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Les enjeux de la loi hydrocarbures de 2017

Le 19 décembre 2017, l’Assemblée nationale adopte définitivement le projet de loi hydrocarbures. Ce texte, porté par le ministre de la Transition écologique et solidaire de l’époque, Nicolas Hulot, met fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire français. Dès sa publication au journal officiel le 31 décembre 2017, la loi n° 2017-1839 du 30 décembre 2017, a donc mis un terme à la délivrance de permis de recherches et d’exploitation des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels sur le territoire national. Dans cet article, nous allons revenir en détail sur cette loi qui a annoncé la fin progressive de la production d’énergies fossiles en France d’ici 2040. Comment est né ce projet, est-il réalisable et quelles sont les ressources fossiles du pays ? Choisir.com fait le point.

Loi hydrocarbures 2017, puits de pétrole

Qu’est-ce qu’un hydrocarbure ?

Avant de détailler la loi qui est venue interdire leur recherche, rappelons ce que sont les hydrocarbures.

Origine des hydrocarbures

Les hydrocarbures (HC) sont des composés organiques constitués d’atomes de carbone (C) et d’hydrogène (H). Il s’agit de carbones fossiles emprisonnés dans la croûte terrestre. Ce carbone fossile provient de différentes sources (flore, faune, etc.) qui se sont décomposées et accumulées dans les sols il y a des millions d’années.

Il a fallu des conditions particulières pour que ce carbone fossile soit emprisonné et stocké dans les couches du sous-sol. Certains sont à l’état de roches sédimentaires (comme le charbon), d’autres sous forme de gaz (gaz naturel) ou d’huile minérale (pétrole).

Bien qu’ils soient présents à l’état naturel sur Terre, le carbone fossile est un combustible polluant qui rejette des gaz à effet de serre lorsqu’il est brûlé. Ces gaz, utilisés par l’être humain, sont en grande partie responsables du réchauffement climatique.

Différences entre hydrocarbures conventionnels et non conventionnels

Qu’ils soient conventionnels ou non conventionnels, les hydrocarbures se sont formés de la même façon il y a des millions d’années, à savoir par la transformation lente de matières organiques qui ont peu à peu été enfouies dans les sols.

Les hydrocarbures dits conventionnels ont circulé dans des roches poreuses et perméables afin de remonter vers la surface, poussés par la température du sol, mais aussi par la pression. En remontant vers la surface terrestre, ils ont rencontré une couche géologique imperméable qui a arrêté leur progression. Les hydrocarbures se sont alors accumulés sous cette couche géologique (nommée roche couverture qui peut être de la roches saline ou de l’argile) en formant un réservoir.

Les hydrocarbures non conventionnels n’ont quant à eux pas réussi à migrer vers la surface, car ils se trouvaient déjà emprisonnés dans une roche imperméable (comme le schiste, aussi appelé shale). Ils sont donc enfouis dans les roches mères, à des profondeurs difficiles d’accès.

Une autre différence entre ces deux types d’hydrocarbures repose sur leur façon d’être puisés. Les hydrocarbures conventionnels sont ceux qui sont extraits de manière traditionnelle, c’est-à-dire grâce au forage vertical. Comparés à des hydrocarbures non conventionnels, ils sont plus simples à exploiter, car disponibles dans des réservoirs situés à des profondeurs relativement faibles (entre 600 et 8 000 mètres de profondeur pour la plupart des réservoirs exploités).

Quant aux hydrocarbures non conventionnels, ils nécessitent un puisage difficile, coûteux et contraignant. C’est généralement la fracturation hydraulique qui est utilisée, nous la détaillerons au cours de cet article.

Qu’est-ce que le pétrole ?

Le pétrole est une huile minérale qui contient de nombreux composés organiques. Il s’agit en particulier de planctons (organismes vivants minuscules que l’on trouve dans les eaux, généralement douces) qui se sont décomposés et accumulés au fond de bassins sédimentaires, mais aussi des océans, des mers, des deltas et des lacs.

