L’intérêt d’une règlementation thermique

Avant d’aborder les différents objectifs de la RT 2000, il est important de comprendre à quoi sert une règlementation thermique.

Réduire les besoins énergétiques du bâtiment

Selon le ministère de la Transition écologique, le secteur du bâtiment représente 44 % de l’énergie totale consommée en France. C’est donc le secteur le plus énergivore, avant celui du transport, dont la part s’élève à 31,3 %. Les besoins en énergie sont variés dans ce secteur qui chauffe, se refroidit et s’éclaire grâce à une ou plusieurs des ressources fossiles suivantes :

  • uranium (nécessaire à la fission nucléaire afin de créer de l’électricité) ;
  • gaz ;
  • pétrole (notamment avec l’utilisation des chaudières au fioul) ;
  • charbon (qui, en avril 2021, servait encore à alimenter trois centrales thermiques à flamme à travers le pays : celles de Cordemais [44], de Meyreuil et Gardanne [13] et de Saint-Avold et Carling [57]).

Des ressources renouvelables sont également utilisées grâce aux installations hydrauliques, solaires ou éoliennes.

Pour lutter contre le réchauffement climatique et réduire les besoins en ressources fossiles du pays, il est utile d’agir sur les bâtiments afin de les rendre moins énergivores. Évidemment, les autres secteurs sont également concernés, dans cet article c’est celui du bâtiment qui nous intéresse. Une réduction des besoins énergétiques passe par :

  • la rénovation des bâtiments existants ;
  • la mise en place d’une règlementation thermique pour toutes les constructions neuves, c’est-à-dire pour les bâtiments de demain.

Pour le gouvernement, c’est une véritable course contre la montre qui est lancée. Les logements bâtis il y a une vingtaine d’années, ceux respectant la RT 2000, par exemple, ne sont plus aux normes thermiques actuelles. Leurs matériaux de construction et d’isolation sont vieillissants et ne sont pas aussi performants que ceux proposés aujourd’hui, ce qui augmente leurs besoins en énergie.

Encadrer la conception thermique des bâtiments

À l’heure où le réchauffement climatique est au cœur des préoccupations, il serait inconcevable de construire sans aucune norme thermique, comme ce fut le cas avant l’instauration de la première règlementation thermique, et notamment avant les années 1950.

Il y a une soixantaine d’années, on ne parlait pas d’isolation des murs, des combles ou même des vitrages. Le confort thermique, mais aussi acoustique, était rudimentaire, que ce soit à la ville ou à la campagne. Les cheminées à foyer ouvert ou les poêles alimentés au bois servaient à chauffer la pièce de vie, et souvent à faire cuire les repas. La notion de confort dans les logements était donc relative.

De nos jours, il serait inconcevable de vivre dans une maison sans isolation. Cela affecterait sans surprise le confort thermique, et les factures de chauffage donneraient des sueurs froides.
L’intérêt de l’instauration des différentes règlementations thermiques au fil des ans est donc multiple :

  • réduire la consommation énergétique des logements et des bâtiments du secteur tertiaire ;
  • améliorer le confort des habitants ;
  • diminuer les besoins en ressources fossiles du pays ;
  • tenter de ralentir le réchauffement climatique ;
  • répondre aux objectifs énergétiques fixés à un niveau national et international.

Réduire les gaz à effet de serre

Toujours selon le ministère de la Transition écologique, le secteur du bâtiment émet chaque année près de 120 millions de tonnes de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre (GES) qui contribue au réchauffement climatique. Ce chiffre représente pratiquement un quart des émissions nationales de GES.

Les sources de gaz à effet de serre sont variées dans un logement. Elles proviennent :

  • de l’utilisation du chauffage ou de la climatisation ;
  • de l’éclairage ;
  • des installations électriques ;
  • de la cuisson ;
  • de la production d’eau chaude sanitaire ;
  • des matériaux de construction.

Les réduire est un véritable enjeu écologique.

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Les règlementations thermiques qui se sont succédé en France

La RT 2000 est la quatrième règlementation thermique à être entrée en vigueur en France. Voyons où cela a commencé et où nous en sommes aujourd’hui.

RT 1974, la première règlementation thermique en France

Nous le verrons au fil de ce chapitre, les RT successives ont été la réponse à des évènements précis ou ont simplement permis de retravailler la règlementation précédente.

