Etiquette GES des logements, un pilier de la lutte contre le réchauffement climatique

Le secteur résidentiel-tertiaire est actuellement le deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre en France. En cela, l’étiquette GES des logements joue un rôle central dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Gaz à effet de serre : qu’est-ce que c’est ?

Avant d’évoquer le rôle de l’étiquette GES, rappelons ici que l’effet de serre est un phénomène se produisant naturellement à la surface de la Terre. Sans lui, la température y serait bien plus froide, puisqu’elle serait de l’ordre de -18 °C en moyenne, comme le rappelle le ministère de la Transition écologique dans Changement climatique : causes, effets et enjeux. L’effet de serre permet alors de maintenir la chaleur émise par la Terre dans la partie inférieure de l’atmosphère et donc de réchauffer la température.

Certains gaz jouent un rôle majeur dans le maintien de cette chaleur. C’est pour cela qu’on les appelle des gaz à effet de serre. On peut notamment citer la vapeur d’eau, qui est le gaz qui contribue le plus à l’effet de serre dit naturel, c’est-à-dire l’effet de serre non induit par les activités humaines. Le dioxyde de carbone (également connu sous sa composition chimique CO2) est également naturellement présent dans l’atmosphère. Certaines activités humaines comme la combustion d’énergies fossiles ont cependant entraîné une augmentation considérable de sa quantité. Il « contribue [actuellement] pour 2/3 de l’augmentation de l’effet de serre induite par les activités humaines ».

Les activités humaines ont également entraîné l’émission d’autres gaz à effet de serre :

  • le méthane (CH4), qui émane notamment des exploitations de pétrole et de gaz naturel, des élevages de ruminants et des décharges d’ordures. Attention, il ne faut pas confondre le méthane avec le biométhane, qui est un gaz vert issu de la biomasse ;
  • le protoxyde d’azote (N2O), qui provient des engrais azotés et de certaines activités humaines chimiques ;
  • l’hexafluorure de soufre (SF6).

Les effets de ces gaz sur le climat sont délétères. Ils sont ainsi directement responsables du réchauffement climatique.

Bon à savoir

L’Accord de Paris, entré en vigueur en 2016 suite à la COP 21, prévoit de « limiter le réchauffement de la planète à un niveau nettement inférieur à 2 °C et en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5 °C ». Il s’agit du tout premier accord mondial juridiquement contraignant portant sur le changement climatique.

Comprendre le contexte d’introduction des classes GES

Pour bien percevoir l’importance des classes GES, il faut garder en tête la contribution considérable du secteur du bâtiment au réchauffement climatique. Comme le rappelle la section dédiée aux émissions des gaz à effet de serre du secteur tertiaire du Rapport sur l’état de l’environnement (REE) publié en 2019 par le ministère de la Transition écologique, le secteur résidentiel-tertiaire est aujourd’hui la deuxième source d’émissions de gaz à effet de serre en France.

Entre 1990 et 2008, le secteur résidentiel tertiaire était déjà la troisième source d’émission de dioxyde de carbone en France. Le haut du podium était alors occupé par l’industrie manufacturière et les transports. C’est en 2009 qu’il devient la deuxième source d’émissions de GES en France. On peut également souligner que « sur la période 1990-2017, deux tiers des émissions de ce secteur [incombaient] aux logements » (REE, ministère de la Transition écologique).

C’est dans ce contexte et face à ce constat que la classe GES a été rendue obligatoire sur toutes les annonces immobilières depuis le 1er janvier 2011, afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments.

La réglementation thermique 2012 (dite RT 2012) a été mise en vigueur peu de temps après cette obligation. Elle limite notamment la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs à 50 kWhEP/m²/an en moyenne.

En 2017, le secteur résidentiel-tertiaire a contribué à hauteur de 20 % aux émissions de gaz à effet de serre françaises. Cela équivaut à 91 Mt CO2e (soit 91 millions de tonnes équivalent dioxyde de carbone). Les émissions liées aux logements étaient de 58 Mt CO2e, celles des bâtiments du secteur tertiaire s’élevaient à 34 Mt CO2e.

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DPE : étiquette énergie et étiquette GES

La classe GES figure sur le diagnostic de performance énergétique des logements, dit DPE.

Le diagnostic de performance énergétique est un document technique qui « renseigne sur la consommation énergétique et le taux d’émission de gaz à effet de serre d’un logement ou d’un bâtiment » (ministère de la Transition écologique). Il est obligatoire dans le cadre de la vente ou de la location d’un bien immobilier.

