Tout savoir sur la rénovation énergétique
Rénover son logement consiste à réaliser divers travaux pour faire baisser sa consommation de chauffage. Pan important de la transition énergétique, la rénovation permet aux ménages de faire des économies d’énergie et de gagner en confort. Plus concrètement, qu’est-ce que la rénovation énergétique ? À quoi sert-elle ? Comment la mettre en place chez soi ? Quels sont les enjeux liés à l’amélioration énergétique ? Choisir.com fait le point.
La rénovation énergétique : définition et enjeux
Selon la définition du Gouvernement, « la rénovation énergétique désigne l’ensemble des travaux visant à diminuer la consommation énergétique d’un bâtiment. » Elle recouvre un ensemble de pratiques et sert un but écologique et économique. Découvrons cela.
Les grands types de travaux de rénovation énergétique
La rénovation énergétique passe par trois grands types principaux d’opérations :
- l’isolation du logement : à savoir, le renforcement de l’étanchéité de la maison qui limite les déperditions thermiques. Plus une maison est étanche, plus la chaleur se conserve à l’intérieur en hiver. Une bonne isolation estivale permet également de protéger les occupants du logement des hausses de températures en maintenant la fraîcheur à l’intérieur. C’est lié au principe d’émissivité ;
- l’installation d’un système de chauffage écologique et économique : le remplacement de systèmes vieillissants (chaudière fioul, chaudière gaz ancienne, etc.) par des appareils moins énergivores (chaudière biomasse, pompe à chaleur, etc.) permet de faire baisser sa consommation de chauffage ;
- la ventilation : un bâtiment mal ventilé tend à avoir un fort taux d’humidité. Plus ce dernier est élevé, plus la sensation de froid est importante. Le logement devient difficile à chauffer, et ses occupants ont tendance à augmenter la température. D’autre part, une mauvaise aération s’accompagne souvent de l’apparition de moisissures dues à la condensation. Celles-ci peuvent causer des problèmes de santé et endommager la structure du bâti, notamment à cause des murs humides.
Ces trois grands axes de la rénovation thermique sont complémentaires. Ils garantissent une minimisation de l’utilisation de l’énergie domestique.
Une nécessité écologique
La rénovation énergétique répond notamment à un besoin d’engager la France dans une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES). En effet, selon le Ministère de la Transition écologique (2021) : « En France, le bâtiment est le deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre. Il représente à lui seul 27 % des émissions de CO2 et près de 45 % de la consommation d’énergie finale. »
C’est pourquoi, les autorités publiques ont décidé de soutenir la rénovation énergétique. En 2018, est paru le Plan de Rénovation Énergétique des Bâtiments. Ce plan contient plusieurs objectifs :
- la rénovation de 500 000 logements par an ;
- l’éradication des passoires thermiques à horizon 2025 ;
- une réduction de 28 % de la consommation d’énergie finale des bâtiments d’ici 2030 ;
- atteindre la neutralité carbone en 2050.
En 2021, la loi climat et résilience vient affirmer ces objectifs avec pour but d’accélérer la transition énergétique. Plusieurs mesures clés s’appliquent notamment aux bâtiments :
- le gel du loyer des passoires thermiques dès 2023 ;
- l’interdiction de mettre en location des logements affichant un nouveau DPE en G dès 2025, pour les classes énergétiques F à partir de 2028, et les E en 2034 ;
- le plan pluriannuel de travaux (PPT) est obligatoire pour les copropriétés depuis le 1er janvier 2023. Cette obligation concerne les copropriétés de plus de 15 ans qui comprennent plus de 200 lots (logements, bureaux, commerces). À partir de 1er janvier 2024, elle s’étendra aux copropriétés qui comptent entre 51 et 200 lots, puis à celles de moins de 50 lots dès le 1er janvier 2025. Ce plan doit permettre d’anticiper et de prévoir les travaux à réaliser dans les parties communes, ainsi que les frais que cela représente.
Lutte contre la précarité énergétique
Outre les enjeux écologiques, la rénovation thermique revêt une dimension de solidarité. En effet, elle vise à lutter contre la précarité énergétique en supprimant les nombreuses passoires thermiques de l’Hexagone. Ces logements très gourmands en énergie sont souvent habités par des ménages aux ressources limitées.