L’élément déclencheur

Pour cette première règlementation thermique, l’évènement majeur qui a conduit à son instauration est le premier choc pétrolier qui s’est produit en 1973 aux États-Unis et qui a affecté le monde entier.

Ce choc pétrolier a été induit par une montée en flèche du prix du pétrole aux États-Unis, suite à plusieurs évènements (pic de production pétrolière en 1971, abandon des accords de Bretton Woods, dévaluation du dollar, etc.). Les prix du baril de pétrole ont alors été multipliés par 4, créant une grave crise économique à travers le monde.

La France n’a pas été épargnée, elle qui dépendait fortement du précieux or noir pour se chauffer, s’éclairer ou encore alimenter les véhicules. Rappelons qu’à cette époque, les centrales nucléaires sont peu nombreuses sur le territoire (elles se développeront par la suite, pour offrir à la France une relative indépendance énergétique).

Pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles, le gouvernement de l’époque, dirigé par le Premier ministre Pierre Messmer, sous la présidence de Georges Pompidou, met en place une règlementation thermique, nommée RT 1974.

Les obligations de la RT 1974

Les points imposés à toutes les nouvelles constructions par la RT 1974 sont :

  • une diminution de la consommation énergétique des bâtiments pour atteindre 225 kWh/m² par an ;
  • la mise en place d’une couche isolante sur les parois (murs) intérieures ;
  • l’installation d’appareils pour réguler la température des moyens de chauffage (comme des robinets ou des vannes thermostatiques fixés sur les radiateurs).

Cette toute première règlementation thermique a également mis en place le coefficient G (coefficient de déperdition globale) servant à mesurer les pertes d’énergie rapportées au volume du logement. Ces pertes thermiques à travers les parois et les installations pour renouveler l’air (ventilation, etc.) sont calculées en W/m3.°K (watt par mètre cube habitable pour une variation d’un degré Kelvin entre la température extérieure et celle de l’intérieur). Le résultat obtenu (pouvant aller de 1,2 W/m3.C à 1,9 W/m3.C pour un logement peu ou non isolé à 0,4 W/m3.C pour un bâtiment bioclimatique) permet de quantifier la puissance nécessaire en chauffage afin de compenser la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment.

Dans un même temps, trois zones climatiques, A, B et C, sont définies afin de différencier les villes selon leur climat (elles sont listées dans l’annexe de l’arrêté du 10 avril 1974). Ainsi, une tolérance est accordée pour les zones géographiques les plus froides (nord-est, régions montagneuses, etc.).

Les dates clés

En 1976, la règlementation thermique est élargie aux bâtiments tertiaires et aux établissements recevant du public (ERP).

En 1980, le label Haute Isolation fait son apparition. Il récompense les constructions dont la consommation énergétique est plus basse que le seuil règlementaire. 140 000 logements neufs ont reçu ce label.

Entrée en vigueur

La RT 1974 est entrée en vigueur le 1er mai 1974. Ce mois de mai 1974 a été politiquement agité et a été marqué par l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing au pouvoir suite au décès de Pompidou en avril 1974. Il choisit Jacques Chirac pour Premier ministre.

RT 1982 : des mesures renforcées

Huit ans après la première règlementation thermique française, une seconde entre en vigueur, c’est la RT 1982.

L’élément déclencheur

En 1979, un second choc pétrolier agite le monde qui se remet à peine du premier. Cette fois-ci, la crise mondiale est causée par des conflits politiques et armés qui surviennent en Iran, l’ancienne Perse, dont les sous-sols sont riches en pétrole.

Face à cette crise mondiale, la France met en place la RT 1982 afin de renforcer les exigences en matière d’économie des ressources énergétiques dans le secteur du bâtiment.

Les obligations de la RT 1982

Désormais, les nouvelles constructions résidentielles ne devront pas dépasser un seuil de consommation énergétique fixé à 170 kWh/m² par an.

L’installation d’un système d’aération est rendue obligatoire. L’aération doit être permanente (toute l’année) et doit être possible même lorsque les fenêtres sont fermées, notamment l’hiver. L’aération permanente du logement peut se faire à l’aide d’un système de ventilation mécanique (premiers modèles de VMC) ou naturelle (bouches d’aération).

