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Gaz : explosion des importations de GNL en Europe en 2022

En 2022, les importations européennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont connu une énorme augmentation. Ayant comme objectif de contrebalancer la réduction conséquente des importations de gaz naturel russe, l’Union européenne (UE) a dû trouver et se tourner vers d’autres fournisseurs. Les importations de GNL ont donc bondi de 60 % l’année dernière par rapport à 2021 ! Les États-Unis en ont d’ailleurs profité pour devenir le premier fournisseur de gaz de l’UE et le premier exportateur mondial de GNL. Toutefois, parmi les autres pays d’où les États européens ont fait venir leurs importations, on retrouve également… la Russie. Choisir.com revient sur ce bilan record dans lequel la France tient une place majeure.

Importation GNL Europe 2022

Le gaz naturel russe remplacé en 2022 par du GNL… russe, au moins en partie

L’Union européenne a vu, en 2022, ses importations de gaz naturel liquéfié exploser : + 60 % par rapport à 2021. Pourquoi une telle hausse ? Cela s’explique par le contexte géopolitique né de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la décision de réduction massive de l’importation du gaz naturel russe.

Le mercredi 11 janvier 2023, le groupe de réflexion IEEFA (Institute for Energy Economics and Financial Analysis) a publié un rapport sur le sujet. Les données qui s’y trouvent indiquent que les États-Unis ont représenté, en 2022, plus de la moitié des importations de GNL de l’UE. Le pays du président Joe Biden, désormais premier fournisseur de gaz du continent européen, en a même profité pour devenir le premier exportateur mondial de GNL. L’année passée, les États-Unis ont en effet dépassé l’Australie et le Qatar dans ce domaine.

En réalité, les importations européennes de GNL en 2022 se sont faites en provenance :

  • des États-Unis, avec une hausse de 143 % par rapport à 2021 ;
  • du Qatar, avec une augmentation de 23 % (toujours vis-à-vis de 2021) ;
  • mais aussi de… la Russie, avec une croissance de 12 % sur l’année précédente également.

Dans son rapport, l’IEEFA est d’ailleurs très clair. Il fait savoir qu’« alors que les livraisons de gaz naturel russe à l’Union européenne (UE) ont diminué en 2022, certains pays ont continué à importer du GNL russe, agissant à l’encontre de l’objectif commun de garantir la sécurité énergétique et la fin de la dépendance à l’égard des ressources russes. » En effet, cette décision de cesser les importations de gaz naturel russe pour en fait aller s’approvisionner en GNL dans le même pays paraît paradoxale. Elle semble même en totale contradiction avec la position officielle que veut tenir l’Union européenne vis-à-vis de la Russie depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Parmi les pays européens, le principal importateur du GNL russe n’est nul autre que… la France. Ensemble, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne ont d’ailleurs fait progresser leurs importations de GNL russe de 55 % par rapport à 2021. À l’opposé de ces « modèles », d’autres pays d’Europe ont, au contraire, considérablement réduit leurs importations de GNL provenant de Russie. Il s’agit de :

  • la Croatie ;
  • la Lituanie ;
  • la Suède ;
  • la Grande-Bretagne ;
  • ou encore du Portugal.

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155 milliards de m³ de GNL importés en Europe en 2022

En plus d’être le premier importateur européen de GNL russe, la France l’est également concernant le GNL provenant des États-Unis. De son côté, la Grande-Bretagne est le client n° 1 du Qatar.

Dans tous les cas, avec cette hausse de 60 %, ce sont 155 milliards de m³ de GNL qui ont été importés sur le territoire européen en 2022. Une augmentation, chiffrée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui confirme les précédentes données publiées. En effet, sur les onze premiers mois de l’année passée, une augmentation des importations de GNL de 137 % avait été relevée.

Cette forte augmentation de l’importation de gaz s’explique également par deux autres raisons, mises en évidence dans le rapport de l’IEEFA. Celles-ci sont :

  • le « manque de pluie qui a réduit la production hydroélectrique dans les pays de l’UE » en 2022 ;
  • et les « pannes dans les centrales nucléaires en France ».

2022 a effectivement été l’année d’une redoutable crise énergétique avec l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires français pour cause de maintenance ou de problème de corrosion. EDF avait d’ailleurs dû faire appel à l’un de ses partenaires américains pour travailler à la réparation de cette difficulté. Ainsi, on se rend compte qu’une part non négligeable des importations de gaz l’an dernier a en fait été destinée à la production d’électricité.

Reste que les Européens ont, au fil de 2022, fortement réduit leur consommation d’énergie. L’agence statistique de l’UE, Eurostat, a chiffré cette diminution à -20 % pour le gaz à l’intérieur de l’Union d’août à septembre (par rapport aux cinq années précédentes). Une tendance également confirmée par l’Agence internationale de l’énergie. Cette dernière a effectivement fait savoir que la consommation européenne de gaz en 2022 pourrait s’élever à 360 milliards de m³. Un niveau bien moindre que les 412 milliards de m³ consommés en 2021 sur le vieux continent.

Toutefois, s’il ne devrait pas y avoir de problème en alimentation en gaz pour la fin de cette saison, la question concerne davantage l’hiver prochain. Pour Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’Énergie (CRE), les stocks de gaz pourraient effectivement être insuffisants pour l’hiver 2023-2024. Dès décembre, l’AIE a également indiqué que, en cas d’arrêt total des livraisons russes, l’UE pourrait alors, à ce moment-là, manquer de gaz. De toute manière, pour beaucoup de spécialistes, il n’y a pas assez de gaz dans le monde pour remplacer le gaz russe, même en cas de gros efforts pour réduire ses besoins. De futurs projets de GNL, notamment au Qatar, ne verront le jour qu’en 2025 ou 2026.

De plus, les craintes peuvent être fondées dans la mesure où notre hiver est relativement doux. Si l’hiver 2023-2024 est plus rude, les besoins s’en trouveront logiquement plus importants et c’est là que le gaz pourrait alors venir à manquer. Dans ce contexte, il est sans doute plus que temps, enfin, de se tourner pleinement vers les énergies renouvelables pour éviter des catastrophes. Début décembre, l’Assemblée nationale a d’ailleurs adopté de nouvelles mesures pour développer l’énergie solaire en France. Espérons qu’en 2023, un cap significatif sera franchi dans notre pays concernant ce domaine des énergies renouvelables.

Dans tous les cas, si vous songez actuellement à changer de fournisseur de gaz (ou même d’électricité), rendez-vous vite sur le Comparateur Énergie de notre site. Vous y trouverez toute l’aide et les informations utiles pour vous permettre de faire des économies sur vos factures !

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