Énergies : baisse des prix sur les marchés… mais pas des factures

Depuis le printemps 2023, les tarifs de l’énergie ne cessent de baisser sur les marchés de gros. Ils s’effondrent même puisque, par exemple, les prix de l’électricité ont depuis été divisés par 7 ! Cela n’empêche pas les factures des consommateurs de rester encore, en ce mois d’avril 2023, très élevées, malgré cette chute. Comment expliquer un tel décalage qui pourrait paraître, à première vue, plutôt illogique et anormal ? Peut-on espérer une diminution rapide de nos factures de gaz, d’électricité ou des prix à la pompe ? Choisir.com fait le point sur une situation que de nombreux consommateurs trouvent paradoxale.

baisse prix facture

Un effondrement des prix de gros de l’énergie qui ne se répercute pas (encore) sur nos factures

C’est une évolution qui est extrêmement marquée depuis juillet/août 2022. Sur les marchés de l’énergie, les prix de l’électricité, du gaz, ou du pétrole sont en baisse, et pas qu’un peu.

On assiste en effet à une énorme chute de ces tarifs. Sur les marchés de gros, entre l’été dernier et avril 2023, on est effectivement passé de :

  • 700 à 100 euros le mégawattheure (MWh) pour l’électricité. Le prix de celle-ci a donc été tout simplement divisé par sept ;
  • 340 à 50 euros le MWh pour le gaz ;
  • 120 à 80 dollars pour le baril de pétrole.

Il s’agit donc d’un véritable effondrement des cours qui a lieu depuis un peu moins d’un an. Cependant, cela ne se répercute encore pas du tout sur les factures des consommateurs. Celles-ci restent toujours aussi élevées depuis le début de la crise énergétique.

C’est même une évolution contraire à celle des cours qui est visible sur les factures. En effet, d’après l’INSEE, l’Institut national de la statistique et des études économiques, celles-ci ont encore continué à grimper depuis la flambée des prix de juillet 2022, d’environ 2 %.

Alors, cette question, des millions d’entreprises et de ménages français se la posent sans doute : pourquoi un tel décalage ? Puisque les prix de gros baissent, ne serait-il pas logique que les factures suivent une évolution parallèle ?

En fait, pas vraiment. Déjà, la réalité est que si la baisse des coûts est importante, elle reste pour autant toujours éloignée du niveau d’avant crise. Aujourd’hui, les prix demeurent trois fois plus élevés que lors de ces dix dernières années. Ensuite, il faut mieux comprendre comment fonctionne le marché de l’énergie pour saisir les raisons de l’existence de ce décalage. Dans les faits, les fournisseurs énergétiques vendent aujourd’hui de l’énergie qu’ils ont achetée à un producteur de gaz ou d’électricité il y a plusieurs mois de cela. Sauf que, au moment de cet achat, les prix sur les marchés internationaux étaient donc bien plus élevés qu’en avril 2023. Par conséquent, les tarifs appliqués aux consommateurs découlent logiquement de ce prix d’achat réalisé en amont.

Ce décalage est également valable pour le pétrole. Aujourd’hui, les prix publiés sont donc surtout ceux autour desquels se négocient des contrats entre producteurs et fournisseurs au sujet d’une livraison pour 2024.

De plus, certaines autres perturbations expliquent également le maintien de prix élevés pour les foyers et les entreprises françaises :

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À quelle évolution s’attendre pour nos factures d’ici quelques mois ?

Voilà une autre grande question que beaucoup doivent se poser : s’il y a un décalage de temps entre prix de gros et tarif appliqué sur la facture, quand cette baisse sera-t-elle enfin visible ?

Concernant le pétrole, la chute des coûts du baril devrait malgré tout se répercuter prochainement sur les prix dans les stations essence. En effet, selon certains observateurs, une baisse d’une vingtaine de centimes par litre à la pompe est envisageable d’ici quelques semaines seulement.

Pour le gaz et l’électricité, une grande partie des ménages ont encore des contrats au tarif réglementé. Ces derniers les protègent des grands écarts de prix sur leur facture… mais les empêchent aussi de profiter des baisses des tarifs.

« Le prix sur votre facture, […] il est fixe sur votre période contractuelle, donc pour le meilleur et pour le pire » fait justement observer Nicolas Goldberg, expert de l’énergie chez le cabinet de conseil Colombus Consulting. « […] Si les marchés augmentent, votre facture n’augmente pas. Par contre, si les marchés baissent, votre facture ne baisse pas non plus ».

Ainsi, pour les contrats réglementés, il faut compter un décalage d’au moins plusieurs mois pour qu’une éventuelle diminution des prix ne se répercute enfin sur les factures. Concernant les tarifs réglementés de l’électricité, cela ne devrait pas se produire avant février 2024.

Au niveau du prix du gaz, plus de questions se posent. En effet, le 30 juin 2023 prendra fin le tarif réglementé du gaz, même si le report de cette échéance a déjà été réclamé. Cela devrait également s’accompagner de la suppression du bouclier tarifaire à ce moment, mais ce dernier pourrait aussi finalement être prolongé. Beaucoup de questions se posent donc encore à l’heure actuelle. Le niveau des factures de gaz à l’automne prochain, avec ou sans ces protections, est donc encore une inconnue actuellement. Cette absence de visibilité n’est d’ailleurs sans doute pas pour rassurer quantité de ménages ou de professionnels.

En tout cas, ce qui apparaît plausible à l’heure actuelle, c’est qu’il faudra certainement patienter jusqu’à 2024 pour bénéficier de la chute actuelle des prix de gros de l’énergie. Sans attendre jusque-là, vous avez peut-être comme projet de changer de fournisseur d’électricité et/ou de gaz pour tenter de payer moins cher ailleurs ? Si tel est le cas, notre Comparateur Énergie vous sera certainement très utile. Grâce à lui, comparez simplement et facilement les différentes offres du marché et faites le choix qui vous convient. Des économies sur vos prochaines factures seront peut-être ensuite visibles !

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