Dans un même temps, le coefficient B (B pour Besoins de chauffage) est créé et vient compléter le coefficient G. Il permet de calculer les besoins de chauffage sur une année. Exprimé en W/m3.°K, il prend en compte les apports gratuits de chaleur, comme la réflexion du soleil sur les vitres ou encore l’activité humaine à l’intérieur du logement.

RT 1982 : plus de fenêtres qu’en 1974

Afin de réduire les déperditions thermiques, la RT 1974 a eu pour effet négatif (et involontaire) d’inciter les concepteurs de bâtiments à diminuer les surfaces vitrées des logements. Pour contrer cette pratique, le coefficient B a été créé afin de valoriser les apports de chaleur (gratuits) grâce aux fenêtres et aux baies vitrées.

Les zones climatiques A, B et C sont désormais nommées H1, H2 et H3 (c’est encore le cas de nos jours). Voici une carte qui représente le découpage des zones climatiques en France :

Carte de localisation des zones climatiques
Source : Carte de localisation des zones climatiques, Bilan GES de l’ADEME (agence de la transition écologique).

Les dates clés

En 1982, le label Haute Isolation est rendu obligatoire pour toutes les constructions neuves.

En 1983, les labels Haute Performance Energétique et les labels Solaire (LS) sont créés. Ils récompensent les efforts d’améliorations concernant :

  • l’isolation du bâtiment ;
  • les équipements de ventilation ;
  • le chauffage ;
  • la production d’eau chaude sanitaire.

Ces labels sont classés en quatre catégories de performances allant d’1 étoile à 4 étoiles pour les conceptions hautement performantes.

Entrée en vigueur

La RT 1982 est entrée en vigueur en septembre 1982. Pierre Mauroy est alors Premier ministre, sous la présidence de François Mitterrand.

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RT 1988 : une règlementation qui s’étend à tous les bâtiments

Les deux premières RT ont fait suite à des chocs pétroliers. La RT 1988 est venue renforcer les mesures imposées par la règlementation précédente.

Désormais, la règlementation thermique en vigueur s’étend à tous les bâtiments : ceux à usage d’habitation, et les bâtiments du secteur tertiaire, c’est-à-dire ceux recevant du public et tous les locaux commerciaux et professionnels.

Les obligations de la RT 1988

Le seuil maximal de consommation énergétique est ramené à 150 kWh/m²/an.

La RT 1988 instaure un coefficient C (C comme Consommations) qui prend en compte les besoins en énergie des appareils de chauffage, mais aussi de production d’eau chaude sanitaire. Le rendement des appareils entre dans le calcul des consommations.

Dans le secteur tertiaire, les normes pour la ventilation et les systèmes de climatisation se durcissent.

L’entrée en vigueur

La mise en application de la RT 1988 a été fixée pour décembre 1988. Elle a concerné toutes les demandes de permis de construire déposées après le 31 décembre 1988. François Mitterrand est toujours Président de la République, tandis que Michel Rocard est Premier ministre.

Année 2000 : l’arrivée d’une nouvelle ère de règlementations thermiques

Jusqu’à la RT 1988, l’objectif était de réduire les besoins en énergies fossiles à des fins stratégiques et économiques. C’est seulement à la fin des années 1990 que le gouvernement prend conscience qu’il faut agir pour le climat et l’environnement. La RT 2000 sera le premier effort pour rendre les constructions plus responsables écologiquement.

RT 2000 : des efforts pour le climat

La RT 2000, celle dont nous allons parler dans la suite de cet article, fait son apparition 12 ans après la précédente. Elle annonce une nouvelle ère pour les logements neufs qui devront désormais se conformer à des normes encore plus strictes que les précédentes.

L’élément déclencheur

La RT 2000 fait suite au Sommet de Rio de Janeiro (Brésil), tenu en juin 1992, et au Protocole de Kyoto signé en 1997.

En 1997, lors de la COP 3 qui s’est tenue à Kyoto, au Japon, les pays membres des Nation unies se sont réunis afin d’aborder divers sujets portant sur le climat mondial. Ce rassemblement entre différents pays a conduit à un accord international afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Cet accord est plus connu sous l’appellation Protocole de Kyoto.

En signant le protocole de Kyoto, la France s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, tout en poursuivant ses efforts pour diminuer ses besoins en énergies fossiles. Sans surprise, cela a conduit à la mise au point d’une règlementation thermique encore plus stricte.

