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Guerre en Ukraine : conséquences et perspectives sur le prix du gaz

L’invasion de l’Ukraine par la Russie risque d’avoir des conséquences économiques et sociales en Europe. Notamment, elle pose la question de l’approvisionnement en gaz des pays européens. En effet, l’Union européenne est largement dépendante du gaz russe. 41 % du gaz importé en 2019 dans l’Union européenne provenait de Russie. Avec les sanctions économiques prévues par l’Europe, quelles sont les conséquences sur le cours du gaz ? Quelles alternatives s’offrent aux pays européens ? Les ménages seront-ils épargnés par la crise ? Éclairage.

Guerre Ukraine prix gaz

Guerre en Ukraine : des conséquences sur le prix du gaz ?

Depuis plusieurs mois, le prix du gaz monte. L’hiver 2020-2021 a été parmi les plus longs et froids en Europe comme en Asie, en Chine notamment. La consommation énergétique des ménages a été globalement plus importante, ce qui a tendu le marché du gaz et son approvisionnement. La demande a grimpé.

Distribution réduite de la part de la Russie en amont du conflit

Depuis plusieurs mois, et pour répondre à toutes les demandes, la Russie opère une distribution beaucoup plus réduite à ses clients. Les volumes de livraisons sont plus petits, ce qui explique également pourquoi les réserves européennes n’ont pas atteint leur seuil de remplissage.

De nombreux pays européens et experts ont accusé la Russie de volontairement faire monter les prix du gaz dans un contexte de hausse de la consommation. Avec du recul, on peut penser que cette hausse des prix du gaz entrait directement dans une stratégie de financement de la guerre à venir.

Invasion de l’Ukraine, un boom des prix du gaz

L’annonce de Vladimir Poutine quant à son intervention militaire a eu pour effet la hausse du prix du gaz. Comme l’explique le journal le Monde, suite à l’invasion le 24 février 2022, « les marchés ont immédiatement réagi : le prix du pétrole a dépassé la barre symbolique des 100 dollars (90 euros) le baril, alors que le prix du gaz en Europe a augmenté de 30 % ».

Une escalade qui n’en finit plus. Le 4 mars, le TTF néerlandais, marché de référence, a atteint les 200 euros le mégawattheure (MWh), un record historique.

Réunion des leaders du FPEG

Suite à l’invasion de la Russie, le Forum des pays exportateurs de gaz s’est réuni à Doha pour aborder la question de l’export de gaz vers l’Europe si la Russie venait à couper les vannes.

L’organisation est composée de 11 pays : Qatar, Russie, Iran, Bolivie, Égypte, Guinée équatoriale, Libye, Nigeria, Trinité-et-Tobago et Venezuela. Ensemble, ils représentent plus de 70 % des réserves mondiales.

Lors de cette dernière, il n’a pas été précisé si Vladimir Poutine a participé aux débats.

À l’issue de cette rencontre, ils ont affirmé qu’ils n’étaient pas en mesure de compenser les importations russes, à moins de réaliser des investissements très lourds pour augmenter leur production, et monnayant des contrats de long terme. Or l’Europe n’est pas encline à souscrire des contrats sur plusieurs dizaines d’années.

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Quelles conséquences à court terme pour les ménages et les entreprises ?

Contrairement à d’autres pays européens, la France n’utilise que très peu le gaz dans la production d’électricité. Notre mix énergétique repose avant tout sur l’énergie nucléaire (67,1 %). D’autre part, comme le rappelle EDF, l’Hexagone « importe son gaz naturel principalement de Norvège (43 %), de Russie (21 %), des Pays-Bas (11 %) et d’Algérie (8 %) ».

Bruno Le Maire affirme que le gel des prix sera maintenu

Cette situation la rend moins dépendante de la fluctuation des prix du gaz russe.

Le locataire de Bercy a affirmé que les ménages ne souffriraient pas d’une hausse des prix du gaz. Le bouclier tarifaire mis en place en octobre 2021, sera bien maintenu. Du 1er novembre 2021 au 30 juin 2022, aura lieu un gel des prix du gaz pour les particuliers. Cette mesure excluait auparavant les immeubles avec un chauffage collectif et les HLM. Elle a été étendue dernièrement à tous les logements.

En parallèle, les prix de l’électricité ont également été bloqués, pour préserver les ménages de la forte inflation.

1,2 Md mis au budget

Pour accompagner ce gel des prix, le gouvernement a déjà mis au budget 2022 1,2 milliard d’euros pour compenser la forte inflation sur les énergies (gaz et électricité). Néanmoins, la situation actuelle laisse paraître que le budget final s’élèvera à 3 milliards d’euros, pour couvrir l’ensemble des frais liés à la hausse des prix.

Et sur le long terme, quelles sont les alternatives pour l’approvisionnement ?

Si la France peut terminer l’hiver sur ses réserves de gaz, la question de la sécurité de l’approvisionnement se pose pour la fin de l’année 2022. Quelles sont les alternatives pour pallier le gaz russe ?

Algérie, fournisseur du sud de l’Europe

Actuellement, l’Algérie est le troisième pays fournisseur de gaz pour l’Europe. Elle alimente principalement le bassin méditerranéen : l’Espagne, le Portugal ou encore l’Italie.