La formation du pétrole s’est déroulée sur des millions d’années (entre 20 et 350) durant lesquelles des matières organiques se sont décomposées au sol avant d’être naturellement enfouies. Elles se sont ensuite accumulées et, par des procédés chimiques d’une extrême lenteur, se sont transformées en hydrocarbures avant d’être emprisonnées dans des roches ou des réservoirs souterrains.

Bien que le processus paraisse simple, il demeure extrêmement complexe et requiert des conditions optimales pour que les matières organiques deviennent du pétrole. Ceci explique le fait que les gisements de pétrole soient inégalement répartis à la surface de la Terre. Par ailleurs, tous les déchets organiques déposés au sol il y a des millions d’années ne se sont pas tous transformés en pétrole.

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Qu’est-ce que le gaz naturel ?

La formation du gaz naturel est souvent liée à celle du pétrole. Il s’agit là aussi de la dégradation d’organismes vivants. La fermentation dans le sous-sol a donné naissance à du méthane qui a été emprisonné dans des roches ou des réservoirs.

Le gaz naturel peut également provenir de la dégradation du pétrole par pyrolyse (la température augmente significativement et occasionne une décomposition du pétrole qui devient alors du gaz).

Il existe différents types de gaz :

  • les gaz conventionnels qui sont piégés dans des roches et sont maintenus sous pression dans un gisement imperméable. Ces gaz peuvent être associés à un gisement de pétrole (le gaz est naturellement présent dans le pétrole, il est séparé de ce dernier lorsqu’il est extrait du sous-sol) ou non associé, c’est-à-dire que le gaz naturel n’est pas mélangé au pétrole, mais se trouve dans un gisement individuel tout près d’un réservoir pétrolifère (c’est celui-ci qui est principalement utilisé en France) ;
  • les gaz non conventionnels sont ceux qui se trouvent naturellement emprisonnés dans des roches poreuses et perméables ou dans des réservoirs difficiles à atteindre. Parmi ces hydrocarbures, nous pouvons citer le gaz de schiste, le gaz de charbon, le gaz compact ou encore les hydrates de méthane.

Qu’est-ce que le charbon ?

Le charbon est une roche sédimentaire qui provient de la dégradation partielle de matières organiques issue de végétaux, principalement dans des tourbières. Sous l’effet de la chaleur et de différentes réactions chimiques, les déchets végétaux se sont carbonisés (terme qui désigne la transformation d’une substance organique en charbon). Cette transformation a eu lieu il y a des millions d’années, durant une période appelée le Carbonifère (environ -360 à -295 millions d’années).

De couleur marron à noire, le charbon se décline en différents types qui se distinguent par leur richesse en carbone :

  • la tourbe, dont la teneur en carbone est inférieure à 50 %. On la trouve dans les sols gorgés d’eau, son pouvoir calorifique est faible ;
  • la lignite qui contient entre 50 et 60 % de carbone. Elle est présente dans certains sols et est extraite dans des mines à ciel ouvert ;
  • la houille qui peut être composée de 75 et 90 % de carbone, elle provient des mines souterraines ;
  • l’anthracite, dont la teneur en carbone varie de 93 à 97 %, il s’agit de carbone quasiment pur que l’on trouve dans les mines souterraines.

Plus la roche est riche en carbone, plus son pouvoir calorifique est élevé. Utilisée principalement pour se chauffer ou produire de l’électricité dans les centrales de charbon, cette roche doit donc être riche en carbone pour être rentable.

Par ailleurs, sa haute teneur en carbone rend ce combustible particulièrement polluant lorsqu’il est brûlé.

La fin des mines de charbon

L’exploitation du charbon sur le territoire national a pris fin en 2004, à la suite à la fermeture de la mine de La Houve, en Lorraine. L’épuisement des stocks de charbon et la diminution des besoins en minerais (au profit de l’énergie nucléaire, notamment) ont conduit à l’arrêt des machines.

