Qu’est-ce que la compensation carbone volontaire ?

La compensation carbone volontaire s’est développée dans la lignée du marché de conformité, né suite au Protocole de Kyoto. Cette compensation repose sur le principe de neutralité géographique.

Principe de neutralité géographique : retour aux origines de la compensation carbone volontaire

Pour bien comprendre en quoi consiste la compensation carbone volontaire, il faut revenir au Protocole de Kyoto, en 1997. Cet accord international est entré en vigueur en 2005. Il rassemble les 38 pays les plus industrialisés de l’époque, parmi lesquels la France. Ces pays s’engagent pour la première fois à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012, à hauteur de 5 % par rapport aux niveaux de 1990.

Le Protocole de Kyoto entérine le principe de neutralité géographique. L’Agence de la transition écologique (ADEME) le résume de la façon suivante : « une quantité donnée de gaz à effet de serre émise dans un endroit peut être « compensée » par la réduction ou la séquestration d’une quantité équivalente de gaz à effet de serre en un autre lieu ». En d’autres termes, l’impact néfaste d’émissions de gaz à effet de serre est identique quel que soit l’endroit dans le monde où a lieu cette émission. Par conséquent, il est possible de compenser ces émissions depuis n’importe où dans le monde.

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Source : La compensation carbone, Info Compensation carbone.

Bon à savoir

Attention à ne pas confondre réduction et séquestration d’émissions de gaz à effet de serre. On parle de réduction d’émissions de CO2 lorsqu’un projet permet de réduire la quantité d’émissions de dioxyde de carbone liée à une activité. Le développement d’infrastructures permettant d’exploiter des énergies renouvelables, comme des pompes à chaleur géothermiques, entre par exemple dans ce cadre. A l’inverse, on parle de séquestration lorsque le projet ne permet pas de réduire les émissions de CO2 liée à une activité mais peut recapturer ces émissions. La plantation d’arbres est l’un des exemples les plus connus de projets permettant de séquestrer des émissions de GES.

C’est de ce principe de neutralité géographique qu’émanent la compensation carbone et le marché de conformité. Ce principe constitue un rouage essentiel de deux des trois grands outils découlant du Protocole de Kyoto, appelés mécanismes de flexibilité :

  • la mise en œuvre conjointe, dite MOC ;
  • le mécanisme de développement propre, dit MDP.

Ces mécanismes s’adressent aux états et aux entreprises soumis à une obligation réglementaire de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, et plus spécifiquement à des quotas. Dans le langage courant on parle de droit à polluer.

La mise en œuvre conjointe et le mécanisme de développement propre permettent à ces acteurs de financer des projets de réduction ou de séquestration des émissions de GES. Ces projets peuvent être réalisés dans des pays en voie de développement, dans le cadre du MDP. Ils peuvent également être mis en place dans les pays de l’Annexe 1 (ceux ayant ratifié le Protocole de Kyoto), dans le cadre du MOC. En échange de ces projets de compensation de leurs émissions de gaz à effet de serre, les entreprises et les états reçoivent des crédits carbone. La validité de ces crédits est certifiée par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Un crédit carbone correspond à l’évitement ou à la séquestration d’une tonne de carbone.

Bon à savoir

Un organisme – quel qu’il soit – reçoit un crédit carbone lorsqu’il finance un projet qui permet la séquestration d’une tonne de carbone ou qui permet d’éviter l’émission d’une tonne de carbone. Il peut ensuite vendre ce crédit à des acteurs souhaitant compenser tout ou partie de leur empreinte carbone.

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Quelle est la différence entre compensation carbone de conformité et compensation carbone volontaire ?

La mise en œuvre conjointe et le mécanisme de développement propre constituent ce que l’on appelle le marché de conformité de la compensation carbone. En termes simples, cela signifie que ces mécanismes régulent uniquement les émissions carbone des états et des entreprises dont le droit à polluer est contrôlé. Il s’agit par exemple des producteurs d’électricité, des constructeurs ou encore de certaines compagnies aériennes.

