La transition énergétique et ses enjeux

La transition énergétique est un mouvement amorcé pour transformer nos modes de production et de consommation d’énergie vers des modèles plus écologiques et économiques. Pour faire face aux défis liés à un épuisement des énergies fossiles, à une envolée des prix des énergies et aux problèmes environnementaux, il devient inévitable de basculer vers les énergies renouvelables. Suivez le guide de Choisir.com pour tout comprendre de ses objectifs et de ses enjeux, ainsi que les solutions prises par la France en matière de transition énergétique.

défis transition écologique

Qu’est-ce que la transition énergétique ?

Aujourd’hui, il est difficile de ne pas avoir entendu parler de la transition énergétique. Ce terme est porteur de beaucoup de défis et d’objectifs à l’échelle mondiale.

Définition de la transition énergétique

La transition énergétique est le terme utilisé pour désigner les changements apportés pour transformer nos modes de production et de consommation d’énergie.

En clair, l’ensemble des mesures prises doit permettre de basculer d’un modèle énergétique composé en majorité d’énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) vers un système basé sur l’utilisation prépondérante des énergies renouvelables (éolien, solaire, hydraulique, biomasse, géothermie). Ces énergies issues des ressources produites par la nature sont moins polluantes et exploitables par l’Homme de manière illimitée ; contrairement aux énergies fossiles dont les stocks sont limités dans le temps et fortement émettrices de gaz à effet de serre (GES).

D’autre part, cette transition énergétique s’accompagne également d’une transition comportementale, voire sociétale. L’adoption d’un nouveau modèle énergétique fondé sur des énergies plus durables n’est possible qu’avec le concours actif de la population. C’est pourquoi, une prise de conscience profonde de nos modes de consommation est indispensable : citoyens, acteurs politiques et industriels… tous sont encouragés à maîtriser et à réduire leur consommation d’énergie. L’adoption d’autres modes de consommation prenant en compte des critères sociaux et environnementaux est essentielle pour basculer vers une production plus raisonnée (ex. : l’économie circulaire).

En 2018, le gaz, le charbon et le pétrole représentent encore près de 80 % du mix énergétique mondial (chiffres clés de l’énergie 2021).

Comment est née la prise de conscience de la transition écologique ?

Le concept de transition énergétique ne date pas d’aujourd’hui mais remonte à plusieurs décennies. On évoquait déjà le concept de transition (au sens de rupture) énergétique lors de la substitution d’une énergie par une autre : exemple, la production d’électricité à partir du charbon ou du gaz remplacé par le nucléaire en France, dès les années 50 et les chocs pétroliers des années 1970.

Dans ce cadre, il n’y a donc pas eu une transition unique, mais plusieurs transitions énergétiques au gré des évolutions démographiques et des demandes énergétiques.

Dans un contexte écologique, la notion de transition énergétique émerge à la suite des COP (Conferences of the Parties ou Conférences des parties) et de l’urgence climatique pour se formaliser :

  • au niveau mondial, lors de l’accord de Paris de 2015. À cette occasion, plus de 194 pays s’engagent à limiter leurs émissions de GES en dessous du seuil de 1,5 et 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle ;
  • au niveau de la France, par la promulgation de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 et la loi Energie-Climat de 2019, dont nous détaillerons les mesures concrètes plus loin dans cet article.
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Quels sont les enjeux de la transition énergétique ?

La Terre est composée de multiples ressources naturelles qui sont transformées pour être utilisées par nos activités humaines. Or, la production, le stockage, la distribution puis la consommation de ces énergies sont directement responsables du dérèglement climatique actuel impactant l’environnement, la biodiversité et nos vies humaines.

La combustion du gaz, du pétrole ou du charbon est en effet très émettrice de gaz à effet de serre. Aussi, les changements mis en place dans le cadre de la transition énergétique doivent contribuer à la fois à :

  1. limiter le réchauffement climatique tout en préservant l’environnement ;
  2. et à répondre aux besoins énergétiques de la population.

