Le réseau de transport : quelle réalité ?

Le réseau de transport électrique en France est constitué des lignes :

  • à haute tension (63 000 et 90 000 volts) ;
  • à très haute tension (225 000 volts et 400 000 volts).

Il s’agit des lignes aériennes soutenues par des pylônes d’une hauteur allant de 10 à 90 m. Plus leur hauteur est élevée, plus la tension est importante. Il existe également des lignes souterraines. Toutefois, elles sont peu nombreuses. Comme le rappelle le fournisseur ENI, « sur ce réseau, seulement 5 % des lignes est enterré ».

Dans l’Hexagone, on compte « 105 000 km de lignes Très Haute Tension (THT) et Haute Tension (HT) » d’après EDF. Ces lignes sont exploitées par RTE.

Il ne faut pas les confondre avec les lignes à basse et moyenne tension, utilisées pour la distribution. Celles-ci appartiennent à Enedis ou aux entreprises locales de distribution (ELD), dont nous expliquerons le rôle dans la suite de l’article. Elles sont fixées sur des poteaux en béton ou en bois. Ce réseau mesure environ 1,3 million de kilomètres.

Bon à savoir

Aujourd’hui, les lignes restent bien souvent aériennes. Toutefois, le réseau est amené à évoluer et à être de plus en plus enfoui. Comme le stipule EDF « la mise en souterrain des lignes de transport présente notamment l’avantage de protéger les lignes des effets du climat (tempêtes, chutes de neige, foudre …) ». En effet, elles ne peuvent pas être arrachées. D’autre part, les lignes souterraines ont l’avantage d’être invisibles. Elles sont bien plus appréciés des ménages puisqu’elles n’engagent aucune pollution visuelle. C’est la raison pour laquelle, les nouvelles lignes installées par RTE sont en majorité enfouies.

RTE : une entité en charge du transport d’électricité

RTE est une filiale d’EDF en majorité. Son actionnariat est réparti entre différentes entreprises :

  • EDF : 50,1 % ;
  • la Caisse des dépôts et consignations : 29,9 % ;
  • et CNP Assurances : 20 %.

Créé en 2000, RTE est l’acteur en charge du transport sur les lignes à haute tension. Mais, il n’en a pas toujours été ainsi.

L’ouverture à la concurrence s’est faite progressivement. Elle a débuté en 1999 avec la libéralisation du marché pour les industries et s’est poursuivie en 2004 avec l’ouverture pour le reste des professionnels. Elle s’est finie en 2007 sur le segment des particuliers.

Auparavant, EDF se chargeait de la production, du transport, de la distribution, mais aussi de la fourniture. L’ouverture à la concurrence a chamboulé le marché. Pour permettre à tous les fournisseurs de commercialiser l’électricité, les activités ont été séparées de la manière suivante :

  • la production gérée par EDF dans les centrales nucléaires et des producteurs indépendants ;
  • le transport géré par RTE ;
  • la distribution sur les lignes à moyenne et basse tension qui est l’apanage d’Enedis et des entreprises locales de distribution (ELD) ;
  • la fourniture. La commercialisation de l’électricité par les fournisseurs.

Pour faire un parallèle, le transport d’électricité peut être comparé aux lignes de fret ferroviaire ou au transport de marchandises par camion. Ces camions acheminent les produits depuis les centres de production jusqu’aux centres de distribution. Les paquets individuels sont repris par la Poste pour être distribués aux consommateurs. Pour l’électricité, c’est le même principe. Le transport est assuré par des acteurs indépendant et la distribution aussi.

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Les missions du transporteur d’électricité

Les missions du transporteur sont variées. Il doit acheminer l’électricité, alimenter les industries en électricité et faire en sorte de veiller à l’équilibre du réseau électrique. Voyons cela ensemble.

Transporter l’électricité sur les lignes à haute tension

L’une des missions principales de RTE est d’acheminer l’électricité sur les lignes à haute tension depuis les centres de production vers le réseau de distribution ou les industries.

Ce transport se fait grâce à de nombreuses interconnexions :

  • à la sortie des centrales, les électrons empruntent les lignes à très haute tension ;
  • l’électricité passe ensuite par un « poste source » qui la transforme en haute tension. On trouve environ 2200 postes sources en France.

Les lignes à haute tension peuvent arriver directement sur les sites industriels ou grands comptes qui ont besoin d’énergie. Par exemple, les industries métallurgiques, les gares, certains hôpitaux présentent une consommation d’énergie importante. Ils sont donc directement raccordés au réseau de transport.

Après un passage sur les lignes à haute tension, l’électricité passe par un nouveau transformateur. Elle est transformée en électricité moyenne tension. Puis, elle peut être transformée en basse tension dans l’un des 750 000 postes de transformation ou « postes de distribution ». Ainsi, elle peut arriver jusqu’au domicile du consommateur final. Au moment où elle passe du stade de haute tension au stade de moyenne tension, elle est récupérée :

  • par Enedis sur 95 % du territoire ;
  • une entreprise locale de distribution (ELD) sur 5 % du territoire (GEG, Electricité de Strasbourg, etc.).