Les obligations de la RT 2000

La RT 2000 a abaissé de 20 % le seuil de consommations énergétiques par rapport à la RT 1988. Concernant toutes les constructions résidentielles neuves, la limite est portée à 130 kWh/m2/an (le seuil variant d’une zone climatique à l’autre, ce chiffre est donc une moyenne retenue).

Pour les bâtiments neufs du secteur tertiaire (commerces, bureaux, bâtiments recevant du public, etc.), la diminution est de 40 % par rapport à la RT 1988. Cela pousse les constructeurs à faire encore plus d’efforts et à développer de nouvelles techniques.

La notion de confort en été fait son apparition. Nous développerons ce point par la suite.

L’entrée en vigueur

La RT 2000 entre en vigueur le 1er juin 2001. À cette date, toutes les nouvelles constructions doivent se conformer aux exigences de cette règlementation thermique. Le chef du gouvernement est alors Lionel Jospin et le Président Jacques Chirac.

RT 2005 : des consommations énergétiques encore abaissées

La RT 2005 s’inscrit dans la continuité de la RT 2000. Elle impose de faire encore plus d’efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les besoins en énergie.

Les obligations de la RT 2005

Avec la RT 2005, le seuil de consommation énergétique des bâtiments neuf est abaissé à 90 kWh/m²/an. Il s’agit là d’une moyenne, car le seuil varie selon le type de bâtiment (maison individuelle ou mitoyenne, immeuble collectif, etc.), la zone climatique et l’énergie utilisée pour le chauffage (électricité, gaz ou autre).

En été, la température intérieure conventionnelle atteinte doit être inférieure à une température de référence. Pour y arriver, les acteurs de la construction peuvent miser sur une isolation performante.

La RT 2005 renforce également les exigences de performances des systèmes de l’isolation, de la ventilation et du système de chauffage.

Par ailleurs, l’arrêté du 24 mai 2006 vient encadrer le moyen de vérifier la mise en conformité à la RT 2005 d’un bâtiment. Un calcul ou un autre moyen technique approuvé par l’arrêté donne lieu à la délivrance d’un document prouvant que la règlementation a été respectée.

Élargissement de la RT aux agrandissements

Jusqu’alors, les règlementations thermiques s’appliquaient aux nouvelles constructions sur des terrains nus. Désormais, les agrandissements et les surélévations des logements anciens doivent respecter la RT 2005.

Seules les modifications exigeant le dépôt d’un permis de construire sont concernées.

De nouveaux labels

En parallèle de la RT 2005, de nouveaux labels de performances sont créés :

  • le label haute performance énergétique (HPE) : accordé aux bâtiments dont la consommation énergétique est inférieure à 10 % par rapport au seuil de consommation en vigueur ;
  • le label très haute performance énergétique (THPE) : la consommation énergétique est inférieure à 20 % par rapport au seuil de référence ;
  • le label haute performance énergétique avec énergies renouvelables (HPE EnR) : récompense les bâtiments équipés d’un moyen de chauffage utilisant une source d’énergie renouvelable (solaireéolienne, géothermique, etc.) ;
  • le label très haute performance énergétique avec énergies renouvelables (THPE EnR) : délivré aux bâtiments se servant d’une source d’énergie renouvelable pour leur moyen de chauffage ET de production d’eau chaude sanitaire.

En 2007, le label BBC (bâtiment basse consommation) fait son apparition. Il récompense toutes les constructions dont la consommation énergétique globale ne dépasse pas les 50 kWh/m²/an. Ces bâtiments sont prêts pour la prochaine RT.

L’entrée en vigueur

La RT 2005 entre en vigueur en septembre 2005. Le Premier ministre de l’époque est Dominique de Villepin, tandis que le pays est toujours sous la présidence de Jacques Chirac.

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RT 2012 : place à la maison basse consommation

Suppression des ponts thermiques et énergies renouvelables sont au coeur de cette nouvelle règlementation thermique.

L’élément déclencheur

La RT 2012 est une réponse au Grenelle de l’environnement tenu en septembre et en décembre 2007. Conduit par le ministre de l’Écologie de l’époque, Jean-Louis Borloo, le Grenelle Environnement a permis de prendre des décisions concernant le développement durable et l’environnement. Il a réuni de nombreux acteurs, dont ceux du bâtiment.

