Qu’est-ce que la Ventilation mécanique répartie ?

La Ventilation mécanique répartie (VMR) et la VMC (Ventilation mécanique contrôlée) rentrent toutes deux dans la famille des « systèmes de ventilation ». Quel est d’ailleurs le rôle d’un système de ventilation ?

Le rôle de la ventilation domestique

La ventilation domestique permet de répondre à deux objectifs :

Objectif n° 1 : un objectif sanitaire

En effet, une bonne ventilation permet aux habitants d’un logement de respirer un air moins pollué. Un air intérieur est souvent constitué de polluants chimiques (composés organiques volatils, formaldéhyde, hydrocarbures, monoxyde de carbone, oxyde d’azote, etc.) et de polluants biologiques infectieux (légionelles, toxines bactériennes, mycotoxines) et allergènes (moisissures, blattes, acariens, etc.).

La pollution de l’air peut venir de partout : matériaux de construction, fumée de tabac, peintures, appareils de chauffage ou à combustion et engendrer des problèmes sur le bâti à cause de l’humidité (infections, champignons, moisissures, etc.) ou sur les personnes (intoxication au monoxyde de carbone par exemple). Le problème, c’est que tous ces polluants intérieurs sont à l’origine de pathologies chroniques ou de maladies graves, dont l’État estime le coût à 19 milliards d’euros (source : ADEME). Il est donc plus qu’important de ventiler efficacement son logement pour les expulser vers l’extérieur.

Objectif n° 2 : un objectif de performance énergétique

Certains logements équipés de systèmes de chauffage fonctionnant avec des combustibles ont besoin d’air frais pour être efficaces. Paradoxalement, l’air frais extérieur chauffe plus vite que l’air vicié intérieur. Moins vous aérez, plus vos appareils de chauffage devront performer. Il est donc dans votre intérêt de renouveler l’air pour chauffer plus facilement à l’intérieur d’un logement.

VMR et VMC répondent donc toutes les deux à ces deux objectifs. Ce qui les différencie : leurs méthodes de fonctionnement. À défaut de la VMR, la VMC est répandue dans les logements français, et ce pour une bonne raison : elle est la norme dans les constructions de maisons depuis les années 1980.

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Hygiène et ventilation domestique : que dit la réglementation ?

La réglementation en matière d’hygiène dans les immeubles prend ses marques en 1969, année où l’État impose dans l’arrêté du 22 octobre 1969 que « l’aération des logements doit pouvoir être générale et permanente au moins pendant la période où la température oblige à maintenir les fenêtres fermées et la circulation de l’air doit pouvoir se faire principalement des pièces principales vers les pièces de service ». En résumé, durant l’hiver et les périodes froides de l’automne et du printemps, tous les logements des Français doivent être convenablement aérés.

C’est donc suite à cette nouvelle réglementation que l’on voit apparaître dans les années 70 les premiers systèmes de VMC dans les logements français. La réglementation se précise plus tard en 1982 avec l’arrêté du 24 mars relatif à l’aération des logements et l’article 3 qui instaure la mise en place de valeurs de débits d’air :

Nombre de pièces principales Cuisine Salle de bains W.-C.
175 m3/h15 m3/h15 m3/h
290 m3/h15 m3/h15 m3/h
3105 m3/h30 m3/h15 m3/h
4120 m3/h30 m3/h– Unique : 30 m3/h.
– Multiple : 15 m3/h.
5 et plus135 m3/h30 m3/h– Unique : 30 m3/h.
– Multiple : 15 m3/h.
Source : Legifrance

L’année suivante, certaines précisions sont ajoutées dans l’article 4 par l’arrêté du 28 octobre 1983 qui concerne le débit réduit de cuisine et le débit total minimum :

Nombre de pièces principales
1 2 3 4 5 6 7
Débit total minimum35 m3/h60 m3/h75 m3/h90 m3/h105 m3/h120 m3/h135 m3/h
Débit minimal en cuisine20 m3/h30 m3/h45 m3/h45 m3/h45 m3/h45 m3/h45 m3/h
Source : Legifrance

L’instauration des mesures de débit d’air a par la suite démocratisé la Ventilation mécanique contrôlée pour en devenir la référence les décennies suivantes. Seulement, aujourd’hui, il peut être difficile d’intégrer une VMC dans un logement ancien, faute de configuration adéquate. C’est là qu’une solution de choix intervient : la VMR.

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Le fonctionnement d’une VMR

Cette dernière est souvent préconisée en cas de rénovation et quand l’installation d’une VMC est soit trop compliquée, soit trop chère. Si elle est plus simple à installer, c’est qu’à la différence d’une VMC, il n’est pas nécessaire d’avoir un passage de gaines.

Qu’est-ce qu’un passage de gaine ?

