Le parc éolien en France

Issue d’une ressource renouvelable et inépuisable, l’énergie éolienne est générée par la force du vent. Au premier semestre de 2022, elle représente 7,8 % de la consommation d’électricité renouvelable en France, un chiffre en baisse par rapport à l’année précédente. Mais qu’est-ce que l’énergie éolienne ? Comment est-elle produite à travers le territoire métropolitain et quel est son avenir ? Choisir.com vous présente tout ce qu’il faut savoir sur le parc éolien en France, ses avantages, ses inconvénients, son déploiement, mais aussi le coût qu’il représente.

Parc éolien France

Qu’est-ce qu’une éolienne ?

Munie de plusieurs pales installées en haut d’un mât, l’éolienne est une structure servant à convertir l’énergie cinétique du vent en une énergie mécanique afin de fabriquer de l’électricité.

Les origines de l’énergie éolienne

Utilisée depuis l’Antiquité, l’énergie éolienne utilise une ressource énergétique gratuite et abondante, le vent. Voici sa petite histoire.

Une énergie utilisée depuis des millénaires

Dans l’Antiquité, le vent était déjà un allié efficace pour actionner les grandes pales des moulins. C’est à l’aube des années 1000 que les pays de l’actuelle Europe bâtissent des moulins à vent pour obtenir de la farine, de l’huile ou encore pour pomper l’eau qui servait à irriguer les cultures.

Durant l’ère industrielle (fin du XVIIIe siècle), les moulins ont laissé place à des minoteries chargées de broyer les céréales en farine. À cette époque, l’énergie éolienne (majoritairement utilisée) est peu à peu remplacée par des ressources énergétiques d’origine fossile, comme le charbon. Nous le savons aujourd’hui, cela aura des conséquences désastreuses pour la planète.

Bien que mise à l’écart par l’industrie, l’énergie éolienne continue à être utilisée à des fins domestiques. En 1887, en Écosse, le professeur James Blyth conçoit le premier moulin à vent destiné à la production d’énergie électrique. Le courant produit servait à alimenter son chalet. Son invention, qui n’a pas connu le succès escompté, se fera vite oublier.

Il faudra attendre le XXe siècle pour que l’énergie éolienne soit de nouveau considérée.

Les débuts de l’éolien en France

C’est sous l’impulsion du programme Eole 2005 datant de 1996 que l’idée de créer des parcs éoliens en France a été émise. Ce programme concernait les départements d’outre-mer et n’a pas eu le succès escompté.

Quelques années plus tard, la loi du 10 février 2000 portant sur la modernisation et le développement du service public de l’électricité rend obligatoire pour tous les distributeurs non nationalisés, dont EDF, l’achat de l’électricité renouvelable qui est produite sur le territoire. En même temps, une réglementation fixe les modalités d’achat et le coût de cette électricité injectée dans le réseau de distribution de l’électricité français.

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Fonctionnement d’une éolienne

Nous l’avons vu, une éolienne sert à capter l’énergie du vent. Il en existe deux types, avec un axe vertical ou horizontal. Pour actionner le générateur ou la pompe à laquelle elles sont reliées, certaines utilisent la force de portance du vent (le mouvement est perpendiculaire aux pales), tandis que d’autres captent la traînée du vent (le mouvement est horizontal par rapport aux pales). Voici comment elles fonctionnent.

L’éolienne à axe vertical

Les éoliennes munies d’un axe vertical ont une esthétique bien différente des modèles horizontaux. Elles se distinguent grâce à leur rotor qui est muni de pales tournant autour d’un axe vertical. Il en existe trois grands types :

  • l’éolienne de type Darrieus est constituée de pales hélicoïdales, paraboliques ou verticales. Inventée par l’ingénieur français Georges Darrieus en 1931, cette éolienne utilise la force de portance du vent. Elle peut fonctionner lorsque les vents sont très forts, jusqu’à 220 km/h. Cependant, dans des conditions extrêmes, les pales souffrent de la puissance des vents ;
  • l’éolienne de type Savonius a été inventée en 1924, par le finlandais Sigurd Savonius. Le rotor est constitué de demi-cylindres qui sont fixés sur un axe vertical et qui sont entraînés par la force de traînée du vent. Le fonctionnement est simple, le vent s’engouffre dans l’un des demi-cylindres qui va emporter les autres dans un mouvement perpétuel. Silencieuse et de faible envergure, ce type d’éolienne convient parfaitement aux installations urbaines ;
  • l’éolienne à voilure tournante, aussi appelée panémone (comme les moulins), est constituée de pales verticales habillées de voiles et fixées sur des bras horizontaux. Sous l’effet du vent, les pales tournent et actionnent le générateur. Leur avantage est de suivre l’angle du vent, pour profiter au maximum de sa puissance.