D’après le Ministère de l’écologie : « Sur les 30 millions de résidences principales que compte la France au 1er janvier 2022, environ 5,2 millions de logements, soit 17 % du parc seraient des passoires énergétiques (étiquettes F et G du DPE). »
Selon le rapport de l’ONPE (l’Observatoire National de la Précarité Énergétique) de 2022, la précarité énergétique touche aujourd’hui 3 millions de ménages (soit 10,5 % des foyers en France). Cette situation aggrave les inégalités sociales dans le pays. Comme le souligne Marie Moisan, membre de Rappel (réseau des acteurs contre la pauvreté et la précarité énergétique dans le logement), « les personnes aux revenus modestes qui vivent dans une passoire thermique subissent systématiquement une double peine : leurs ressources financières sont bien plus faibles que la moyenne alors que leurs consommations d’énergie sont plus élevées ».
D’autre part, la précarité énergétique s’accompagne aussi de problématiques de santé publique. Dans un rapport de 2013 de la Fondation Abbé Pierre, association spécialisée dans le mal-logement, on découvre que les ménages soumis à la précarité énergétique sont en moins bonne santé que les ménages n’y étant pas soumis. Par exemple, 22,1 % des foyers victimes de précarité énergétique souffraient de bronchites chroniques contre 10,3 % chez les autres familles.
Économies d’énergie et gain de confort
D’un point de vue plus général, la rénovation énergétique permet d’engager des économies d’énergie tant à l’échelle du pays qu’à l’échelle individuelle. D’après la Fondation Abbé Pierre, un logement rénové permet jusqu’à :
- 60 % d’économies d’énergie ;
- 900 € de réduction par an sur la facture d’énergie.
Cela permet aussi de gagner en confort thermique. La rénovation énergétique assure une meilleure qualité de chauffage à l’intérieur du logement. Les sensations de froid sont diminuées et le taux d’humidité ajusté.
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Pourquoi privilégier une rénovation d’ampleur ?
Pendant longtemps, les travaux de rénovation énergétique étaient souvent réalisés un par un : remplacement de la chaudière, isolation des combles ou changement des fenêtres. Aujourd’hui, les pouvoirs publics privilégient une approche plus globale, appelée rénovation d’ampleur, qui consiste à combiner plusieurs travaux dans un même projet.
Cette stratégie permet de traiter les principales sources de déperditions thermiques en une seule fois. Un logement correctement isolé nécessite un système de chauffage moins puissant, tandis qu’une ventilation performante garantit une bonne qualité de l’air sans gaspiller l’énergie produite.
Les principaux avantages d’une rénovation d’ampleur sont :
- une baisse plus importante des consommations d’énergie ;
- un meilleur classement au DPE ;
- un confort thermique renforcé en hiver comme en été ;
- une valorisation du logement lors de la vente ou de la location ;
- un accès à certaines aides financières réservées aux rénovations globales.
À l’inverse, remplacer uniquement un équipement de chauffage sans améliorer l’isolation limite fortement les économies réalisables. Les spécialistes recommandent donc de raisonner à l’échelle du logement dans son ensemble plutôt que de multiplier les interventions isolées.
Les bénéfices d’une rénovation d’ampleur
| Critère | Travaux isolés | Rénovation d’ampleur |
|---|---|---|
| Économies d’énergie | Modérées | Élevées |
| Gain sur le DPE | Faible | Important |
| Confort thermique | Partiel | Global |
| Valorisation immobilière | Limitée | Forte |
| Cohérence des travaux | Variable | Optimisée |
Pourquoi la rénovation énergétique améliore-t-elle aussi le confort en été ?
La rénovation énergétique est souvent associée aux économies de chauffage en hiver. Pourtant, elle joue également un rôle essentiel pendant les fortes chaleurs. Un logement bien rénové conserve plus facilement une température agréable en été, limitant ainsi le recours à la climatisation.
L’amélioration du confort d’été repose sur plusieurs éléments complémentaires : une isolation performante, une bonne ventilation, des protections solaires adaptées et un système de chauffage ou de rafraîchissement bien dimensionné. Ensemble, ces équipements ralentissent la pénétration de la chaleur et favorisent l’évacuation de l’air chaud lorsque les températures baissent.
Dans un contexte où les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents, intégrer cette dimension dès le début d’un projet de rénovation permet d’améliorer le confort des occupants tout au long de l’année.
Quels travaux sont les plus efficaces contre la chaleur ?
