EDF et le Plan Hercule

Annoncé il y a quelques mois, le plan Hercule avait déjà suscité la défiance des syndicats. Il s’agit d’un plan de restructuration contrôlé par la Commission Européenne. Ce projet Hercule pourrait aboutir à la création de deux branches d’EDF :

  • Un EDF bleu, 100% nationalisé et centré sur le nucléaire. Elle intégrerait aussi un département « azur » concentrant les activités des centrales hydrauliques ;
  • Un EDF vert, dont le capital serait plus ouvert aux investisseurs privés et qui met l’accent sur les énergies renouvelables.

Pour les syndicats, cette réforme apparaît comme dangereuse car elle met en danger l’unité du groupe. D’autre part, elle ne leur paraît pas pertinente d’un point de vue économique. « On privatise les gains et on nationalise les pertes », explique Hervé Desbrosses, membre du syndicat de la CFE-CGC.

La direction du groupe ne le voit pas ainsi. Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, assure que la restructuration aboutira à « un groupe intégré, dans lequel les différents actifs sont pilotés avec une stratégie unique, et un statut des personnels qui permet les mobilités ».

A l’heure actuelle, les discussions se poursuivent entre EDF, l’Etat Français, actionnaire du groupe à 83,68 % et Bruxelles. « On est en train de finir les négociations », a fait savoir Barbara Pompili, ministre de la Transition Écologique. Reste à savoir quelles seront les décisions prises.

La restructuration d’Engie

Engie, quant à lui, a annoncé un plan de cession estimé à 13 milliards d’euros. Il devrait vendre les deux tiers de ces activités de service pour « devenir un leader de la transition énergétique et climatique » d’après Jean-Pierre Clamadieu, le président du groupe. Il devrait garder dans son giron les réseaux de gaz et les énergies renouvelables. En revanche, il devrait se séparer d’activités plus éloignés de son cœur de métier, comme l’ingénierie avec Endel ou Axima spécialisée dans la réfrigération.

Or, ce plan de cession concerne aujourd’hui environ 74.000 personnes employées aux quatre coins du globe. C’est la problématique de l’emploi qui fait réagir les syndicats. « On a de grandes chances pour que cela parte en vente à la découpe, avec tous les risques que cela comporte pour l’emploi », expose Sébastien Michel, représentant syndical CFDT chez Engie.

Une grève le 26 novembre

Face à cela, les syndicats se sont organisés. Dans un communiqué commun, l’intersyndicale a exprimé son « inquiétude quant à l’avenir de leurs emplois et le rôle des groupes EDF et Engie comme fer de lance de la transition énergétique, L’attitude des Directions de ces deux Groupes pour faire passer coûte que coûte leurs projets de réorganisations, de casse du service public de l’électricité et du gaz, et de suppression massive des emplois est extrêmement anxiogène ».

Une mobilisation est donc prévue le 26 novembre 2020. Par voie de presse, « l’intersyndicale appelle les salariés d’EDF à pointer a minima 1 heure de grève ». Il conviendra de regarder comment la grève s’opère au sein des deux groupes à l’heure où une grande partie des agents se trouvent en télétravail.