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Grève : maintenance et production des centrales nucléaires affectée

Cette rentrée 2022 s’est effectuée dans un contexte social tendu. Face à l’inflation générale, et particulièrement l’augmentation des prix de l’énergie, de nombreux syndicats ont appelé à la grève pour demander une hausse des salaires. Le secteur de l’énergie est particulièrement touché par ce mouvement : la contradiction entre stagnation des salaires et profits record pour certaines entreprises a du mal à passer. Cette grève touche désormais les centrales nucléaires françaises.

maintenance réacteurs grève

Où en est la grève dans le nucléaire en France ?

Le mouvement de grève dans le nucléaire civil français se prépare depuis plusieurs semaines :

  1. à la mi-septembre, la grève dans les Industries électriques et gazières (IEG) a commencé ;
  2. le 6 octobre, les agents du parc nucléaire français ont été appelés à la grève ;
  3. le 12 octobre, le mouvement se poursuit et la FNME-CGT (Fédération nationale des mines et de l’énergie) publie un communiqué en soutien à la grève des travailleurs des raffineries de Esso-Exxon-Mobil et TotalEnergies et contre les réquisitions évoquées par le gouvernement ;
  4. en date du 18 octobre, la CGT annonce que 11 centrales nucléaires (et 20 réacteurs) sont touchées par la grève.

Les sites touchés sont les centrales de :

  • Belleville-sur-Loire (Cher) ;
  • Blayais (Gironde) ;
  • Bugey (Ain) ;
  • Cattenom (Moselle) ;
  • Cruas (Ardèche) ;
  • Dampierre (Loiret) ;
  • Gravelines (Nord) ;
  • Penly-Paluel (Seine-Maritime) ;
  • Saint-Laurent (Loir-et-Cher) ;
  • Saint-Alban (Isère) ;
  • Tricastin (Drôme).

Les négociations entre la direction d’EDF et la CGT ont débuté le 20 octobre. À l’issue de la première réunion, l’animateur du pôle industriel FNME-CGT Julien Lambert déclare à Libération : « Un petit pas a été fait par la direction mais il va en falloir un autre très, très grand pour arriver à un accord. » Le dialogue continue entre le patronat et les syndicats ce vendredi 21 octobre.

Quelles sont les conséquences de la grève dans le nucléaire ?

À l’aube du mouvement, EDF assurait que la grève n’avait pas d’impact direct sur les réacteurs en activité. De plus, il était difficile de prévoir les répercussions sur le calendrier des opérations de maintenance des réacteurs à l’arrêt.

Depuis l’extension du mouvement de grève à plus d’une dizaine de sites, la situation est bien plus claire :

  • un porte-parole d’EDF annonce à l’Agence France Presse (AFP) que « pour les réacteurs en production, [cette grève] peut se traduire par des baisses de puissance temporaire » ;
  • chez RTE, on estime que la production nucléaire en date du 17 octobre est conforme aux prévisions, mais « elle devrait s’en écarter à la baisse à partir de fin octobre et jusqu’à mi-novembre au moins » du fait du mouvement social ;
  • EDF a modifié sur son site internet la date de redémarrage de plusieurs réacteurs (Cattenom 1, Cruas 2 et 3, Saint-Alban 2 et Tricastin 3). Les retards accusés vont d’un jour à près de trois semaines.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE se veut rassurant sur la situation à court terme : les chances qu’un épisode de froid intense se produise dans l’immédiat sont faibles et les stocks de gaz en France sont remplis à plus de 90 %. Mais, à moyen terme, ce mouvement de grève risque de retarder la remise en route d’une grande partie des réacteurs nucléaires à l’arrêt décidée par l’État pour faire face à une alimentation électrique compliquée sur l’hiver 2022-2023.

Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) résumait parfaitement la situation le 19 octobre lorsqu’elle déclarait : « Il faut qu’EDF remette en service tous les réacteurs en maintenance ou arrêtés, et un mouvement de grève rend cette remise en service plus risquée. C’est important que le travail puisse reprendre le plus vite possible car sinon le risque de manquer d’électricité augmente ». Espérons que les parties en négociation parviennent rapidement à un accord.

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