Ces modèles d’aérogénérateurs ont plusieurs avantages :

  • ils captent les courants venteux faibles (en dessous de 15 km/h), ce qui leur permet de tourner de façon plus régulière ;
  • leur entretien est plus simple grâce au générateur qui se trouve au pied du mât ;
  • une batterie est couplée au générateur pour stocker l’électricité produite.

Cependant, ce type d’éolienne offre un rendement inférieur par rapport aux modèles à axe horizontal.

L’éolienne à axe horizontal

L’éolienne à axe horizontal, celle que l’on trouve le plus souvent en France, utilise la force de portance du vent pour actionner le générateur. Elle se compose de plusieurs éléments :

  • le mât, dont la hauteur varie entre 50 et 130 mètres, selon les contraintes géographiques ;
  • le rotor, muni généralement de 3 pales mesurant de 25 à 60 mètres de long. Ces dernières sont maintenues par le moyeu ;
  • la nacelle, située au sommet du mât, qui sert à faire fonctionner l’éolienne en abritant différents composants, dont l’arbre qui est relié au générateur électrique ;
  • l’armoire de couplage, au pied du mât, qui est reliée aux lignes électriques servant à acheminer le courant produit vers le réseau d’électricité.

Lorsque les vents atteignent 15 km/h, le rotor muni de pales se met en marche. Sous son action, l’arbre situé dans la nacelle est entraîné et produit une énergie que le générateur va transformer en électricité.

L’électricité ainsi produite est envoyée vers l’armoire de couplage qui l’achemine vers le réseau de distribution afin que les consommateurs puissent l’utiliser. Ce réseau est géré par RTE, Réseau de transport de l’électricité.

Des pales à l’arrêt par vent fort

Par mesure de sécurité, dès que les vents atteignent une vitesse de 90 km/h, les éoliennes cessent automatiquement de fonctionner.

Les éoliennes installées en France

En France, comme partout ailleurs dans le monde, on distingue deux types d’utilisation de l’éolienne :

Une fois cette différenciation faite, attardons-nous sur les éoliennes industrielles. Sur notre territoire, ce sont celles avec un axe horizontal qui sont les plus répandues. Elles sont regroupées en parcs éoliens installés en mer ou sur terre.

Offshore : situés en pleine mer

L’éolien offshore est une technique récente qui profite des dernières technologies mises en œuvre par les ingénieurs turbiniers. Que ce soit dans la Manche, en mer du Nord ou dans l’océan Atlantique, la France comporte un vaste littoral où les vents sont puissants et où l’éolien en mer (ou offshore) est envisageable. Ces éoliennes permettent de générer de grandes quantités d’électricité.

Deux types d’éoliennes en mer

Lorsqu’elle est installée au milieu de l’eau, l’éolienne peut être :

  • posée : fixée au sol marin dans des zones où la mer est peu profonde ;
  • flottante : embarquée sur une barge, ce qui permet de placer ces éoliennes loin des côtes, sans se soucier de la profondeur marine.

Le choix de l’une ou l’autre structure dépend notamment des contraintes géographiques. Par exemple, en Méditerranée, les projets ne concernent que de l’éolien flottant (comme c’est le cas à Gruissan, Leucate Le Bacarés ou encore à Faraman Port-Saint-Louis-du-Rhône). Dans l’océan Atlantique, en revanche, les projets réunissent aussi bien de l’éolien flottant que de l’éolien posé.

Les difficultés rencontrées

Cependant, les éoliennes en mer, qu’elles soient posées ou flottantes, doivent faire face à quelques éléments incontrôlables : la force des courants et les marées qui peuvent abîmer les structures.

La difficulté de l’ancrage sur le fond marin pour l’éolien posé est aussi un frein au développement des parcs offshore. C’est pour cela que les éoliennes flottantes ont été développées. Capables d’aller chercher le vent où il est fort et stable, elles sont simples à installer et peuvent être positionnées en haute mer, où le vent est puissant. Ces caractéristiques permettent de générer de grandes quantités d’électricité.

Onshore : installés sur la terre ferme

Il n’est pas rare de croiser le long des autoroutes françaises des éoliennes terrestres ou onshores. Ancrées au sol, elles constituent les fermes éoliennes terrestres.