La maintenance du réseau de transport d’électricité

En tant que transporteur d’électricité, RTE assure donc la maintenance des lignes électriques. Pour cela, RTE dispose de 4000 collaborateurs RTE. Ceux-ci peuvent être mobilisés jour et nuit.

RTE s’occupe de réparer les pannes via de la « maintenance curative ». Il résout les coupures de courant pour faire en sorte que l’électricité soit rétablie au plus vite.

Le transporteur est aussi investi d’une mission de « maintenance préventive ». Il se charge de prévenir les pannes en gérant l’entretien de toutes les lignes électriques.

Veiller à l’équilibre du réseau

Comme le souligne le gestionnaire de transport« l’électricité étant par nature difficile à stocker, il faut la consommer dès qu’elle est produite. C’est un tour de force que RTE réalise à chaque seconde : maintenir un équilibre permanent entre la production et la consommation d’électricité. »

Veiller à cet équilibre revient à anticiper la demande en électricité. En effet, la consommation électrique varie selon :

  • l’heure et le jour. En semaine entre 8 et 9 heures du matin, on fait face à un pic de consommation puisque les ménages entament leur journée ;
  • la météo. Plus, il fait froid, plus on a tendance à allumer les radiateurs électriques. De la même manière, plus il fait chaud plus on fait fonctionner la climatisation.

Au regard des pics et creux de consommation, RTE vérifie en permanence que l’électricité et la demande coïncident. En cas de demande excessive, si la production ne peut pas suivre, RTE doit faire en sorte d’éviter le black-out, la panne généralisée. Pour cela, il fait face à 3 choix :

  • importer de l’électricité des pays voisins. En effet, le réseau électrique est interconnecté à nos voisins européens pour faciliter l’import-export d’électricité.
  • le recours à l’effacement industriel. En échange d’avantages financiers, certaines industries acceptent de ralentir leur activité ou de passer sur des groupes électrogènes. Cela permet de soulager la demande. Selon les données de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), 40 % de la consommation énergétique française est liée aux industries ;
  • des délestages ponctuels. Des coupures d’électricité prévues pour soulager le réseau face à un pic de consommation. Ces coupures interviennent souvent par journée de grand froid quand la demande est dopée par les radiateurs électriques.

La dernière solution n’est jamais privilégiée. Elle est utilisée de manière très rare quand il n’est plus possible de faire appel à l’import d’électricité ni à l’effacement. Le but est de maintenir l’électricité dans des sites qui ne peuvent s’en passer comme les hôpitaux, les maisons de retraite, etc.

Ecowatt, une application pour les particuliers

Pour inciter les particuliers à adapter leur consommation à la production, RTE a lancé Ecowatt, il s’agit d’une application de « météo de l’électricité ». Région par région, elle se base sur un code couleur pour indiquer le niveau d’équilibre du réseau. Il fonctionne selon le principe suivant :

  • vert, quand la production est supérieure à la demande ;
  • orange, quand le réseau entre en tension, mais que les risques de coupures sont exclus ;
  • rouge, lorsque la demande supère la production et que la France peut faire face à des délestages.

Elle permet aussi de s’inscrire à l’alerte « vigilance coupure ». Comme le souligne RTE, « dans les cas rares où tous les besoins en électricité ne pourraient pas être couverts, des coupures locales, maîtrisées et d’une durée maximale de 2 heures pourraient être organisées ». Ecowatt enverra alors une notification aux particuliers inscrits à l’alerte.

À noter

Pour faire baisser sa consommation d’électricité, il est possible de faire appel à des opérateurs d’effacement pour les particuliers, comme Voltalis. Ces derniers installent un petit boitier connecté sur vos radiateurs et votre chauffe-eau électrique. Ils se basent sur les signaux reçus par RTE pour couper ponctuellement vos radiateurs électriques. Cette coupure d’une demi-heure maximum, n’induit pas de perte de température pour les ménages. En revanche mis bout à bout, tous ces délestages permettent de réaliser jusqu’à 15 % d’économies d’énergies pour les particuliers.

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Le TURPE, financer le transport de l’électricité

Le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (TURPE) permet de financer les actions de RTE. Son montant est déterminé par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) et révisé régulièrement. Explications.

RTE et Enedis : des TURPE différents

Le TURPE n’est pas un outil de financement simplement dédié à l’activité de RTE. En effet, le TURPE est divisé en deux sous-produits :

  • le TURPE HTA-BT qui finance les activités d’Enedis et des ELD. Il est payé par les consommateurs reliés au réseau de distribution (les consommateurs particuliers et la majorité des sites professionnels) ;
  • le TURPE HTB payé par les sites raccordés au réseau de transport (gestionnaires de réseaux de distribution et grandes industries). Il sert à financer les activités de RTE.

