L’autonomie

Le nerf de la guerre dans le domaine de la voiture électrique c’est bien l’autonomie. Après des débuts un peu en demi-teinte où les trajets réalisables avec une seule charge n’excédaient pas les 160 km, il est désormais possible de parcourir de 350 à 450 km sur des modèles généralistes comme la Renault Zoé, la Nissan Leaf e+ ou le Hyundai Kona Electric. Et même jusqu’à plus de 800 km pour des modèles d’exception comme la Tesla Model Plaid.

Mais attention, le positionnement tarifaire n’est pas toujours synonyme de grande capacité : de nombreux modèles de voitures électriques premiums ne proposent pas une autonomie supérieure aux modèles de milieu de gamme. Par exemple, l’Audi e-Tron affiche une capacité de 436 km pour un tarif de base de 71 000 € (et 101 000 € en version GT), tandis que le Kia e-Niro, disponible dès 36 000 €, en affiche 455 km. Dans ce cas particulier, c’est le look et la puissance qui jouent en faveur de l’Audi, et non pas son autonomie.

Pour des questions d’autonomie principalement, la voiture électrique est souvent le deuxième véhicule du foyer.

Malgré cela, il est tout de même convenu que pour bénéficier d’une bonne autonomie, il est nécessaire de prévoir un budget minimum. Les entrées de gamme peuvent encore proposer des capacités trop faibles pour être suffisamment polyvalentes. L’achat d’une voiture électrique se fait donc si, et seulement si, vous pouvez obtenir un niveau d’autonomie suffisant pour vos besoins propres dans le budget dont vous disposez.

La bonne nouvelle, c’est que le nouveau cycle WLTP d’homologation de l’autonomie électrique est bien plus fiable que l’ancien protocole NEDC. Vous pouvez donc vous reposer sur les chiffres annoncés par les constructeurs, en tenant compte de quelques points importants :

  • une batterie se décharge plus vite par temps froid. Il faut donc revoir l’autonomie à la baisse en hiver, et notamment si vous habitez en montagne ;
  • l’utilisation des équipements embarqués comme la climatisation ou l’autoradio réduit aussi l’autonomie ;
  • il est indispensable d’avoir une conduite souple, les accélérations fortes consommant beaucoup d’énergie ;
  • lorsque la voiture est chargée, notamment de passagers, l’autonomie là encore fond plus vite que prévu.

À l’heure actuelle, la voiture électrique n’est donc pas forcément la meilleure solution à choisir pour quelqu’un qui vit en campagne ou à la montagne, là où les phases d’accélération sont nombreuses sur les petites routes, où le froid d’hiver entame grandement les batteries et où les bornes publiques ne sont pas légion.

Le type de recharge à choisir

Si le choix du type de prise de recharge pouvait, à un moment donné, être problématique, aujourd’hui s’en est fini. La prise Combo CSS est devenue le standard européen, supplantant la prise CHAdeMO issue des technologies japonaises.

Cependant, un décret européen impose la mise à disposition des trois types : Combo CSS, Type 2 et CHAdeMO sur toutes les bornes installées en Europe jusqu’à fin 2024. Donc pas de panique pour votre Mitsubishi ou votre Nissan, vous pourrez la recharger, mais après 2024 le réseau cessera sûrement de s’étendre.

Optez pour une prise Combo CCS qui devient le standard dans les pays européens.

En plus du type de prise, il vous faut choisir la puissance de recharge. Toutes les voitures ne supportent pas les modes de recharge rapide proposées par les bornes ou les modèles supérieurs de Wallbox.

Avoir une voiture électrique implique donc de dénicher un endroit de recharge pour faire « le plein » des batteries, qui soit en adéquation avec la technologie embarquée de votre voiture.

Trois options s’offrent à vous :

  • à la maison ;
  • au travail ;
  • sur une borne publique.