Bien que similaires, ces éoliennes sont de tailles et de puissances variées. Les modèles de dernières générations permettent de produire plus d’électricité que les versions anciennes. Par exemple, dans les années 1980, les éoliennes généraient quelques centaines de kilowatts d’électricité alors que les modèles les plus récents permettent à un parc éolien de fournir en moyenne 10 MW par an (source : ministère de la Transition écologique).

Les avantages et les inconvénients de l’éolien

Produire de l’électricité à partir d’une ressource naturelle inépuisable est une promesse alléchante. Découvrez quels sont les avantages et les inconvénients de cette énergie verte.

Les avantages de l’énergie éolienne

Facilement exploitable, la force du vent permet de produire de grandes quantités d’électricité qui est injectée dans le réseau électrique français. Elle a aussi d’autres atouts.

Une ressource inépuisable

Le vent est un mouvement d’air provoqué par le réchauffement solaire qui est inégal à travers la surface de la Terre. Cela crée différentes zones de pressions atmosphériques qui génèrent des courants d’air à l’origine de ce qu’on appelle le vent.

Cette ressource énergétique se trouve à travers tout le territoire, mais elle est plus abondante et puissante le long des côtes ou dans de nombreux couloirs venteux, comme dans la vallée du Rhône ou en Corse.

Une énergie propre

L’énergie éolienne est considérée comme propre. Son exploitation ne génère pas de dioxyde de carbone responsable du réchauffement climatique. L’utiliser et la développer et donc un véritable enjeu pour notre pays.

De plus, les terrains utilisés pour installer une éolienne ne sont pas pollués. Ils peuvent donc continuer à être exploités, que ce soit dans le cadre d’activités agricoles ou industrielles.

Un démantèlement facile

Nous l’avons vu précédemment, les évolutions technologiques permettent aux fabricants d’éoliennes, appelés des turbiniers, de proposer des modèles toujours plus performants. Ainsi, grâce à un démantèlement peu fastidieux, les gestionnaires des parcs éoliens peuvent remplacer les modèles vieillissants par des versions de nouvelles générations qui produisent encore plus d’électricité.

C’est d’ailleurs ce qu’il se passera dans les prochaines années. Les premières éoliennes mises en services au début des années 2000 arrivent en fin de vie et seront remplacées par des modèles hautement performants, capables de fournir une puissance supérieure à celle actuellement en place.

En fin de vie, les éoliennes sont presque entièrement recyclées car elles sont constituées essentiellement d’acier et de matières plastiques. Elles n’engendrent aucune pollution sur le site où elles sont installées.

Le saviez-vous ?

La durée de vie d’une éolienne industrielle est estimée à 20 ans en moyenne. Cela permet de renouveler régulièrement le parc afin de profiter des derniers modèles plus performants que les anciens.

Des parcs qui prennent le large

Grâce au développement de l’éolien offshore, des projets de fermes éoliennes installées en pleine mer voient le jour. Cela permettrait de profiter de vents plus puissants et ainsi d’optimiser le rendement de chaque structure.

Par ailleurs, le potentiel de l’éolien en mer est grand, car il n’est pas encore pleinement utilisé. La France s’est d’ailleurs fixé des objectifs pour ses parcs éoliens offshores. De ce fait, d’ici 2023, la capacité de production devrait passer à environ 2,4 GW (gigawatt) et à près de 5 GW pour 2028. Cela concerne à la fois l’éolien en mer posé et flottant.

Faire face aux besoins locaux

L’énergie produite par les éoliennes peut être injectée dans le réseau d’électricité ou servir à alimenter des installations locales. Ainsi, il arrive que des fermes éoliennes soient utilisées pour répondre aux besoins d’une ville ou d’une partie du territoire où elles se trouvent.

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Les inconvénients de cette énergie issue du vent

Présentant de nombreux avantages, l’éolien a aussi quelques inconvénients.

Le vent, une ressource énergétique imprévisible

L’imprévisibilité du vent rendrait impossible une production électrique 100 % éolienne sur tout le territoire. C’est pour cela qu’elle est utilisée en supplément d’autres ressources énergétiques, vertes ou fossiles.

Pour ces mêmes raisons, il est difficile de dire avec exactitude combien d’électricité éolienne sera produite au cours d’une année. Le vent est une donnée variable, il n’a jamais la même force d’une année à l’autre ou même au cours de deux journées successives.

Cependant, les turbines étant plus performantes grâce aux dernières inventions, les chiffres restent stables et sont, certaines années, en progression.