Ce ne sont donc pas les particuliers qui financent directement l’activité de RTE, mais Enedis, les ELD et les industries. Aujourd’hui, le TURPE HTB constitue 90 % des recettes de RTE. Les 10 % restants sont les revenus liés aux activités commerciales de RTE, comme les raccordements, et aux interconnexions (transformation d’énergie, import et export d’électricité, etc.).

Déterminer le montant du TURPE

Le montant des TURPE est fixé par la CRE. Il est fixé tous les 4 ans en fonction des budgets prévisionnels des gestionnaires de réseau de transport et de distribution. À l’heure actuelle, nous sommes encore au TURPE 5 depuis 2017. Le TURPE 6 entrera en vigueur au 1er août 2021.

Chaque année, il est révisé au mois d’août pour s’adapter à l’inflation. Il répond à quatre grands principes :

  • la péréquation tarifaire : un tarif identique sur l’ensemble du territoire. Le Turpe n’est pas plus élevé en Auvergne, en Pays de la Loire ou en Normandie. Il est le même dans chaque région ;
  • le timbre-poste : le tarif reste le même, quelle que soit la distance entre le centre de production et le site de consommation ;
  • la non-discrimination : le tarif reste le même quel que soit l’usage final fait de l’électricité ;
  • l’horosaisonnalité : le tarif change selon les heures et les jours en fonction de la demande et de la production. Cela permet d’inciter les consommateurs à limiter leur consommation d’énergie lorsque la demande est trop importante.

Ces principes sont les mêmes pour le Turpe HTA-BT et le TURPE HTB.

RTE et la transition énergétique

Aujourd’hui, le mix énergétique de la France est encore largement dominé par l’énergie nucléaire (70,6 % en 2019). Les énergies renouvelables ne représentent que 21,5 % de notre production d’électricité. Or, l’Hexagone s’est engagé à faire baisser la part du nucléaire à 50 % à l’horizon 2035. Pour cela, il doit atteindre 40 % de production d’électricité d’origine renouvelable en 2030.

RTE, en tant que chargé du transport de l’électricité, participe à la réalisation de ces objectifs. Sur son site institutionnel, il rappelle que « la mission de RTE est de combiner réussite de la transition énergétique et sécurité d’approvisionnement en électricité, 24 h/24 et 7 j/7, pour tous et au meilleur coût possible ».

L’élaboration de plans régionaux

RTE élabore en lien avec les collectivités locales les « Schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables » (S3REnR). Celui-ci fait état du potentiel de la région en matière de production d’électricité via des sources d’énergies renouvelables.

Il détaille :

  • les travaux d’investissement à réaliser pour assurer la création ou la maintenance des infrastructures renouvelables (photovoltaïques, éoliennes, hydrauliques, biomasses, etc.) ;
  • les coûts prévisionnels et la part de financement qui incombe à chaque acteur ;
  • le calendrier prévisionnel ;
  • le bilan des schémas précédents.

Un travail de concert avec Enedis

Afin de faciliter la transition énergétique, RTE doit pouvoir prévoir l’évolution de la demande en électricité. Pour cela, il s’appuie sur les Smart Grids, les réseaux électriques intelligents. Il utilise les données agrégées par les compteurs Linky. Déployé par Enedis, Linky est un compteur intelligent et connecté. Il relève la consommation des professionnels et des particuliers au quotidien et l’envoie à Enedis.

En compilant les données de manière anonyme et cryptée, RTE peut se rendre compte des besoins en électricité des Français. Il peut ainsi privilégier l’injection d’énergies renouvelables sur le réseau.

L’information sur le mix énergétique

D’autre part, RTE assure une mission d’information auprès des particuliers et des entreprises. Sur sa plateforme éCO2Mix, il précise jour par jour et heure par heure, la part de chaque énergie dans la production d’électricité. Il est possible de compiler les données pour se donner une idée de l’évolution du mix chaque semaine ou chaque mois. Ainsi, en novembre 2020, le mix énergétique a été réparti de la manière suivante :

  • 70,05 % pour le nucléaire ;
  • 10,03 % pour l’énergie hydraulique ;
  • 9,81 % pour les centrales thermiques ;
  • 6,98 % pour les éoliennes ;
  • 1,68 % pour les bioénergies ;
  • 1,45 % pour le solaire.

Bon à savoir

Bénéficier des énergies renouvelables, c’est possible ? Oui, il suffit de souscrire à une offre d’électricité verte. Et, ce n’est pas forcément plus cher qu’une offre d’électricité classique. Pour trouver l’offre au meilleur prix, vous pouvez utiliser un comparateur d’électricité en ligne ou téléphoner aux experts de Choisir.com. L’appel est gratuit et sans engagement.

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