Ainsi, les enjeux de la transition énergétique de sources multifactorielles (économique, sanitaire, sécuritaire et écologique) doivent ainsi faire face à :

  • une raréfaction des énergies fossiles ;
  • une réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
  • une baisse de la consommation d’énergie ;
  • une sécurisation des systèmes de production ;
  • une protection de la santé des populations.

Les enjeux économiques et géopolitiques

La transition énergétique incite en priorité les usagers à consommer moins et mieux. C’est pourquoi, les principales mesures actuelles visent à réduire notre consommation d’énergie et à adopter la sobriété énergétique.

D’autre part, la décarbonation de l’économie via la réduction de la consommation d’énergie permettrait aux collectivités et aux entreprises de mieux maîtriser leurs charges, et ainsi de rester compétitifs / rentables sur le marché.

La transition du modèle basé sur des énergies fossiles vers les énergies renouvelables doit également prendre en compte la demande énergétique des populations. La consommation d’énergie est étroitement liée à la démographie. Aussi, la capacité de production des énergies vertes doit pouvoir s’adapter à l’évolution démographique. Les projections des Nations Unies tablent sur une population de 9,6 milliards d’habitants en 2050 (contre 8 milliards en 2020).

Enfin, la transition énergétique doit relever un autre défi de taille : l’indépendance énergétique de chaque pays. Un système énergétique basé en majorité sur les énergies renouvelables permettrait de réduire les importations d’énergies fossiles via des pays exportateurs et éviterait de dépendre des variations de prix sur le cours mondial. D’autre part en cas de conflit géopolitique, l’indépendance énergétique limiterait les tensions entre les pays importateurs et exportateurs.

Les enjeux sanitaires et environnementaux

Les gaz à effet de serre rejetés lors de la combustion des énergies fossiles participent activement au réchauffement climatique. Or, la hausse des températures moyennes au niveau de la France (projections de +3,8 °C en moyenne d’ici 2100 selon le dernier rapport du CNRS – Centre national de la recherche scientifique) aurait des conséquences dramatiques sur l’environnement et les populations.

En effet, les évènements climatiques actuels (sécheresse, inondations, cyclones, tornades, etc.) vont se multiplier de plus en plus au fil du temps provoquant un manque d’eau, de la famine, des incendies, des épidémies et des flux migratoires importants.

Les enjeux sécuritaires

Les risques d’accidents liés à la production d’énergie sont réels et peuvent avoir des conséquences sur la population. Ainsi selon la CRE (Commission de régulation de l’énergie) en France, la production d’électricité relève à 65 % du parc de centrales nucléaires.

L’énergie fissile issue de l’uranium produit des déchets non recyclables et difficilement stockables sans risque pour la nature et la population. D’autre part, la transition vers les énergies renouvelables limiterait les risques d’accidents nucléaires sur notre territoire. Certaines centrales nucléaires vieillissent mal et demandent des maintenances non programmées en raison des risques élevés de fissure sur le réacteur et d’exposition de la population et des techniciens aux radiations émises.

Comment est réalisée la transition énergétique en France ?

Chaque pays dans le monde engagé dans la protection du climat adopte ses propres politiques de transition énergétique. En France, le cadre législatif est donné par la loi relative à la transition énergétique et la loi Energie-Climat.

Voyons de plus près les détails de cette feuille de route énergétique gouvernementale.

Les objectifs de la France à propos de la loi sur la transition énergétique

La France s’est fixé plusieurs objectifs ambitieux pour atteindre la neutralité carbone et décarboner son économie entre 2030 et 2050 sur tout le territoire.

Ce cadre législatif donné dans l’article L100-4 du Code de l’énergie concerne tout le monde, du citoyen à la collectivité en passant par les entreprises.