Le marché de la compensation carbone volontaire n’est, lui, pas régulé par l’ONU ou par un autre organisme central. Il s’est développé suite à une prise de conscience croissante du grand public des effets délétères des émissions de gaz à effet de serre sur le réchauffement climatique.

Il est donc essentiel de ne pas confondre le marché de la compensation carbone de conformité et le marché de la compensation carbone volontaire. Le premier est régulé par l’ONU et s’adresse aux organismes dont le droit à polluer est limité. Le second s’adresse à tous les autres acteurs et n’est pas régulé par une organisation internationale, ni même par les états.

Bon à savoir

Il est tout à fait possible pour les acteurs dont le droit à polluer est régulé de mener à bien des projets de compensation carbone volontaire afin d’aller plus loin que leurs obligations réglementaires.

Quels sont les acteurs du marché de la compensation carbone volontaire ?

Le marché de la compensation carbone volontaire réunit différents types d’acteurs. On distingue ainsi :

  • les clients finaux, qui peuvent être de tous types : particuliers, collectivités, associations, entreprises non soumises au marché du carbone… D’après l’Etat des lieux de la compensation carbone volontaire en France publié par Info Compensation Carbone, plus de 92 % des utilisateurs de la compensation carbone volontaire en 2014 étaient des entreprises ;
  • pour compenser leurs émissions, ces clients finaux peuvent soit faire appel directement à un porteur de projet, soit faire appel à un courtier qui se chargera de sélectionner les projets adaptés. Les clients finaux peuvent également se tourner vers des fonds, des grossistes ou des prestataires spécialisés dans un secteur spécifique, par exemple ;
  • les clients finaux peuvent également solliciter des entreprises commercialisant des produits dits climatiquement neutres. Cela signifie que l’entreprise se charge de vérifier que l’empreinte carbone de ces produits est neutre. Parmi ces produits, on trouve notamment les contrats compensés carbone, proposés par les fournisseurs de gaz. Nous y reviendrons plus en détails ultérieurement au cours de cet article.

La compensation carbone en chiffres

D’après Eco Act dans La Compensation carbone expliquée, les projets menés dans le cadre de la compensation carbone volontaire avait déjà permis la réduction ou la séquestration de l’équivalent d’un milliard de tonnes de dioxyde de carbone à la fin de l’année 2016.

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Comment réussir son projet de compensation carbone volontaire ?

Nous l’avons vu plus haut, n’importe quel acteur non soumis au marché du carbone peut mener à bien un projet de compensation carbone volontaire.

Comment procéder pour compenser ses émissions de GES ?

La conduite d’un projet de compensation carbone volontaire doit obligatoirement s’effectuer en 3 étapes, que nous allons maintenant détailler.

1. Limiter son empreinte carbone

La compensation carbone volontaire ne peut s’inscrire que dans un second temps, après avoir réduit au maximum son empreinte carbone. Il s’agit en effet de venir compenser des émissions de gaz incompressibles dans le quotidien d’un particulier ou d’une organisation, quelle qu’elle soit. Il ne s’agit en revanche en aucun cas de compenser des émissions de gaz à effet de serre superflues et pouvant être évitées via l’adoption d’un mode de vie ou de fonctionnement plus responsable.

Bon à savoir

La compensation est bel et bien une solution de dernier recours ! Elle ne doit en aucun cas se substituer à des efforts de diminution des émissions de gaz à effet de serre par l’organisme désireux de compenser ses émissions.

2. Mesurer son empreinte carbone

Une fois les émissions de carbone superflues éliminées, il faut ensuite mesurer son empreinte carbone. Certaines émissions de CO2 sont ainsi incompressibles. La mesure de l’empreinte écologique permet de savoir avec précision quelle quantité d’émissions il est nécessaire de compenser via des projets de compensation carbone volontaire.

