages, ce sont les pays d’Europe de l’Est qui sont en tête du classement. L’enquête sur les prix du kWh d’électricité en 2021 (dernière étude en date en 2023) montre que l’électricité la moins chère se trouvait :

  • en Hongrie (0,1003 €/kWh) ;
  • en Bulgarie (0,1024 €/kWh) ;
  • aux Pays-Bas (0,1281 €/kWh).

La France, 16e pays le moins cher sur 27, est bien classée avec son prix du kWh d’électricité moyen à 0,1946 €/kWh. À l’inverse, l’Allemagne (0,3193 €/kWh), le Danemark (0,29 €/kWh) et la Belgique (0,2702 €/kWh) sont les pays où l’électricité est la plus chère. Voici ci-dessous le détail complet pour chaque pays européen, y compris les pays non-membre de l’Union européenne.

PaysMembre de l’Union européennePrix du kWh en 2021
(en € TTC)
Ukraine0,0485 €
Kosovo0,0605 €
Géorgie0,0631 €
Serbie0,0791 €
Turquie0,0834 €
Macédoine du Nord0,0841 €
Moldavie0,0851 €
Bosnie-Herzégovine0,0875 €
Albanie0,0925 €
Monténégro0,098 €
Hongrie✔️0,1003 €
Bulgarie✔️0,1024 €
Pays-Bas✔️0,1281 €
Malte✔️0,1285 €
Croatie✔️0,1291 €
Estonie✔️0,1324 €
Lituanie✔️0,1348 €
Islande0,1355 €
Lettonie✔️0,1403 €
Roumanie✔️0,1536 €
Pologne✔️0,1548 €
Slovénie✔️0,1662 €
Slovaquie✔️0,1668 €
Grèce✔️0,168 €
Finlande✔️0,1767 €
Tchéquie✔️0,1802 €
Norvège0,1826 €
France✔️0,1946 €
Chypre✔️0,1976 €
Luxembourg✔️0,1988 €
Liechtenstein0,2071 €
Portugal✔️0,2089 €
Suède✔️0,2114 €
Prix moyen du kWh pour l’Union européenne des 270,2203 €
Autriche✔️0,2216 €
Italie✔️0,2259 €
Espagne✔️0,2323 €
Irlande✔️0,2555 €
Belgique✔️0,2702 €
Danemark✔️0,29 €
Allemagne✔️0,3193 €

Tarif de l’électricité en Europe pour les consommateurs non résidentiels

Sur le segment les professionnels, entreprises et collectivités, le classement diffère. Avec un prix moyen du kWh porté à 0,085 € HT en 2021, la France est 16e sur 27 pays de l’Union européenne. Elle est en dessous de la moyenne européenne portée à 0,1251 € HT par kWh.

La Finlande (0,0669 € HT), la Suède (0,0705 € HT) ou encore les Pays-Bas (0,0725 € HT) font partie des pays les plus compétitifs avec un prix du kWh HT avoisinant les 0,07 € HT euros en 2021. À l’inverse, l’Irlande (0,1378 € HT), Malte (0,133 € HT) et Chypre (0,1091 € HT) apparaissent comme les plus chers.

Pourquoi une telle différence de prix de l’électricité entre les ménages et les professionnels européens ? Tout d’abord, parce que les prix sont annoncés en hors taxe pour les entreprises alors qu’ils sont présentés en toutes taxes comprises pour les particuliers.

D’autre part, parce que les prix de fournitures varient entre les différents acteurs. On peut faire un parallèle avec l’approvisionnement en aliments d’un restaurant ou d’une cantine scolaire. Ces acteurs achètent les produits alimentaires en gros, ce qui fait baisser les prix à l’unité. A l’inverse les ménages achètent leurs fruits et légumes au détail, ce qui est souvent plus cher à l’unité. C’est la même chose pour les livraisons d’électricité. Plus on achète d’électricité, plus on peut négocier le prix du kWh.

Voici ci-dessous le détail complet.