Une gaine de ventilation est un conduit étanche (métal, acier galvanisé, aluminium, PVC, etc.) permettant des flux d’air dans un logement. Le passage de gaines consiste à intégrer ces conduits directement dans le bâti (derrière les murs, dans le faux plafond, etc.).

Le principe de base de la VMR est simple :

  1. l’air extérieur arrive par des entrées d’air situées en haut des fenêtres des pièces principales (comme le salon ou la salle à manger par exemple) ;
  2. cet air frais circule dans tout le logement afin de diffuser un air plus propre ;
  3. l’air est ensuite extrait grâce à des aérateurs indépendants qui se trouvent dans les pièces humides (W.-C, salle de bains, etc.).

Principe de la VMR

Source : ADEME

C’est là que réside la différence entre une VMR classique et une VMC : non seulement ce type de ventilation rejette l’air depuis les pièces humides, mais chaque aérateur est indépendant, autonome.

Néanmoins, il n’existe pas qu’une seule méthode de VMR mais plusieurs. On trouve la méthode par extraction, comme expliquée ci-dessus, mais aussi la méthode par insufflation, en double-flux ou même oscillante :

  • le système par extraction : c’est la méthode la plus simple expliquée dans le précédent schéma. Les flux d’air sont naturellement diffusés dans toute la maison (au-dessous des portes, par les murs, etc.) et sont extraits vers l’extérieur par des blocs d’extraction installés dans les pièces humides. Simple et efficace, cette méthode ne permet toutefois pas de contrôler la température ou la qualité de l’air intérieur ;
  • la méthode par insufflation : là, la méthode est inversée. L’air frais provient des unités d’insufflations installées dans les pièces humides et non des entrées d’air. Cette arrivée d’air frais crée une insufflation dans le logement et fait sortir l’air vicié par les bouches d’aération des pièces principales ;
  • la méthode en double-flux : la méthode en double-flux apporte les avantages de la méthode par extraction et par insufflation puisqu’un seul et même bloc fait tout le travail depuis les pièces humides. L’air est donc à la fois extrait et insufflé depuis ce même bloc. Il porte aussi un autre avantage : celui de récupérer la chaleur en hiver et la fraîcheur en été (et donc de vous faire réaliser des économies d’énergie non négligeables) ;
  • la méthode oscillante : ces systèmes de VMR sont plus innovants car ils intègrent un module en céramique à l’intérieur du conduit et dans le système en double-flux (un groupe d’extraction et un deuxième d’insufflation) qui alternent toutes les 70 secondes. Chauffage et qualité d’aération sont donc au rendez-vous dans cette méthode très complète.

Le fonctionnement d’une VMR peut aussi se faire de deux façons différentes :

  • par intermittence (hygroréglable) ;
  • en permanence.

Les aérateurs hygroréglables fonctionnent selon vos propres réglages. À vous de fixer la fréquence en fonction de votre rythme d’utilisation ou de vos besoins. La fréquence d’aération se calcule en fonction de la pièce à ventiler. Pour choisir laquelle, fiez-vous aux réglementations de l’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements et adaptez votre aérateur en fonction de la puissance indiquée sur sa notice.

Les aérateurs permanents offrent, eux, une meilleure performance puisque l’air est continuellement renouvelé et ne stagne pas.

Bon à savoir

Pour un fonctionnement optimal de votre VMR, assurez-vous que rien n’entrave l’espace entre les portes et le sol ainsi que vos entrées d’air et vos bouches d’aération.

Avantages et inconvénients de la VMR

Comme tout système de ventilation, la VMR apporte son lot d’avantages mais aussi d’inconvénients selon le type de mécanisme que vous choisissez.

Les avantages généraux de la VMR

L’installation d’une VMR dans un logement peut être une solution avantageuse pour les raisons suivantes :

  • pas de gaine : la VMR est plus simple à installer qu’une VMC puisque c’est l’installation d’une gaine qui engendre des travaux conséquents. En l’absence de gaine, le risque d’humidité est réduit puisqu’il y a moins de flux d’air. De plus, cela diminue considérablement les nuisances sonores (on estime à environ 30 dB le fonctionnement d’une VMR contre 35 dB aux bouches d’une VMC et 50 dB à son caisson) ;
  • un entretien facile : un simple nettoyage régulier des filtres suffit pour éviter que certaines particules ne viennent obstruer les conduits d’air ;
  • une solution économique : non seulement son coût d’investissement est relativement faible (entre 400 et 800 € selon le nombre d’aérateurs à installer) mais sa consommation électrique l’est tout autant : entre 5 et 9 W/heure selon les modèles.

