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Le gouvernement met la pression sur les fournisseurs d’énergie

La crise énergétique et la flambée des prix étranglent de plus en plus de PME et de TPE. Soumises à des situations parfois intenables, nombre d’entre elles, comme les boulangers, voient leur activité et leur entreprise être parfois menacées. Face à ce contexte extrêmement tendu de ce début d’année 2023, le gouvernement a donc décidé de réagir. Le 3 janvier, Bruno Le Maire a d’ailleurs convoqué à Bercy les fournisseurs d’énergie. L’occasion pour le ministre de l’Économie et des Finances de mettre la pression sur ces derniers. L’objectif : que les fournisseurs d’énergie fassent aussi leur part d’effort collectif pour que toutes les entreprises françaises puissent s’extraire de la crise avec un minimum de dommages. Choisir.com fait le point sur ce rappel à l’ordre dont certains effets se font déjà sentir.

Pression sur les fournisseurs

Les fournisseurs d’électricité convoqués à Bercy le 3 janvier dernier

Le 3 janvier 2023, l’ensemble des fournisseurs d’électricité de France étaient donc convoqués par le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire. Face aux représentants d’EDF, d’Engie, de TotalEnergies et autres, le numéro 2 du gouvernement a haussé le ton.

La cause ? La situation extrêmement délicate dans laquelle sont plongés de nombreux boulangers français, comme une multitude d’autres PME de différents secteurs. Le matin même, Bruno Le Maire s’était d’ailleurs entretenu avec les boulangers. Le cas de ces derniers, très médiatisé depuis le début de l’année, a été érigé en symbole de toutes ces entreprises françaises menacées par la flambée des prix de l’énergie.

Pour le ministre, les fournisseurs d’électricité ont bien une part de responsabilité dans cette situation. « Aujourd’hui, les fournisseurs n’aident pas suffisamment les boulangers et les PME, a déclaré Bruno Le Maire. Je leur demande de faire plus, mieux, et tout de suite ». Le gouvernement met donc la pression sur les fournisseurs d’énergie qu’il rappelle également à l’ordre. En effet, d’après Bruno Le Maire, ces derniers n’ont pas respecté leurs « engagements ». La réaction de ces derniers ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Pour certains fournisseurs, tel ekWateur, l’effort demandé « n’est pas faisable ».

À quels engagements le ministre de l’Économie fait-il référence ? En octobre 2022, les fournisseurs d’électricité avaient signé une charte des bonnes pratiques. Regroupant 25 engagements, celle-ci avait pour but de faciliter le renouvellement des contrats d’énergie pour les entreprises. L’objectif était ainsi d’éviter que certaines d’entre elles se retrouvent sans solution et dans de trop graves difficultés.

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La double menace de l’exécutif

Face à ces engagements qui ne semblent pas avoir été tenus, Bruno Le Maire a par conséquent durci le ton. Le 3 janvier, il a ainsi menacé les fournisseurs d’énergie de deux mesures :

  • premièrement, de faire connaître publiquement le nom des fournisseurs d’énergie qui n’ont pas respecté la charte des bonnes pratiques. « Les fournisseurs qui ne respectent pas leurs engagements verront leurs noms divulgués dans les prochains jours » a en effet affirmé Bruno Le Maire. On peut sans mal imaginer à quel point un tel « coup de pub » pourrait être négatif pour l’image d’une entreprise et son activité ;
  • deuxièmement, la possibilité de mise en place d’une taxe additionnelle sur les fournisseurs d’énergie a aussi été évoquée par le ministre. « On peut toujours prélever davantage sur les fournisseurs d’énergie que ce que nous faisons aujourd’hui » a-t-il déclaré.

Cette menace fiscale lancée par Bercy est crédible au regard du budget 2023 qui a été voté. Dans celui-ci, le gouvernement a effectivement mis en place un dispositif qui lui permet de collecter une partie de la rente des fournisseurs d’énergie. Cette rente est en réalité les profits réalisés par les énergéticiens comme EDF ou Engie. Ces profits sont d’ailleurs énormes avec la flambée des coûts de l’énergie qui frappe le pays depuis de longs mois.

D’après des chiffres évoqués par BFM, ce mécanisme pourrait ainsi faire entrer au moins 11 milliards d’euros dans les caisses de l’État.

Dans tous les cas, le gouvernement espère également, avec cette réaction vis-à-vis des énergéticiens, répondre aux critiques « d’inaction ». Celles-ci ont récemment jailli de différents bords politiques, par exemple de l’extrême-droite.

Un coup de pression qui porte déjà ses fruits

L’impact de ce haussement de ton n’a pas tardé à se faire ressentir. Les fournisseurs d’électricité, au sortir du rendez-vous au ministère de l’Économie et des Finances, ont effectivement réalisé différentes annonces.

Tout d’abord, ils ont accepté d’accorder des délais de paiement aux entreprises qui connaîtraient de graves difficultés au niveau de leur trésorerie. Sans nul doute, cette décision pourra être fort utile pour de nombreux boulangers, artisans et PME de multiples secteurs d’activité.

Ensuite, les fournisseurs d’électricité ont également fait savoir qu’ils donneraient désormais le droit aux boulangers de résilier leur contrat sans frais, le tout en échange d’une garantie de l’État. Cette résiliation gratuite ne peut toutefois être réalisée qu’en « cas de hausse des prix prohibitive et si elle menace la survie de l’entreprise. » La renégociation d’un autre contrat plus avantageux pour l’entreprise pourra ensuite être effectuée. « C’est une mesure exceptionnelle, avec un examen au cas par cas » a quant à lui expliqué Bruno Le Maire.

En revanche, il est malgré tout regrettable de remarquer que cette deuxième mesure ne concerne que les boulangers. Cela ne manquera sûrement pas de faire réagir les autres PME et artisans en grande difficulté, tels les bouchers. En effet, comme les boulangers, beaucoup d’entreprises doivent supporter la « double peine » imposée par la crise énergétique :

  • la flambée des prix de l’énergie ;
  • la hausse des coûts de leurs matières premières, qui fragilise également grandement leur activité.

Le jeudi 5 janvier 2023, Emmanuel Macron recevait d’ailleurs un groupe de boulangers pour la cérémonie de la galette à l’Élysée. Une rencontre traditionnelle mais ô combien symbolique en ce début d’année 2023 plus que tendu. Espérons que, bientôt, toutes les PME puissent profiter des mêmes dispositifs d’aide dont chaque secteur d’activité aurait grand besoin.

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