PaysMembre de l’Union européennePrix du kWh en 2021
(en € TTC)
Islande0,0449 €
Ukraine0,0595 €
Moldavie0,0633 €
Kosovo0,0635 €
Turquie0,0648 €
Finlande✔️0,0669 €
Serbie0,0702 €
Suède✔️0,0705 €
Géorgie0,0713 €
Bosnie-Herzégovine0,0719 €
Norvège0,0721 €
Pays-Bas✔️0,0725 €
Danemark✔️0,0731 €
Pologne✔️0,0739 €
Tchéquie✔️0,0752 €
Macédoine du Nord0,0755 €
Portugal✔️0,0755 €
Slovénie✔️0,0757 €
Monténégro0,0773 €
Belgique✔️0,081 €
Hongrie✔️0,0818 €
Roumanie✔️0,0824 €
Estonie✔️0,0834 €
Luxembourg✔️0,0836 €
Bulgarie✔️0,0842 €
Lettonie✔️0,0849 €
France✔️0,085 €
Prix moyen du kWh pour l’Union européenne des 270,0859 €
Liechtenstein0,0863 €
Croatie✔️0,0881 €
Autriche✔️0,0884 €
Grèce✔️0,089 €
Allemagne✔️0,0908 €
Slovaquie✔️0,0929 €
Espagne✔️0,0931 €
Lituanie✔️0,0932 €
Italie✔️0,0939 €
Albanie✔️0,1039 €
Chypre✔️0,1091 €
Malte✔️0,133 €
Irlande✔️0,1378 €
Prix de l’électricité pour les consommateurs non résidentiels européens en 2021

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Comment expliquer les différences de prix de l’électricité en Europe ?

Le prix de l’électricité varie d’un pays à l’autre en fonction de différentes modalités. Coût de fourniture, acheminement, taxes, politiques énergétiques, découvrons les critères qui influent.

La répartition de la facture d’électricité

Pour bien comprendre les différences de prix de l’électricité, il est nécessaire de connaître les éléments qui entrent dans son calcul. En effet, le prix facturé au consommateur regroupe les coûts de l’ensemble du processus de production, d’acheminement et de distribution. D’après la Commission pour la régulation de l’énergie (CRE), la facture d’électricité se décompose en trois composantes :

  • le coût de fourniture, qui dépend de la méthode de production de l’électricité, mais aussi des frais de gestion commerciale des distributeurs. La répartition des différentes sources d’énergie dans la production d’électricité est appelée mix énergétique ;
  • le coût de transport et de distribution sur le réseau. Il finance l’entretien du réseau (lignes à haute tension, compteurs…) et les investissements nécessaires pour améliorer le service ;
  • le niveau des taxes et contributions diverses. Ce paramètre est celui qui varie le plus, car ces contributions peuvent financer des projets très divers (programmes sociaux, politiques d’investissement, système de retraite…). Ces dernières sont détaillées en fin d’article.

Ces trois composantes expliquent les différences de prix du simple au triple de l’électricité entre pays européens. En France, ils sont répartis de la façon suivante :

repartition facture d'electricite
Postes de coûts couverts par la facture au tarif réglementé de vente d’électricité pour un client résidentiel au 31 mars 2022

La structure du coût de l’énergie dans chaque pays dépend de son histoire et des choix stratégiques qui ont été pris parfois il y a plusieurs décennies.

Prenons l’exemple de la Bulgarie, deuxième pays européen avec l’électricité la moins chère qui avait un prix du kWh presque deux fois inférieur (0,1147 €/kWh) à celui de la France (0,2204 €/kWh) en décembre 2022.

Ainsi, la Bulgarie produit 48 % de son électricité dans des centrales à charbon et 35 % dans des centrales nucléaires anciennes. Ces deux sources d’énergie sont parmi les moins chères, mais posent d’autres problèmes : la sécurité et la pollution. Depuis plusieurs années, le pays ferme petit à petit ses centrales nucléaires les plus anciennes et doit les remplacer. D’autre part, les centrales au charbon sont extrêmement polluantes : les émissions de CO2 par personne sont de 6,33 tonnes par Bulgare contre 4,57 t/hab en France, près de 40 % en plus.

Au contraire, des pays comme le Danemark ou l’Allemagne accordent une priorité importante aux énergies renouvelables qui nécessitent des investissements coûteux. Ces décisions ont été prises il y a une dizaine d’années.

Dans le cas de l’Allemagne, il s’agissait de remplacer des centrales nucléaires, dont le pays a décidé la sortie en 2010. Aujourd’hui, les centrales nucléaires, à gaz et à charbon produisent un peu plus de la moitié de l’électricité du pays. L’Allemagne est désormais dans une deuxième période de transition, pour abandonner progressivement les centrales thermiques très polluantes au profit des énergies renouvelables qui ont pris une place de plus en plus importante dans le mix énergétique du pays.