Aujourd’hui, l’Algérie est géographiquement la meilleure alternative pour l’approvisionnement en termes de situation géographique. « L’Algérie a tout intérêt à se positionner sur le marché international du gaz en tant que producteur et exportateur stable et fiable qui peut répondre à certaines attentes de l’UE et incarner une solution à plus long terme » fait savoir Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève (Suisse).

Mais pour le moment, le pays n’est pas capable de pallier les volumes russes. D’autant plus que le pays utilise une grande partie de sa production pour son usage local.

Néanmoins, l’entreprise d’hydrocarbures algérienne, Sonatrach, a annoncé son souhait d’investir 40 milliards de dollars d’ici à 2026 dans l’exploration et le raffinage de gaz. Ces investissements pourraient permettre à l’Algérie de devenir sur le long terme la solution pour l’Europe.

Qatar : 2e exportateur mondial de GNL

Aujourd’hui, le pays est le 4e exportateur mondial. Ces principaux contrats sont négociés sur le long terme avec des pays d’Asie comme l’Inde ou le Bangladesh, de gros consommateurs. Une grande partie de sa production est également destinée à la production domestique.

Malgré de grands rapprochements avec les États-Unis, le pays est encore incapable d’allouer une partie de sa production gazière aux pays de l’UE, sauf revente des contrats en cours à prix fort. Mais ce n’est pas dans l’intérêt du Qatar de perdre ses premiers clients.

L’Australie : un exportateur lointain

En 2019, le pays océanique se hisse au 5e rang des exportateurs de gaz au monde. Elle exporte principalement vers le Japon, la Chine et la Corée du Sud. Une piste à explorer pour les pays européens.

L’Iran : en marge du marché du gaz

L’Iran est l’une des régions les plus riches en combustibles fossiles. En raison de ses différends géopolitiques, le pays est resté en marge des gros contrats gaziers.

Toutefois, il y a fort à parier que le pays ne puisse pas approvisionner tout de suite l’Europe. « Téhéran fait face à des problématiques têtues puisqu’il manque cruellement d’investissements, mais aussi d’installations » souligne Thierry Bros, professeur à Sciences Po et expert en énergie.

Les États-Unis : grand gagnant de la crise ?

Seulement 6 ans après la première exportation de Gaz naturel liquéfié (GNL), le pays de l’oncle Sam se hisse dans les premiers exportateurs mondiaux. Au cours des dernières années, les États-Unis ont développé activement leur réseau de production.

Depuis quelques années, ils vendent du gaz les pays européens, bien que la majorité de leurs produits partent pour leur consommation personnelle, mais aussi vers l’Asie.

La guerre en Ukraine a rebattu les cartes. Comme l’explique le Monde « Les États-Unis, dont la moitié des exportations est destinée à l’Asie, volent désormais au secours des Européens, avec des exportations quadruplées en un an (5 millions de tonnes en janvier) ». Les États-Unis pourraient donc vendre davantage de gaz en Europe dans les années à venir.

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Une crise qui impulse le développement des énergies renouvelables ?

Le conflit actuel démontre bien que la dépendance aux énergies fossiles n’est pas viable. Cela ravive plus que jamais le débat autour des énergies vertes et le besoin d’indépendance énergétique.

Le biogaz

Aussi appelé « gaz vert », c’est une énergie renouvelable. Il est issu d’un processus de méthanisation, c’est-à-dire de la fermentation de matières organiques, végétales ou animales qui, une fois privées d’oxygène, dégagent un gaz. Il est composé de méthane, CO2, sulfure d’hydrogène et de vapeur d’eau. Aujourd’hui, cette source d’énergie représente moins de 1 % de la consommation française.

Très souvent, on l’utilise pour les carburants de voiture, car il permet de remplacer le diesel et l’essence.

Au niveau des offres énergétiques, de plus en plus de fournisseurs proposent un contrat « biogaz » : TotalEnergies ou Planète Oui, par exemple. Les tarifs pratiqués sont un peu plus élevés que pour un contrat gaz naturel.

En 2021, plus de 1 000 projets de biogaz étaient en cours en France, ce qui permettrait d’atteindre l’objectif des 10 % de recours au biogaz d’ici 2030.

Énergie solaire

Le parc photovoltaïque est en pleine croissance et le président Emmanuel Macron a dernièrement annoncé sa volonté d’investir dans ce secteur et souhaite multiplier par 10 les capacités de production actuelle issue de l’énergie solaire.

Le gaz de schiste en embuscade ?

Depuis 2012, l’exploitation du gaz de schiste par fracture hydraulique a été interdite en France pour des raisons écologiques. En effet, cela implique d’injecter des produits chimiques dans le sol.

Néanmoins, la France disposerait de la deuxième plus grande réserve européenne après la Pologne. En exploitant cette ressource, certains détracteurs affirment que la France pourrait atteindre son indépendance énergétique complète.

La crise actuelle, si elle perdure, relancera-t-elle le débat ? D’ores et déjà l’importation de gaz de schiste est possible. Engie, le fournisseur historique de gaz a reconnu en importer des États-Unis au travers du contrat Mustang signé avec Cheniere Energy. Une importation dénoncée par des ONG, comme les Amis de la Terre.

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