Si vous disposez d’une borne de recharge sur le parking de votre lieu de travail, vous pouvez laisser la batterie se recharger durant la journée. Attention, n’oubliez pas que cette solution ne sera pas accessible les week-ends, même si elle représente une sacrée économie puisque pour l’heure elle ne vous coûte rien.

Le coût de la recharge à la maison

Vous disposez d’une place de parking privative ou habitez un logement individuel, et vous y faites installer une Wallbox ou une prise Green’up pour mettre votre voiture électrique à charger chaque nuit (à condition que l’autonomie proposée par la voiture vous suffise pour une journée).

Dans ce cas, vous payez uniquement l’électricité consommée qui est approximativement de 0,146 €/kWh en heures pleines, et de 0,125 €/kWh en heures creuses.

Une voiture électrique consomme entre 12 et 20 kWh aux 100 km en fonction de la puissance du moteur, de vos habitudes de conduite, du type de routes empruntées et des équipements utilisés (radio, clim…).

On peut donc en déduire un coût d’environ 1,75 € pour 100 km (heures pleines) ou 1,5 €/100 km (heures creuses) pour une consommation de 12 kWh/100 km.

De la même façon, la recharge d’une voiture qui consomme 20 kWh/100 km vous en coûtera 2,90 € ou 2,50 €/100 km selon les heures de jour ou de nuit.

Plus de 90 % des recharges se font à domicile.

Le temps de charge est une option peu significative si vous avez l’habitude de laisser votre véhicule branché toute la nuit. Une prise Green’Up peut par exemple proposer une recharge complète sur une durée de 8 à 12 h.

En revanche, si vous souhaitez accéder à des niveaux de recharges plus rapides, il faut que votre voiture le supporte et que votre modèle de Wallbox soit choisi en conséquence. Pour exemple, une batterie de 22 kWh nécessite :

  • 6 heures à une puissance de 3,7 kW ;
  • 4 heures pour du 7,4 kW ;
  • 2 h 30 min pour du 11 kW ;
  • 1 h à la puissance de 22 kW.

Il est inutile de choisir une Wallbox capable de délivrer 22 kW si votre voiture ne supporte pas une recharge à plus de 11 kW.

Le programmateur intégré à la Wallbox permet d’opter pour un déclenchement en heures creuses.

Enfin, le CITE (crédit d’impôt à la transition énergétique) vous propose de bénéficier d’un crédit d’impôt à hauteur de 30 % du prix de votre solution de recharge à domicile.

Le coût de la recharge sur borne publique

La borne publique est la solution pour tous ceux qui n’ont pas de place privative, ou encore qui souhaitent pouvoir effectuer des trajets au long cours tout en trouvant des points de recharge en route.

Sur l’autoroute il sera souvent possible de trouver des bornes rapides qui permettent de récupérer 80 % de l’autonomie de la batterie en 30 min. Ces bornes affichent des puissances de charge supérieures à 43 kW, et allant jusqu’à 250 kW sur les Superchargers Tesla par exemple.

Plus rares sur les routes secondaires et en ville, elles y sont généralement remplacées par des recharges accélérées comprises entre 11 et 22 kW.

La moitié du temps de recharge permet d’obtenir 80 % des batteries. Les 20 % restant prennent autant de temps.

Il existe différents abonnements aux réseaux de recharge, évitant ainsi une facturation assez peu avantageuse « d’utilisateur occasionnel ».

L’on retrouve notamment le Chargemap Pass, Mobility ou encore Izivia (EDF) qui permettent d’accéder à toutes les bornes de recharge non propriétaires (qui ne sont pas dédiées à une seule marque).

Ce type d’abonnement propose des forfaits assez intéressants. Des réseaux ciblés sur les régions vous assurent aussi de trouver de quoi recharger sur vos trajets préférés.

Attention au type de facturation qui peut se faire à la puissance fournie, ou au temps passé. Si vous stationnez votre voiture toute la journée, vous risquez de continuer de payer même lorsque votre batterie a atteint les 100 %.

Choisir la meilleure solution se fera en fonction de vos habitudes de vie.

