Tout savoir sur le calcul du DPE
Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) mesure la performance énergétique et climatique d’un logement selon une méthode conventionnelle appelée 3CL-DPE. Isolation, chauffage, eau chaude, ventilation, éclairage : de nombreuses caractéristiques du bâtiment entrent dans le calcul. Depuis 2026, le coefficient appliqué à l’électricité est fixé à 1,9 et il passera à 1,7 au 1er janvier 2027. Voici comment fonctionne concrètement le calcul du DPE.
À quoi sert un diagnostic de performance énergétique ?
Un DPE est une évaluation technique obligatoire pour louer ou vendre un logement. Décryptage sur ce qu’il mesure et les conséquences de son résultat sur le marché immobilier.
Que mesure le calcul du DPE ?
Le calcul du DPE évalue deux éléments principaux : la consommation conventionnelle d’énergie primaire du logement et les émissions de gaz à effet de serre associées. Pour déterminer la consommation énergétique conventionnelle, la méthode prend en compte cinq usages : le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires de chauffage, de refroidissement, d’eau chaude et de ventilation.
Le logement obtient ensuite une étiquette énergie-climat allant de A à G. La classe finale correspond au moins bon résultat entre la consommation d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Le DPE comporte également d’autres informations, notamment une estimation des dépenses énergétiques, des recommandations de travaux et une appréciation du confort thermique en été.
Le nouveau barème de l’étiquette énergie climat
Une fois le calcul du diagnostic réalisé, le résultat permet de réaliser un classement énergétique du logement. Ce classement est évalué sur une étiquette à double seuil (énergie/climat) suivant une échelle de 7 valeurs alphabétiques entre :
- la lettre A (ainsi que la classe B) qui détermine les logements les plus économes, que l’on qualifie de bâtiments basse consommation (BBC) ;
- et la lettre G (et la classe F) qui qualifie les logements les plus énergivores, aussi appelés passoires thermiques.