Différentes méthodologies peuvent être employées pour mesurer l’empreinte carbone :

  • pour les entreprises, il faut effectuer un bilan GES grâce à un prestataire spécialisé ;
  • pour les particuliers, différentes structures proposent de réaliser une estimation de l’empreinte carbone.

Bon à savoir

Pour estimer votre empreinte carbone, pensez à utiliser le simulateur Nos Gestes Climat de l’ADEME (anciennement appelé le coach carbone) !

A titre indicatif, voici les principaux postes d’émissions de carbone des Français :

  • l’achat de biens de consommation, et notamment d’appareils électroménagers (24 %) ;
  • l’alimentation (22 %) ;
  • la mobilité et les transports (19 %) ;
  • la consommation énergétique de leur logement (12 %) ;
  • l’usage de services publics (19 %) ;
  • la construction et le gros entretien des logements (4 %).

3. Compenser ses émissions carbone

Suite à ces deux premières étapes, il est alors possible de mener à bien un projet de compensation carbone volontaire. Comme nous l’avons vu auparavant, cela implique d’acheter des crédits carbone, dans le cadre d’un éco-projet.

Les projets de compensation carbone sont de différents types. Il existe ainsi des projets :

  • de méthanisation (27 % des projets en 2014 d’après Info Compensation Carbone) ;
  • d’agroforesterie ou d’agriculture (25 % des projets en 2014) ;
  • d’installation de cuiseurs améliorés (23 % des projets en 2014) ;
  • d’installation de filtres à eau (13 %) ;
  • de traitement des déchets (12 %).
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Source : Etat des lieux de la compensation carbone volontaire en France en 2014, Info Compensation Carbone.

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Comment s’assurer de la fiabilité d’un projet de compensation carbone volontaire ?

La compensation carbone volontaire n’est encadrée par aucun organisme central, à l’inverse de la compensation carbone de conformité. Cela a donné lieu à certaines dérives de la part des opérateurs de compensation et des organismes proposant des projets de compensation carbone volontaire. Il existe cependant de nombreux moyens de se prémunir d’acteurs peu scrupuleux.

A quelles règles doit obéir un projet de compensation carbone volontaire ?

L’ADEME a défini un certain nombre de règles permettant de s’assurer de la qualité et de la fiabilité d’un projet.

Ces règles sont au nombre de 4 :

  • le projet doit être additionnel. Cela signifie qu’il « n’aurait pu être mis en œuvre sans le financement issu de la vente des unités carbone sur la base de sa seule rentabilité économique » (ADEME). En termes simples, cela signifie que sans les fonds provenant du projet de compensation carbone volontaire, le projet n’aurait pas pu voir le jour. Un projet ne peut pas non plus être développé en réponse à des obligations réglementaires ;
  • les émissions de gaz à effet de serre évitées ou séquestrées doivent pouvoir être mesurées. Il est également essentiel de pouvoir s’assurer de la permanence dans le temps de cette évitement ou séquestration des émissions de gaz à effet de serre. La notion de permanence des émissions est également fondamentale. Elle se pose principalement dans le cadre des projets forestiers (reforestation, etc.), car il est complexe de s’assurer de la pérennité de la forêt. C’est pour cela que les projets forestiers ne sont que très peu présents sur le marché de compensation carbone de conformité ;
  • il doit être possible de vérifier l’unicité des crédits carbone délivrés par les organismes. En d’autres mots, cela signifie qu’il doit être possible de vérifier que le crédit carbone n’a été vendu qu’à un seul particulier ou une seule organisation. En effet, un crédit carbone vendu à plusieurs acteurs ne permet en aucun cas d’atteindre la neutralité carbone. Certains opérateurs de compensation carbone volontaire mettent un point d’honneur à affecter un numéro unique aux crédits carbone qu’ils commercialisent et à les inscrire dans un registre national. Cette bonne pratique n’est cependant que très peu mise en œuvre ;
  • il faut également pouvoir vérifier la séquestration ou la réduction effective des émissions de gaz à effet de serre. L’opérateur de compensation carbone volontaire doit être en capacité de vous fournir un rapport détaillé relatif au projet à n’importe quel moment. Si l’implication d’un tiers n’est pas obligatoire, privilégiez cependant les projets réalisant régulièrement des audits de vérification.

