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Acquisition par EDF des activités nucléaires de General Electric à Belfort : une bonne nouvelle ?

Le 4 novembre 2022, EDF et l’Américain General Electric ont annoncé avoir trouvé un accord pour le rachat des activités de GE Steam Power par le groupe français. Souhaitée par le président Emmanuel Macron, cette acquisition est-elle réellement une bonne nouvelle ?

EDF rachat General Electric

Un accord définitif pour un retour dans le giron français

En février 2022, appelé des vœux du président de la République Emmanuel Macron, un accord d’exclusivité avait été signé entre les deux géants que sont EDF et General Electric. Cela s’est poursuivi par 9 longs mois de négociations et a débouché, le 4 novembre dernier, au rachat par l’énergéticien français de l’activité nucléaire de GE Steam Power à Belfort. Il s’agit en fait d’un « accord définitif pour l’acquisition par EDF des activités de GE Steam Power portant sur l’îlot conventionnel » de futures centrales nucléaires. C’est justement là-bas que sont produites les fameuses turbines Arabelle, principal élément des îlots conventionnels. Ces turbines :

  • équipent la majorité des centrales nucléaires du monde et la totalité des centrales françaises ;
  • utilisent la vapeur d’eau issue des réacteurs nucléaires afin de faire tourner les alternateurs qui produisent de l’électricité.

Cet accord comprend également « la maintenance et les mises à niveau des équipements des centrales nucléaires existantes hors Amérique. »

Pour beaucoup d’observateurs, cet achat est une bonne nouvelle puisqu’il est synonyme de retour sous pavillon français d’une activité essentielle. Celle-ci appartenait effectivement à Alstom avant que cette dernière ne la vende à General Electric en 2015. Le nouvel ensemble Steam Power d’EDF deviendra donc leader mondial au sujet de l’îlot conventionnel des centrales nucléaires. Une annonce qui intervient deux jours après la présentation, en Conseil des ministres, d’un projet de loi ayant pour but d’accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

Entre optimisme et doutes à lever

Cette acquisition par EDF est donc finalisée, mais elle ne sera réellement effective que dans 9 mois, sans doute lors du second semestre 2023. Celle-ci devrait permettre au géant de l’énergie de « maîtriser les technologies et les compétences relatives à l’îlot conventionnel des centrales nucléaires, essentielles pour la pérennité du parc existant et les futurs projets. »

On le comprend : cet accord entre EDF et General Electric devrait ainsi faciliter la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Cela peut être vu comme une bonne nouvelle dans un contexte de crise énergétique et de production électrique nucléaire en baisse pour le groupe français. D’autant que le gouvernement et le président de la République soutiennent la construction de 6 nouveaux réacteurs EPR (Evolutionary Pressurized Reactor) de nouvelle génération, avec une option pour 8 autres. Cela doit se faire, d’après l’exécutif, parallèlement avec l’essor des énergies renouvelables.

Il s’agit donc, pour de nombreux observateurs, d’un retour sous pavillon français très espéré et attendu. À Steam Power Belfort, 1 400 salariés sont affectés à la production des turbines Arabelle. Les délégués syndicaux ont, quant à eux, suivi la concrétisation de cet accord avec davantage de retenue. Ils ont effectivement exigé « la clarification du projet industriel que souhaite porter le groupe EDF avec GE Steam en son sein ». Les syndicats s’interrogent aussi sur le fait qu’« EDF n’est pas un concepteur de centrales, mais un fournisseur d’électricité. » Enfin, ils craignent également que ce rachat puisse impacter les 1 400 emplois du site. Délégué CFDT GE Steam Power à Belfort, Christian Mougenot estime que 300 postes pourraient être menacés à cause des probables restructurations à venir.

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