Les obligations de la RT 2012

La RT 2012 définit un nouveau seuil des consommations énergétiques, il est fixé à 50 kWhep/m2/an.

Avec cette règlementation thermique, toutes les sources d’énergie primaires utilisées pour chauffer, refroidir, éclairer et produire de l’eau chaude sanitaire sont prises en compte. On ne compte alors plus en kilowattheures d’énergie finale (quantité d’énergie disponible) mais en kilowattheures d’énergie primaire (kWhep) (quantité d’énergie nécessaire pour alimenter les différents postes de dépenses énergétiques).

Pour se conformer à la RT 2012, les constructeurs doivent :

  • traiter le bâtiment pour une perméabilité à l’air optimale ;
  • supprimer les ponts thermiques lors de la construction ;
  • respecter un certain niveau d’efficacité énergétique pour les appareils de chauffage, de refroidissement et d’éclairage ;
  • avoir recours à une installation utilisant une énergie renouvelable (panneaux solaires, pompe à chaleur (n’étant pas alimentés grâce à une source d’énergie renouvelable, ces systèmes sont toutefois comptabilisés comme tels), chauffage au bois (poêle, cheminée avec foyer fermé), poêle à granules, chaudière micro-cogénération, etc.) ;
  • réaliser un test d’étanchéité à l’air à la fin du chantier.

De plus, la RT 2012 valorise les conceptions bioclimatiques :

  • les pièces de vie sont tournées vers le sud, où le soleil est le plus présent ;
  • les surfaces vitrées doivent représenter au moins 1/6e de la surface habitable totale ;
  • les pièces « froides » telles que les celliers, garages, etc. seront disposées dans la partie nord du bâtiment.

Lors de la mise en œuvre de la RT 2012, le coefficient Bbio fait son apparition. Il s’agit de calculer l’efficacité énergétique de la construction neuve.

La RT 2012 exige par ailleurs une Tic, ou température intérieure conventionnelle, qui ne dépasse pas un seuil de référence (Tic ref). C’était déjà le cas pour la RT 2000, mais les seuils ont été abaissés au fil des règlementations. Les acteurs de la construction doivent alors veiller à ce que la conception respecte la Tic (protections solaires, meilleure inertie du bâtiment, etc.). Cela permet d’offrir aux occupants un confort thermique optimal durant les saisons de fortes canicules, de plus en plus nombreuses.

L’entrée en vigueur

La RT 2012 entre en vigueur le 1er janvier 2013 pour les constructions résidentielles. Pour tout le non résidentiel, cette règlementation devait s’appliquer dès octobre 2012. François Hollande est alors Président de la République, Jean-Marc Ayrault est Premier ministre.

RE 2020 : une règlementation tournée vers l’environnement

Plus de 20 ans après la RT 2000 (entrée en vigueur prévue pour janvier 2022), la RE 2020 annonce une nouvelle ère concernant les règlementations thermiques. Au revoir les RT, place aux RE pour règlementations environnementales.

Les obligations de la RE 2020

Une fois de plus, le seuil des consommations énergétiques est abaissé. Les constructeurs vont devoir faire de gros efforts pour rendre le logement hautement performant afin de respecter, comme :

  • une consommation de chauffage inférieure à 12 kWhep/m² (ce qui est moins contraignant que 0 kWhep/m²/an initialement prévu. Le gouvernement a en effet revu sa copie suite aux désaccords des acteurs du bâtiment jugeant ces performances très difficiles à mettre en œuvre pour le moment) ;
  • un plafond d’émissions de CO2 pour la consommation d’énergie fixé à 4 kg de CO2 par m² et par an. La décarbonisation des bâtiments est en marche.

Par ailleurs, la construction devra être réalisée avec des matériaux biosourcés (briques d’argile, bois, etc.) et renouvelables ayant un faible impact carbone (ce qui permet d’encourager l’utilisation de matériaux locaux).
Alors que la RT 2012 valorisait le chauffage au gaz, la RE 2020 le délaisse au profit des pompes à chaleur, des poêles à granules ou encore des systèmes de chauffage électrique. Les installations au gaz seront néanmoins autorisées jusqu’en 2023.