Tous les travaux de rénovation énergétique ne produisent pas les mêmes effets en été. Certains sont particulièrement efficaces pour limiter la surchauffe du logement.
| Travaux | Effet sur le confort d’été |
|---|---|
| Isolation des combles et de la toiture | Très élevé |
| Isolation des murs | Élevé |
| Protections solaires extérieures (volets, BSO, stores) | Très élevé |
| Ventilation performante (VMC) | Élevé |
| Fenêtres performantes avec protections solaires | Moyen à élevé |
| Brasseurs d’air ou ventilation naturelle nocturne | Complément utile |
Le déphasage thermique : un critère souvent oublié
Lors du choix d’un isolant, on parle souvent de résistance thermique ou de conductivité. Pourtant, le déphasage thermique est tout aussi important pour le confort d’été.
Il correspond au temps nécessaire à la chaleur extérieure pour traverser les parois du logement. Plus ce délai est long, plus la chaleur pénètre tardivement à l’intérieur, idéalement lorsque les températures extérieures commencent déjà à redescendre. Les matériaux biosourcés, comme la fibre de bois ou la ouate de cellulose, offrent généralement un déphasage plus important que certains isolants synthétiques.
L’isolation ne suffit pas toujours
Même un logement très bien isolé peut devenir inconfortable si les apports solaires ne sont pas maîtrisés. Pour conserver un intérieur plus frais pendant une canicule, il est recommandé de combiner plusieurs solutions :
- fermer les volets ou les protections solaires pendant les heures les plus chaudes ;
- aérer largement la nuit et tôt le matin ;
- limiter les apports de chaleur produits par les appareils électriques ;
- utiliser un ventilateur ou un brasseur d’air avant d’envisager une climatisation.
Rénover sa maison : comment bien procéder ?
La rénovation énergétique d’une maison ou d’un appartement doit s’envisager selon certaines étapes, de l’audit énergétique à la ventilation, en passant par l’isolation.
Le bilan énergétique
Avant de commencer les travaux, il est important de procéder à un audit ou bilan énergétique du logement. Il s’agit d’une enquête approfondie pour mettre en relief les ponts thermiques et déperditions de chaleur d’une maison ou d’un appartement.
Cette étape implique la venue d’un ingénieur thermicien avec une caméra thermique. Il vous aidera à identifier les chantiers à prioriser.
Attention il ne faut pas confondre le bilan énergétique avec l’étude thermique. Cette dernière analyse est à réaliser préalablement à la construction permettant de déposer le permis de construire. C’est aussi une analyse différente du DPE. Ce dernier est un diagnostic permettant de mesurer les émissions de CO2 d’un logement et sa consommation d’énergie. Il n’indique pas de plan de travaux.
Le prix d’un audit énergétique dépend de la superficie du logement, de sa complexité et du professionnel choisi. Pour une maison individuelle, il faut généralement prévoir entre 500 et 1 200 €. Dans certains cas, cet audit peut être partiellement financé par des dispositifs d’accompagnement à la rénovation.
Les travaux d’isolation
L’isolation est l’une des dimensions les plus importantes de l’amélioration énergétique d’une habitation.
Par où commencer à isoler un logement ?
Les travaux d’isolation d’un logement s’effectuent généralement par hiérarchie. Il convient donc de commencer par les déperditions thermiques les plus importantes pour terminer par les plus petites :
- isoler les combles et la toiture : selon l’ADEME (l’Agence de la transition écologique), le toit représente 25 à 30 % des pertes de chaleur d’une maison ;
- isoler les murs : les parois constituent entre 20 et 25 % des déperditions d’énergie. Simple ou double cloisonnage, pensez à la bande résiliente si vous faites vous-même les travaux ;
- isoler les fenêtres : qui représentent 10 à 15 % des fuites énergétiques. Cela consiste le plus souvent à remplacer des vitres simples par du double vitrage ;
- procéder à l’isolation des planchers bas ou sols : responsables de 7 % à 10 % des pertes d’énergie ;
- isoler les ponts thermiques : 5 % à 10 % des déperditions.
Les critères de choix pour un isolant de qualité
Au moment d’isoler un édifice, il faut prendre en compte deux éléments pour bien choisir l’isolant :
- la conductivité thermique du matériau : plus celle-ci est basse, moins le matériau est sujet aux échanges thermiques, plus vous serez isolé du froid ;
- le déphasage thermique : c’est le « temps que va mettre la chaleur pour pénétrer à l’intérieur d’un bâtiment » selon la définition d’Engie. Cela permet de protéger le logement de la chaleur estivale. Plus le déphasage est important, mieux le bâtiment est isolé de la chaleur.
