Successeur au Land Cruiser ?

L’historique Toyota Land Cruiser n’est plus le bienvenu sous nos latitudes. Avec ses émissions de CO2 (250 g/km), l’icône des SUV japonais est soumise à un malus de 30 000 €. C’est pour cette raison que le nouveau Land Cruiser continue sa carrière sur le marché professionnel, seul moyen pour lui de pouvoir échapper à cette taxe.

Or, Toyota n’est pas pour autant prêt à abandonner le segment des grands SUV 7 places qui a toujours représenté une catégorie de choix pour le japonais. Alors pour continuer à poser ses roues sur le sol français, le constructeur a hybridé l’un de ses modèles phares parmi les familiales sur le marché américain : le Highlander.

En tant qu’hybride non rechargeable, le Toyota Highlander ne bénéficie d’aucun bonus.

Derrière ce nom plein de promesses, et aussi un peu désuet, se cache la solution pour continuer à rouler haut perché, en profitant d’un espace important à bord, de 7 places assises, tout en restant soumis à un malus écologique relativement « raisonnable » de 1 276 €.

En effet, grâce à son bloc thermique de 2.5 l de 190 ch, couplé à un moteur électrique placé sur l’essieu arrière et qui développe 54 ch, le Highlander Hybrid Dynamic Force propose ainsi 248 ch de puissance. Une motorisation qui permet de contenir la consommation de carburant aux alentours des 7 l/100 km, et des émissions de CO2 à hauteur de 158 g/km.

Le Japonais propose ainsi des performances plus qu’acceptables au regard de sa taille (4,96 m de long pour 1,93 m de large) et de son poids (2 130 kg) avec une vitesse de pointe à 180 km/h et un 0 à 100 km/h effacé en 8,3 s.

Une tentative d’universalité

De prime abord, le visage de ce Toyota reste surprenant. Il y a bien l’aspect massif du véhicule, comme on l’attend du constructeur sur cette catégorie, avec notamment les ailes arrière remontant fortement sur les portières comme un excès de musculature, à l’identique de ce qui se fait sur le cousin Land Cruiser.

Cependant, ces lignes imposantes se mêlent à une face avant très stylisée qui n’est sans rappeler les codes des Prius et autres Corolla qui n’ont pas toujours trouvé leur public en France. Dans la gamme, le Rav4, à qui le Highlander emprunte la plateforme, présente un museau avec moins de complexité et plus de caractère.

La poupe suit un peu cette veine, notamment avec sa lunette inclinée qui fait définitivement pencher le Highlander du côté des routières plutôt que des baroudeurs à hayon plat.

Un habitacle valorisant

Si le physique extérieur peut soulever des débats esthétiques, l’habitacle du Highlander risque fort de faire quant à lui l’unanimité. Du moins, pour qui aime les planches de bord à l’américaine qui ne font pas dans la dentelle. Celle-ci, sur trois niveaux, offre une excellente qualité de fabrication et d’assemblage. Le Toyota surpasse clairement l’un de ses concurrents directs en la matière : le Ford Explorer.

L’écran 12,3’’ trône fièrement sur le haut de la console. Il est bien placé mais malheureusement assez peu intuitif et propose une interface plutôt vieillotte. Heureusement, le japonais se dote de l’Android Auto et de l’Apple Carplay pour vous permettre d’utiliser directement votre Smartphone, ce que feront certainement la plupart des utilisateurs. En revanche, petite déception là encore car il faudra brancher le dit Smartphone, contrairement à un Tiguan Allspace où la connectivité sans fil se met en place instantanément.

On regrettera aussi, dans cet ordre de prix, que l’instrumentation ne soit pas entièrement numérique et paramétrable, comme on peut le voir sur un Peugeot 5008. Même un Renault Kadjar, bien en dessous au niveau tarif et positionnement, propose ce type de prestation.

L’agencement général est très bien pensé.

Côté rangements, tout le monde est servi. Chaque place profite de son porte-gobelet. Les deux passagers avant, extrêmement à l’aise en largeur, disposent d’un large accoudoir central, d’une vaste boîte à gants, de généreux bacs de portes et de rangements sous les aérateurs.