La dangerosité de l’extraction des hydrocarbures

Que ce soit dans les mines de charbon ou sur les plateformes pétrolières ou gazières, le puisement de la ressource fossile ne se fait pas sans conséquences sur l’environnement.

Dangerosité du gaz et du pétrole

L’extraction du gaz et du pétrole nécessite des forages d’envergure. Des torches sont allumées en permanence pour brûler les évaporations de l’hydrocarbure afin d’éviter les explosions.

En mer, les plateformes offshore peuvent créer des marées noires en cas d’explosion, comme ce fut le cas en 2010 dans le golfe du Mexique lorsque la plateforme offshore Deepwater Horizon (géré par la compagnie britannique BP) a explosé. Elle s’apprêtait à creuser le puits le plus profond au monde avant de causer une catastrophe environnementale de premier ordre, créant une vaste marée noire qui s’est formée à la suite du déversement d’environ 780 millions de litres de pétrole dans l’océan.

Dangerosité de l’extraction de charbon

L’extraction du charbon pose également des problèmes environnementaux. Bien que les mines ne soient plus exploitées en France, les sites peinent à être réhabilités. Leur sécurisation est au cœur des préoccupations, en raison des risques d’affaissement, mais aussi des remontées de gaz (grisou) qui peuvent être dangereuses et explosives.

Par ailleurs, des séquelles sanitaires sont également à déplorer, car les mines de charbon n’ont pas épargné la santé des mineurs (maladies pulmonaires comme la silicose, durée de vie réduite en raison de problèmes de santé, etc.). Le département du Nord-Pas-de-Calais est aujourd’hui encore marqué par l’activité minière des siècles derniers.

Présentation de la loi hydrocarbures de 2017

Maintenant que nous avons fait un point sur les hydrocarbures, passons à la loi hydrocarbures de 2017.

Les combats écologiques de Nicolas Hulot sont connus de tous. Son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire a marqué un tournant décisif dans l’exploitation des hydrocarbures présents dans le sous-sol national.

La naissance de la loi

Dès son arrivée au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire, en mai 2017, Nicolas Hulot a œuvré pour le climat. Il lance en juillet de la même année le Plan climat, dont le mot d’ordre est de « laisser les énergies fossiles dans le sous-sol ».

Ce projet réunit l’ensemble des ministères afin de répondre aux objectifs fixés par l’accord de Paris (signé le 22 avril 2016), c’est-à-dire ralentir la progression du réchauffement climatique en maintenant l’augmentation de la température mondiale à 2 degrés Celsius maximum.

Le Plan climat a mobilisé et mobilise toujours de nombreux secteurs :

  • logement : réduire le nombre de passoires thermiques grâce à des aides à la rénovation énergétique, entre autres mesures ;
  • transport : arrêt de la commercialisation de véhicules produisant des gaz à effet de serre d’ici 2040, par exemple ;
  • agriculture : réduction de l’utilisation des engrais azotés, ou encore renforcement de la séquestration de carbone dans le sous-sol (technique qui consiste à piéger et stocker le CO2 dans le sol).

Pour le secteur des énergies, le Plan climat a apporté de nombreuses choses, comme :

  • soutenir et encourager le développement de l’autoconsommation énergétique ;
  • l’arrêt des centrales fonctionnant au charbon d’ici 2022 ;
  • ne plus attribuer de permis d’exploitation du gaz naturel, du pétrole, du charbon et du gaz de schiste : la loi hydrocarbures est née.

Tous ces points, et bien d’autres encore, ont un objectif bien précis qui est plus que jamais d’actualité : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. L’avenir nous montrera si cela est réalisable.

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Les enjeux de l’arrêt de production d’énergies fossiles

Le slogan de la loi hydrocarbures de 2017, « laisser les énergies fossiles dans le sous-sol », exprime clairement la volonté des porteurs du projet.