L’Allemagne, un exemple à ne pas suivre

Premier producteur d’énergie éolienne en Europe, l’Allemagne fait figure de bon élève grâce à ses nombreux parcs éoliens. Et pourtant, à cause de l’imprévisibilité des vents, le pays est obligé de remettre en marche certaines centrales à charbon pour pallier les besoins en électricité des consommateurs finaux allemands. En France, c’est l’énergie nucléaire qui couvre une grande partie des besoins en courant. Bien que d’origine fossile, cette électricité émet peu de dioxyde de carbone.

Des structures qui font grand bruit

Accusées de pollution sonore, les éoliennes n’ont pas la cote auprès des habitants situés près des parcs. Et pour cause, à pleine puissance, les pales peuvent émettre un bruit supérieur à 100 décibels, le seuil de douleur sonore étant situé à 120 dB. 100 dB équivalent au bruit d’un marteau-piqueur situé à 2 mètres de soi. En éloignant au maximum les parcs éoliens des habitations, les installateurs cherchent à réduire au maximum la gêne occasionnée par le bruit.

Face au bruit de l’éolien terrestre, les installations en mer peuvent être la solution pour rendre ces structures moins dérangeantes.

Des mâts peu esthétiques

Certains dénoncent également la pollution visuelle causée par les éoliennes. Elles sont pourtant généralement installées loin des habitations, en plein champ, en bordure d’autoroutes ou de voies ferrées. Pour rendre l’installation harmonieuse, les constructeurs alignent les éoliennes, pour qu’une fois dans l’axe, on distingue seulement une ligne.

Par ailleurs, des designers s’associent aux constructeurs pour proposer des modèles plus esthétiques. C’est le cas, par exemple, de l’éolienne domestique décorative Wind 1000, dessinée par Philippe Starck, qui est un modèle de type Darrieus à axe vertical. Elle est cependant destinée à une utilisation domestique et permet aux particuliers d’opter pour un modèle design.

Des zones de développement restreintes

Bien que la France ait de quoi développer aussi bien des parcs éoliens terrestres que des fermes offshores, les zones d’installations sont limitées. En effet, pour pouvoir installer un groupe d’éoliennes, il faut que les structures soient :

  • placées dans une zone venteuse ;
  • en conformité avec les contraintes géologiques et écologiques des environs (ne pas se trouver dans un couloir de migration d’oiseaux, par exemple) ;
  • situées à l’écart des habitations, à l’heure actuelle un minimum de 500 mètres est à respecter.

La distance obligatoire entre une éolienne industrielle et les habitations

La loi Grenelle II du 12 juillet 2010 prévoit une distance d’éloignement de 500 mètres entre les fermes éoliennes et les habitations. Cette distance étant insuffisante pour pallier les nuisances sonores et les risques, de chute notamment. L’article 11 de la proposition de loi nº 2571 pour un développement responsable et durable de l’énergie éolienne du 14 janvier 2020, envisage de fixer un multiplicateur qui serait de 8 fois la hauteur d’une éolienne (pales comprises). Ainsi, pour une éolienne de 180 mètres de haut, la distance minimale à respecter par rapport aux premières habitations serait de 1,44 kilomètre. En France, les éoliennes mesurant en moyenne 135 mètres, cette loi permettrait de fixer une distance d’éloignement de 1 kilomètre minimum.

Des éoliennes qui nuisent aux activités locales

L’installation d’éoliennes, qu’elle soit fixe ou flottante, ne doit pas gêner la navigation des bateaux ou encore le travail des pêcheurs. Les aérogénérateurs doivent donc être installés à l’écart de certains axes fréquentés. Cependant, en éloignant les éoliennes des couloirs de circulation maritime, leur emplacement peut impacter de nombreuses activités, comme la pêche qui, dans différentes régions côtières françaises, joue un rôle majeur dans l’économie locale. C’est notamment le cas en Bretagne, dans la Manche ou encore dans la baie de Saint-Brieuc (zone riche en coquilles St Jacques) où les projets éoliens sont en pleine expansion. Ici, les marins s’inquiètent de l’impact des mâts sur la biodiversité. La pollution à l’aluminium est également un problème majeur dans ces zones fragiles.

Les coquilles St Jacques perturbées par les éoliennes

Dans la baie de St Brieuc, le gisement naturel de coquille Saint Jacques (le plus grand de France avec ses 150 000 hectares) a été déplacé de 6 km avant le début des forages des futures éoliennes posées. Actuellement, la sensibilité des coquillages au bruit et aux vibrations est fortement dénoncée par les pêcheurs qui voient au quotidien l’impact des éoliennes sur leurs activités. Dans la Manche aussi, les marins cultivant la coquille Saint-Jacques s’inquiètent des nuisances provoquées par les aérogénérateurs. Dans ces zones, la pêche du mollusque joue un rôle essentiel dans l’économie locale.