Le diagnostic de performance énergétique comporte deux étiquettes : l’étiquette énergie et l’étiquette GES, également appelée étiquette climat. Ces deux étiquettes permettent de faciliter la lecture et la compréhension du DPE par les particuliers :

  • l’étiquette énergie permet de connaître la consommation en énergie primaire d’un logement. On y trouve notamment la classe énergétique du logement, comprise entre A et G. Plus le logement est gourmand en énergie primaire, et plus sa note sera proche de G. On parle alors de passoire énergétique. La consommation d’énergie du logement est exprimée en kilowattheure d’énergie primaire par mètre carré par an (kWhEP/m2/an) ;
  • l’étiquette climat permet de connaître la quantité de GES émise par le logement. C’est sur cette étiquette que se trouve la classe GES du logement. La quantité des émissions de GES émise par le logement est exprimée en kilogrammes de gaz équivalent CO2 par mètre carré par an (kgéqCO2/m².an). Comme on peut le lire sur le diagnostic de performance énergétique, les consommations d’énergie considérées pour établir les étiquettes climat et énergie sont celles nécessaires pour le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire et le refroidissement du logement.

Ces deux étiquettes sont bien sûr liées. La majeure partie de l’énergie consommée en France est aujourd’hui issues d’énergies fossiles comme le gaz naturel ou le charbon. La production et la consommation de ces énergies entraînent l’émission d’une grande quantité de GES. En conséquence, plus la classe énergétique de votre logement sera basse, et plus sa classe GES sera basse.

Bon à savoir

Dans le cadre de la loi Climat et résilience présentée en Conseil des ministres en février 2021, il sera interdit de mettre en location des logements dont la classe énergétique est de F ou G à partir de 2028. Actuellement, en France, la majeure partie des logements se situent dans la classe GES C, d’après l’Observatoire DPE de l’agence de la transition écologique (ADEME).

Comment lire l’étiquette GES de mon logement ?

Voyons maintenant comment lire et interpréter l’étiquette climat et la classe GES d’un logement. 

Les différentes classes GES

L’étiquette GES se présente de la façon suivante :

Source : Le diagnostic de performance énergétique, ministère de la Transition écologique.

Elle comporte sept classes GES, allant de A à G. Plus le logement est émetteur de gaz à effet de serre, plus sa classe GES sera basse.

Le code couleur de l’étiquette GES permet de faciliter sa lecture et sa compréhension. Plus le violet de la case où est notée la classe GES est prononcé, et plus le logement est émetteur de GES.

A quelles classes GES correspondent les logements écologiquement performants ?

Chaque classe GES est délimitée par une valeur plancher et une valeur plafond. Ces valeurs sont exprimées en kilogrammes équivalent carbone par mètre carré (kgeqCO2/m2).

Un logement dont la classe GES est comprise entre A et B est considéré comme éco-responsable.

Un logement dont la classe GES est comprise entre C et E est considéré comme moyennement polluant.

Un logement dont la classe GES est comprise entre F et G est considéré comme très polluant car il est fortement émetteur de gaz à effet de serre.

Classe GESQuantité de CO2 rejetée par m² (en kgeqCO2/m2.an)Performance écologique du logement
AInférieure à 5Logement considéré comme éco-responsable
B6 à 10
C11 à 20Logement moyennement polluant
D21 à 35
E36 à 55
F56 à 80Logement très polluant
GSupérieure à 80

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Classe basse GES : quels impacts pour les consommateurs ?

Lors du choix d’un logement, il est essentiel de prendre en compte sa classe GES.

Des factures d’énergie très salées pour les classes basses !

Si vous êtes en recherche d’un logement à louer ou à vendre, il est essentiel de prêter attention au diagnostic de performance énergétique des biens que vous visitez avant de vous porter acquéreur. Plus spécifiquement, il est essentiel de se pencher sur leur classe énergie et à leur classe GES.

En effet, une classe énergie et une classe GES basses indiquent que le logement est très énergivore. Cela aura un impact direct sur le montant de vos factures d’énergie.

Lors de votre recherche, ne vous laissez pas séduire par des prix très attractifs. Ils peuvent cacher des passoires énergétiques. Louer ce type de bien implique de s’acquitter de factures d’électricité et de gaz très élevées. Cela ne vous permettra donc pas de réaliser des économies, bien au contraire. Cela fera par ailleurs augmenter considérablement votre empreinte écologique.

Dans le cadre de la réforme du DPE, une estimation du montant des factures d’énergie du logement devra obligatoirement figurer sur les annonces immobilières à partir du 1er janvier 2022. Cette mesure émane directement de la loi énergie-climat de 2019.

Une empreinte écologique élevée

Votre logement est classé E, F ou même G ? Votre empreinte écologique va être elle aussi élevée. Pour la diminuer, et ce quelles que soient la classe énergie et la classe GES du logement que vous habitez, vous pouvez opter pour une offre d’énergie verte. Cela permet de réduire l’empreinte carbone de votre consommation d’énergie.