Enfin, il convient également de regarder les caractéristiques de l’isolant (performance phonique, résistance au feu, à l’humidité, etc.). Pour vous aider, voici un tableau comparatif des principaux isolants thermiques utilisés en rénovation en simple ou double cloisonnage :
Comparatif des prix des principaux isolants thermiques
| Isolants | Prix (en €/m²) | Avantages | Inconvénients | |
|---|---|---|---|---|
| Isolants minéraux | Laine de roche | 5 à 20 €/m² environ | – Prix économique ; – résistante aux nuisibles (insectes, rongeurs, etc.) ; – peu inflammable. | – Non écologique ; – déphasage thermique peu important. |
| Laine de verre | 3 à 20 €/m² | |||
| Isolants écologiques | Liège | 30 €/m² | – Ignifuge ; – résistant à l’humidité ; – résistant aux nuisibles. | Prix élevés. |
| Fibre de bois | 15 €/m² | – Bonne résistance à l’humidité ; – peu chère. | – Peut être endommagée par les termites ; – inflammable. | |
| Chanvre ou fibre de lin | 15 à 20 €/m² | – Bonne qualité de déphasage thermique ; – résistant aux nuisibles ; – moyennement cher. | Inflammable. | |
| Ouate de cellulose | 20 €/m² | – Ignifuge ; – résistante à l’humidité ; – résistante aux nuisibles. | Risque de mérule. | |
| Isolants synthétiques | Aérogel de silice | 60 €/m² | – Ignifuge ; – résistant à l’humidité ; – résistant aux nuisibles ; – bon déphasage thermique. | – Très cher ; – peu écologique. |
Pour choisir l’isolant le plus adapté à chaque surface de votre logement, le mieux reste de demander conseil à un professionnel RGE (Reconnu garant de l’environnement).
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Isoler sa maison combien cela coûte ?
Bien que rentable sur le long terme, l’isolation d’une maison peut représenter un investissement conséquent.
Retrouvez ci-dessous les tarifs pratiqués pour les différents travaux d’isolation :
| Prix de la rénovation thermique d’un bâtiment en France (en €/m²) – isolant et main d’œuvre | |
|---|---|
| Combles perdus | 25 € à 60 €/m² |
| Combles aménageables | 50 € à 90 €/m² |
| Isolation des murs par l’intérieur (ITI) | 40 € à 80 €/m² |
| Isolation des murs par l’extérieur (ITE) ou ravalement de façade | 110 € à 230 €/m² |
| Isolation du sol ou planchers bas | 40 € à 60 €/m² |
Les travaux de réfection du chauffage
Le changement du système de chauffage est le second chantier à mettre en œuvre dans un projet de rénovation énergétique. Le choix d’un dispositif de chauffage écologique permet de faire des économies d’énergie importantes.
Quel système de chauffage choisir ?
Selon l’ADEME, le chauffage correspond à 60 % de nos consommations d’énergie. Il s’agit donc d’un poste de dépense important sur lequel il est essentiel d’agir pour réduire ses factures.
En général, la rénovation du chauffage passe par l’installation :
- d’une chaudière gaz à haute performance énergétique, appelée aussi chaudière gaz à condensation ;
- d’une pompe à chaleur (PAC) ;
- d’une chaudière biomasse (appareil fonctionnant au bois) ;
- d’un chauffe-eau thermodynamique ou solaire (pour l’eau chaude sanitaire).
Combien coûte le remplacement d’un vieux dispositif de chauffage ?
L’installation d’un nouveau dispositif de chauffage représente un coût variable, comme le résume le tableau suivant. En fonction de votre budget et des caractéristiques de votre logement, un système sera plus adapté que l’autre.