Le développement des parcs éoliens en France

Les parcs éoliens en France sont nombreux, ils permettent d’injecter chaque année encore plus d’électricité issue des vents dans le réseau.

Les règles à respecter pour installer un parc éolien en France

En France, pour construire et exploiter un parc éolien, il est nécessaire de se conformer à de nombreuses réglementations imposées par les Codes :

  • de l’énergie ;
  • de l’environnement ;
  • de l’urbanisme ;
  • forestier.

Des prescriptions techniques sont également à suivre, précisées par les arrêtés du 26 août 2011, du 20 novembre 2015 et du 23 novembre 2015.

Toutes ces contraintes ralentissent l’exécution des projets qui mettent plusieurs années à prendre forme.

Par ailleurs, certaines régions, comme les Hauts-de-France qui comptent plus de 1 800 éoliennes, estiment leur capacité atteinte. Produisant près d’un quart de l’énergie éolienne injectée dans le réseau de distribution de l’électricité, la région met un frein aux nouveaux projets.

Quelques chiffres encourageants pour 2022

Les chiffres annoncés au premier trimestre 2022 font état d’une production d’électricité éolienne de 11,7 TWh, soit 10,3 % de l’électricité verte consommée à travers le territoire métropolitain durant ce trimestre. En comparaison, pour toute l’année 2021, le résultat a été de 37 TWh (source : Chiffres clés des énergies renouvelables – Édition 2022). Ce chiffre est encourageant, il se rapproche des objectifs imposés par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, mais aussi par la Directive européenne sur les énergies renouvelables, qui prévoient une part des énergies vertes (toutes confondues) de 32 % en 2030.

La part de l’éolien par rapport au mix énergétique

L’éolien joue un rôle important dans la production d’énergies vertes sur le territoire. Tout comme l’énergie hydraulique ou solaire, l’énergie éolienne sert à alimenter les consommateurs finaux qui sont les particuliers, les entreprises et les collectivités. D’autres ressources, comme le bois ou les biocarburants, sont produites pour un usage domestique et ne sont pas injectées dans le réseau de transport de l’électricité.

Selon les données pour 2021 publiées par le SDES, l’éolien représente une part de 10,3 % sur la totalité de la production d’énergies renouvelables. Le bois génère 35,1 % de l’énergie verte consommée, tandis que les installations hydroélectriques ont permis de produire 16,3 % du courant utilisé. Le solaire photovoltaïque est loin derrière avec une part qui s’élève à seulement 4,2 % :

La part des énergies renouvelables en France  –  Année 2021
Bois35,1 %
Hydraulique16,3 %
Biocarburants10 %
Éolien10,3 %
Pompes à chaleur11,9 %
Biomasse4 %
Solaire photovoltaïque4,2 %
Biogaz4,4 %
Autres (géothermie, énergies marines, etc.)3,8 %

La France, un pays au fort potentiel éolien

Tous les pays situés sur le continent européen ne jouissent pas du même potentiel éolien que la France. Ouvert sur de nombreuses mers, le territoire français se classe en seconde position pour son « gisement » éolien en mer, après le Royaume-Uni. Et pourtant, le pays n’exploite pas pleinement ce potentiel.

Par rapport à d’autres pays européens, la France a de nombreux atouts :

  • les installations éoliennes terrestres sont amenées à se développer massivement dans les prochaines décennies, alors que le Danemark par exemple est saturé en éoliennes onshores ;
  • grâce à ses eaux, la France a toutes les capacités d’accroître ses projets éoliens offshores.

Le saviez-vous ?

L’Europe détient le premier marché d’énergie éolienne en mer au monde. Une richesse dont la France s’octroie une grande part grâce à son important gisement éolien.