  • Réduire les émissions de GES de 40 % à 2030 par rapport aux émissions de 1990.
  • Diviser par 6 les émissions de GES à 2050 par rapport aux émissions de 1990.
  • Réduire de 40 % la consommation d’énergie primaire à 2030 par rapport au niveau de 2012.
  • Baisser la consommation d’énergie finale de 20 % à 2030, puis de 50 % à 2050 par rapport au niveau de 2012.
  • Réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2035.
  • Améliorer la performance énergétique des bâtiments (dont le Coefficient d’énergie primaire) conformément à la norme BBC (bâtiment basse consommation) à l’horizon 2050.
  • Augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français à 33 % de la consommation finale d’énergie pour 2030.
  • Multiplier par 5 la récupération de chaleur et de froid renouvelables pour 2030.
  • Réduire la pollution atmosphérique selon le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques.
  • Développer la filière de production de l’hydrogène notamment en mobilité.
  • Atteindre l’autonomie énergétique et proposer un mix d’énergies composé à 100 % d’énergies renouvelables à 2030.

Quelle est la différence entre énergie primaire et énergie finale ?

L’énergie primaire est une énergie disponible dans la nature et encore non transformée. Il peut s’agir d’énergies fossiles (pétrole brut, gaz naturel, gaz de schiste) et d’énergies renouvelables (énergie solaire, de l’air ou du sol).

À l’inverse, une énergie finale est prête à la consommation et a donc subi toute la chaîne de transformation y compris l’acheminement vers le point de consommation : l’électricité, le gaz naturel, les carburants, le fioul domestique, etc.

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Les orientations et solutions mises en place

À l’échelle de la société française, les secteurs d’activité consommateurs d’énergie sont :

  • le transport ;
  • le bâtiment (résidentiel tertiaire) ;
  • l’industrie ;
  • l’agriculture.

À titre d’exemple, l’énergie consommée dans le secteur tertiaire est très diversifiée avec dans l’ordre :

  • l’électricité (52 %) ;
  • le gaz naturel (28 %) ;
  • les produits pétroliers (13 %) ;
  • les énergies renouvelables (4 %) ;
  • la chaleur distribuée par réseau (4 %).

Pour assurer le déploiement des actions effectuées dans le cadre de la transition énergétique, le gouvernement s’appuie sur deux documents :

Parmi les nombreuses mesures qui figurent dans la feuille de route énergétique du gouvernement, on peut citer les actions phares suivantes :

  • le développement de la filière des énergies renouvelables, avec un appui financier pour diversifier les technologies et renforcer les installations existantes. La recherche et développement (R&D) oriente notamment ses travaux vers le stockage du surplus d’énergies renouvelables (exemple, le Power to gas pour convertir le surplus d’électricité verte en hydrogène vert), l’augmentation des capacités de production de l’éolien et du biogaz ;
  • la rénovation énergétique des bâtiments via la réalisation de travaux de réhabilitation des passoires thermiques. Pour ce faire, l’État propose un bouquet d’aides financières pour financer tout ou une partie des travaux entrepris dans son logement (MaPrimeRenov’, Coup de pouce chauffage, Eco-prêt à taux zéro, etc.). Les propriétaires ont l’obligation d’améliorer la classe énergétique des logements mal isolés dès 2028 ;
  • le développement du transport propre via le développement de la filière électrique (véhicules de transport publics et privés, parc de bornes de recharge), de la mise en place de la prime à la conversion, de la fin des véhicules thermiques dès 2040, ainsi que la mise en place de zones à circulation restreinte ou de zones à faibles émissions (ZFE) ;
  • la lutte contre le gaspillage en promouvant la filière du recyclage et de l’économie circulaire ;
  • la lutte contre la précarité énergétique des ménages via la mise en place du chèque énergie, de la prolongation de la trêve hivernale du 15 au 31 mars ;
  • l’incitation à la sobriété énergétique en installant des compteurs intelligents (Linky et Gazpar) ;
  • la facilitation du cadre réglementaire lors de l’installation d’équipements de production d’énergies renouvelables (notamment photovoltaïque et géothermique) ;
  • la maîtrise du prix de l’énergie en régulant les tarifs du gaz et de l’électricité. Ceci est encore plus vrai avec la flambée du prix des énergies avec l’inflation installée en France dès 2022 (bouclier tarifaire) ;
  • les mesures incitatives à la sobriété énergétique (réduire la température du chauffage et la période de chauffe, limiter l’éclairage urbain la nuit, réduire la consommation de chauffage des équipements sportifs publics, etc.)