Attention aux crédits carbone ex ante !

Certains crédits carbone sont accordés ex ante. C’est-à-dire qu’ils sont vendus avant d’avoir permis de réduire ou séquestrer des émissions de gaz à effet de serre, en opposition aux crédits ex post. On retrouve notamment les crédits carbone ex ante dans le domaine forestier, où ils sont accordés lorsque l’arbre est planté, et non pas lorsqu’il aura effectivement permis la séquestration d’émissions de gaz à effet de serre. Si vous décidez d’opter pour l’achat de ce type de crédits, soyez très vigilants sur le suivi et le contrôle du projet.

Le label bas-carbone, une garantie de fiabilité des projets de compensation carbone volontaire

Le label bas-carbone découle du projet VOCAL (Projet VOluntary CArbon Land Certification), piloté par le think tank I4CE. Il a été instauré en 2018 et officiellement lancé en 2019 par François de Rugy et Brune Poirson. Le label bas-carbone s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone. Il a vocation à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique.

Le label bas-carbone remplit différentes fonctions :

  • il instaure un cadre de référence au suivi des projets de compensation carbone volontaire, et norme notamment la vérification des émissions de gaz à effet de serre évitées ou séquestrées par le projet ;
  • il met également en place un registre permettant une traçabilité efficace des financements de crédits carbone. Cela permet de répondre à l’exigence d’unicité de la vente du crédit carbone.

Pour recevoir le label bas-carbone, les projets doivent se conformer à une méthode approuvée en amont par le Ministère de la Transition écologique.

73 projets ont actuellement reçu le label bas-carbone en France. La liste est disponible sur la page Label bas-carbone : récompenser les acteurs de la lutte contre le changement climatique du site internet du Ministère de la Transition écologique. On y trouve notamment des projets de reconstitution des forêts dégradées, ou encore de boisement. Les émissions de gaz à effet de serre générées par le G7 ont par ailleurs été compensées grâce à des projets de compensation carbone volontaire labellisées bas-carbone.

Quels sont les autres standards carbone ?

A l’échelle mondiale, deux autres labels permettent d’attester de la qualité et du bénéfice de projets de compensation carbone volontaire. Il s’agit du Gold Standard (GS) – créé en 2006 sous l’impulsion du WWF, et du VERRA, initialement connu sous le nom de Verified Carbon Standard (VCS). LE VCS est aujourd’hui le standard de compensation carbone le plus utilisé au monde. Selon Info Compensation Carbone, il représente 47 % du marché volontaire.

Il est également possible de se procurer des crédits utilisés dans le cadre de la compensation carbone de conformité en tant qu’utilisateur volontaire. On parle alors de crédits MOC (URE) ou de crédits MDP (URCE).

Les certifications complémentaires

Nous l’avons observé, certains labels et standards permettent d’attester de l’impact climatique des projets de compensation carbone volontaire. Ils assurent notamment de la quantité d’émissions de gaz à effet de serre qu’ils permettent d’éviter ou de séquestrer.

Il existe également des standards complémentaires qui permettent de valoriser les bénéfices socio-économiques des actions de compensation carbone volontaire.

Parmi ces standards, on trouve notamment :

  • le Social Carbon Standard, qui contrôle la performance sociale et environnementale des projets grâce à une méthodologie appelée l’hexagone de durabilité. Cette méthodologie évalue l’impact du projet à six niveaux : l’émission de carbone, la biodiversité, le social, le financier, l’humain et le naturel ;
  • les Climate, Community & Biodiversity Standards (CCB), qui sont gérés par le VCS et rendent compte des bénéfices du projet sur le climat, la biodiversité et les communautés locales ;
  • le W+ Standard, qui récompense les projets intégrant des femmes dans leur déploiement. Les projets développent également l’autonomie des femmes et sont vecteurs de bénéfices socio-économiques pour elles ;
  • le Water Benefits Standard, qui est la première norme internationale certifiant les impacts bénéfiques d’un projet sur l’eau, ainsi que les impacts socio-économiques des projets liés à l’eau ;
  • le Fairtrade Climate Standard, élaboré en collaboration avec le Gold Standard. Ce standard a vocation à permettre aux petits exploitants et aux communautés rurales d’accéder au marché du carbone. Il leur permet de produire des crédits carbone équitables.