Bien que les permis d’extraction accordés jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi soient maintenus, de nouvelles autorisations ne sont désormais plus possibles. Ce qui signifie que :

  • les activités de recherches de nouveaux gisements d’hydrocarbures sont interdites ;
  • les fouilles et les sondages de sol pour détecter de nouveaux gisements sont interdits ;
  • le forage du sous-sol pour les gisements n’ayant pas fait l’objet d’un permis d’extraction avant cette date est interdit.

Avec ces interdictions, la loi hydrocarbures a permis de :

  • réduire la pollution liée aux fouilles et aux forages des gisements (pollution de l’atmosphère ou même des sols et des rivières) ;
  • préserver l’environnement autour des gisements ;
  • réduire l’empreinte écologique du pays pour se conformer à l’accord de Paris.

Un projet ambitieux

En diminuant progressivement la production de pétrole et de gaz naturel sur le territoire, la loi hydrocarbures vise à réduire la consommation d’énergies fossiles en France. En contrepartie, les consommateurs seront accompagnés pour réduire leurs besoins énergétiques et se tourner vers des énergies vertes. Ceci est l’ambition portée par la loi hydrocarbures de 2017.

Concrètement, les consommateurs n’ont pas pu se rendre compte du changement apporté par cette loi visant à réduire l’extraction d’hydrocarbures du sous-sol national. La loi a plutôt une visée symbolique. La France, premier pays à interdire le puisage du pétrole et du gaz, espère bien que cela aura des retombées mondiales et que d’autres pays suivront le pas.

Cependant, avec les retombées économiques offertes par les hydrocarbures, il serait utopique d’imaginer que la Russie, les États-Unis ou encore les Émirats arabes unis délaissent leur précieux or noir tant que les ressources ne sont pas épuisées…

La symbolique de cette loi

Symboliquement, avec sa loi hydrocarbures de 2017, la France est le premier pays de l’accord de Paris, et donc du monde, a interdire l’exploitation des hydrocarbures fossiles.

Bien qu’honorable, le geste est insignifiant pour de nombreux acteurs énergétiques. En effet, sur la totalité des ressources fossiles consommées en France, à peine 1 % (0,8 % pour être exact) provient des ressources nationales. En d’autres termes, cette loi vise à réduire des explorations qui sont faibles et qui représentent une part minime, quasi nulle des hydrocarbures utilisés à travers le pays.

Quoi qu’il en soit, le geste est fort, car même si le pays compte peu de réserves d’hydrocarbures, certains gisements offshores auraient pu être prometteurs pour la production de pétrole et/ou de gaz naturel. Les recherches étant désormais interdites, ce qui est dans notre sous-sol le restera à jamais, sauf en cas d’abrogation de la loi.

Que reproche-t-on à cette loi ?

Comme toute nouvelle loi, celle portant sur l’arrêt de l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire national a soulevé de nombreux désaccords.

D’un côté, les acteurs de la filiale pétrolière et gazière se sont inquiétés pour l’avenir de leur activité. Ils ont souligné la perte d’emploi engendrée par la loi après la date fatidique de 2040. Malgré la perspective de l’épuisement des ressources, les industriels ont affirmé leur mécontentement et obtenu certaines dérogations :

  • les permis en cours d’instruction avant la date du Plan climat (juillet 2017) n’ont pas été annulés ;
  • l’exploitation du gaz de Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques n’est pas interdite (alors que les réservoirs sont pratiquement taris).

De l’autre côté, les organisations écologistes ont accueilli avec satisfaction cette loi, bien que sa portée soit avant tout symbolique. Les ONG ont cependant souligné le fait que la loi conserve toutes les concessions accordées jusqu’en 2040, avec la possibilité de prolonger certains permis d’extraction. Nous allons le voir dans le prochain chapitre, la France compte 62 concessions pétrolières et gazières en activité et 42 demandes de permis en cours. Cette entorse à la règle n’a bien évidemment pas eu de succès auprès des organismes environnementaux.

