Une technologie confidentielle

À sa sortie en 2014, la première génération de la Toyota Mirai a créé l’évènement. La japonaise s’est alors présentée dans une robe ultramoderne, à faire pâlir d’envie les prototypes les plus futuristes. Mais de surcroît, elle embarquait une technologie totalement innovante pour la mouvoir : alors que les voitures électriques « ordinaires » n’avaient pas encore touché le cœur du grand public, Toyota voyait déjà plus loin en proposant la voiture à hydrogène.

Alimentée par une pile à combustible qui génère de l’électricité pour fournir de l’énergie au moteur, la Mirai proposait alors 500 km d’autonomie grâce à ses deux réservoirs à hydrogène d’une capacité de 4,6 kg chacun. Une prouesse face aux voitures électriques de l’époque qui ne proposaient guère plus de 130 km pour les modèles les plus performants.

Toutefois, les pompes à hydrogène nécessaires pour recharger les réservoirs ne courent pas les rues. Si le réseau tend à s’étendre aujourd’hui (de façon moins bien importante que les bornes électriques), elles étaient particulièrement rares en 2014.

Le rechargement en hydrogène ne prend que quelques minutes, tout comme un plein de carburant.

De plus, l’économie attendue n’est pas au rendez-vous. Alors qu’une voiture électrique peut être rechargée chez soi pour un coût identique à la consommation d’un lave-linge, le plein des réservoirs de la Mirai affiche un tarif très proche d’un plein de carburant (environ 60 €).

Bref, à casser les codes esthétiques et technologiques sans aucune retenue, la Toyota Mirai est devenue un véritable OVNI dans le paysage automobile. Écoulée à seulement 796 exemplaires en Europe, dont 136 en France, vous ne risquez pas de la croiser à tous les coins de rue.

Le constructeur, tenace sur ses positions, a l’habitude de faire face aux revers du marché. Il nous l’a déjà prouvé avec son Rav4, initiateur d’un segment on ne peut plus porteur aujourd’hui. Il renouvelle donc sa Mirai en 2021, convaincue de finir par trouver les bonnes grâces du grand public un jour ou l’autre.

Une autonomie en hausse

Cette nouvelle Mirai fait évoluer son autonomie pour atteindre les 650 km disponibles grâce à un réservoir d’hydrogène supplémentaire qui ne met aucunement en péril l’espace à l’intérieur de l’habitacle (qui augmente sur cette génération). Les réservoirs subissent une croissance à 5,6 kg. Un record du monde de distance effectuée en totale autonomie a d’ailleurs été validé pour cette Mirai avec pas moins de 1 003 km parcourus.

Quatre conducteurs se sont relayés pour obtenir ce résultat. Évidemment, la conduite a été on ne peut plus souple et l’utilisation des équipements embarqués réduite à son minimum. Mais il y a tout de même de quoi faire rougir certains modèles électriques haut de gamme comme les Tesla, réputés pour leur autonomie, qui sont beaucoup plus onéreux à l’achat.

À noter que la Mirai est aussi capable, via une batterie, de récupérer de l’énergie en phases de décélérations et de freinages afin de restituer plus de couple lors des accélérations. Un gros plus qui lui permet d’abattre le 0 à 100 km/h en 9,6 s, également aidé de son bloc 134 kW, soit 174 ch, contre 113 kW (154 ch) sur la génération précédente.

La Mirai change aussi la place de son moteur. De traction elle passe à propulsion et offre au passage davantage d’espace aux passagers avant.

Une toute nouvelle Mirai

La Toyota Mirai de première génération ne se dotait pas d’un physique facile pour l’époque. Cette nouvelle mouture, bien que proposant toujours un design moderne, est davantage dans l’air du temps.

La poupe est parfaitement réussie dans le genre avec une chute de pavillon linéaire qui ne gêne pas les passagers. Sa silhouette allongée se poursuit vers un capot en museau de requin encore très original, sous lequel une calandre imposante fait son apparition.

Plus longue de 8,5 cm, pour atteindre 4,97 m, cette berline coupée 4 portes propose désormais 5 places contre 4 auparavant. Un très bon point pour séduire les familles. Le coffre demeure quant à lui très léger avec seulement 321 l de chargement disponible.

L’intérieur est d’excellente facture pour une Toyota.

