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Conséquences de la baisse de la production de pétrole : votre pouvoir d’achat (encore) menacé ?

Le 5 octobre 2022, les membres de l’Opep+ ont décidé la réduction drastique de la production de pétrole. Un choix aux multiples conséquences, en premier lieu pour votre pouvoir d’achat.

Baisse production pétrole

Une baisse de la production de pétrole… Pourquoi ?

L’Opep+ est constituée des 13 membres de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole, menée par l’Arabie saoudite) et de ses 10 partenaires (conduits par la Russie). Tous ces pays se sont retrouvés à Vienne, le 5 octobre dernier.

Une décision majeure y a été prise : la plus importante baisse de production de pétrole depuis le début de la pandémie de Covid-19. Dès novembre 2022, les quotas de production seront ainsi réduits de 2 millions de barils par jour.

Le but : soutenir les prix et enrayer leur potentielle chute. De nombreux pays craignent effectivement « une éventuelle récession », analyse Bjarne Schieldrop de SEB. L’objectif est donc d’éviter une potentielle accumulation de stock qui entraînerait un prix du pétrole en baisse. Décision qui n’a pas été prise en pensant à tous les automobilistes faisant la queue devant les stations-service.

Une mesure qui va certainement « doper les prix » du pétrole

Car au contraire, ce sont les prix à la pompe qui risquent donc d’augmenter avec ce choix. À environ 84 $ fin septembre, les cours du baril avaient déjà atteint 94 $ début octobre. Cette décision devrait ainsi pousser le pétrole brut au-delà de 100 $ d’après les observateurs. Cela va à l’encontre des efforts occidentaux pour enrayer la flambée des prix de l’énergie, alors que les prix à la pompe avaient (enfin) reculé cet été. Tout cela risque d’impacter encore plus votre pouvoir d’achat rongé par l’inflation galopante. En conséquence, les aides de l’État sur les prix des carburants, qui devaient s’arrêter au 1er novembre, vont certes être prolongées de 15 jours. Mais faire le plein d’essence pour aller travailler, dans ce contexte doublé d’une pénurie de carburant, ne va donc pas se simplifier pour les Français.

Toutefois, cette baisse de production est quand même à relativiser. Car il ne s’agit pas d’une décision de baisse de la production effective de pétrole mais de la baisse des quotas de production. Or, la production réelle de nombreux pays était déjà inférieure aux quotas fixés. Ainsi, la réduction effective serait plutôt autour des 1,4 million de barils que des 2.

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Des conséquences géopolitiques internationales

Si cette « décision est technique, pas politique », d’après Suhail al-Mazrouei, ministre émirati de l’Énergie, elle arrange pourtant évidemment la Russie. La hausse des prix découlant de la baisse de production lui permettra effectivement d’encaisser l’impact de l’embargo européen sur son pétrole.

Cette mesure pourrait ainsi « être perçue comme une nouvelle escalade des tensions géopolitiques » commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote. Car il s’agit également d’un vrai camouflet diplomatique pour les États-Unis et Joe Biden. Luttant contre ces prix de l’énergie qui érodent le pouvoir d’achat, sa majorité au congrès pourrait s’en retrouver fragilisée tandis que les élections de mi-mandat ont lieu le 8 novembre 2022.

Joe Biden militait au contraire pour une augmentation de l’offre, ce qui aurait fait baisser les cours et privé Moscou de revenus essentiels. Mais sa voix comme sa visite en Arabie saoudite, en juillet 2022, n’ont pas suffi. L’Arabie saoudite n’a d’ailleurs jamais condamné l’invasion russe de l’Ukraine.

La guerre en Ukraine et les mesures européennes anti-russes ont déjà eu un impact certain sur la hausse des prix et votre pouvoir d’achat. Avec cette baisse de production aux dimensions géopolitiques, nul doute que cela n’impactera que davantage le porte-monnaie de tous les ménages. Tout en ajoutant un nuage de tensions au-dessus de votre quotidien.

L’Occident accuse ainsi le Kremlin de vouloir faire de l’énergie une arme pour créer une crise en Europe, alors que l’hiver s’annonce délicat d’un point de vue énergétique. « Il y aura des conséquences pour ce qu’ils ont fait, avec la Russie » a menacé le président américain le 11 octobre à CNN. Un projet de loi pour mettre fin aux exportations américaines d’armes en Arabie saoudite est déjà à l’étude à Washington.

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