La conduite

Comme nous l’avons dit, la conduite d’une voiture électrique doit être la plus douce possible pour permettre de tirer le meilleur parti de l’autonomie. En effet, la batterie n’aime pas les accélérations fulgurantes, ou les freinages/reprises successifs, qui ont pour finalité de réduire drastiquement les kilomètres disponibles.

De plus, les voitures électriques sont généralement très raisonnables en termes de puissance, un peu trop parfois. Du moins, c’est le ressenti en vitesse de croisière. Car a contrario d’un véhicule thermique, la voiture électrique offre immédiatement sa pleine puissance. Avoir le pied trop lourd peut vous surprendre au tout début : le démarrage sera bien plus nerveux avec une électrique.

D’ailleurs, certains assureurs ont mené des études qui rapportent que les voitures électriques sont davantage sujettes aux accidents en ville que leurs homologues thermiques.

Avec la voiture électrique vous oubliez la boîte de vitesse mécanique.

Mais malgré cette puissance disponible immédiatement, la grande majorité des voitures électriques du marché peuvent vite s’avérer ennuyeuses à conduire sur des trajets un peu longs. Et notamment lorsque l’on quitte les artères plates et parfaitement goudronnées des aires urbaines, pour s’attaquer à des routes sinueuses en côte de type col de montagne.

Les entrées et milieux de gammes, en dehors de toute considération d’autonomie, ne sont pas encore taillées pour soutenir les sensations de conduite que tout conducteur recherche, même sans vitesse excessive.

Pour les fans de pilotage sportif qui ne veulent pas sacrifier à leur agrément de conduite, il reste les modèles haut de gamme comme les Tesla ou autres e-Tron GT qui demandent clairement à casser la tirelire avec leurs tarifs supérieurs à 100 000 €.

Tesla enfonce toutefois le clou avec son réseau étendu de Supercharger quand Audi compte sur le développement des bornes Ionity qui sont en bonne voie pour couvrir le territoire.

L’entretien

Voici un point qui va mettre tout le monde d’accord : l’entretien est nettement réduit sur les voitures électriques. Finies les vidanges, changement de pompe à eau ou de courroie de distribution, et autres fantaisies du joint de culasse. Question entretien, la voiture électrique est clairement économique et ne requiert que le changement des éléments d’usure comme les pneus ou les plaquettes de frein (qui s’usent toutefois moins vite que sur les modèles thermiques grâce à la récupération de l’énergie au freinage qui fait office de frein moteur).

Une révision par un professionnel est conseillée tous les 30 000 km.

En revanche, d’autres points sont à vérifier comme l’état de la batterie et le bon fonctionnement de la transmission. Ces points sont à confier à des professionnels des véhicules électriques. Tous les garages ne sont pas habilités à ce type d’intervention. Généralement, le constructeur propose un suivi du véhicule, notamment en ce qui concerne les cycles de la batterie, avec la garantie initiale.

Les batteries sont d’ailleurs annoncées pour tenir leur niveau d’autonomie pendant au moins une dizaine d’années. Ce qui ne signifie qu’elles ne fonctionnent plus au-delà, mais elles offriront moins de performances.

Côté entretien, on peut donc dire que l’achat d’une voiture électrique est un excellent investissement, au moins sur la première décennie de vie du véhicule.

Mais vu le prix des batteries, on peut tabler sur un marché de l’occasion avec une forte décote pour les véhicules de plus de dix ans.

Le budget d’achat

En matière de budget d’achat, c’est un peu la douche froide (même s’il faut réaliser un savant calcul avec les économies en entretien et en carburant pour se faire une idée du coût réel). Les voitures électriques sont toujours plus chères que des modèles équivalents thermiques.

On en revient toujours à la même problématique : s’il s’agit comme le plus souvent de la seconde voiture du foyer, il est envisageable de choisir un modèle sommairement équipé. En revanche, si c’est la voiture principale, difficile de faire l’impasse sur certains équipements de confort qui demandent à monter en gamme.