À l’intérieur, l’habitabilité fait donc un bond en avant, ce qui est un moindre mal vu le manque de pragmatisme du premier modèle. Si les passagers, arrière comme avant, sont bien installés, il faut tout de même avouer que le poste de pilotage est un peu juste pour les grands gabarits. L’effet enveloppant un peu trop prononcé peut vite devenir étouffant.

L’écran multimédia de 12.3’’ trône sur le tableau de bord en plastique moussé, donnant un effet posé assez original. De nombreuses commandes restent disponibles directement via des boutons physiques. Si les aérateurs centraux sont placés sur une ligne fuyante vers le haut, très réussie, celui à gauche du conducteur est beaucoup trop imposant.

L’instrumentation numérique demeure quant à elle de taille assez réduite au regard de la concurrence, mais délivre tout de même toutes les informations utiles.

La sellerie est confortable et l’on apprécie les nombreux rangements disséminés dans l’habitacle, ainsi que la bonne taille de l’accoudoir central.

Conduite

La Toyota Mirai propose trois modes de conduite : Normal, Eco et Power. Vous l’aurez compris, le mode Normal est le plus indiqué pour concilier plaisir de conduite et économies d’hydrogène.

Car du plaisir il y en a au volant de la japonaise. Malgré ses 1,9 t, la berline se conduit tout en douceur et propose une tenue de route des plus satisfaisantes. Le silence y est moins parfait que dans une voiture électrique, sonorité de la pile à combustible oblige, mais l’insonorisation a été revue pour contrebalancer ce défaut.

Les accélérations sont franches mais un léger roulis est à prendre en compte à l’approche d’un virage en épingle ou d’un rond-point. Bien évidemment, le ressenti des pédales sous les pieds a ce petit quelque chose d’artificiel dévolu aux voitures électriques, mais il semble bien que nous devions tous en passer par là à terme.

Deux finitions au menu

La Toyota Mirai est proposée en deux finitions, Lounge Berline et Executive. Ces deux versions, assez similaires à quelques équipements près, ne proposent pas d’options catalogue.

La Mirai Lounge Berline est affichée à partir de 67 900 € et embarque :

  • jantes alliage 19’’ ;
  • vitres arrière surteintées ;
  • coffre à ouverture électrique ;
  • accès et démarrage sans clé ;
  • chargeur de Smartphone à induction ;
  • écran multimédia 12.3’’ ;
  • volant cuir ;
  • frein de parking électrique ;
  • capteurs de pluie et de luminosité ;
  • extinction différée des phares (follow-me home) ;
  • climatisation automatique bi-zone ;
  • bluetooth et USB avant/arrière ;
  • système wifi ;
  • caméra de recul avec lignes de guidage dynamiques ;
  • reconnaissance vocale ;
  • lecture des panneaux de signalisation ;
  • instrumentation numérique ;
  • régulateur de vitesse adaptatif ;
  • aide au stationnement avant/arrière ;
  • sécurité précollision ;
  • amplificateur du freinage d’urgence ;
  • alerte franchissement de ligne ;
  • feux adaptatifs ;
  • aide au démarrage en côte ;
  • avertisseur d’angles morts ;
  • aide à la descente.

La Mirai Executive, à 74 900 €, propose en supplément :

  • jantes alliage 20’’ ;
  • toit panoramique avec pare-soleil ;
  • climatisation automatique tri-zone ;
  • fonction mémoire pour les réglages du siège conducteur ;
  • sièges arrière chauffants ;
  • sièges avant ventilés.

L’avis de Choisir.com

Cette nouvelle génération de Mirai change du tout au tout. Beaucoup plus habitable que la première version, elle est réellement capable de faire office de berline familiale tout confort. Plus puissante aussi, elle ravira le conducteur qui appréciera sa prise en main et sa stabilité.

Alors que l’ancienne Mirai avait interpellé avec son extraordinaire autonomie pour l’époque, cette nouvelle mouture fait à peine mieux que ce que proposent ses rivales électriques à batteries. Sans compter la difficulté de trouver une pompe distribuant de l’hydrogène. Enfin, le coût du remplissage du réservoir, sensiblement identique à celui du carburant fossile, risque aussi de refroidir une bonne partie de la clientèle.

Dommage, car sur des trajets quotidiens relativement longs, la Mirai est plus respectueuse de l’environnement que les autres voitures électriques. Pour une fois qu’il est possible de dire que l’on fait un geste altruiste en faveur de notre planète, sans autre intérêt personnel camouflé par de bonnes et pures intentions.