Les avantages spécifiques de chaque VMR

Mais chaque type de VMR a aussi ses avantages, comme décrits ci-dessous :

  • la VMR par extraction est la moins coûteuse et la moins énergivore. Il existe une large offre de ce type de ventilation sur le marché ;
  • la VMR par insufflation permet d’évacuer efficacement l’air vicié et notamment les polluants générés par les appareils à combustion (type cheminée). La surpression élimine les risques contre le radon (un gaz radioactif provenant de la croûte terrestre) et évite les courants d’air ;
  • la VMR en double-flux : elle bénéficie des avantages de l’extraction et de l’insufflation en offrant de très bonnes performances et des économies sur votre facture d’électricité grâce à la possibilité de récupérer la chaleur en hiver et la fraîcheur en été ;
  • la VMR oscillante : elle combine tous les avantages des précédents systèmes.

Les inconvénients de la VMR

Concernant les inconvénients de la Ventilation mécanique répartie, on peut en noter plusieurs :

  • le système par extraction ne permet pas de vérifier à la fois la température de l’air ni sa qualité, ce qui peut poser problème si vous voulez contrôle la température et la qualité de l’air intérieur de votre logement ;
  • elle peut devenir « encombrante » du fait de sa taille et de son installation dans plusieurs pièces ;
  • elle ne répond pas à la norme RT2020. Ce type de ventilation ne peut donc pas être installé dans un logement neuf mais uniquement dans une maison ancienne (avant 1982) lors d’une rénovation.

Qu’est-ce que la norme RT ? L’acronyme RT signifie « Réglementation thermique », la dernière en date est la RT2020. L’objectif de cette nouvelle norme et de produire autant d’énergie que consommée. Pour cela, les nouveaux logements devront respecter 3 choses :

  • une consommation de chauffage inférieure à 12 kWhep/m²/an ;
  • une consommation totale d’énergie inférieure à 100 kWh/m²/an ;
  • produire un bilan énergétique positif.

À quoi correspond le kWhep ?

Le kilowattheure d’énergie primaire (kWhep) est une unité de mesure électrique spécifique qui permet d’ajouter le coût énergétique de production et de transport à l’électricité en plus de la consommation.

Quel est le coût de la VMR ?

Pour établir le coût total d’équipement en VMR d’un logement, il faut compter entre 100 et 150 € pour les modules de base et jusqu’à 600 € pour un extracteur ou un aérateur dernier cri. Le tout sachant que chaque pièce humide doit avoir son propre aérateur.

Par exemple, pour un logement avec cuisine et salle de bain/W.-C, le coût d’équipement peut facilement être compris entre 200 € et 400 €. Pour des modules au top de la technologie, comptez environ 1 200 €. Si les W.-C sont séparés, l’investissement sera un peu plus élevé : entre 300 et 450 € pour des modules simples et jusqu’à 1 800 € pour du haut de gamme.

Est-il possible de bénéficier d’aides pour financer l’installation d’une VMR chez soi ?

Malheureusement non. Due à son faible prix d’investissement, la VMR ne bénéficie pas des nombreuses aides publiques ou subventions proposées pour soutenir les travaux de rénovation.

Comment entretenir sa VMR ?

Comme évoqué précédemment, l’entretien d’une VMR est largement accessible à tous puisqu’il consiste en un simple nettoyage des filtres ainsi que des bouches d’aération (au minimum 2 fois par an). Le processus se fait en quelques étapes :

  1. coupez le courant depuis votre disjoncteur ;
  2. retirez les bouches d’aération ainsi que les filtres du système de ventilation ;
  3. passez un coup d’aspirateur dans l’entrée de la bouche d’aspiration pour retirer poussière et autres résidus ;
  4. à l’aide d’un chiffon que vous aurez préalablement humidifié, passez un coup sur les bouches et plongez-les dans une bassine d’eau tiède avec du savon ;
  5. avec une brosse à dents usagée ou une petite brosse, frottez les filtres et les bouches d’aération ;
  6. une fois qu’elles vous semblent propres, retirez-les de la bassine, essuyez-les et rincez-les sur un torchon ;
  7. remettez filtres et bouches d’aération dans votre système ;
  8. rallumez le courant.

À noter !

Les parties fixes (entrées et extracteurs) de votre VMR ne doivent ni être humidifiées ni mouillées. Autrement, vous vous exposez à des risques d’humidité et de condensation.

Pourquoi installer une VMR chez soi ?

L’installation d’une VMR a de nombreux effets positifs comme vus précédemment : meilleure qualité de l’air, simple à installer, pas de passage de gaines, donc pas de risque de moisissures dans les murs, peu coûteux et généralement silencieux. Mais il est aussi peu énergivore et reste une solution de choix pour assainir son air intérieur sans casser sa tirelire.

Tant que vous êtes dans les travaux d’amélioration de votre habitation, pourquoi ne pas vous pencher sur votre facture d’électricité ? En y jetant un œil, vous pourriez remarquer que votre contrat d’électricité ne convient pas réellement à vos besoins en consommation. Pour trouver un contrat plus adapté à vos besoins, nous vous invitons à consulter notre comparateur de fournisseurs d’électricité.

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