La crise énergétique de 2021 conjuguée à l’instabilité créée par la guerre en Ukraine et à l’inflation ont poussé le gouvernement à adopter en urgence une nouvelle loi portant sur la transition énergétique. La loi d’accélération des énergies renouvelables adoptée par le Parlement le 7 février 2023 a pour objectif de donner un coup d’accélérateur à la filière des énergies renouvelables en France.

Épinglée par Union européenne à de nombreuses reprises, la France n’a pas pour l’instant tenu ses objectifs en matière d’énergies renouvelables. Avec cette nouvelle loi, les objectifs sont clairement de développer la filière de l’éolien marin et du solaire (multiplication par dix de la capacité de production de 100 GW et déploiement de 50 parcs éoliens en mer d’une capacité de 40 GW d’ici à 2050).

D’autre part, des pistes de solutions autour de la géothermie et du développement d’énergies de récupération pour lutter contre le gaspillage énergétique (récupération des énergies non consommées telles que la chaleur des data centers et des déchets) sont à l’étude.

Le dernier bilan du GIEC tire la sonnette d’alarme en termes d’actions sur la transition énergétique !

+1,5 °C d’augmentation dès les années 2030-2035 par rapport à l’ère préindustrielle, tel est le constat alarmant du dernier bilan du GIEC paru le 20 mars 2023. La synthèse des derniers rapports officiels du GIEC pointe du doigt la lenteur, voire l’inaction, des décideurs politiques face à l’urgence climatique. Pour les inciter, des solutions pratiques sont énoncées pour limiter les effets du réchauffement climatique sur la planète et ses habitants. Ainsi, l’accent est mis sur la sobriété énergétique avec des mesures phares :

  • accélérer la rénovation énergétique des bâtiments ;
  • développer l’énergie photovoltaïque et éolienne ;
  • accroître une agriculture raisonnée (réduction de l’élevage intensif, moins d’utilisations d’engrais azoté) ;
  • réduire la destruction des espaces naturels ;
  • développer le transport propre (vélos, transport en commun) ;
  • réduire nos déchets, etc.

La France a annoncé dès cette annonce se positionner sur les actions concrètes que sont la relance de la filière nucléaire, le développement des énergies renouvelables ainsi que la sobriété énergétique.

Quelles sont les solutions pour amorcer sa transition énergétique personnelle ?

En tant que simple particulier, on peut se sentir démuni face à l’immense défi de la transition énergétique.

Toutefois à votre échelle, il vous est possible de mettre en place quelques solutions pour réduire votre empreinte carbone tout en répondant à vos besoins énergétiques :

  • changer pour une offre d’électricité verte ou de biogaz proposée par les fournisseurs historiques (EDF et Engie) et alternatifs. En souscrivant à une de ces offres, vous encouragez la filière des énergies renouvelables et participez à la transition énergétique. Pour vous aider à souscrire à l’offre la moins chère, faites appel à un comparateur d’énergie ;
  • réaliser quelques travaux de rénovation énergétique (combles, toitures, plancher et murs, fenêtres et portes) pour limiter les déperditions d’énergie au maximum. Sachez qu’une mauvaise isolation est responsable en moyenne de 30 % des pertes de chaleur dans un logement ;
  • remplacer son chauffage énergivore ou d’équipement de production d’eau chaude sanitaire par un modèle plus économe et écologique : chaudière à bois ou à granulés, pompe à chaleur, etc. ;
  • adopter les écogestes au quotidien et autres astuces pour réduire votre consommation d’énergie. « Consommer moins et mieux » est le nouveau mantra à retenir pour arriver à ses objectifs. Vous pouvez baisser la température des pièces de 1 °C, mettre en place des thermostats programmables, couper les veilles de vos appareils, optimiser l’utilisation de vos appareils électroménagers, etc.

En résumé, la réalisation d’une transition énergétique est inévitable si l’on souhaite limiter le réchauffement climatique et préserver nos sociétés. Il est indispensable de comprendre que cette rupture doit s’accompagner d’un changement structurel profond de nos modes de production d’énergie ainsi que de notre façon de consommer.

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