Énergies20102022Évolution entre 2010 et 2022
En tWhEn %En tWhEn %
Énergies fossiles500,9 tWh79,2 %302,7 tWh52 %-34 %
Lignite (charbon entre la tourbe et la houille)145,9 tWh23,1 %117 tWh20,1 %-13 %
Charbon117 tWh18,5 %66 tWh11,3 %-39 %
Nucléaire140,6 tWh22,2 %37,7 tWh6,5 %-71 %
Gaz naturel88,8 tWh14 %77,4 tWh13,3 %-5 %
Huiles minérales8,6 tWh1,4 %4,6 tWh0,8 %-42 %
Énergies renouvelables105,4 tWh16,7 %255,9 tWh43,9 %+164 %
Éolien terrestre38,4 tWh6,1 %102,7 tWh17,6 %+190 %
Éolien maritime0,2 tWh0 %25,4 tWh4,4 %+13 694 %
Hydroélectricité21 tWh3,3 %17,1 tWh2,9 %-12 %
Biomasse29,2 tWh4,6 %43,9 tWh7,5 %+63 %
Photovoltaïque12 tWh1,9 %60,7 tWh10,4 %+449 %
Déchets ménagers4,7 tWh0,7 %5,8 tWh1 %+34 %
Géothermie0 tWh0 %0,3 tWh0,1 %0 %
Autres26,5 tWh4,2 %24 tWh4,1 %-2 %
Stockage pompé (PSE)6,4 tWh1 %6 tWh1 %0 %
Déchets ménagers4,7 tWh0,7 %5,8 tWh1 %+34 %
Déchets industriels1,6 tWh0,3 %0,9 tWh0,2 %-39 %
TOTAL632,8 tWh100 %582,6 tWh100 %
Production brute d’électricité en Allemagne par source d’énergie
Source : AGEB

Transport et distribution : quel impact sur le prix ?

Concernant le coût de transport et de distribution, il est plus élevé en Italie et en Allemagne qu’en France, où il représente environ 33 % du coût du kWh. Il s’agit du tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (TURPE) mentionné sur votre facture. Cette différence s’explique car le réseau français est centralisé et unique depuis la création d’EDF en 1946, alors que les réseaux italiens et allemands se sont construits de manière décentralisée. Aujourd’hui, depuis l’ouverture à la concurrence, ce sont deux filiales d’EDF qui gèrent le réseau :

  • RTE (Réseau de transport d’électricité) s’occupe du réseau de transport, des lignes à haute tension ;
  • Enedis (ex-ERDF) est en charge du réseau de distribution, des lignes à moyenne et basse tension.

Le poids des taxes

En ce qui concerne le niveau de taxes et de contributions, il dépend des objectifs politiques et des projets financés. L’Allemagne a fait le choix de financer massivement le passage aux énergies renouvelables depuis la fin des années 2000. Cela a permis de les faire passer de 10,5 % à 44 % de la production en l’espace de 12 ans.

Cette transition est payée par les consommateurs, pour qui les taxes représentent les deux tiers du prix de l’électricité. À titre de comparaison, en France les taxes ne comptent « que » pour 34 % du prix de l’électricité (15 % de TVA et 19 % de TICFE, TLCFE et CTA).

Ainsi, en fonction de la part du nucléaire et des énergies fossiles dans la production d’électricité, du coût du réseau mais aussi du niveau de taxes dans le prix de l’électricité, les consommateurs payent des prix très différents en fonction des pays.

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Les prix de l’électricité en France par rapport à l’Europe

Alors que la France a la réputation d’avoir une électricité peu chère, il convient de la remettre en perspective au niveau européen. Le prix du kWh est en réalité un peu moins cher que la moyenne européenne, mais la France reste 16e sur 27. Nous verrons qu’en réalité, il s’agit plutôt d’une bonne place dans le classement. Penchons-nous sur les raisons qui permettent cette performance.