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Comment se déroule un projet de compensation carbone volontaire ?

Comme le souligne le site Info Compensation Carbone dans son guide Etat des lieux de la compensation carbone volontaire en France en 2014, un porteur de projet doit suivre 5 étapes clés afin de mener à bien un projet de compensation carbone volontaire.

Ces étapes sont les suivantes :

  1. L’étude du potentiel carbone du projet, avec le calcul des économies de dioxyde de carbone permises par le projet, la détermination du plan de financement, le choix de la méthodologie carbone et la rédaction d’un Project Idea Note (PIN) ;
  2. La formalisation du projet qui doit être accepté par le pays dans lequel il prend place, soumis à consultation par ses différentes parties prenantes, puis validé par un auditeur externe suite à la rédaction d’un Project Design Document (PDD) ;
  3. La mise en œuvre des activités du projet. Ces activités sont suivies et contrôlées pendant un an, puis vérifiées par un auditeur externe ;
  4. La délivrance des crédits carbone intervient suite à cette vérification. Elle nécessite l’ouverture d’un compte sur un registre carbone. C’est sur ce compte que seront obtenus les crédits carbone ;
  5. La commercialisation des crédits carbone, qui peuvent soit être transférés à un opérateur de compensation carbone, soit annulés suite à une vente directe à un acteur, dans le cadre de la compensation carbone volontaire.
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Source : Guide Etat des lieux de la compensation carbone volontaire en France en 2014, Info Compensation Carbone.

Quelques exemples de projets de compensation carbone volontaire

Penchons-nous maintenant sur quelques exemples de projets de compensation carbone volontaire.

Les contrats compensés carbone

Nous avons brièvement évoqué plus haut les contrats compensés carbone. Ils représentent une forme particulière de compensation carbone volontaire.

Ils sont proposés aux particuliers et aux entreprises par certains fournisseurs de gaz comme ENGIE, EDF ou encore ENI. Leur objectif est de permettre à leurs clients de compenser totalement ou partiellement les émissions de gaz à effet de serre liées à leur consommation de gaz naturel, moyennant une somme supplémentaire fixée.

Pour toutes questions sur les contrats compensés carbone, n’hésitez pas à faire appel aux experts de Choisir.com.

Bon à savoir

Il est possible de compenser uniquement un certain pourcentage des émissions liées à sa consommation de gaz naturel. Cela représente déjà un geste qui compte pour la planète ! N’hésitez pas à consulter notre article dédié aux contrats compensés carbone pour en savoir plus.

La compensation carbone volontaire dans les entreprises

Certaines entreprises partagent également la volonté de mettre en œuvre des politiques de compensation carbone volontaire de grande envergure.

Parmi ces entreprises, on trouve notamment le Groupe La Poste. Le groupe garantit désormais la neutralité carbone totale de certaines de ses offres. On peut ainsi lire sur son site internet Objectif zéro CO2 dédié à la neutralité carbone que « [Le Groupe La Poste] achète annuellement un volume de crédits carbone issus du marché carbone volontaire équivalent au volume de CO2 que nous émettons pour une année ».