Rénovation du chauffage : prix et appareils
| Appareil | Caractéristiques | Prix de l’équipement (en € TTC) |
|---|---|---|
| Chaudière gaz à condensation | – Eau chaude du circuit portée à une température de 50 °C ; – récupération des fumées de combustion et transformation en chaleur. | 3 000 € à 6 000 €. |
| Pompe à chaleur air/air | – Pompe les calories présentes dans l’air extérieur pour les transformer en chaleur ; – chaleur diffusée par soufflage via une unité intérieure. | 6 000 € à 10 000 €. |
| Pompe à chaleur air/eau | – Utilise les calories présentes dans l’air extérieur pour chauffer un circuit d’eau chaude ; – chaleur diffusée via les radiateurs. | 8 000 € à 16 000 €. |
| Pompe à chaleur sol/air ou eau/air | – Pompe les calories présentes dans les sols grâce à des capteurs enfouis ; – la chaleur peut être géothermique ou provenir de nappes phréatiques ; – diffusion de la chaleur par soufflage. | 8 000 € à 25 000 €. |
| Pompe à chaleur sol/eau ou eau/eau | – Utilise la chaleur géothermique ou celles des nappes phréatiques ; – diffusion de la chaleur dans les radiateurs via un circuit d’eau chaude. | 10 000 € à 25 000 €. |
| Chaudière biomasse | – Chaudière qui utilise le bois comme combustible ; – il peut s’agir de bûches ou de granulés de bois ; – diffusion de la chaleur via un circuit d’eau chaude. | Entre 10 000 € et 25 000 €. |
Penser à la régulation du chauffage
À cela peut s’ajouter la pose d’un thermostat programmable, d’un thermostat connecté (comme Netatmo) ou de robinets thermostatiques. Ces appareils permettent de programmer le chauffage et de l’adapter à votre emploi du temps. Vous pouvez ainsi faire 5 % à 15 % d’économies d’énergie supplémentaires.
Pour un thermostat programmable, il faudra compter entre 150 et 300 € environ.
La ventilation
La ventilation est le dernier levier de la rénovation énergétique. Pour assurer une bonne aération, il est généralement conseillé d’installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC).
Prenant la forme de petites bouches d’aération, ces appareils se chargent d’extraire l’air vicié pour le renouveler.
Il existe différents types de VMC :
- la VMC simple flux : qui ne comporte qu’un unique réseau de gaines permettant d’évacuer l’air vicié. L’air plus sain de l’extérieur entre, quant à lui, par des ouvertures généralement situées en haut des fenêtres. Il faut également distinguer :
- la VMC autoréglable : avec laquelle le débit d’air est constant,
- la VMC hygroréglable : qui s’adapte au taux d’humidité dans le bâtiment. Elle est compatible avec le réglementation RT 2012.
- la VMC double flux : qui fonctionne sur le même principe qu’un modèle simple flux, mais dispose en plus d’un échangeur thermique. Ce dernier récupère les calories présentes dans l’air vicié et les réinjecte dans l’air neuf. Ce principe limite au maximum les pertes de chaleur. Ce type de VMC est conforme à la réglementation RE 2020.
Globalement, il faudra compter 750 € à 1 600 € pour une ventilation simple flux en rénovation, contre 3 500 € à 15 000 € pour une VMC double flux.
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faire une simulationTravaux et labels de rénovation
Renforcer les performances énergétiques de sa maison peut être l’occasion d’obtenir un label de rénovation. Ainsi, vous certifiez de l’efficacité énergétique de votre bien et lui faites prendre de la valeur.
Sur le marché français, on distingue trois labels pour les bâtiments résidentiels :
- le label « haute performance énergétique » (HPE rénovation) : qui indique une consommation d’énergie primaire inférieure ou égale 150 kWh/m2.an. Ce chiffre peut-être révisé au cas par cas en fonction de la zone climatique et de l’altitude ;
- le label « bâtiment basse consommation énergétique » (BBC rénovation) : pour une consommation d’énergie primaire inférieure ou égale à 80 kWh/m2.an. Les maisons basse consommation qui obtiennent ce label doivent respecter les normes de réglementation thermique 2012 (RT 2012) qui encadre la construction des maisons neuves depuis le 1er janvier 2013. ;
- le label « bâtiment à énergie positive » (BEPOS) : pour les habitations qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Ce label est conforme aux normes imposées par la nouvelle réglementation thermique RE 2020 (entrée en vigueur le 1er janvier 2022).
Aux labels français, s’ajoutent aussi ceux des pays voisins. Les plus connus sont :
- le label “maison passive” : venu d’Allemagne et semblable au label BEPOS, il indique que la maison produit autant d’énergie qu’elle en consomme ;
- le label Minergie : ce label suisse est déployé en cinq modèles. Le modèle 1 correspond aux bâtiments n’ayant jamais été rénovés, les modèles 2,3 et 4 sont accordés aux logements ayant déjà subi des rénovations, et le 5 aux maisons mitoyennes.
Pour savoir à quel niveau de rénovation vous pouvez prétendre, il convient de faire un bilan énergétique de votre logement..
Pourquoi la rénovation énergétique améliore-t-elle aussi le confort d’été ?