Le nucléaire : un prix maîtrisé de l’électricité en France

En France, le nucléaire représente 63 % du mix énergétique en 2022, selon le bilan électrique de RTE. Cette proportion, qui a baissé de 30 % par rapport à la moyenne de ces vingt dernières années, permet de bénéficier d’une électricité à bas coût et peu émettrice de CO2. Au niveau mondial, la France est le deuxième producteur d’électricité d’origine nucléaire, derrière les États-Unis et devant la Chine. Le parc nucléaire français représente 16 % des capacités de production nucléaire dans le monde.

À l’heure actuelle, le nucléaire français, qui apporte une énergie bon marché et a permis l’ouverture à la concurrence, pose problème en raison de sa vétusté. Étudions rapidement les enjeux de cette production indispensable pour faire tourner l’Hexagone.

À quand remonte l’installation du parc nucléaire français ?

Le choix de l’énergie nucléaire en France date des années 1970. La plupart des 56 réacteurs ont été construits dans les années 1970 et 1980. En effet, suite aux chocs pétroliers, la France a engagé un programme de nucléaire civil. Cela lui a permis de devenir plus indépendante en énergie en passant des centrales thermiques (gaz, fioul, charbon) à des centrales nucléaires. Ces centrales, d’une durée de vie initiale de 40 ans, doivent donc être prochainement soit fermées, soit subir des travaux de transformation très importants, pouvant doubler la durée de vie initiale, dans certains cas.

L’ARENH, ou l’ouverture à la concurrence grâce au nucléaire

Pour permettre le développement de la concurrence, l’accès à l’électricité d’origine nucléaire, bon marché, produite par EDF est rendu possible à tous les fournisseurs d’électricité. Cela permettait de maintenir des prix bas pour tous les consommateurs (jusqu’à la crise énergétique survenue en 2022). L’Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH), un mécanisme existant depuis 2011, donne en effet le droit aux distributeurs concurrents d’EDF de racheter de l’électricité nucléaire à un prix fixé à l’avance. Les fournisseurs alternatifs peuvent acheter de l’électricité nucléaire à 42 € le MWh depuis le 1er janvier 2012, dans une limite totale de 100 TWh (soit un quart de la production nucléaire d’EDF).

L’ARENH va-t-il augmenter ?

Au vu des enjeux énergétiques, la question peut se poser. En 2022 (du 1er avril au 31 décembre), il avait exceptionnellement été augmenté à 46,20 €/MWH pour compenser la hausse des coûts de production de l’énergie. Une proposition de loi (n°1047) a même été déposée le 4 avril 2023 par une quinzaine de députés LR (Les Républicains) à l’Assemblée nationale pour relever l’ARENH à 49,5 €/MWh pour « garantir et accélérer sereinement la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites existants ».

Le grand carénage, ou la grande rénovation du parc nucléaire français

Le choix de la production massive d’électricité d’origine nucléaire en France a permis de développer une production d’énergie bon marché et peu émettrice de CO2. Cependant, les questions sur la sécurité des centrales et les enjeux liés à leur vieillissement nécessitent la prise d’orientations stratégiques pour déterminer l’avenir du mix énergétique français. Ces décisions ont un impact sur le coût de fourniture de l’électricité.

Il est difficile de savoir exactement comment le prix de l’électricité pourra être impacté. En effet, le grand carénage, le plan de maintenance des centrales nucléaires sur la période 2014-2025, était estimé par EDF à 55 milliards d’euros en 2015, puis 48,2 milliards en 2018 avant d’être réajusté à 49,4 milliards d’euros courants en 2020. La Cour des comptes avait jugé ces prévisions optimistes et estimait que le coût du grand carénage sera de 100 milliards d’euros.

Comment expliquer une telle différence ? Parce que la Cour des Comptes a établi ce chiffrage pour la totalité des investissements et des dépenses d’exploitation, et sur une durée plus longue (comprenant le Grand Carénage) sur 16 ans, soit jusqu’en 2030. En somme, EDF et la Cour des comptes ont vu juste sur le budget de ce projet qui va permettre de prolonger le fonctionnement des 56 réacteurs du parc français de plusieurs décennies (entre 50 et 60 ans).

Bon à savoir

Comme le rappelle l’Insee, « les prix courants sont les prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée, ils sont dits en valeur nominale. Les prix constants sont les prix en valeur réelle c’est-à-dire corrigés de la variation des prix par rapport à une donnée de base ou de référence. ». Le prix courant ne prend donc pas en compte les variations de valeur de la monnaie (inflation, déflation, taux de change, etc.).