Bon à savoir

L’électricité peut être produite à partir de différentes énergies primaires, allant du nucléaire aux combustibles fossiles, comme le charbon, en passant par les énergies renouvelables, comme la géothermie. En fonction de l’énergie primaire utilisée pour générer l’électricité, le contenu en carbone du kilowattheure ne sera pas le même. A titre d’exemple, le contenu en carbone à la production d’un kilowattheure d’électricité généré grâce au charbon est de 1060 grammes. Il n’est que de 45 grammes pour la géothermie, et de 6 grammes pour l’énergie éolienne, d’après la Base carbone de l’ADEME.

Les offres vertes sont proposées par des fournisseurs alternatifs comme Planète Oui apparus suite à la libéralisation du marché de l’énergie. Souscrire à une offre d’énergie renouvelable encourage la sortie des énergies fossiles et d’accélérer la transition énergétique française.

Elles vous permettent en effet de vous assurer que l’équivalent d’une partie ou de l’intégralité de votre consommation sera réinjectée dans le réseau de distribution sous forme d’énergie renouvelable. Dans le cas de l’électricité verte, il peut s’agit d’électricité issue de l’énergie solaire ou de l’énergie hydraulique. Dans le cas du gaz vert, il s’agit généralement de biométhane, un gaz renouvelable fabriqué à l’aide de la biomasse.

N’hésitez pas à utiliser notre comparateur des fournisseurs d’énergie pour savoir quelle offre est la plus adaptée à votre profil de consommation. Vous pouvez également consulter nos articles dédiés aux offres de gaz vert et aux contrats d’électricité verte.

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Comment réduire son empreinte écologique ?

Comme le rappelle l’ADEME, « des gestes simples peuvent diviser par deux nos émissions de gaz à effet de serre, chaque geste en la matière peut faire la différence ». Mais quels sont ces gestes ?

Les deux principaux postes d’émissions de GES domestiques sont le chauffage et les déplacements. Pensez donc à privilégier les transports en commun pour vous rendre sur votre lieu de travail et pour vos déplacements du quotidien. Ne chauffez pas non plus inutilement votre logement (par exemple, en le chauffant en votre absence, notamment pendant les vacances), et évitez les comportements tels que l’ouverture prolongée des fenêtres en plein hiver lorsque le chauffage est allumé. Ne surchauffez pas non plus votre logement. Pour un confort thermique optimal, il est recommandé de maintenir la température des chambres à 17 °C, celle des salles de bain à 22 °C lorsqu’elles sont utilisées (baissez à 17 °C en cas de non utilisation), et celle des pièces de vie comme la cuisine et le salon à 19 °C (Mieux se chauffer, ADEME). Baisser le chauffage de 1 °C permet de réduire sa consommation d’énergie d’environ 7 % !

Bon à savoir

Le chauffage représente en moyenne 60 % de la consommation d’énergie d’un logement (ADEME). Ce chiffre peut monter jusqu’à 75 % en cas de système de chauffage peu performant ou défaillant, ou d’une consommation excessive de chauffage.

Effectuer des travaux de rénovation énergétique pour améliorer la classe GES de son logement

Si vous souhaitez réaliser des économies d’énergie ou augmenter la valeur de votre bien en vue d’une vente, il est intéressant de rehausser sa classe GES. Pour cela, il est possible d’effectuer des travaux de rénovation énergétique.

Quels travaux auront le plus d’impact sur la classe GES de mon logement ?

Pour savoir quels travaux effectuer, il est recommandé de faire effectuer une étude thermique de votre logement. Ce bilan énergétique va plus loin qu’un simple diagnostic de performance énergétique, et vous permet de connaître avec précision les différentes déperditions thermiques dans votre logement. Il vous indiquera également quels travaux d’isolation effectuer pour améliorer les performances énergétiques.

Bon à savoir

Dans le guide pratique Isoler sa maison, l’ADEME nous dévoile les principales sources de déperdition thermique dans une habitation. Il s’agit du toit et de la toiture, des murs, de l’air renouvelé et des fuites (via la cheminée par exemple).

Pour améliorer la classe GES de votre logement, vous pouvez donc réaliser des travaux comme l’isolation de la toiture, des murs ou l’installation de fenêtres à double-vitrage.

Vous pouvez également équiper votre logement d’appareils bénéficiant d’une meilleure efficacité énergétique ou ayant recours à des énergies renouvelables. Il peut par exemple d’agir d’une chaudière biomasse ou d’une chaudière à granulés qui affichent un très bon rendement. Vous pouvez également opter pour un système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire vert en installant une pompe à chaleur géothermique ou une pompe à chaleur aérothermique.

Quelles sont les aides pour réaliser des travaux de rénovation énergétique ?

Il existe de nombreuses aides financières permettant de réaliser des travaux de rénovation énergétique et d’améliorer la classe GES de son logement. On peut notamment citer :

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