La banquette arrière n’est pas en reste avec trois vraies places, et surtout l’absence de tunnel de transmission, le 4×4 permanent étant assuré par la transmission à variation continue. En revanche, comme toujours, la dernière rangée de sièges ne conviendra que difficilement à des adultes.

Là encore, la modularité n’est pas électrique, dommage pour un véhicule de cette gamme. Une fois les 7 places ouvertes, le coffre laisse 268 l de chargement disponible. En configuration deux places, ce n’est pas moins de 1 909 l à disposition. Un vrai cargo.

Pilotage d’un pachyderme

Conduire un engin de 2,2 t, ça demande un petit temps de prise en main. Mais dans le cas du Highlander, l’apprentissage se passe en douceur, à la fois grâce à la transmission CVT, mais également de par la maniabilité assez inattendue de ce mastodonte de presque 5 m de long. Il s’avère même pratique à manœuvrer avec son rayon de braquage de seulement 6,2 m.

En n’appuyant pas trop sur la pédale d’accélérateur, il est possible de rouler jusqu’à 3 km en tout électrique, mais à basse vitesse bien sûr. Le bloc thermique prend vite le relais et nous gratifie de sa sonorité assez désagréable. Là encore dommage.

Malheureusement, le Highlander est assez bruyant, ce qui nuit largement au confort.

Une fois lancé, le Highlander est plaisant à conduire. Attention, ce n’est pas du pilotage mais bien de la conduite en version familiale. Mais il faut bien admettre que ce Highlander ne rechigne pas à la tâche et, comme vu précédemment, sait contenir sa consommation aux alentours des 7 l/100 km.

Une finition unique mais généreuse

Le Toyota Highlander se décline en deux versions dont l’une est réservée aux professionnels : Design Business (à partir de 57 800 €). Pour les familles, seule la finition Lounge est disponible. Affichée à partir de 59 800 €, sa dotation de série est particulièrement bien fournie :

  • accès et démarrage sans clé ;
  • capteurs de pluie et de luminosité ;
  • rétroviseurs électriques ;
  • ouverture du coffre au pied ;
  • ouverture du coffre depuis l’habitacle ;
  • extinction automatique des phares ;
  • barres de toit chromées ;
  • jantes alliage 20’’ Dakota ;
  • sellerie cuir ;
  • radars de stationnement avant/arrière ;
  • caméra de recul avec lignes de guidage dynamiques ;
  • système de vision 360° ;
  • système de navigation et audio Toyota Touch & Go ;
  • bluetooth et USB ;
  • reconnaissance vocale ;
  • Android Auto et Apple Carplay ;
  • écran multimédia 12,3’’ ;
  • affichage tête haute ;
  • instrumentation numérique partielle ;
  • gestion automatique des feux de route ;
  • volant chauffant ;
  • climatisation automatique tri-zone ;
  • allumage automatique des feux de détresse ;
  • système de sécurité précollision ;
  • alerte de franchissement de ligne ;
  • amplification du freinage d’urgence ;
  • aide au démarrage en côte ;
  • système de contrôle de stabilité ;
  • lecture des panneaux de signalisation ;
  • avertisseur d’angles morts ;
  • appel automatique d’urgence ;
  • contrôle de trajectoire ;
  • régulateur de vitesse adaptatif.

La version Design Business embarque le toit ouvrant de série.

Vous pouvez aussi agrémenter votre Toyota Highlander avec quelques options, assez peu nombreuses au catalogue, mais qui alourdissent vite la facture :

  • toit panoramique ouvrant électriquement : 1 500 € ;
  • peinture métallisée ou peinture nacrée : 1 000 ou 1 300 € ;
  • petite glacière d’accoudoir : 138 € ;
  • support tablette ajustable : 74 €.

L’avis de Choisir.com

Le Toyota Highlander offre de grands volumes, un comportement routier plus qu’acceptable, un habitacle valorisant et une belle panoplie d’équipements embarqués. Cependant, certains d’entre eux font cruellement défaut (notamment la connectivité sans fil). Le niveau sonore du bloc thermique est aussi un défaut qui peut vite agacer à la longue. En somme, ce Highlander est une bonne voiture familiale, qui manque parfois du petit plus qui justifierait son positionnement tarifaire plutôt élevé.