Géothermie : une filière qui va enfin sortir de l’anonymat ?

À l’heure où le développement des énergies renouvelables en France est chaque jour toujours plus indispensable, c’est une filière qui mérite d’être connue. La géo-énergie, ou géothermie, est encore sous-exploitée sur le territoire national puisque cette source d’énergie ne couvre actuellement qu’1 % des besoins du pays. Pour Alice Chougnet, présidente de Geosophy, start-up spécialisée dans ce domaine, le potentiel de la géothermie est pourtant bien plus élevé. Son développement pourrait permettre d’accélérer encore plus la décarbonation de la production d’énergie et la transition énergétique en France. Choisir.com revient donc sur cette source d’énergie renouvelable et durable ainsi que sur l’action de Geosophy qui cherche à démocratiser l’accès à celle-ci.

geothermie

La géothermie, un potentiel exceptionnel

La géothermie a vraiment de quoi, en France, connaître un avenir radieux.

Une énergie renouvelable très méconnue… et encore sous-exploitée

Dans le contexte de la flambée des prix de l’énergie et de la crise énergétique qui ont éclaté en 2022, c’est une évolution dont l’accélération est toujours plus nécessaire. Le développement des énergies renouvelables en France est en effet un véritable défi d’aujourd’hui et de demain.

Parmi celles-ci, il y en a une qui reste encore, en 2023, assez méconnue et véritablement sous-exploitée en France : la géo-énergie, ou géothermie. Cette source d’énergie permet de chauffer (ou rafraîchir) un bâtiment grâce aux propriétés du sous-sol. Toutefois, aujourd’hui, seul 1 % des besoins de chauffage et de rafraîchissement de la France est couvert par la géo-énergie. C’est dérisoire, d’autant plus que ses capacités sont, au contraire, bien plus élevées !

C’est Alice Chougnet, présente sur le plateau de BFM Business le 5 avril dernier, qui affirme cela. Cette dernière est la cofondatrice et présidente de Geosophy, une start-up française créée en 2018 et spécialisée dans la géothermie. Pour elle, la géothermie aurait en fait le potentiel de couvrir 50 % des besoins français ! « On ne parle pas du tout d’une niche », avait-elle déjà clamé en février 2023 sur Franceinfo.

D’autant plus que la situation se décante enfin d’un point de vue législatif. En effet, la nouvelle loi d’accélération des énergies renouvelables vient d’être adoptée par le Parlement. Celle-ci prévoit l’analyse systématique du sous-sol en cas de construction ou de rénovation des bâtiments, pour permettre de prendre en compte le potentiel géothermique. Pour Alice Chougnet, cette mesure fait toute la différence : « Aujourd’hui, la géo-énergie sort de l’anonymat » s’est-elle réjouie.

Cela est encore plus vrai car, début février, l’exécutif a également lancé un large plan de développement de la géothermie. L’État s’est donc fixé comme objectif que cette énergie couvre 20 % des besoins français d’ici 15 ans, soit à l’horizon 2038. Cela représenterait une production énorme s’élevant à 100 térawattheures (TWh). Ainsi, la géothermie pourrait devenir la réponse pour réussir à réduire l’utilisation des énergies fossiles et réduire notre dépendance au gaz naturel ou au GNL. En 2022, les importations françaises et européennes de GNL avaient d’ailleurs battu des records.

La géo-énergie : faire appel aux propriétés du sous-sol

Comment fonctionne concrètement la géo-énergie ? Il s’agit en fait de s’enfoncer de plusieurs mètres dans le sol pour profiter de ses nombreuses qualités. En effet, le sous-sol conserve :

  • la fraîcheur en été ;
  • la chaleur en hiver.

En faisant circuler de l’eau dans le sol, cela permet ainsi de faire remonter de la chaleur ou de la fraîcheur vers la surface. L’avantage : en été, réduire l’utilisation des climatisations classiques très énergivores. Les profondeurs auxquelles il faut aller pour trouver cette source d’énergie sont également variables selon le type de bâtiment :

  • de 5 à 10 mètres seulement pour des maisons individuelles ;
  • jusqu’à 200 mètres pour des plus gros bâtiments.

Alice Chougnet concède que la géo-énergie ne peut pas être implantée partout. D’après elle, certains sous-sols sont confrontés à plusieurs types de risques qui rendent la géothermie impossible à mettre en place :

  • la présence de roches particulières qui vont gonfler ou se dissoudre au contact de l’eau ;
  • la menace de pollutions ;
  • la présence de zones d’eau potable auxquelles il est interdit de toucher afin de les préserver.

Malgré tout, la présidente de Geosophy précise que 90 % du territoire national est éligible à la géo-énergie, soit quasiment sa totalité. « C’est énorme » fait-elle justement remarquer.

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Geosophy, le « Google de la géothermie »

L’entreprise Geosophy propose un outil qui pourrait sans doute plaire à tous ceux qui s’intéressent à la géothermie.