L’entrée en vigueur

La mise en place de la RE 2020 est prévue pour le 1er janvier 2022, après de multiples reports en raison de nombreuses négociations avec les acteurs de la construction, mais aussi au ralentissement lié à la crise sanitaire de la Covid-19. Le projet de cette nouvelle RT est en discussion depuis 2017 et le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a été l’un des premiers à travailler dessus. Si la date d’entrée en vigueur est maintenue au 1er janvier 2022, la RE 2020 sera en toute logique lancée sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Des exigences qui encouragent les innovations

Au fil des décennies, les innovations techniques ont permis de rendre les logements encore plus performants. Les exigences des différentes RT ont contribué à la mise en place de nouveaux modes de construction, au développement de systèmes performants pour le chauffage et à la recherche de matériaux biosourcés efficaces pour isoler et concevoir les bâtiments.

La mise en place de la RT 2000

Jusqu’en 2000, toutes les RT successives ont permis de rendre les logements moins énergivores. Nous l’avons évoqué plus haut, la RT 2000 fait suite au Protocole de Kyoto signé en 1997. Le gouvernement de l’époque a travaillé à élaborer cette règlementation visant à réduire une partie des émissions de gaz à effet de serre, jugés responsables de l’amincissement de la couche d’ozone et du réchauffement climatique.

Les bâtiments concernés par la RT 2000

La RT 2000 s’appliquait à tous les bâtiments neufs résidentiels et du tertiaire, sauf aux édifices suivants :

  • ceux dont la température normale d’utilisation est inférieure à 12 °C ;
  • les piscines couvertes ;
  • les patinoires ;
  • les bâtiments d’élevage.

Tous les permis déposés après le 1er juin 2001, hormis ceux pour les bâtiments exclus du dispositif cités ci-dessus, devront se conformer à la RT 2000. Ceci est vrai jusqu’à l’entrée en vigueur de la RT suivante, en 2005.

Les enjeux de la RT 2000

Avec toutes ces mesures mises en place, le gouvernement de l’époque espérait pouvoir tenir ses engagements pris lors du Sommet de Rio et du Protocole de Kyoto. Rappelons-le, les enjeux de la RT 2000 ont été nombreux :

  • diminuer les émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur du bâtiment ;
  • économiser les ressources énergétiques du pays ;
  • diminuer les besoins en énergie pour chauffer, climatiser et produire de l’eau chaude sanitaire.

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Une règlementation bénéfique à tous

Dans un second temps, outre les effets économiques et environnementaux de la RT 2000, cette règlementation thermique a permis de :

  • rendre les logements financièrement accessibles à tous les ménages, grâce à des factures énergétiques abaissées ;
  • encourager la recherche technique pour le développement de matériaux et d’équipements performants tels que les isolants, les appareils de chauffage, de ventilation, de climatisation et de production d’eau chaude sanitaire. Ceci a favorisé la compétitivité des industries françaises.

2003, une année charnière

Durant le premier semestre de l’année 2003, l’arrêté du 29 novembre portant sur les règles de la RT 2000 a subi quelques modifications. À compter de sa publication, quelques points ont été améliorés :

  • l’article 46 précise que : « Les générateurs à combustible gazeux assurant le chauffage ne doivent pas posséder de veilleuse permanente. » Ce type d’appareil avec une veilleuse permanente est donc interdit, pour des raisons évidentes de sécurité et d’économies d’énergie ;
  • l’utilisation d’un moyen de chauffage solaire est désormais prise en compte.

Préparer à la prochaine RT

Entrée en vigueur au milieu de l’année 2001, la RT 2000 n’est pas restée longtemps en place, si nous la comparons avec les RT précédentes et suivantes. En effet, quatre ans après sa mise à exécution, la RT 2000 est remplacée par la RT 2005.

Ceci s’explique par une volonté d’affermir les règles et de modifier certains points. Voyant que les objectifs semblaient réalisables, le gouvernement a mis en place une nouvelle règlementation afin d’éviter d’innombrables modifications de la RT 2000.

Les nouvelles règles imposées par la RT 2000

Dès sa mise en place, la RT 2000 durcit les règles appliquées jusqu’alors à toutes les constructions neuves. Voyons cela en détail.