Les régions qui produisent le plus d’énergie éolienne

La majorité des régions françaises produisent de l’énergie éolienne, excepté certains départements du Sud-ouest dont nous allons parler ultérieurement. Voici un tableau représentant les régions métropolitaines connectées au réseau de distribution de l’électricité, avec le nombre de parcs et la puissance électrique qu’ils génèrent en MW (1 Mégawatt = 1 million de watts) :

Région Résultats au 31/03/2022*
Nombre d’installationsPuissance (en MW)
Auvergne-Rhône-Alpes102600
Bourgogne-Franche-Comté101994
Bretagne1781 144
Centre-Val de Loire1361 392
Corse318
Grand Est4294 226
Hauts-de-France5335 389
Île-de-France14127
Normandie124914
Nouvelle-Aquitaine1591 390
Occitanie1931 655
Pays de la Loire1481 150
Provence-Alpes-Côte d’Azur18113
TOTAL (pour la France métropolitaine)2 13819 112

On remarque clairement que les Hauts-de-France, la région Grand Est, et l’Occitanie se distinguent grâce à une production élevée d’énergie éolienne. Ceci s’explique par des territoires qui se prêtent à l’installation de centrales électriques utilisant le vent pour produire du courant.

Malgré son grand espace, l’Auvergne-Rhône-Alpes produit peu d’énergie éolienne. En revanche, cette région est le premier producteur d’énergie hydraulique en France, grâce à des paysages qui offrent la possibilité d’installer des barrages hydroélectriques.

Dans les départements d’Outre-mer, la production d’énergie éolienne est répartie de la manière suivante :

Département d’outre-mer Résultats au 31/03/2022*
Nombre d’installationsPuissance (en MW)
Guadeloupe1152
Martinique114
Guyane00
La Réunion215
Mayotte00
TOTAL1480
*Source : Ministère de la Transition écologique, SDES (Données et études statistiques), d’après ERDF, RTE, EDF-SEI, CRE et les principales ELD.

Au 31 mars 2022, la production d’électricité d’origine éolienne en France métropolitaine a été de 19 112 MW, soit 19,11 GW. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a pour objectif d’atteindre les 24,6 GW (ou 24 600 MW) de puissance installée d’ici à 2023. Il reste donc un long parcours à faire et de nombreux territoires à conquérir pour arriver au but fixé.

L’exception de l’ancien territoire aquitain

De la Gironde aux Pyrénées-Atlantiques, en passant par la Dordogne, les Landes et le Lot-et-Garonne, ce vaste territoire occupant l’ancienne région d’Aquitaine fait figure d’exception en France. En effet, aucun parc éolien n’est encore installé dans ces départements (en 2022). La raison de cette absence d’éoliennes s’explique par la complexité du paysage relativement plat. Cette configuration oblige à aller chercher les vents à des hauteurs supérieures à 100 mètres (taille moyenne des mâts d’éolienne). Pour pallier cette difficulté, les turbiniers proposent aujourd’hui des éoliennes atteignant 200 à 210 mètres de haut, ce qui pourrait régler le problème. Grâce à ces innovations, des projets sont en cours d’étude pour l’installation de parcs éoliens terrestres. En Gironde, c’est le Médoc et le Blayais qui ont été retenus.

Dans le nord de la Gironde, au cœur des vignobles médocains, le projet d’un parc éolien de 12 structures n’a pas reçu un avis favorable par le commissaire chargé d’enquêter sur la faisabilité du projet. Les lieux retenus accumulent les points négatifs. Situées au milieu des forêts de pins sensibles aux incendies estivaux, les éoliennes risqueraient, selon les opposants au projet, d’être heurtées par les canadairs. Elles pourraient également freiner la tâche de ces avions bombardiers d’eau déployés pour éteindre les feux de forêt fréquents durant l’été. Les ornithologues et les protecteurs des écosystèmes avancent quant à eux que les éoliennes seraient installées dans un couloir de migrations des oiseaux et que de telles structures nuiraient à l’orientation des volatiles.

Cependant, malgré l’absence de production d’électricité éolienne, la Gironde et les départements d’ancienne Aquitaine se défendent en produisant de grandes quantités d’énergie solaire. En effet, l’ensoleillement et l’absence de reliefs sur ces territoires rendent les installations solaires particulièrement rentables.

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Le déploiement de l’éolien offshore en France

Depuis quelques années, les projets de fermes éoliennes placées en mer sont de plus en plus nombreux. Le potentiel de ce type d’installations d’énergie renouvelable est grand. Grâce au développement de la filière, les objectifs de produire 40% d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2030 sont facilement atteignables.

2022, un premier parc éolien en mer est mis en service

En septembre 2022, le président Emmanuel Macron a inauguré le premier parc éolien offshore de France. Il se trouve au large de Saint-Nazaire, sur la côte Atlantique. L’appel d’offre pour ce projet a été lancé en 2011, il a donc mis près de 11 ans à aboutir.