L’évaluation des performances énergétiques d’un logement dépend du barème de notation utilisée pour les 7 classes énergie du DPE :
| Classe DPE | Consommation d’énergie primaire | Émissions de GES |
|---|---|---|
| A | ≤ 70 kWhEP/m²/an | ≤ 6 kg CO₂e/m²/an |
| B | ≤ 110 kWhEP/m²/an | ≤ 11 kg CO₂e/m²/an |
| C | ≤ 180 kWhEP/m²/an | ≤ 30 kg CO₂e/m²/an |
| D | ≤ 250 kWhEP/m²/an | ≤ 50 kg CO₂e/m²/an |
| E | ≤ 330 kWhEP/m²/an | ≤ 70 kg CO₂e/m²/an |
| F | ≤ 420 kWhEP/m²/an | ≤ 100 kg CO₂e/m²/an |
| G | > 420 kWhEP/m²/an | > 100 kg CO₂e/m²/an |
Pour déterminer la classe énergie, le diagnostiqueur retient la plus mauvaise des deux performances de l’étiquette calculées par le DPE : soit la consommation d’énergie, soit les émissions de GES.
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Nouveau DPE : la réforme de la méthode de calcul
En juillet 2021, le nouveau DPE voit le jour afin de mieux répondre aux enjeux climatiques mais également pour servir les réglementations en vigueur.
Quelle est l’utilité de calculer un DPE ?
Le diagnostic de performance énergétique réglementaire s’inscrit dans la politique de transition énergétique de la France dans un cadre européen pour répondre à plusieurs objectifs :
- donner une information claire aux propriétaires et aux locataires sur le classement énergétique d’un logement par rapport à une échelle de valeur. L’évaluation de la consommation d’énergie permet d’avoir une idée des futures factures d’énergie ;
- repérer les logements les plus énergivores du marché (les fameuses passoires thermiques) et inciter les propriétaires à réduire la consommation d’énergie des bâtiments ainsi que les émissions de gaz à effet de serre (GES) reliées ;
- proposer un outil de référence qui va permettre d’assainir le marché immobilier (locatif ou vente) en l’adossant à une réglementation d’interdiction ou de restriction sur les logements les plus énergivores.
Les changements du nouveau DPE 2021
En juillet 2021, le DPE et son mode de calcul ont subi une révision importante rendant cet outil technique :
- plus fiable, avec la pleine opposabilité du DPE qui perd ainsi sa valeur informative pour devenir un document juridique au même titre que les autres diagnostics énergétiques (plomb, amiante, conformité de l’installation de gaz, etc.). En cas de faux DPE ou de DPE vierge, la conclusion d’une vente ou d’une location peut être dénoncée ;
- plus cohérent quant à la prise en compte des enjeux climatiques et de la politique sociale. La mise en place du double seuil de performance du DPE permet de :
- mieux cerner les logements énergivores et polluants,
- lutter contre les passoires thermiques et la précarité énergétique des ménages avec des politiques cohérentes ;
- plus lisible, avec un aspect visuel plus clair et communicant, au moyen de la double étiquette énergétique et d’une estimation chiffrée des dépenses d’énergie à prévoir ;
- plus complet avec un volet de recommandations :
- de travaux de rénovation énergétique pour améliorer le niveau de performance évalué par le DPE. Plusieurs scénarios sont proposés avec une idée des économies réalisables ainsi que le passage d’une classe à l’autre,
- de bonnes pratiques pour réduire sa consommation d’énergie au quotidien (réglage de la température du chauffage, entretien des équipements…).
Quelle est la méthode de calcul 3CL du DPE ?
Voyons maintenant comme se réalise concrètement le calcul du diagnostic de performance énergétique.
L’évolution des critères pour calculer le DPE
Depuis le 1er juillet 2021, une seule méthode existe pour calculer le diagnostic de performance énergétique d’un logement : la méthode 3CL pour « Calcul de la consommation conventionnelle des logements ».
Cette évolution présente quelques avantages par rapport à l’ancien DPE. En effet, le diagnostic d’avant 2021 basait sa méthode de calcul sur la base de l’évaluation :
- des factures annuelles d’énergie ;
- d’un usage standardisé du logement sur le même modèle que la 3CL, mais avec moins de paramètres (dont des données sur l’isolation, les auxiliaires de ventilation).
Cette ancienne méthode de calcul du DPE donnait ainsi une idée approximative du niveau de performance énergétique d’un logement.La méthode 3CL-DPE ne cherche pas à reproduire les habitudes exactes des occupants. Elle évalue le logement à partir d’un scénario d’utilisation conventionnel afin de pouvoir comparer deux biens dans des conditions similaires.
Le calcul tient notamment compte des caractéristiques du bâtiment — surface, isolation, parois, fenêtres, orientation et zone climatique — ainsi que des performances de ses équipements.
La consommation conventionnelle est ensuite calculée pour cinq usages énergétiques : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires.
Les factures réelles des occupants ne servent donc plus à déterminer la classe énergétique d’un logement. Elles dépendent trop fortement des comportements individuels pour permettre une comparaison objective entre biens.
Comment l’électricité est-elle convertie en énergie primaire dans le DPE ?
Le DPE distingue l’énergie finale, c’est-à-dire celle réellement consommée dans le logement, et l’énergie primaire, qui tient compte de l’énergie nécessaire pour produire et acheminer cette énergie jusqu’au consommateur. Pour l’électricité, un coefficient de conversion est donc appliqué :
| Période | Coefficient d’énergie primaire de l’électricité |
|---|---|
| Jusqu’au 31 décembre 2025 | 2,3 |
| Du 1er janvier au 31 décembre 2026 | 1,9 |
| À partir du 1er janvier 2027 | 1,7 |
Ainsi, 100 kWh d’électricité finale correspondent à 190 kWh d’énergie primaire dans un DPE réalisé en 2026 et à 170 kWh à partir de 2027.
Cette modification peut améliorer l’étiquette de certains logements électriques sans modifier leur consommation réelle : c’est le calcul qui change, pas le logement.
Quelles caractéristiques du logement sont prises en compte dans le DPE ?
La réalisation du DPE prend en compte 4 données incontournables pour évaluer la performance d’un appartement ou d’une maison.
1. L’isolation thermique
Le calcul du niveau d’isolation thermique permet de déterminer les déperditions d’énergie ainsi que les ponts thermiques présents dans un logement. Un logement mal isolé va surconsommer de l’énergie pour atteindre la température de consigne programmée sur le chauffage.
Le calcul du DPE va évaluer le niveau d’isolation en prenant en compte plusieurs éléments présents dans la structure du bâti :
- les types de murs intérieurs et les murs extérieurs (béton plein ou creux, placo, etc.) ;
- l’état des plafonds (combles, toiture) ;
- les planchers (carrelage, parquet, etc.) ;
- les types de portes et fenêtres installés (PVC, bois ou métallique, verre en simple ou double vitrage, etc.).