Quelles sont les ressources fossiles actuelles en France ?

Bien que ses réserves soient largement inférieures à celles de la Russie ou encore des États-Unis, la France a néanmoins quelques gisements sur son territoire. Voyons où ils sont situés.

L’histoire de la recherche d’hydrocarbures en France

Lors de la Première guerre mondiale (1914-1918), la France a souffert du manque de carburant pour ses avions, ses chars, mais aussi pour ses camions transportant soldats et ravitaillement (alimentaire et armé). À cette époque, les États-Unis fournissent une grande partie (près de 80 %) du pétrole français et mondial. L’or noir est importé en totalité et la France se rend alors compte de l’importance de sécuriser son approvisionnement.

Au sortir de la guerre, le gouvernement français décide d’investir dans la Turkish Petroleum Company, une compagnie pétrolière ottomane fondée en 1912 qui exploite et puise le pétrole dans différents pays du Moyen-Orient, dont l’actuel Irak. Suite à l’arrivée de nouveaux capitaux européens, la compagnie devient la Iraq Petroleum Company, en 1929. En France, l’achat de parts dans cette société pétrolière se fait par le biais de la Compagnie française des pétroles (CFP), qui deviendra plus tard la société Total.

Face aux avantages économiques tirés de cet investissement, la France s’interroge au sujet de son propre sous-sol. Et s’il y avait du pétrole sous nos pieds ? En cas de réponse positive, la sécurité d’approvisionnement serait assurée et les besoins d’importation réduits. Des permis de recherches de pétrole sont alors délivrés en grande quantité de 1920 à 1935.

Dès 1920, tout le territoire français est sondé, la prospection pétrolière bat son plein. Après quelques années, les recherches ne sont pas si fructueuses que les compagnies pétrolières l’espéraient. L’Alsace, ainsi que les bassins aquitain et parisien se révèlent toutefois prometteurs. Il s’agit là de bassins sédimentaires qui réunissent toutes les conditions requises à la formation de pétrole.

En 1939, le gisement gaz naturel de Saint-Marcet en Haute-Garonne est découvert. C’est à cette date que la Régie autonome des pétroles (RAP) est créée. Elle deviendra plus tard Elf Aquitaine avant d’être absorbée par Total.

Durant la Seconde guerre mondiale, la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (SNPA) voit le jour afin d’encadrer les différentes prospections du sous-sol aquitain (situé en zone libre). Cette même société découvre en 1951 le gisement de pétrole et de gaz de Lacq, dans le Béarn.

La quête du pétrole avant le gaz

Dans les années 1920, l’étude du sous-sol national ne concernait que la recherche de pétrole. Pour se chauffer, les consommateurs de gaz utilisaient du gaz de houille, provenant du charbon. Le gaz naturel n’ayant pas été utilisé avant les années 1960, cet hydrocarbure n’intéressait pas encore les producteurs de pétrole en France.

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Les gisements les plus prometteurs

Environ 2 000 puits ont été forés au cours de l’histoire pétrolière et gazière française. Actuellement 62 concessions sont encore en activité afin de fournir un peu moins d’1 % des besoins du pays en pétrole et en gaz naturel.

Nous l’avons vu, le bassin parisien et le bassin aquitain, du sud Gironde aux pieds des Pyrénées, représentent les zones les plus riches en pétrole et en gaz naturel en France. Les explorations du territoire sont difficiles, en raison de l’impossibilité de creuser dans les zones habitées.

Voici une carte qui synthétise les différents puits de pétrole en France :

Loi hydrocarbures 2017, carte des puits de pétrole en France
Source : Wikipédia.

Nous le voyons, les bassins aquitain et parisien sont particulièrement riches. Certains puits ne sont plus exploités, en raison de l’épuisement de la ressource fossile.