La neutralité carbone de La Poste repose sur trois projets principaux de compensation carbone volontaire :

  • Lifestraw, au Kenya. Ce projet prend place dans au nord-ouest du Kenya. Il vise à permettre l’accès à l’eau potable de 4,5 millions de personnes. Actuellement, les habitants utilisent le bois des forêts environnantes afin de rendre l’eau potable en la faisant bouillir. Un accès à l’eau potable permettrait donc d’éviter cette action émettrice de gaz à effet de serre. Ce projet a été certifié par le Gold Standard ;
  • Madre de Dios Amazon, au Pérou. Ce projet a vocation à protéger la biodiversité sur une surface de plus de 100 000 hectares d’Amazonie. Pour cela, il a recours à la création d’un système de gestion durable de concessions forestières. Le projet Madre de Dios Amazon a été pensé avec plusieurs ONG, parmi lesquelles le WWF. Il est certifié par le Verified Carbon Standard (VCS) et par le Climate and Biodiversity Standard ;
  • le déploiement de deux fermes éoliennes en Inde, afin d’y favoriser le développement des énergies renouvelables et de l’électricité verte. Ce projet est labellisé Verified Carbon Standard.

Le Groupe La Poste a également choisi de participer au fonds de compensation carbone Livehoods. Ce fonds a été lancé en 2011 sous l’impulsion de Danone. Il regroupe aujourd’hui plusieurs grands groupes français comme Michelin ou Hermès. Parmi les projets soutenus par le fonds, on trouve notamment :

  • la restauration de mangroves au Sénégal ;
  • le soutien de projets d’agroforesterie en Inde et au Guatemala ;
  • la mise en place de foyers de cuisson ayant une meilleure performance énergétique au Kenya.

Bon à savoir

Le Groupe La Poste a choisi de mener exclusivement des projets de compensation carbone volontaire certifiés par des standards internationaux afin d’atteindre la neutralité carbone.

La banque BNP Paribas s’est également illustrée en lançant ClimateSeed. Cette plateforme permet aux particuliers de financer des projets de compensation carbone volontaire présélectionnés. Chacun des projets a été certifié par au moins un standard international. Ils sont également en accord avec les normes bancaires relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

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Quelles sont les limites des projets de compensation carbone volontaire ?

La compensation carbone volontaire fait aujourd’hui l’objet d’un certain nombre de critiques.

Vers une démarche plus responsable ?

Certains déplorent l’incapacité du mécanisme de compensation carbone volontaire à inciter les entreprises et les particuliers à faire des efforts pour changer de mode de vie.

La compensation carbone volontaire permet-elle vraiment de lutter contre le réchauffement climatique ?

Il est bien souvent reproché à la compensation carbone volontaire de ne pas encourager les entreprises et les particuliers à modifier leur mode de vie, afin de les rendre moins émetteurs de carbone.

Ce postulat est au cœur de l’ouvrage La Compensation carbone : illusion ou solution ? d’Augustin Fragnière, docteur en sciences de l’environnement et philosophe. Il y dénonce notamment le transfert de responsabilité que ce mécanisme implique, des pays développés vers les pays en développement. Il affirme également que ce mécanisme incite les entreprises à prendre des décisions allant à l’encontre de la lutte contre le réchauffement climatique. Il s’appuie notamment sur la volonté du Grand Prix de Formule 1 d’Australie de compenser les émissions de CO2 liées à cet événement. Cela constitue pour lui un non-sens car un tel usage des véhicules perpétue l’usage des énergies fossiles dans le domaine de la mobilité.

Ce reproche est partagé par certaines associations environnementales ayant ouvertement témoigné de leur scepticisme au sujet de l’efficacité et de la durabilité de la compensation carbone volontaire, et même de la compensation carbone de conformité.

Des projets de compensation carbone volontaire trop peu coûteux ?

Pour bien comprendre ce reproche, il faut s’intéresser à l’évolution du prix d’une tonne de carbone. Plus spécifiquement, il s’agit de s’interroger sur le coût réel pour un organisme de compenser ses émissions de gaz à effet de serre. D’après l’Etude climat #4, Projet Vocal – Potentiel et déterminants de la demande volontaire en crédits carbone Janvier 2017 en France, « près de 2 MTéqCO2 ont été achetées en France en 2015 dans le cadre de la compensation carbone volontaire, à un prix moyen de 4,2 €/TéqCO2 ». De même, l’Etat des lieux de la compensation carbone volontaire en France en 2014 publié par le site Info Compensation Carbone fait état de prix compris entre :

  • 5 et 15 € pour les projets d’agroforesterie ;
  • 7 et 18 € pour la diffusion de filtres à eau ;
  • 1,5 à 28,5 € pour l’installation de cuiseurs améliorés ;
  • 3 à 24 € pour l’installation de projets de méthanisation ;
  • environ 20 € pour la mise en place de projets de gestion et revalorisation des déchets.