(Source : RT-RE Bâtiment)
2. La ventilation
Le système de ventilation installé dans un logement permet de réguler le débit et les échanges d’air. Il garantit ainsi le renouvellement constant de l’air, ce qui permet de se prémunir d’une humidité et de mieux chauffer le logement.
Ainsi, le diagnostic va s’attacher à déterminer un coefficient de déperdition de la ventilation en fonction de différents critères :
- la surface du logement ;
- le niveau du débit d’extraction d’air ;
- le type de système de ventilation installé (ex. : ventilation mécanique contrôlée ou VMC simple/double flux).
3. Les cinq usages énergétiques du DPE
Le nouveau DPE va déterminer le niveau de consommation d’énergie des 5 principaux postes de consommation d’énergie présents dans le logement :
- La méthode 3CL-DPE calcule la consommation conventionnelle liée à cinq usages :
- le chauffage ;
- la production d’eau chaude sanitaire ;
- le refroidissement ;
- l’éclairage ;
- les auxiliaires nécessaires notamment au chauffage, à l’eau chaude et à la ventilation.
- Les performances des équipements et l’énergie utilisée influencent directement les consommations conventionnelles obtenues.

4. Le confort d’été
Le DPE comporte également un indicateur de confort d’été, qui évalue la capacité du logement à limiter les surchauffes en période estivale.
Cet indicateur tient notamment compte des caractéristiques du bâti et de certains équipements passifs de protection contre la chaleur. Il fournit une information complémentaire mais ne constitue pas l’un des cinq usages énergétiques servant à déterminer la consommation conventionnelle du logement.

(Source : RT-RE Bâtiment)
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faire une simulationLe résultat du calcul du DPE
Après calcul, le diagnostic de performance énergétique attribue une notation au logement ainsi qu’un volet de recommandations pour améliorer les données (consommation des équipements, isolation, ventilation, confort d’été) évaluées dans le rapport.
Les améliorations proposées vont permettre au logement de passer à une classe énergétique plus vertueuse et économique.
Les travaux recommandés
Le DPE peut proposer des bouquets de travaux permettant d’améliorer la performance énergétique du logement. Pour une passoire énergétique classée F ou G, un premier bouquet doit proposer des travaux prioritaires permettant au minimum de sortir du statut de passoire énergétique. Un second peut présenter, lorsque cela est techniquement possible, un parcours permettant d’atteindre un niveau performant, généralement une classe A ou B.
Les coûts et gains énergétiques affichés sont des estimations. Les recommandations du DPE ont une valeur indicative et ne remplacent pas un audit énergétique lorsqu’un projet de rénovation important est envisagé.
Chaque scénario détaille le coût des travaux ainsi que les économies d’énergie réalisables.

(Source : RT-RE Bâtiment)
Mon logement est diagnostiqué passoire thermique, quelles conséquences ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne respectent plus le niveau minimal de performance énergétique requis pour être loués en métropole dans le cadre d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite. Les logements classés F seront concernés en 2028 et les logements E en 2034.
Depuis le 1er janvier 2025, la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G doit être accompagnée d’un audit énergétique réglementaire. Cette obligation sera étendue à la classe D en 2034.
| Date | Niveau minimal pour pouvoir louer en métropole |
|---|---|
| Depuis le 1er janvier 2025 | Classe F |
| À partir du 1er janvier 2028 | Classe E |
| À partir du 1er janvier 2034 | Classe D |
Peut-on calculer un DPE soi-même ?
Un particulier peut utiliser un simulateur en ligne pour obtenir une estimation indicative de la performance énergétique de son logement, mais il ne peut pas établir lui-même un DPE officiel. Un Diagnostic de performance énergétique ayant une valeur réglementaire doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié selon la méthode 3CL-DPE et enregistré auprès de l’ADEME.
Additionner ses factures d’électricité ou de gaz ne permet pas non plus de connaître sa classe DPE : la méthode réglementaire repose sur des conditions d’usage conventionnelles et sur les caractéristiques physiques du logement, et non sur le comportement réel de ses occupants.
Le calcul du DPE est-il obligatoire ?
Le DPE est obligatoire dans la majorité des ventes et locations de logements. Plusieurs catégories de bâtiments sont toutefois exemptées par la réglementation, notamment certains bâtiments indépendants de moins de 50 m², les logements destinés à être utilisés moins de quatre mois par an ou encore certains monuments historiques.
La durée de validité d’un DPE : ancienne et nouvelle méthode de calcul
Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 est valable pendant 10 ans. Les diagnostics établis avant cette date ne sont désormais plus valables : les derniers DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré au 1er janvier 2025.
Un DPE encore valide peut toutefois bénéficier d’une attestation actualisée lorsqu’une évolution réglementaire modifie son étiquette.
C’est notamment possible depuis 2026 pour certains logements bénéficiant du passage du coefficient électrique de 2,3 à 1,9. À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle attestation pourra également être générée par l’ADEME pour tenir compte du coefficient de 1,7, lorsque celui-ci modifie l’étiquette du logement. Le DPE conservera sa date initiale de fin de validité.
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