Les éléments pris en compte

La RT 2000 prend désormais en compte les différents équipements d’un édifice, tels que :

  • le chauffage ;
  • le refroidissement ;
  • la ventilation ;
  • la production d’eau chaude sanitaire ;
  • l’éclairage (dans le tertiaire uniquement) ;
  • les auxiliaires (c’est-à-dire les éléments (moteurs) servant à faire fonctionner les pompes à chaleur, le système de ventilation électrique, etc.).

Nous sommes là bien loin des restrictions de la RT 1974 qui s’intéressait seulement à l’isolation. Ceci nous permet d’apprécier les évolutions et les efforts faits en près de 25 ans.

Le seuil de consommation énergétique une nouvelle fois baissé

Dans une volonté de réduire encore plus la consommation énergétique des bâtiments résidentiels et non résidentiels, le gouvernement en place à l’époque a décidé de fixer un seuil de référence à 130 kWh/m2/an.

Désormais, les habitations et les constructions du secteur tertiaire devront avoir une consommation réelle inférieure à la valeur de référence :

C ≤ Cref

Avec :

  • C : Consommations ;
  • C Ref : Consommations de référence (dont la moyenne est de 130 kWh/m²/an).

Il est important de noter que les professionnels peuvent choisir librement les moyens leur permettant de respecter les valeurs recommandées. Ils peuvent ainsi combiner matériaux de construction performants et systèmes de chauffage, de ventilation et de production d’eau chaude sanitaire de leur choix pour atteindre les exigences de la RT 2000.

Le confort estival, une nouvelle notion apportée par la RT 2000

Avec la RT 2000, le confort thermique des occupants du bâtiment devient aussi important l’été que l’hiver. Cette notion n’était jusque-là pas prise en compte.

Désormais, les constructeurs devront protéger l’intérieur des bâtiments du froid pendant l’hiver, mais aussi les mettre à l’abri de la chaleur excessive durant l’été. Les concepteurs de matériaux isolants, mais aussi de systèmes de protections solaires ou de vitrages sont donc pleinement sollicités pour élaborer des équipements novateurs.

Ainsi, la température réelle à l’intérieur du logement ne devra pas dépasser un seuil de référence :

Tic ≤ Tic Ref

Avec :

  • Tic : Température intérieure conventionnelle ;
  • Tic Ref : Température intérieure conventionnelle de référence (elle varie d’une région à l’autre).

Puisque toutes les régions françaises ne sont pas soumises aux mêmes climats et températures, de nouvelles zones de découpage ont été instaurées. Nous connaissions les zones climatiques H1, H2 et H3 pour l’hiver, désormais, quatre nouvelles zones sont définies pour l’été :

  • Ea : départements longeant le littoral nord, allant de la Bretagne au Nord ;
  • Eb : large bande de départements allant de la Vendée à l’Alsace ;
  • Ec : tout le quart sud-ouest du pays jusqu’aux massifs alpins, en passant par l’Auvergne ;
  • Ed : Corse et pourtour méditerranéen.

L’annexe 1 de l’arrêté du 29 novembre 2000 définit précisément les zones climatiques d’été et d’hiver que nous venons de résumer.

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Introduction du Coefficient Ubât

Le coefficient Ubât permet de calculer le niveau d’isolation de l’enveloppe du bâtiment. Il s’agit d’un coefficient permettant de quantifier les déperditions thermiques par les parois, les vitrages et tous les ponts thermiques.

Exprimé en W/m².K, il est calculé grâce à une formule suivant :

Ubât  = HT / AT

Avec :

  • AT = surface intérieure totale des parois situées entre le volume chauffé de l’extérieur, du sol et des locaux non chauffés, exprimé en m² ;
  • HT = coefficient de déperdition par transmission entre le volume chauffé et l’extérieur et entre le sol et les locaux non chauffés.

HT est obtenu grâce à la formule suivante :

HT = HD + HS + HU

Avec :

  • HD = coefficient de déperdition par transmission à travers les parois qui donnent sur l’extérieur, il exprimé en W/K ;
  • HS = coefficient de déperdition par transmission à travers les parois qui sont en contact direct avec le sol ou qui donne sur un vide sanitaire ou un sous-sol non chauffé, il est également exprimé en W/K ;
  • HU = coefficient de déperdition par transmission à travers les parois qui donnent sur des locaux non chauffés (les sous-sols et les vide-sanitaire ne sont pas pris en compte ici).