Ce qu’il faut retenir de ces différents prix, c’est qu’il est très peu coûteux pour un acteur de compenser ses émissions de gaz à effet de serre. Il peut alors être plus avantageux de compenser ses émissions de gaz à effet de serre via l’achat de crédits carbone plutôt que de mettre en place des actions de réduction de gaz à effet de serre.

La polémique dont a fait l’objet l’émission La Carte aux Trésors de France 3 est emblématique de ce faible coût. L’émission a ainsi été abondamment critiquée en raison de son empreinte carbone très élevée. Par exemple, des hélicoptères sont mis à disposition des différents candidats. En 2018, Le Parisien titrait La Carte aux trésors est-elle une émission polluante ?. Le média estimait alors que « les quatre écureuils AS 355 brûlent 12 000 litres de kérosène par numéro, soit près de 100 000 litres sur la saison. Autant que pour 50 allers-retours Paris-Tahiti en avion ».

Yann-Arthus Bertrand, le fondateur de la fondation Good Planet, avait alors déploré que l’émission ne compense pas les émissions de GES liées à l’usage des hélicoptères. Cela avait incité le show à mettre en place un partenariat avec l’association Reforest’Action, afin de mener à bien des projets de compensation carbone. Selon Libération dans Quel est le bilan carbone de l’émission de France 3 « la Carte aux trésors » ?, le coût lié à la compensation carbone volontaire de l’émission était néanmoins de l’ordre de « environ 1 % du budget total de l’émission ».

Bon à savoir

L’empreinte carbone d’un Français en 2018 était de 11 TéqCO2. Avec des niveaux de prix similaires à ceux mentionnés plus haut, un habitant de l’Hexagone pourrait compenser ses émissions annuelles de gaz à effet de serre pour 46,2 € en moyenne.

Le greenwashing a terni l’image de la compensation carbone volontaire

Le greenwashing est un terme anglo-saxon couramment utilisé pour désigner le blanchiment écologique, ou encore ce que l’on appelle la « désinformation verte ». Dans son Guide anti greenwashing, l’ADEME définit le greenwashing comme le fait de « donner une image écologique à des entreprises et à des produits qui ne le sont pas ».

Comme mentionné plus haut, la compensation carbone volontaire a considérablement souffert d’un manque d’encadrement, de réglementation et de normes. Cela a donné lieu à l’essor d’acteurs peu scrupuleux, commercialisant des crédits carbone non uniques, non additionnels ou correspondant à des projets non vérifiés, ne permettant en aucun cas d’atteindre la neutralité carbone aux acheteurs des crédits carbone.

On note une véritable volonté à la fois française et internationale de lutter contre ces acteurs mal intentionnés et de répondre de façon qualitative à la demande croissante de tous types d’acteurs de projets de compensation carbone volontaire. Cela s’est notamment traduit par le lancement du label bas-carbone en 2019. A l’échelle internationale, cela se traduit par un intérêt croissant pour les standards internationaux.

Bon à savoir

Si l’implication dans un projet de compensation carbone vous effraie, n’oubliez pas qu’il s’agit d’abord de réduire votre empreinte carbone avant de la compenser ! Pour cela, il vous est possible de favoriser le développement des énergies renouvelables en souscrivant à des offres de gaz vert ou d’électricité verte. N’hésitez pas à faire appel à nos experts ou à utiliser notre comparateur des fournisseurs de gaz et notre comparateur de fournisseurs d’électricité !

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