Cette carte montre également le réseau de pipelines, c’est-à-dire d’oléoducs, qui servent à acheminer le pétrole vers les raffineries. Nous pouvons le voir, certaines raffineries de pétrole se trouvent près des ports méthaniers qui réceptionnent le GNL acheminé par voies fluviales, comme ceux de Fos-sur-Mer, de Dunkerque ou encore de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire.

Les sites les plus riches en hydrocarbures en France

En France, les principales zones favorables à l’exploitation d’hydrocarbures sur terre sont :

  • le bassin aquitain (composé de plusieurs sous-bassins intéressants qui sont ceux de Parentis et de Lacq) ;
  • le bassin parisien ;
  • la plaine de Bresse (dans l’est) ;
  • la partie ouest du front subalpin situé dans le Jura.

En mer, d’autres zones géographiques sont également prometteuses sur le territoire métropolitain :

  • le bassin maritime de Parentis, dans les Landes (Nouvelle-Aquitaine) ;
  • le bassin de la mer d’Iroise, dans le Finistère (Bretagne).

Dans les DOM-TOM, les sites prometteurs se trouvent dans :

  • le bassin de la Nouvelle-Calédonie ;
  • les zones maritimes qui bordent la Guyane française, les Antilles, ainsi que l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon ;
  • le canal du Mozambique qui longe les côtes de Mayotte.

Dans le bassin aquitain, les gisements de pétrole sont enfouis dans les sous-sols qui se trouvent autour des lacs côtiers (notamment autour des lacs de Cazaux-Sanguinet et du lac de Parentis, dans les Landes), mais aussi au fond de ces étendues d’eau. Ces lacs qui longent le littoral atlantique ont été formés naturellement par l’accumulation d’eau au pied du cordon dunaire. Les dunes de sable empêchant l’eau de s’écouler vers l’océan, des lacs se sont formés à l’arrière de ces dunes.

Fin 2014, le gisement de Parentis a fourni près de 220 millions de barils de pétrole (1 baril contient environ 159 litres d’or noir). Le puisage se fait sur terre et en mer, au beau milieu du lac.

Le gisement de Lacq (commune des Pyrénées-Atlantiques) est un important champ d’hydrocarbures en France, si ce n’est le plus grand qui a été découvert. Il se compose de deux sites, celui de Lacq profond où sont extraites de petites quantités de pétrole et celui de Lacq supérieur où se trouve un important gisement de gaz naturel. Percé de 165 puits, le gisement de gaz naturel a été découvert en recherchant du pétrole (à l’époque, la découverte de gaz naturel, encore peu utilisé, n’est pas une si bonne nouvelle).

En 2013, le site de Lacq n’a plus assez de réserves pour alimenter le réseau de distribution de gaz naturel français. Le gaz extrait sert aujourd’hui à alimenter les usines du site qui ont permis de réhabiliter le champ d’hydrocarbure et de sauver des emplois. Désormais, le site de Lacq se tourne vers d’autres activités, comme la chimie verte grâce à une usine de bioéthanol.

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Pourquoi une loi contre l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire ?

Il ne faut pas confondre exploitation et utilisation des hydrocarbures. Alors que la France importe une grande partie (pratiquement la totalité) du pétrole, du gaz et du charbon qu’elle utilise, il est légitime de se demander pourquoi elle préfère importer plutôt que puiser les ressources de son propre sous-sol ? Les raisons sont multiples.

Des ressources insuffisantes

Que ce soit sur terre ou en mer, la France ne dispose pas assez de gisements d’hydrocarbures pour répondre aux besoins énergétiques du pays. Nous l’avons vu, les explorations du sous-sol qui se sont déroulées dans le passé n’ont pas été aussi fructueuses qu’espérées. Recommencer ces fouilles serait encore plus difficile aujourd’hui, en raison d’une population plus dense et de zones d’habitations plus étendues par rapport aux années 1930.