Voici les caractéristiques de ce parc aussi nommé « Banc de Guérande » :

  • 80 éoliennes posées (fondations de type monopieux) ;
  • 6 MW de puissance par éolienne (Haliade 150 avec un mât de 100 mètres de hauteur) ;
  • 480 MW de puissance totale ;
  • 78 km² de superficie ;
  • entre 12 et 20 km de distance par rapport à la côte.

Mise en service depuis la fin de l’année 2022, ce groupe d’éoliennes permet de couvrir 20 % de la consommation en électricité de la Loire Atlantique.

Des projets en cours sur différents littoraux

La mise en service du parc éolien de Banc de Guérande en 2022 a mis en lumière les différents projets en cours.

Ville ou territoire rattachéPuissance du projetType d’éoliennesDate estimée de mise en service
Dunkerque600 MWPosées2027
Dieppe – Le Tréport500 MWPosées2026
Fécamp500 MWPosées2023
Centre-Manche1 MWPosées2030
Centre-Manche 21,5 GWPosées2031
Courseulles-sur-mer450 MWPosées2024
Saint-Brieuc500 MWPosées2023
Groix – Belle-Île28 MWFlottantesEn essai (pilote)
Sud Bretagne250 MWFlottantes2030
Île d’Yeu – Noirmoutier500 MWPosées2025
Sud Atlantique1 GWPosées2030
Leucate – Le Bacarés30 MWFlottantesEn essai (pilote)
Gruissan30 MWFlottantesEn essai (pilote)
Méditerranée2 x 250 MWFlottantes2030
Faraman – Port-Saint-Louis-du-Rhône25 MWFlottantesEn essai (pilote)

On le voit, la Méditerranée accueille uniquement des projets de parcs d’éoliennes flottantes. En Bretagne et en mer de Manche, les mâts sont fixés dans les fonds marins afin d’y rester durablement, alors que leurs homologues flottants peuvent être déplacés.

Une fois de plus, on constate que la Nouvelle Aquitaine n’est pas favorable aux installations d’éoliennes en mer. Cependant, un projet en cours, nommé Sud Atlantique, devrait voir le jour au large de La Rochelle (en Charente-Maritime). Il va totaliser une puissance comprise entre 500 et 1000 MW.

L’éolien : un projet coûteux ?

Parmi les arguments contre les projets éoliens, le coût de telles structures est mis en avant, que ce soit lors de la construction ou tout au long de son utilisation.

Le coût du matériel et de l’installation

Que ce soit pour une éolienne en mer ou sur terre, le montant de l’installation est élevé. Pour cette raison, il doit être rapidement rentabilisé par la vente de l’électricité produite.

Éolienne onshore

Une étude réalisée en 2017 révèle que le coût de l’installation d’une éolienne, matériel et travaux compris, est situé entre 1 300 et 1 400 € (source : ADEME) pour 1 kW, soit environ 1,3 million d’euros pour 1 MW. Pour une éolienne de 2 MW, son coût revient à près de 2,6 millions d’euros.

La structure de l’aérogénérateur représente près de 75 % du coût total. La mise en œuvre des fondations, l’installation électrique ou encore la location des terrains font elles aussi monter le prix.

Éolienne offshore

Les éoliennes en mer produisent plus d’énergie que leurs homologues terrestres. Prenons l’exemple d’un parc éolien de 1 GW. Pour installer les aérogénérateurs offshores, le ministère de l’Écologie rapporte que l’investissement serait de l’ordre de 1,5 à 3 milliards d’euros. Comparé au prix pour 1 MW, cela est supérieur au coût d’une éolienne terrestre.

Le coût de l’exploitation d’une éolienne

La maintenance d’une éolienne et son coût annuel d’exploitation sont situés entre 20 et 25 % du prix de vente de l’électricité. Ainsi, le coût total de production de l’éolien terrestre en France se situe entre 54 €/MWh et 108 €/MWh (source : ADEME). Ce coût est répercuté sur le Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE) et donc facturé aux consommateurs finaux.

La rentabilité d’un parc éolien

Nous venons de le voir, l’installation et l’entretien d’une éolienne coûtent cher. Cependant, pour qu’un parc éolien soit rentable, il faut que l’éolienne fournisse un maximum de puissance et donc d’électricité. Et pour cela, il faut du vent !

Ainsi, il est estimé qu’un parc éolien terrestre devient rentable dès que sa vitesse moyenne annuelle dépasse 6 ou 7 m/s. En d’autres termes, pour couvrir les frais investis, une éolienne doit tourner entre 21 et 25 km/h au minimum (source : Ministère de l’Écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer).