Comment se positionne la France face à l’Union européenne grâce au nucléaire ?

En 2021, le prix payé par les ménages français (0,1946 €/kWh) était ainsi plus accessible que dans les autres pays d’Europe occidentale, que ce soit l’Italie (0,2259 €/kWh), l’Espagne (0,2323 €/kWh) ou l’Allemagne (0,3193 €/kWh).

Cette tendance se retrouve également par rapport au niveau européen. Le prix moyen du kWh en France est inférieur de 17 % à la moyenne européenne. Un écart important ! Mais comme l’explique le ministère de la Transition écologique, « cet écart augmente par rapport à 2020 (13 %) mais reste nettement inférieur à son niveau de 2008 (38 %) ».

Alors que chez nos voisins, les prix de l’électricité fluctuent parfois fortement, les prix de l’électricité en France augmentent progressivement. Ils restent néanmoins inférieurs à ceux des principales économies d’Europe de l’Ouest.

Des taxes sur l’électricité moins élevées que la moyenne européenne

Certains pays ne prélèvent presque aucune taxe sur l’électricité. Ainsi, Malte n’impose qu’un taux de TVA à 5 %. Cela en fait le pays européen qui taxe le moins l’électricité de ses consommateurs. À l’extrême inverse, l’électricité peut être très lourdement taxée. C’était notamment le cas en Allemagne puisque le pays présentait un montant des taxes sur les énergies renouvelables porté à 67,56 €/MWh. Mais le gouvernement allemand a décidé depuis de soulager les ménages allemands en réduisant de près de moitié la redevance sur les énergies renouvelables (EEG) passant de 0,65 €/kWh à 0,372 €/kWh en 2022. L’équivalent français, la contribution au service public d’électricité (CSPE), est porté à 22,5 €/MWh.

Le niveau de taxation de l’électricité en France est légèrement inférieur à la moyenne européenne. Cependant, le montant des taxes prélevées a triplé depuis 2008. Cela est dû aux besoins d’investissement pour financer la transition énergétique ainsi que les investissements dans le réseau électrique (enfouissement des lignes, raccordements…).

En France, les taxes sur l’électricité sont très variées et ont des buts distincts :

Alors que les différentes taxes et contributions représentent 21 % du coût du kilowattheure pour les consommateurs, les enjeux liés à la transition écologique pourraient voir le montant des taxes augmenter fortement dans les années à venir.

Une tendance générale à la hausse des prix de l’électricité en Europe

L’Europe a connu une hausse constante lors de la dernière décennie. Depuis 2021, de nombreux facteurs politiques, économiques et écologiques ont entraîné une hausse du prix de la production record.

Une hausse constante lors de la dernière décennie

Au niveau européen, les prix de l’électricité ont augmenté au cours de la dernière décennie. En effet, selon les données d’Eurostat, l’augmentation moyenne était de 3,3 % par an entre 2009 et 2019. Cette moyenne cache des disparités importantes : les prix ont plutôt stagné en Italie (+4,35 % en 10 ans) quand ils ont augmenté de 4 % par an en Allemagne. Dans tous les pays d’Europe, cette hausse constante est due à plusieurs facteurs, qui varient en fonction des situations :

  • la hausse des coûts de fourniture d’électricité (ou coûts de production) est due à l’abandon progressif des centrales à charbon et au développement des énergies renouvelables. En 2019, ces coûts ont été particulièrement élevés en France (+ 8,7 %) du fait d’une augmentation des prix de gros de l’électricité dans toute l’Europe ;
  • l’entretien et l’amélioration du réseau électrique existant, pour assurer une meilleure qualité de service (diminution du temps de coupure quotidienne, enfouissement des lignes pour les rendre moins vulnérables aux intempéries, etc.) ;
  • le financement des investissements nécessaires par les taxes, essentiellement pour réaliser la transition énergétique. L’objectif est de diminuer la quantité de CO2 dégagée en produisant l’électricité. Pour cela, il est nécessaire d’investir massivement dans les énergies renouvelables ou dans un parc nucléaire conséquent.