Le pays dispose par ailleurs de structures complexes (ports méthaniers et raffineries de pétrole) pour importer le gaz naturel et le pétrole dont il a besoin.

Des enjeux climatiques de premier ordre

Avec la loi hydrocarbures de 2017, la France annonce clairement sa volonté de développer les énergies vertes. En délaissant ses propres gisements d’hydrocarbures, elle fait un premier pas vers l’utilisation massive des ressources renouvelables.

Les conséquences environnementales des forages sont également au cœur des préoccupations de cette loi. Cependant, l’arrêt de l’exploitation ne signifie pas la fin des importations et des risques qui vont avec, comme les marées noires, par exemple.

D’ici 2040, les permis actuels d’exploitations arriveront à échéance. La loi hydrocarbures empêchant leur renouvellement, les sites ne pourront plus être exploités. Dans un autre temps, les estimations laissent penser que les gisements français seront quasiment ou totalement épuisés à cette date.

Mettre un terme définitif à la recherche de gaz de schiste

Le gaz de schiste est un gaz entouré de nombreuses polémiques en France et dans les pays qui l’exploitent.

Ce gaz non conventionnel n’est pas extrait grâce à des forages traditionnels. Pour récupérer le gaz de schiste dans le sous-sol, qui est parfois enfoui à des profondeurs deux fois plus élevées que le gaz naturel conventionnel, il est nécessaire de procéder à une fracture hydraulique de la roche-mère. C’est cette technique, réputée dangereuse et polluante pour les sols et l’atmosphère, qui est vivement critiquée lorsque l’on parle d’exploitation du gaz de schiste. Elle est par ailleurs interdite en France, à la suite de la loi Jacob du 13 juillet 2011.

La technique, qui n’est pas sans conséquences sur la stabilité des sols (la fracturation de la roche mère pouvant entraîner des séismes), consiste à injecter de l’eau à une très haute pression (entre 300 et 600 bars) afin de fracturer la roche-mère à plusieurs endroits. Les microfissures sont ensuite comblées de sable ultra fin qui va les maintenir ouvertes (le sable est souvent traité chimiquement, ce qui pose un problème de pollution des sols). Une fois la roche de schiste devenue poreuse, le gaz de schiste peut alors être puisé. Plusieurs fracturations hydrauliques sont nécessaires pour extraire une grande partie du gaz emprisonné dans les couches de schistes.

Grâce à la loi hydrocarbures, les explorations futures du gaz de schiste seront à l’avenir impossibles, sauf si la loi venait à être modifiée.

Encourager le développement des énergies renouvelables

Contrairement aux gisements de pétrole, de charbon et de gaz naturel qui sont rares en France, le pays possède un fort potentiel en ressources renouvelables. Soleil, vent ou encore mouvements de l’eau, les sources d’énergies renouvelables sont nombreuses et réparties à travers tout le pays.

En ralentissant significativement la recherche de gisements de ressources fossiles, le gouvernement souhaite que les acteurs énergétiques se tournent vers des énergies plus propres.

Consommer un gaz vert, c’est possible !

Pour consommer des énergies vertes, n’hésitez pas à utiliser notre comparateur d’offres de gaz qui vous permettra de trouver les meilleurs tarifs pour une offre verte. De nombreux fournisseurs de gaz proposent des offres 100 % vertes, pour vous chauffer ou avoir de l’eau chaude grâce à du biométhane fabriqué sur le territoire.

La loi hydrocarbures de 2017 témoigne de la volonté du gouvernement de réduire l’utilisation des ressources fossiles. Bien que les gisements soient peu nombreux, comme nous avons pu le voir, l’arrêt de leur exploitation permettrait aux industriels de se tourner vers des alternatives plus vertes. Seul l’avenir nous dira si cette loi portera ses fruits dans les décennies à venir. En attendant, vous pouvez vous tourner vers un gaz vert, en changeant de fournisseur d’énergie, par exemple.

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