Pendant longtemps, la rénovation énergétique était surtout associée aux économies de chauffage en hiver. Pourtant, avec la multiplication des épisodes de canicule, elle constitue également un levier important pour améliorer le confort d’été. Une isolation performante, une bonne ventilation et des protections solaires permettent de limiter les surchauffes et de conserver un logement plus frais, sans recourir systématiquement à la climatisation.
L’isolation limite les entrées de chaleur
En été, une toiture ou des murs mal isolés laissent pénétrer rapidement la chaleur extérieure. À l’inverse, une isolation performante ralentit ces transferts thermiques grâce au déphasage thermique. Plus ce décalage est important, plus la chaleur met de temps à traverser les parois, ce qui permet de maintenir une température intérieure plus agréable pendant les périodes les plus chaudes.
La ventilation devient indispensable
Une bonne isolation doit toujours s’accompagner d’une ventilation efficace. Une VMC correctement dimensionnée renouvelle l’air intérieur, limite l’humidité et participe au confort des occupants. La nuit, l’aération naturelle lorsque les températures baissent permet également d’évacuer la chaleur accumulée pendant la journée.
Les acteurs de la rénovation énergétique
En France, la rénovation énergétique est menée par une multiplicité d’acteurs. Qui sont-ils ? Quels sont leurs rôles ?
Le gouvernement
Le ministère de la Transition écologique, épaulé par l’ADEME et l’Anah (l’Agence nationale de l’habitat), donnent les directives en matière de rénovation. L’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) a également été créé en 2019 pour permettre une meilleure « connaissance de la dynamique de rénovation énergétique de l’ensemble des bâtiments résidentiels et tertiaires » (Ministère de la Transition écologique). L’ONRE produit donc des données statistiques et des analyses relatives :
- à l’état du parc de logement en fonction des classes de consommation ;
- à l’évolution des consommations énergétiques des bâtiments ;
- au suivi de la dynamique de la rénovation (type de travaux, logements et ménages qui les entreprennent, économies d’énergie réalisées) ;
- à l’étude de l’efficacité des différents dispositifs d’aide au public.
Aujourd’hui, c’est le plan de rénovation énergétique de 2018 qui prévaut, complété par le Plan France Relance en septembre 2020. Ce dernier vise à mener une relance verte pour réactiver l’économie suite à la pandémie de Covid-19. Il accorde notamment une enveloppe supplémentaire de 2 Md€ sur 2021 et 2022 pour renforcer la rénovation énergétique du parc des logements privés.
La loi climat et résilience, issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat et entrée en vigueur en 2021, impose de nouvelles contraintes et obligations en matière de rénovation énergétique. Ces dernières ont pour objectif d’inciter les propriétaires à engager des travaux sur leurs logements. Les mesures prévues sont notamment les suivantes :
- le loyer des logements considérés comme des passoires thermiques ne peut plus augmenter depuis le mois d’août 2022 ;
- la location de passoires thermiques doit être progressivement interdite (dès 2025 pour les logements classés G, 2028 pour ceux de classe F et 2034 pour les E) ;
- dans le cadre de la vente d’un bien immobilier classé F ou G, et dès le 1er avril 2023, il sera nécessaire de fournir aux acquéreurs un audit énergétique chiffrant le montant des travaux à entreprendre
Les collectivités locales et France Rénov’
De nombreuses collectivités locales proposent des accompagnements à la rénovation thermique. En général, elles mènent leur mission avec les services sociaux locaux (CAF, Point Budget Conseil, etc.) et France Rénov’. Ce nouveau service public pour la rénovation de l’habitat, disponible depuis le 1er janvier 2022, remplace le Réseau FAIRE (Faciliter, Accompagner et Informer pour la Rénovation Énergétique) et celui de l’Anah.
Créé par la loi climat et résilience et piloté par l’Anah au niveau national, France Rénov’ s’organise sur tout le territoire via plus de 450 « Espaces conseil France Rénov’ ». L’objectif de ce nouveau service est de clarifier et de fluidifier le parcours des particuliers dans leur projet de rénovation énergétique. Toutes les informations à ce sujet sont donc rassemblées sur une même plateforme. Un réseau est également organisé avec les différentes régions.
Comme c’était le cas avec le réseau FAIRE, les ménages peuvent bénéficier d’un accompagnement et d’une orientation dans leur projet. Avec « Mon Accompagnateur Rénov’ », vous pouvez donc accéder à des conseils neutres et personnalisés (administratifs, techniques, financiers). Une mission sociale est également assurée auprès des foyers aux revenus modestes.