La hausse des prix était donc constante et bien réelle mais elle s’expliquait en grande partie par la nécessaire transformation du système de production électrique pour répondre aux enjeux environnementaux. Il s’agit aussi de tenir les engagements des différents pays européens en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Depuis 2021, le prix à la production a explosé

Jamais l’électricité n’avait coûté aussi cher à produire en Europe depuis 2021. Ce constat, réalisé par Eurostat, s’explique par trois facteurs :

  • la hausse globale des prix de gros de l’énergie suite à la pandémie de COVID-19 et l’augmentation de la demande internationale ;
  • l’invasion de l’Ukraine par la Russie (en 2022) qui a suspendu les livraisons de gaz à certains États membres de l’UE ;
  • les conditions climatiques, particulièrement les canicules à l’été 2022 qui ont eu pour effet :
    • une hausse de la demande d’énergie pour le refroidissement en été,
    • une réduction de l’approvisionnement énergétique due à la sécheresse et, par conséquent, une baisse de l’approvisionnement en hydroélectricité.
Prix à la production et à la consommation de l’énergie dans l’UE
Prix à la production et à la consommation de l’énergie dans l’UE

Transition énergétique et prix de l’électricité

La part des énergies renouvelables (EnR) dans la consommation finale brute d’énergie en France constituait 19,3 % en 2021, un niveau inférieur à l’Espagne (20,7 %) mais légèrement supérieur à l’Allemagne (19,2 %).

Contrairement à la France, tous ces pays conservent une part importante de production thermique fossile (charbon, gaz, lignite…). Cela fait que leur production électrique est plus émettrice de CO2 que celle de la France. Ce mix entre énergies fossiles et énergies renouvelables a le désavantage d’être pour l’instant plus cher. On l’a dit les taxes sont plus élevées dans de nombreux pays, comme par exemple l’Allemagne.

Mais, ces taxes servent à financer la transition énergétique. En effet, suite aux accords de Paris, les pays de l’Union européenne doivent réduire leur production de CO2, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique de 55 % (par rapport aux niveaux de 1990) à horizon 2030. Le but ? Atteindre la neutralité carbone en 2050. En vertu du Pacte Vert, selon le journal Toute l’Europe « L’Union européenne ambitionne de passer à 55 % ou 60 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 et à 84 % d’ici 2050. »

Si cela s’entend d’un point de vue écologique, les raisons sont aussi économiques. En effet, d’un point de vue général, alors que l’électricité nucléaire et fossile tend à grimper ou rester stables en termes de prix, les énergies renouvelables tendent à baisser.

Le recours aux énergies vertes permet donc de faire des économies dans la production d’électricité. Toutefois, deux problèmes se posent :

  • celui du financement des infrastructures renouvelables. Actuellement en période de transition énergétique, coïncident le prix des nouvelles infrastructures à financer avec les prix du nucléaire qui ne font que monter. Le coût de l’énergie augmente mais pourrait baisser sur le très long terme ;
  • celui du stockage de l’électricité. Si on ne peut pas atteindre un mix 100 % renouvelable, c’est aussi parce que les énergies vertes sont intermittentes. Elles ne permettent pas une production constante d’électricité. La nuit, un panneau solaire ne produit rien.

Le développement du stockage de l’énergie est donc le seul moyen de pouvoir passer à un mix 100 % vert. Pour l’instant à grande échelle, il n’a été que peu expérimenté. Aujourd’hui, Tesla monte l’un des premiers projets de batteries à échelle régionale en Australie. Commencé en 2018, le projet « Victorian Big Battery », d’une capacité de production de 300 MW, a débuté ses opérations en décembre 2021.

S’informer et choisir son fournisseur

Si la hausse des prix de l’électricité en Europe est assez générale, tous les consommateurs ne l’ont pas subie avec la même intensité. En effet, avec le développement de la concurrence, de nouveaux fournisseurs d’électricité sont arrivés sur le marché. En France, selon le médiateur national de l’énergie, on en compte une trentaine aujourd’hui. Vous pouvez réaliser jusqu’à 200 € d’économies sur la facture annuelle en mettant les offres en concurrence avec notre comparateur d’électricité. Vous pouvez également vous faire accompagner par nos conseillers (appel gratuit).

De manière à allier économies et écologie, vous pouvez vous tourner vers un contrat d’électricité verte. Certains fournisseurs proposent des offres vertes grâce aux garanties d’origine (GO) qui certifient que votre consommation d’électricité correspond bien à une production d’électricité renouvelable. D’autres vont même plus loin et établissent des contrats directement avec des producteurs locaux d’électricité renouvelable.

Autre question sur ce sujet :

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