Ces chiffres démontrent à quel point il est important d’étudier minutieusement les projets d’installation et de placer les éoliennes aux meilleurs endroits sur le territoire. Par ailleurs, une éolienne performante qui tourne efficacement pendant une vingtaine d’années a vite amorti son coût d’installation.

Pour l’éolien en mer, la rentabilité est également bonne. La force des vents en mer permet à ces structures de fonctionner à plein régime. L’énergie générée offre donc la possibilité d’optimiser les coûts d’investissement.

L’intérêt de consommer de l’énergie éolienne

Injectée dans le réseau de distribution de l’électricité français, l’énergie éolienne produite en France permet de diminuer la dépendance du pays face aux énergies fossiles. Elle a également des enjeux écologiques.

En finir avec les énergies fossiles

Les centrales nucléaires qui produisent l’énergie que nous consommons aujourd’hui utilisent de l’uranium. Bien que ces centrales thermiques ne rejettent pas de dioxyde de carbone responsable du réchauffement climatique, le recyclage de l’uranium pose un réel problème. En effet, l’enfouissement des déchets radioactifs occasionne des dégâts écologiques que les générations futures auront la charge de régler. Pour ces raisons, le développement des énergies vertes, dont celles issues du vent, est primordial.

De plus, la loi sur la transition énergique (TECV) a fixé comme objectif de réduire à 50 % la part d’énergie nucléaire sur le mix énergétique français. Ce chiffre devra être atteint en 2025. En 2021, 75 % de l’électricité a été produite par les centrales nucléaires.

Réduire la dépendance énergétique de la France

La France importe la totalité de l’uranium qui sert à alimenter les 56 Réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP) actuellement installés. Le minerai provient essentiellement du Niger, du Canada, d’Australie et du Kazakhstan. L’importation a un impact carbone non négligeable. C’est la société Areva qui revend le combustible à EDF, gestionnaire des centrales nucléaires françaises.

Importer 100 % de l’uranium nécessaire pour alimenter les centrales nucléaires rend la France dépendante des pays producteurs. En cas de conflits ou de situations géopolitiques tendues avec les états exportateurs, la hausse du prix du minerai peut rapidement impacter le coût de l’électricité.

Comment profiter de l’énergie éolienne chez soi

L’énergie produite par les centrales éoliennes est directement injectée dans les réseaux d’électricité. Cela permet aux consommateurs finaux (particuliers, entreprises, collectivités, etc.) de bénéficier d’un courant en partie généré par les aérogénérateurs. Seulement, les électrons qui circulent dans les réseaux proviennent de différentes sources (centrales nucléaires, solaires, hydroélectriques, etc.) et sont mélangés sans que l’on puisse les distinguer. Cela signifie qu’en souscrivant une offre d’électricité verte issue des éoliennes, vous n’utilisez pas réellement l’électricité produite à partir du vent. Cependant, opter pour ce type de contrat dit « vert » permet de soutenir la filière des énergies renouvelables. C’est grâce aux consommateurs et aux volontés des pouvoirs publics que de nouvelles structures peuvent être construites.

Installer une éolienne domestique chez soi est une autre manière de profiter d’une électricité produite par la force du vent. De plus en plus de modèles s’adaptent aux contraintes des particuliers. Les fabricants des éoliennes domestiques prennent ainsi en considération l’espace réduit pour placer le matériel ou encore le bruit émis par la rotation des pales. Faire installer une éolienne à la maison est donc l’une des solutions pour profiter d’une électricité propre produite chez soi.

L’énergie éolienne et les GO

La vente d’électricité verte, et notamment éolienne, est encadrée par les Garanties d’Origine de l’électricité (GO). Il s’agit de certificats servant à prouver qu’un fournisseur a acheté à un producteur de l’énergie issue d’une ressource renouvelable. Cependant, le mécanisme des GO est fortement dénoncé par les « vrais » fournisseurs d’énergie verte qui accusent leurs concurrents de faire du Greenwashing en se procurant des GO sans réellement acheter de l’électricité provenant de parcs éoliens ou solaires.

Vous savez désormais tout ce qu’il faut savoir sur l’énergie éolienne, comment elle est produite et quel est son avenir. Certains fournisseurs d’énergie proposent des offres d’électricité verte avec une part importante d’énergie éolienne et solaire. N’hésitez pas à comparer les offres d’électricité pour trouver celle qui vous correspond et qui vous permettra de consommer une énergie propre tout en encourageant le développement du parc éolien français.

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