Heureusement, un bonus à l’achat est proposé par le gouvernement :

  • 6 000 € pour une voiture électrique dont le prix est inférieur à 45 000 € (ou 27 % maximum du prix d’achat). L’aide passe à 4 000 € pour une entreprise ;
  • 2 000 € pour une voiture électrique dont le prix est compris entre 45 000 et 60 000 € ;
  • 2 000 € pour un prix d’achat supérieur à 60 000 €, uniquement s’il s’agit d’un utilitaire léger ou d’une voiture à hydrogène.

Vous pouvez cumuler la prime à la conversion avec le bonus.

Par exemple, une Renault Zoé Life, entrée de gamme de la petite française, est proposée à 32 500 € (achat des batteries compris) auxquels il faut retirer 7 000 € pour finalement ne coûter que 25 500 €. Assez accessible pour une voiture électrique qui propose 395 km d’autonomie, mais une puissance de seulement 109 ch. L’équipement est quant à lui raisonnable, avec notamment la climatisation manuelle, l’écran multimédia tactile 7’’ et l’aide au freinage d’urgence, mais moins bien fourni que pour une voiture thermique du même prix.

L’opel Mokka-e Edition de 136 ch est quant à lui proposé à 29 400 € bonus déduit, avec la climatisation automatique, la lecture des panneaux de signalisation ou encore l’aide au démarrage. Il affiche une autonomie de 336 km. Le Mokka-e Ultimate est proposé à 35 200 €, avec la même puissance et la même autonomie, mais avec davantage d’équipements.

La voiture électrique, un vrai pas pour l’environnement ?

Le grand débat du moment est de déterminer si la voiture électrique est vraiment une solution profitable à l’environnement. À première vue, le fait de ne plus émettre de dioxyde de carbone en fonctionnement est déjà un bon point.

Seulement la pollution ne s’arrête pas au pot d’échappement. La voiture électrique génère elle aussi une empreinte carbone lors de sa production, puis en fin de vie lorsqu’il est question de recycler tous les éléments.

Avant d’avoir parcouru 30 000 km, une voiture électrique est plus polluante qu’une voiture thermique.

Nous le savons aujourd’hui, les batteries lithium des voitures électriques sont compliquées à produire. Elles imposent l’utilisation de métaux alcalins qui ne sont pas extraits de la manière la plus respectueuse pour l’environnement. Ni pour les travailleurs, le plus souvent en terres africaines, qui sont largement exploités par les firmes occidentales.

Quant à l’énergie utilisée, si l’électricité issue du nucléaire, majoritaire en Europe, est plutôt propre dans son fonctionnement, les déchets générés sont eux difficiles à traiter.

La palme de l’incohérence reviendra sans doute à ces quelques bornes de recharge électriques, perdues en rase campagne loin de tout réseau électrique, qui fonctionnent grâce à un groupe électrogène thermique. Un non-sens total.

L’avis de Choisir.com

Alors, faut-il acheter une voiture électrique ? Vous l’aurez compris, l’achat d’une voiture électrique dépend de la capacité d’un modèle à répondre à la fois à vos besoins tout en se cantonnant dans votre budget. Avec tout ça, il ne faudrait pas non plus oublier le simple coup de cœur que l’on peut ressentir pour une voiture.

Mais si vous souhaitez acheter une voiture électrique par conviction écologique, sachez que tout n’est pas aussi simple et que malheureusement les constructeurs utilisent l’environnement comme un élément marketing, sans forcément se donner la peine d’une politique sérieuse sur le long terme (incités par les pouvoirs publics qui ne visent que les émissions de CO2, alors que l’on peut très bien raser la forêt amazonienne avec un bulldozer électrique).

Enfin, il faut bien l’avouer, c’est assez pratique de ne plus avoir besoin de passer à la station-service pour rouler. La voiture de tous les jours qu’il suffit de brancher chez soi durant la nuit, c’est vrai que c’est confortable. Mais cette facilité est-elle suffisante à justifier tout le reste ? Chacun se fera sa propre opinion.