L’exécution de cette formule complexe et technique est réservée aux concepteurs des bâtiments.

Ce qu’il faut retenir du coefficient Ubât est qu’il ne doit pas être inférieur à un niveau de référence (Ubât Ref). Pour respecter les valeurs de références, les professionnels doivent donc optimiser un maximum l’isolation des parois, des planchers, du toit et supprimer un maximum de ponts thermiques.

Les performances de l’isolation sont déterminées grâce au résultat obtenu :

  • Ubât = 0,3 : l’isolation est de très haute performance ;
  • Ubât = 0,4 : l’isolation est hautement performante, il n’y a aucun pont thermique ;
  • Ubât = 0,75 : l’isolation est performante, elle répond aux exigences de la RT 2005 ;
  • Ubât = 0,8 : l’isolation répond à la RT 2000, pour les logements construits entre 2001 et 2006 ;
  • Ubât = 0,95 : l’isolation est insuffisante pour la RT 2000, elle correspond à un logement érigé entre 1990 et 2000 ;
  • Ubât = 1,15 : isolant faible, elle correspond aux maisons bâties entre 1983 et 1989 ;
  • Ubât = 1,4 : mauvaise isolation, s’apparente aux maisons érigées entre 1974 et 1982 ;
  • Ubât = 1,8 : aucune isolation des murs et des combles, les menuiseries ont un vitrage simple, ceci correspond à une maison bâtie avant 1974.

Coefficient Ubât abandonné à l’arrivée de la RT 2012

Le Ubât servait essentiellement à évaluer les performances de l’isolation, sans prendre en compte les déperditions thermiques, dues au renouvellement de l’air, et les défauts d’étanchéités (ponts thermiques incontrôlés). Pour cette raison, ce coefficient a été abandonné lors de la mise en place de la RT 2012. Le Ubât a été remplacé par le Bbio (ou Besoin Bioclimatique).

Encourager l’utilisation de matériaux performants

Afin d’éviter que certains maîtres d’œuvres n’optent pour la facilité en choisissant des matériaux ou produits aux performances critiquables, des « garde-fous » sont créés.

Propres à chaque composant de l’édifice, comme les murs, le système de chauffage, l’isolation, etc., ces garde-fous assurent des performances minimales pour chaque équipement pris en compte par la RT 2000.

Durcissement des règles pour les systèmes de ventilation

Avec la RT 2000, les systèmes de ventilation sont eux aussi examinés de près, ceci dans une volonté de maîtriser les dépenses énergétiques. Certains équipements deviennent alors particulièrement prisés, comme :

  • la VMC double flux, qui permet de récupérer la chaleur l’hiver ;
  • la VMC hygroréglable, qui permet de moduler les débits de ventilation.

L’objectif ici est d’allier performances et économies d’énergie. Le poste de ventilation consomme de l’électricité, en particulier lorsqu’il fonctionne en permanence. L’enjeu majeur est de profiter de ses bienfaits (purifier l’air, etc.) sans trop dépenser.

Réduire ses factures d’énergie en changeant de fournisseur

Lors de la mise en place de la RT 2000, l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence n’était pas encore d’actualité (ouvert depuis juillet 2007 pour les particuliers), seuls les fournisseurs historiques et certaines ELD alimentaient le territoire en électricité et en gaz.

Les temps ont changé ! Désormais, vous avez le choix parmi de nombreux fournisseurs d’énergie et vous êtes libre de vous tourner vers celui qui propose les tarifs les plus intéressants. Avant de changer de fournisseur d’énergie, vous pouvez utiliser notre comparateur d’offres de gaz et d’électricité et ainsi choisir l’offre qui vous convient le mieux.

Mise en place il y a plus de 20 ans, la RT 2000 a permis, comme toutes les autres, de façonner les règlementations qui l’ont suivie. L’entrée dans le nouveau millénaire a annoncé une volonté claire et urgente de baisser les besoins en énergie du secteur du bâtiment et de le rendre plus vertueux.

Cependant, les efforts faits dans les années 2000 peuvent sembler bien loin de nos jours. Tous ces bâtiments, énergétiquement performants à l’époque, le sont beaucoup moins aujourd’hui, en raison du vieillissement des matériaux et des technologies contemporaines. Pour pallier ces défauts, la rénovation énergétique de l’ancien semble être la meilleure solution.

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