Une start-up qui souhaite « démocratiser l’accès » à la géo-énergie

Alice Chougnet se félicite des nouveaux engagements législatifs et du plan mis en place par le gouvernement au sujet de la géothermie. Tout cela est très positif vu le retard français en matière de développement des énergies renouvelables sur son territoire, surtout par rapport à certains de ses voisins européens. D’ailleurs, celle-ci révèle que pour « la Suède, qui s’est équipée [en géothermie] dans les années 1970, cela couvre déjà les 20 % » de bâtiments aujourd’hui chauffés de cette manière. Ces 20 % qui sont donc l’objectif français pour 2028…

Dans tous les cas, Geosophy a aujourd’hui l’ambition de devenir un acteur pouvant aider à la décarbonation et à la transition énergétique française. L’entreprise, plusieurs fois récompensée, a d’ailleurs été récemment surnommée le « Google de la géothermie ». La raison ? La mise en service, sur le site du groupe, d’un moteur de recherche capable d’identifier le potentiel géothermique d’un sous-sol, à partir d’une adresse.

L’utilisation de l’outil est très simple : après inscription, on rentre son adresse, sa parcelle et ensuite on accède aux informations importantes :

  • la quantité d’énergie disponible à cet endroit ;
  • mais aussi le coût que représenterait une telle installation.

Alice Chougnet et Geosophy souhaitent ainsi « démocratiser l’accès » à la géo-énergie et aux informations nécessaires à connaître pour y avoir recours. Ce premier diagnostic est gratuit. Par la suite, l’obtention d’un deuxième diagnostic plus poussé quant au potentiel géothermique est payant.

Un outil qui s’adresse principalement aux entreprises… mais pas que

Pour réaliser cette analyse, Geosophy étudie bien évidemment la structure du sous-sol mais pas uniquement. Une modélisation des bâtiments existants ou à construire est aussi nécessaire. En effet, un bâtiment « en hiver va prendre des calories dans le sol. En été, il les remet, donc il faut modéliser toute cette interaction [entre le sous-sol et le bâti] pour être capable ensuite de dire combien d’énergie on a et combien ça coûte » explique Alice Chougnet.

Celle-ci précise aussi que n’importe qui peut utiliser cet outil même s’il est plutôt destiné aux entreprises. Les principaux clients actuels de la start-up sont en effet des sociétés foncières qui possèdent un patrimoine immobilier important, surtout des bâtiments de grande taille (usines, locaux d’entreprises…). Néanmoins, la technologie mise au point peut s’appliquer à tous types et tailles de bâti.

Geosophy fournit également une notion de faisabilité qui peut permettre d’avoir une indication sur le risque potentiel d’un projet de géothermie sur un espace donné. Cela permet à l’outil d’indiquer là où c’est :

  • le plus pertinent ;
  • et le moins risqué.

S’équiper en géothermie : un investissement certes important, mais des factures divisées par 5 !

Au niveau des coûts d’installation d’un tel équipement, ceux-ci sont « extrêmement variables » d’après Alice Chougnet. Ils peuvent s’élever à :

  • 10 000 € pour une maison individuelle ou un petit bâtiment ;
  • entre 500 000 et 1 million d’euros pour d’énormes locaux où il faut aller plus en profondeur.

Il s’agit, il est vrai, d’investissements conséquents. Cependant, la présidente de Geosophy souligne qu’« on n’a quasiment pas de coût d’exploitation par la suite, pour une source d’énergie qui va durer 50 ans, produite de façon gratuite, durable et locale ».

De plus, « ces coûts sont en lien avec les gains énergétiques » prévisibles, rappelle Alice Chougnet. Selon elle, un retour sur investissement peut être atteint « en moins de 8 ans », ce qui est tout à fait envisageable pour de grosses entreprises. Des possibilités d’aides au financement existent aussi et Geosophy peut également aider pour effectuer ce type de démarches.

De quoi faire de la géothermie une nouvelle énergie de demain. Les impacts positifs sont multiples. « Les factures […], on peut les diviser par 5 » affirme Alice Chougnet, ce qui est évidemment considérable. Pour profiter de températures encore plus confortables dans les bâtiments, cette source d’énergie peut se cumuler avec l’installation d’une pompe à chaleur géothermique. Ce type de PAC permet également de faire environ 30 % d’économie par rapport à une pompe à chaleur aérothermique. Depuis mars 2023, le gouvernement a d’ailleurs annoncé l’augmentation de l’aide pour installer une PAC géothermique.

Au niveau des émissions de CO2, celles-ci, avec la géo-énergie, sont « divisées par 10 ». L’objectif de Geosophy est d’ailleurs de réaliser des économies de l’ordre de 370 000 tonnes de CO2 d’ici 2026. Ce bilan carbone impressionnant est une preuve supplémentaire indiquant les avantages qu’aurait notre pays à développer massivement le déploiement de la géothermie sur son territoire.

Si la décarbonisation de l’énergie et le respect de l’environnement sont pour vous des enjeux qui comptent, vous pouvez également agir à votre niveau de consommateur. Par exemple, vous pouvez déjà faire le choix d’un fournisseur d’énergie verte. Pour cela, notre Comparateur Électricité et Gaz est à votre disposition et vous sera très utile. Grâce à lui, vous pourrez comparez les offres et faire un choix qui sera positif pour la planète !

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