Pour contacter un conseiller France Rénov’, deux possibilités :
- en ligne : en vous rendant directement sur la plateforme France Rénov’ ;
- par téléphone : en composant le 0 808 800 700, du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h (service gratuit + prix d’un appel).
Les fournisseurs d’énergie
Les fournisseurs d’électricité et de gaz sont en première ligne en matière de rénovation énergétique. Engagés par les pouvoirs publics à faire baisser les émissions de CO2 de leurs clients, ils doivent répondre à des objectifs gouvernementaux, dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE).
Lancés en 2006, les CEE sont des documents électroniques indiquant qu’une opération d’économies d’énergie a été menée et géré par le Pôle national des certificats d’économies d’énergie. Les fournisseurs doivent en obtenir un certain nombre (fixé par le Gouvernement) par période de quatre ans, afin d’attester de leur engagement environnemental. Pour en obtenir, ils peuvent :
- subventionner des travaux de rénovation énergétique chez les ménages. On appelle cela la Prime Énergie ;
- acheter des CEE sur un marché spécialisé auprès d’acteurs réalisant des travaux de rénovation énergétique.
L’ensemble des fournisseurs d’énergie et des vendeurs de carburants devaient réaliser une économie de 2 133 TWh Cumac sur la période 2018-2021. Pour la suivante, allant de 2022 à 2025, l’objectif est fixé à 2 500 TWh Cumac.
Le kWh Cumac (cumulé et actualisé) est l’unité de mesure choisie pour les économies d’énergie. Comme le souligne TotalEnergies, il s’agit de « l’énergie économisée cumulée tout au long de la durée de vie de l’installation », à laquelle s’ajoutent « les performances actualisées, qui seront au fil des ans moins importantes à cause des progrès technologiques ».
Les associations solidaires
De nombreuses associations et ONG sont engagées dans la lutte contre la précarité énergétique, l’habitat indigne et/ou la défense de l’environnement. Certaines d’entre elles, comme la Fondation Abbé Pierre, Habitat et Humanisme, etc. accompagnent les ménages modestes dans leurs démarches administratives. Elles proposent aussi des conseils à la rénovation pour les bailleurs et propriétaires bailleurs.
Ces associations dialoguent également avec les pouvoirs publics afin d’orienter les décisions gouvernementales. Avec un angle social fort, elles font remonter les problèmes rencontrés sur le terrain.
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Les professionnels RGE
Le label RGE (Reconnu garant de l’environnement) répond à une nomenclature établie par l’ADEME. Elle récompense les artisans de grande qualité dans un domaine de la rénovation énergétique. Pour obtenir le label RGE, l’entreprise doit obtenir l’aval d’un organisme certifié (Qualibat, Qualit’ENR, Certibat, NF HQE, etc.).
Ensuite, comme le rappelle l’ADEME : « La mention RGE est obtenue pour un délai de 4 ans. Le certificat est renouvelé tous les ans après contrôle de certains éléments (pérennité des moyens humains, techniques et financiers de l’entreprise) ».
Les artisans RGE sont les professionnels reconnus par l’État. C’est pourquoi, dans la majorité des cas, il est obligatoire de faire appel à eux pour pouvoir bénéficier des aides à la rénovation énergétique. Notez également qu’en vous tournant vers un professionnel labellisé, vous rencontrerez moins de risques d’escroquerie lors des travaux de rénovation.
Pour trouver un professionnel labellisé près de chez vous, reportez-vous à l’annuaire disponible sur la plateforme France Renov’.
Dans quel ordre réaliser une rénovation énergétique ?
- Réaliser un diagnostic ou un audit énergétique.
- Isoler le logement (toiture, murs, planchers).
- Traiter la ventilation.
- Remplacer le système de chauffage si nécessaire.
- Installer des équipements de régulation (thermostat, robinets thermostatiques…).
| Étape | Pourquoi ? |
|---|---|
| Audit énergétique | Identifier les priorités |
| Isolation | Réduire les déperditions |
| Ventilation | Préserver la qualité de l’air |
| Chauffage | Adapter la puissance aux nouveaux besoins |
| Régulation | Optimiser les consommations |
Les aides à la rénovation énergétique
En France, plusieurs dispositifs permettent d’alléger le coût d’une rénovation énergétique. Les conditions d’éligibilité et les montants évoluant régulièrement, il est conseillé de vérifier les règles applicables avant d’engager les travaux.
Parmi les principales aides figurent MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie (CEE), l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), la TVA à taux réduit ainsi que certaines aides proposées par les collectivités territoriales. Ces dispositifs peuvent, dans certains cas, être cumulés afin de réduire le reste à charge du ménage.
Prime Énergie, MaPrimeRénov’ et autres subventions
Les principales aides à la rénovation énergétique sont les suivantes :
- MaPrimeRénov’ : principale aide de l’État, elle permet de financer certains travaux de rénovation énergétique. En 2026, elle s’organise autour de plusieurs parcours, dont le parcours par geste et le parcours rénovation d’ampleur. Les conditions d’éligibilité et les montants varient selon la nature du projet et évoluent régulièrement.
- La Prime énergie (CEE) : financée par les fournisseurs d’énergie dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE), elle peut contribuer au financement de nombreux travaux (isolation, chauffage, ventilation, etc.). Elle est souvent cumulable avec d’autres dispositifs, sous réserve des règles en vigueur.
- Les aides des collectivités territoriales : certaines régions, départements ou communes proposent des aides complémentaires pour soutenir les projets de rénovation énergétique. Leur montant et leurs conditions d’attribution varient selon les territoires.
Ces aides peuvent être complétées par des solutions de financement, comme l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ).
L’Éco-PTZ, l’Éco-PLS et les crédits à la rénovation
Pour financer le reste à charge de leurs travaux, les particuliers peuvent également bénéficier de solutions de financement dédiées à la rénovation énergétique.
- L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans intérêts. Son montant dépend de la nature du projet et il peut, sous certaines conditions, être cumulé avec d’autres aides.
- Le prêt travaux d’Action Logement peut être proposé à certains salariés du secteur privé afin de financer une partie de leurs travaux de rénovation énergétique. Les conditions d’accès, le montant et le taux de ce prêt sont définis par Action Logement et peuvent évoluer.
D’autres solutions de financement peuvent également être proposées par les collectivités ou les établissements bancaires selon les projets.
Le taux de TVA réduit à 5,5 %
Enfin, la TVA sur les travaux de rénovation présente un taux réduit de 5,5 % contre 20 % pour un taux normal. Il s’applique directement sur la facture, et plus précisément sur la main-d’œuvre et le matériel. Cette aide est la seule pour laquelle vous n’avez pas besoin de passer par un professionnel RGE.
Rénovation énergétique : quelques petits gestes à petits prix
Outre des travaux en profondeur, de petites astuces faciles à mettre en place peuvent vous aider à limiter les déperditions thermiques et les factures d’énergie élevées. Voyons comment faire.
Calorifuger les tuyaux
Selon la définition d’Engie, le calorifugeage « est l’action qui consiste à isoler et protéger sa tuyauterie. Pour ce faire, un matériau isolant est installé autour du tuyau ou de la canalisation de manière à limiter les échanges de chaleur avec le milieu ambiant ».
Pour les ménages chauffés via un circuit d’eau chaude, cela permet d’éviter les pertes de chaleur au niveau des tuyaux. En effet, lorsque ces derniers sont mal isolés, la chaudière fait des efforts supplémentaires pour maintenir l’eau à la bonne température et cela entraîne une surconsommation.
Pour calorifuger vos tuyaux, il suffit d’installer des manchons d’isolation en mousse sur vos tuyaux. On en trouve dans les magasins de bricolage. Il faudra compter entre 50 et 90 centimes d’euros par mètre de tuyau à isoler.
Mettre des boudins de porte ou des brosses de bas de porte
Les bas des portes favorisent les échanges thermiques. Pour isoler à petit prix, pensez à installer des boudins de portes ou des brosses de bas de porte. Veillez aussi à bien les fermer lorsque vous entrez ou sortez dans une pièce. Ainsi, vous conserverez plus facilement la chaleur.
Pour acheter un boudin ou une brosse de bas de porte, vous devrez débourser 3 € pour les premiers prix. Si vous avez l’âme bricoleuse, vous pouvez aussi les fabriquer vous-même avec du tissu et de la ouate de coton. Ils seront ainsi adaptés à votre décoration intérieure.
Installer des films réfléchissants derrière les radiateurs
Les radiateurs sont collés aux murs et chauffent inutilement la paroi qui se trouve derrière eux. Pour limiter cette perte de chaleur, vous pouvez installer un film réfléchissant en aluminium derrière le radiateur. Il renverra ainsi la chaleur vers le centre de la pièce.
Ces films coûtent en général une vingtaine d’euros. Ils sont faciles à poser et durent plusieurs années.
Attention, ce procédé est inutile avec des radiateurs électriques.
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